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AGENDA IRONIQUE DE JANVIER 2022

Sur une proposition  de   Lyssamara 

Puisque Janvier est synonyme à la fois de nouveau départ, nouveau bail, nouvelles résolutions voire nouvelle, je vous propose d ’écrire un texte  de bienvenue qui rythme son renouveau avec élan, vivacité et célérité douce. Vous voudrez bien le commencer par cet extrait (tiré d’un journal intime fort célèbre)

« Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs » et y glisser cette phrase-phare capturée

« Je m’attache très facilement » … où vous rêverez.

Si vous y introduisez quelques de ces mots-ci, on s’approchera du faîte (de l’édifice littéraire évidemment): étendre, galet, sicaire, céphéide, ange, se revancher et revif.

Une farce, l’autre pas

 

« Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs »

Tous, nous retenions notre respiration, comédiens et spectateurs.

Pour nous, sur la scène du Galet*, cela ne posait aucun problème; mais derrière leurs masques, les spectateurs ne risquaient-ils pas de s’étouffer ?

Cette pièce, voilà plus de deux longues années que nous la répétions, confinements, plus de salle pour répéter, consignes sanitaires, salles de spectacle fermées, comédiens cas contact, départs, nouveaux arrivants, redistribution des rôles…je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet.

Revenons à cette pièce, qui sera, pour moi,celle de mon dernier rôle.

Nous sommes au 18ème siècle, Me voici soubrette, au service d’une grande dame, envieuse de tout, au paroxysme de la jalousie,  considérant éclipser les autres  telle une céphéide. N’étant pas née de la dernière pluie, je ne suis pas un ange, et ma maîtresse ne m’impressionne pas, contrairement à ce personnage en train de farfouiller dans les tiroirs d’un secrétaire, nous tenant sous la menace d’un sicaire.

Que cherche-t-il ? Que veut-il ? D’où sort-il ?

En vain, je cherche une réplique. Mes compagnons restent bouche bée. Eux aussi, auraient-ils oublié leurs textes ?

Le pire cauchemar pour un comédien; la panne, cette peur qui nous tient aux tripes, fait dégouliner notre corps, tandis que notre coeur bat la chamade, avant d’entrer en scène; le doute qui nous envahit quand à la qualité de notre jeu…

Quelques toux s’échappent du public…un spectateur se lève, applaudit, toute la salle l’imite, chahut des pieds tapant le sol.

L’inconnu referme tranquillement les tiroirs, pose son arme sur le bureau, s’approche du bord de scène, dans un halo de lumière…

– Comment osez vous ? glapit ma maitresse, Cette lumière est à moi.

Alors, toutes nos répliques fusent. Revif de nos mémoires, un instant paralysées.

Applaudissements, Instants chaleureux, inoubliables, incomparables; ces moments de partage fébriles, la dernière fois pour moi, déjà m’envahit la nostalgie, mais pas de regrets. Je reviendrai ici, spectatrice désormais,

Un bruit me réveille; devant moi l’homme au sicaire.

J’entends « Je m’attache très facilement »

Mais ce n’est pas dans la pièce; il n’est pas dans la pièce ! Et cette arme qu’il tient dans la main, c’est un… c’est un pistolet, ou peut-être un revolver, un colt, un browning, que sais-je, moi, je n’ai jamais su faire la différence.

– La ficelle à rôti est dans le placard sous l’évier. Vous trouverez des cis…

Il disparait; Cela fait déjà deux fois en vingt quatre heures. C’est qui ce bonhomme ? Un prestidigitateur ?

