Nid de mots

Philosophie temporaire

Ecrit pour , thème de juin 2017

« Le temps qui passe »

Philosophie temporaire

  • Il y a le temps qui passe.
  • Pourquoi ne lui as-tu pas dit de s’arrêter?
  • Impossible.
  • Mais c’est inhumain! Attends, je vais essayer de le rattraper.
  • Impossible.
  • Tu m’agaces avec tes « impossible ». Moi, si je l’avais vu, je lui aurais proposé de s’arrêter un instant, le temps de récupérer quelques secondes.
  • Imp…nous ne pouvons  le voir, l’entendre, le toucher…à la rigueur, le compter, le regarder passer, le perdre…
  • C’est monstrueux ce que tu dis! Quelqu’un est passé près de nous, haletant, en plus, et toi, tu m’expliques que on va le perdre! Quelle espèce d’homme es-tu?
  • Un ami qui passe un bon moment avec toi et qui te parle du temps qui passe.
  • Ah, bon! Tout de même, on ne va pas à sa recher…Hi, hi, hi, j’ai compris » y haletant », pendant que tu philosophais sur »Il y a le temps qui passe ». Je t’écoute. Prends ton temps, j’ai tout le mien.
  • Le mien quoi?
  • Hébé, mon temps qui passe, lentement, rapidement, c’est selon.
  • Selon quoi?
  • « Autant en emporte le temps ».

 

 

 

 

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Vertitude

 

 Ecrit pourPré vert :, thème de mai.

« La vie en vert, (vers, ver, verre, vair, à votre choix), la vie à l’envers »

 

Vertitude

 Bleu, tout bleu

Ce sera la mer

Et puis dans un coin

Le pinceau allume un soleil

Jaune, tout jaune.

Comme une larme de pluie

Coule une goutte.

Alors naît l’herbe

Verte, toute verte

Eclatant ça et là

Forêt de vie,

Prémices printanières.

S’envolent les premiers bourgeons

Une coccinelle  rouge, toute rouge

Sur un rayon de lune

Et s’éveillent orange, tout orange

Les lueurs de l’aube

Glissant sur des couvaisons

Oiseaux siffleurs, piailleurs,

Ailes noires, blanches, grises.

Un bec jaune se risque hors du nid

Gobe un ver nu, tout nu

Qui se tortille au bout de la canne du pêcheur.

Le ruisseau chante le soleil luisant

Murmures frais, tout frais

Et moi somnolant dans un hamac

Sirotant un verre menthe à l’eau

Menthe à l’eau, menthe à l’eau.

 

 

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Pré vert

Ecrit pour

Le thème du mois d’avril est : « Pré vert » (en hommage à Jacques Prévert)

et proposé pour 

Pré vert

Mettez deux belles normandes,

Accompagnées de trois poules en habits du dimanche,

Qu’elles paissent,

Qu’elles caquettent,

Un concert prairial,

Dans une prairie du fond des bois,

Émaillée d’audacieuses primaveras,

Endymions précieux,

Un oiseau coucou, invite d’hirondelle,

Quatre trémolos,

Un artiste stridule,

La paix est revenue.

 

 

 

 

 

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e pericoloso

Ecrit  le 14 février 2013, dans Ecriture Créative

Adapté pourle thème de logo nid de mots, en février« Un écrin pour la St Valentin, mais déception ! »

 

e pericoloso

 

« Ici! Wouaoh! Chicos de chicos. Je  savais! Sûr que c’est lui! Si ça avait pas été  de lui, qu’on parlait à la radio…il me l’aurait joué comme d’hab, bouquet de fleurs et dîner à la bougie, dans son salon.  Petit! Etriqué! Minable! Comme d’hab. Mais là, la classe! Ma fille,  t’as gagné le gros lot. Enfin, c’est comme si c’était fait.  Humm, depuis le temps…je mérite bien ça! Fini les galères et les plans foireux. C’est sûr, c’est lui! Quand je pense, tout à l’heure, que j’étais au milieu de ce tas de richards, ils claquent les doigts, et pof, ils ont ce qu’ils veulent; j’ai pas pu faire autrement que de craquer. Et puis, le personnel, comme si j’étais une princesse, ils me traitaient.  Y’a pas à dire, à partir de maintenant, à moi la belle vie, les palaces…il me tarde le dessert. »

