DES MOTS UNE HISTOIRE

L’union fait la farce

Ecrit pour liste 41 Printemps, légèreté, maternel, manger, candélabre, lumière, casse-couille, banc, antisèche, dévaliser, contemplation

 

L’union fait la farce

– Té, voilà le casse-couille. Il tombe bien, celui-là.

– Roger, pourquoi tu dis ça ?

– T’es pas au courant ?

– Au courant de quoi ?

– Figure-toi, qu’on a fait la brocante ce dimanche; monsieur avait apporté un candélabre, déniché chez la Mémé Gastou.

– La mémé qu’est toujours sur son banc au soleil, même en plein hiver. Je sais pas comment elle fait pour pas mourir de froid.

– Elle a toujours fait ça. N’empêche que ça l’a bien conservée; on dirait pas à la voir, elle fête bientôt ses  quatre vingt dix printemps. Je te disais pour le candélabre; figure-toi que quelqu’un était en train de le regarder, voulait le toucher. Alors l’autre qui était en train de manger se met à gue…crier  » Ne touchez pas ça, c’est fragile » et voilà qu’il postillonne  à tort et à travers sur l’autre bonhomme…

  • Heureusement que le covi…
  • Tu m’écoutes ! Donc notre acheteur s’en va, furieux. J’engueule l’Antoine, qui me dit que c’est pas mes oignons, que j’avais qu’à faire banc à part…je lui rétorque que c’est qu’un sale égoïste, que sa camelote, il a qu’à se la mettre où je pense…
  • Tout en raffinement, je vois ça.
  • Ho ! J’ai pas fini. Il me dit « Tu me traites de sale égoïste, à moi, qui ai partagé le lait maternel avec toi, c’est qui l’égoïste »  » Bougre d’andouille, on est jumeaux  » je lui réponds. Et nous voilà à nous balancer des reproches à n’en plus finir, qu’il se faisait toujours punir  à ma place, il a ressorti une vieille histoire d’antisèche, trouvée en cours d’histoire, que soi-disant il avait été accusé, alors que c’était moi qui l’avait faite, à l’entendre, il était toujours le souffre-douleur…
  • Mais c’est vrai, que vous vous ressemblez tellement. Le pôvre, il a l’air d’en avoir bavé.
  • Tu vas pas le défendre en plus ! Et puis j’ai pas fini. Écoute la suite. quand on a eu retrouvé nos esprits, on a bu un coup, et plus de candélabre, plus rien du tout; restaient que des broutilles; on nous avait dévalisés. Quoi, ça te fait rigoler ?
  • Je vois le tableau. Vous, en contemplation dev…
  • Contemplation; tu nous connais pas…on a couru partout dans la brocante, on a retrouvé le candélabre, l’argenterie de notre pauvre mère, les draps brodés de la grand-mère, qu’elle était brodeuse, et ses points, d’une légèreté, je te dis pas, enfin pour ce que j’y connais, c’est pas moi, c’est maman qui le disait, le costume militaire du grand père, un sac en croco, un éventail en ivoire, un réticule en argent, un vase  de Chine…; y’a fallu marchander, pour sûr, mais on y est arrivés. On a embarqué tout ça.
  • Et ?
  • Et puis, j’ai rendu le candélabre à Mémé Gastou, qui m’a remercié » Té, je le regrettais un peu, surtout que quand il y a eu la grande tempête, tu te souviens qu’on est restés sans lumière au moins un mois de suite, il m’a bien rendu service, celui-là. »
  • Bonjour Antoine.
  • Moi, c’est Roger
  • Antoine, vous n’avez pas honte !

Et  tous deux, bras dessus- bras dessous,  de partir en rigolant.

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GPS

Ecrit pour avec la récolte 32

Hollande-Étouffer-Image-chanson-nouveauté-destination-voyage-merveille-crisper

GPS

– Votre destination est proche.

Depuis des heures, je l’attends cette phrase miraculeuse. De chemins en chemins, routes, ornières, ronds points, des « Si possible, faites demi-tour », les fatidiques « Nouveaux calculs », me voilà presque arrivée.

Crispée, des kilomètres et des kilomètres durant, arrimée à mon volant, moi, la déboussolée de naissance, même avec cette nouveauté merveilleuse, ce guide automate parlant et infaillible compagnon de voyage, je m’offre une petite halte de soulagement.

Mon corps engourdi mérite bien une petite promenade. Je risque quelques pas dans la nature. Mes yeux las de cette gymnastique route écran, écran route, découvrent des images de nature complaisante. Apaisée, j’ose une chanson guillerette. Reprise en choeur par d’invisibles oiseaux. Sons étouffés de l’activité routière, murmure aquatique, fraicheur du sous-bois, je m’assoupis.

Rassérénée,  réveil sous une voute verdoyante, je me défripe un peu. Retour impatient et guilleret vers le lieu de stationnement. Petits sentiers éclairés de soleil, fleurettes en bouton, vert tendre bourgeonnant, une retenue d’eau s’étale devant moi, friselis de vagues; mémoire en alerte ne reconnait pas ces lieux, rectifie le trajet; souvenirs confus d’un sentier, nord, sud, est, ouest, le soleil se lève à l’est, se couche à l’ouest; GPS où es tu ?

Me voilà perdu. Des voix. Où suis-je ? Je ne comprends pas ce qu’ils disent. J’essaie, sans conviction, mon allemand . » Spricht ihr Deutsch ? »  » Ja! »  » Wo bin ich ? » « In Holland, natürlich! »

En Hollande, naturellement !  J’ai passé la frontière sans m’en apercevoir. Mais ma voiture, elle est restée en Belgique…

Quelques conseils éclairés des hollandais, une boussole bricolée dans un coin de ma tête, je finis par la retrouver et pénètre en Hollande de la plus légale des façons.

 

 

 

 

 

 

 

 

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