Il revient avec un bouquet de fleurs; plus exactement, me visant de son pistolet, revolver, colt ou browning, enfin j’en sais rien, et attendant, recroquevillée dans mon lit, le bruit, la détonation? peut-être qu’il est équipé d’un silencieux ?, mais dans ce cas les voisins n’en sauront rien, alors que deviendra mon cadavre ?, j’entends:

« Bravo, vous avez été excellente. » Et il me tend un bouquet de fleurs. « Hier soir, j’aurais bien voulu vous féliciter, mais j’ai dû sortir de la pièce. »

 

 

*Le Galet, à l’aspect minéral, est une salle de spectacle, ouverte en octobre 2006, comprenant un amphithéâtre gradiné de 386 places, ainsi qu’un équipement scénique performant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’évitation

Ecrit pour Miletune,

Sujet 03/2022 – du 15 au 22/01

Massimo Barbieri – clic

Le mot à insérer facultativement est : CADENAS

 

L’évitation

 

Lever, coucher,

Le soleil, peu m’importe,

La nuit m’emporte.

Songes élevés, Un chat noir traverse ma route.

Malheurs.

N’aie pas peur.

Je t’adore, beau félin.

Alanguie dans mon songe,

Je ne rêve pas.

Tu es bien là.

De ces adages idiots, je me moque,

Dans ces croyances malfaisantes, tu as souffert,

Il est temps de mettre un cadenas

Aux négatives pensées,

Morbides diktats.

D’une chape de plomb, recouvrons-les.

Alanguie dans mes songes,

Chat noir,

Pelage doux, où s’enfonce ma main,

Ronronnements,

Nos coeurs battent à l’unisson.

 

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DEFI DU 20 JUILLET

Le Défi du 20 juillet 2021, proposé par Lilou Soleil clic 

Deux mots commençant par la lettre  R  » raclette » et « regret ».

 

Gourmands

Je n’ai qu’un regret, c’est de n’avoir pas trouvé la raclette, pour finir la mousse au chocolat, qui restait dans le fond du plat.

Le temps de la trouver, le chat avait tout léché.

 

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DEFI DU 20 JUIN

Pour le défi du 20 juin, proposé par DAME URANIE

 

En juin, c’est le tour de la lettre Q 

je vous propose de plancher sur les mots

 QUIETUDE

QUILLE

 

LE QUADRILLE DES LANCERS

 

Qui es tu ? Où es tu ?

A l’étude ?

Qu’y fais-tu ?

J’y étudie.

Qu’y étudies donc là ?

Le quadrille, des jeux de quilles.

Qui sont donc ces drôles de drilles ?

Nous sommes quatre couples, et on danse allègrement.

On s’amuse gentiment, on passe de bons moments.

On retrouve la quiétude,

Oui, mais, et le jeu de quilles ?

Nos jambes tricotent, détricotent  pas de danse.

En cadence

Et le chien dans tout cela ?

Rassure-toi, il ne mord pas.

CHARLES VERNIER 1858

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Défi du 20 mai

Avec les mots Peur et Papaye, pour le, proposé par Patricia

Réclame

Païe, païe, païe, païe,païe, païe, païe, païe,
Et un, et deux et trois,
Païe, païe, païe, païe,païe, païe, païe, païe,
Et un, et deux et trois,
Allez, encore un petit effort,
On va se le muscler ce ventre,
On n’a pas peur de se faire un peu mal,
On va avoir des abdos en béton,
Païe, païe, païe, païe,païe, païe, païe, païe,
Et un, et deux et trois,
Païe, païe, païe, païe,païe, païe, païe, païe,
Et un, et deux et trois,
Souriez, étirez vos zygomatiques,
Voilà, c’est bien comme ça,
On n’a pas peur, on se sent belle dans l’effort.
Et après l’effort, le réconfort.
Pour vous maintenir en forme,
Païe, païe, païe, païe,
Buvez tous les matins, un jus de papaye,
Païe, païe, païe, païe,païe, païe, païe,
Et un, et deux et trois,
Jus de papaye!!!
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PROVENCE

Écrit pour

   

 

 

 

 

Peuchère, Provence, t’es pas fada, d’aller dans la garrigue,

Regarde le soleil, il va toute t’ensuquer.

Oh, mademoiselle a rendez-vous avec son gardian.

Vé, te revoilà, toute pègue.