–  Chérie, je  voulais profiter de la Saint Valentin, pour t’annoncer une très grande nouvelle…je, j’ai…

« Oui, oui, oui, aller, tu le dis, tu le craches que c’est toi qui l’as gagn…

  • J’ai un fils

« Qu’est -ce que je lui fais ?   Je  balance  mon verre à travers  sa tronche d’abruti?  Ou j’envoie valdinguer la table sur ce minus?  »

– Tu as, tu n’as pas…

– Ce n’est pas ce que tu penses (« Si tu savais à quoi je pense ! »). J’ai donné mon sperme. Voilà tout. Et mon fils a voulu connaître son père. Cela n’a pas été sans difficulté. Il a réussi. C’est merveilleux, n’est ce pas ? (« Mais non, gros bouffi, c’est pas merveilleux un lardon, c’est des millions que je veux »)

  • Moi aussi, j’ai..
  • Toi aussi. Mon amour, comme tu es généreuse ! Donner tes ovules ! Tu me combles ! Nous sommes vraiment faits l’un pour l’autre ! Mon ange !
  • Salaud ! C’est quand que t’avais décidé de me le dire que c’est pas toi qu’as gagné le gros lot du Super Tirage de la Saint Valentin ! Non, monsieur m’a laissé croire que c’était lui…J’ai acheté une bague chez Cartier ! J’ai signé un chèque, pauvre cloche!
  • Je ne t’ai jamais rien fait cr…
  • Toi et ton rejeton, allez vous faire voir! Et ce sera sans moi! Je te quitte!
  • Mais chérie, Romain était si heureux d’appr…
  •  T’es sourd ou quoi? Je te quitte.
  • Mais chérie, c’est pas si grave que ça. Le jour du Loto, j’avais rendez-vous avec mon fils Rom…
  • T’as pas compris! Je pars! Et ne compte pas que, la bague, je te la rends. Ça, jamais.
  • …main. J’ai oublié de jouer. Voilà tout. On gagnera un jour. Je te promets.
  • Tu joueras sans moi…

L’ idée de ce  texte m’est venue, après avoir entendu, sur France Inter, cette info: « Un homme a gagné le gros lot du loto. Il compte l’annoncer à sa femme pour le dessert de la St Valentin. »

 

 

 

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Tristement

logo nid de mots Écrire le texte de votre choix en y incluant les cinq mots suivant : Crépuscule Erreur Poubelle Baudruche Colline

Tristement

Un bruit, disputes de poubelles,

Des pas dévalent la colline,

Pendant qu’un enfant agite gaiement son ballon de baudruche.

Un bruit, le ballon éclate,

L’enfant pleure,

Le crépuscule enveloppe les bruits,

Atténuant les pleurs,

Rodent les mendiants, l’air frais les blesse,

Remontant la colline, le petit garçon a peur.

Il avait un ballon,

Maintenant il est tout seul.

Plus jamais, ce serait une erreur,

Il ne portera de ballon.

Alors se gonfle son coeur,

Gros chagrin et malheur.

 

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Broyer des couleurs

Ecrit pour logo nid de mots« Peur du noir et superstition »

Broyer des couleurs

  • Qu’on se le dise! Je n’aime pas le noir.
  • Tu entends ce que tu dis là.
  • Ben, oui, quoi!? Je n’aime pas le n…Zut, j’ai pas fait attention! Je viens de passer sous une échelle.
  • C’est ça, détourne la conversation.
  • Mais non, je ne détourne rien. Je peux t’en parler du noir. Je ne l’aime pas, d’abord ça ne me va pas du tout; ensuite le noir n’est pas une couleur, mais l’absence de couleurs.
  • Tu sais que les peintres se le fabriquent le noir, en mélangeant les couleurs.
  • Oui, je sais; j’ai même essayé; j’ai fabriqué un marronnasse…enfin, n’est pas Picasso qui veut.
  • Ou Soulage. Mais revenons à ton noir.
  • Mon noir?
  • Oui, tu dis ne pas aimer le noir. Tu es raciste, alors.
  • Ça va pas! Tiens, minou, minou, qu’il est beau! Ecoute le ronronner; et ses yeux. Où tu vas?
  • Tu ne devrais pas le caresser.
  • Pauvre bête. Je crois que je vais l’adopter.
  • Alors je ne viendrai plus chez toi.
  • Tu es allergique ?
  • Pas du tout.Mais  les noirs  portent malheur!

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Bonjour

Ecrit pourlogo nid de motsProchain thème à publier chez vous le samedi 12 novembre :

Écrire le texte de votre choix, en le commençant obligatoirement par « Bonjour ».

 

Bonjour,

Ce mot, l’écrirais-je majuscule, minuscule.

C’est selon mon humeur du jour.

Ou bien, le jouerai-je grave, grincheux, joyeux, insolent, sensuel.

C’est selon,  que nous serons dans un beau ou mauvais jour.

Le dirais je buongiorno, buna ziua, Jó napot, guten Tag, Hello,

Ou tout simplement, adieu.

Afin la journée, bien commencer,

Pour ce dernier, je pencherai.

En  bordeluche saluerai,

Et jusqu’au soir, pourrai l’utiliser.

Adieu.

photo-signature

Catégories : CHRONIQUES BORDELAISES, Les mots biographent, Nid de mots | 9 Commentaires

Les mots paroliers

Ecrit pourlogo nid de mots  « Les fanfarons volubiles qui dégoisent ne manquent pas de bagou » sera la moralité de votre fable de l’été.

Les mots  paroliers

Fanfares résonnez,

Les voici arrivés,

En habits de cérémonie

Sourire aux lèvres, et bouches fleuries,

Pour nous charmer,

Un rondeau pour nous enchanter,

Ils sont là, porteurs de paroles fertiles,

Les fanfarons volubiles.

Un instant malhabiles,

Pavoisent

Usant de mots qui se croisent

Et s’entrecroisent.

Volubiles fanfarons,

Vos mots, mis en chansons,

Formant phrases de bon goût

Sont ils bien à vous?

Pour jouer, devant vous, en orchestre  réunis,

Sommes venus ici,

Dans l’intention de vous plaire.

Et en votre honneur, entonnerons le plus célèbre de nos airs,

Intitulé, pour vous complaire:

« Les fanfarons volubiles qui dégoisent ne manquent pas de bagou. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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S’emboustrophéder, c’est grave?

Thème de juin deNID DES MOTS

Écrire un boustrophédon

À la manière de l’écriture étrusque en sillons, comme la charrue :

une ligne dans un sens demi-tour et une ligne dans l’autre sens,

règles à respecter : que les vers aient le même nombre de lettres et qu’ils riment.

S’emboustrophéder, c’est grave?

Boustrophédons nos bêtises.

Scandalisée belle marquise

Réplique, toisant l’insolent:

Monsieur, petit et vil manant,

Vous, malotru, me parler ainsi!

Confus, je suis, précieuse amie,

De me pardonner, vous implore,

N’êtes point vulgaire pécore.

Marquis, odieux, vous devenez.

Navré, madame, ainsi le prenez.

Suffit, à ma vue, disparaissez,

Monmirail, monsieur, quittez,

Allez, où bon il vous semblera,

Ailleurs, loin, partez,ingrat,

Peut me chaut, qui vous suivra,

Noble dame, filles, inviterez,

Et à loisir boustrophéderez.

 

 

 

 

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« crépuscule, taille unique »

Ecrit pour le NID DES MOTS,« crépuscule, taille unique »

« crépuscule, taille unique »

Crêpe de Chine, mouchoirs minuscules

Taillés uniquement pour l’empereur

Il en avait de toutes les couleurs

Arc en ciel, soleil levant,

Matin calme, pivoines ardentes,

Feux d’artifice, chrysanthèmes ciselés

Mais il préférait par dessus tout

Celui couleur crépuscule

Qu’il agitait dans les rayons du soleil finissant

Silhouette ondulante, dragon ailé

Eventail délicat pour graciles geishas

Ombrelle fragile sur  estampe suggérée

D’une nuit ardente dans  le grand palais.

 

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