Eh ! Parole! Tu t’es roulée dans la lavande !

Nine, tu les entends les cigales

Comme elles chantent là-bas dans les oliviers.

Écoute-les bien, elles racontent la Provence.

 

 

 

 

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Sirène et queue de poison

Avec E E I U U B N S S S R pour Des lettres, un Mot mystère, proposé par Lilousoleil

Sirène et queue de poison

  • Roger, qu’est-ce que tu regardes ?
  • Y’a les nouveaux voisins qui emménagent.

Les anciens, des bénis oui-oui étaient enfin partis. Curieuse, moi aussi, je m’approchais de la fenêtre, et ce que je vis…j’en ressens encore aujourd’hui les effets.

Beaux comme des dieux ! Ça allait nous changer.

Lui, à vous faire bruisser les papilles, briser tous les codes de la retenue et de la bienséance. Comment autant de perfections bénies, pouvaient-elles être réunies en un seul être ?

Quand à elle, à l’attitude de mon mari…

  • Roger, tu viens, on mange.

Je sentis comme un regret. Nous mangeâmes en silence, épiant les bruits de l’autre côté.

  • Et si,..

Ensemble, nous avions parlé, d’un élan bissé. Puis, plus rien. Après le café, on essuie la vaisselle. « Toc, toc ».

Devant la porte, corps de sirène, la voisine. Mon mari essuie et reéssuie la vaisselle. Le torchon frotte et refrotte la même assiette, bientôt, on pourra voir au travers.

  • Bonjour, entrez. Soyez la bienvenue.

Bruit de vaisselle brisée. C’est bien ce que je pensais; l’assiette n’a pas résisté à l’ adoration de Roger. Pourvu que la voisine ne vienne pas trop souvent, sinon, on aura bientôt plus de vaisselle.

  • Oh! Quel dommage ! Une si jolie assiette.

Si elle continue à parler, il va nous casser autre chose.

  • Ma mère était brunisseuse. Si vous voulez, je vous montrerai les assiettes qu’elle a décorées. Quand nous serons installés.

Espérons qu’ il cassera rien chez elle.

  • Ce sera avec plaisir. Vous voulez qu’on vous aide ?
  • Vous feriez cela ? Je n’osais pas vous le demander.
  • Avec plaisir, répond Roger, qui essuie un verre.
  • Quand ? Tout de suite, si vous voulez.
  • Vous feriez cela ?

Elle manque de vocabulaire, ou quoi ? Sinueuse, une vilaine pensée traverse mon cerveau. En tous les cas, le verre est sauvé.

La porte de la maison voisine s’ouvre:

  • Chérie, tu as vu les voisins ? Ils sont comment? Lui, derrière la vitre, il avait pas un air des plus rusés, et elle, enfin, ils sont bien assortis, ces deux-là, si tu vois ce que je v…

Il nous aperçoit. La briseuse de ménage, d’une voix, qu’elle voudrait rieuse, tente un « Ne l’écoutez pas, il adore plaisanter. »

  • Ce sera sans nous.

Retour à la maison.  Roger a le sourire en berne, et moi, je ressens comme un regret de nos anciens voisins.

 

 

 

 

 

Catégories : DES LETTRES UN MOT MYSTERE | 5 Commentaires

À la belle fontaine

78ème Devoir de Lakevio du Goût

La Fontaine des Mers (Place de la Concorde) – John Salminen

 

À la belle fontaine

 

Ah! Paris ! La fontaine des Mers ! La mer, mon océan…en été, et la canicule, s’y baigner…

Non, je ne suis pas à Paris. Courir les expositions, les théâtres, se régaler des impromptus à l’Odéon.

Je suis devant La Fontaine des Girondins.

Escapade bordelaise, en ces temps où dix kilomètres sont toute une expédition.

Vivre et revivre l’histoire.

Les députés girondins y sont à l’honneur,

Sans pouvoir se défendre, exécutés pendant la terreur.

Huit socles attendent leurs statues, faute de financeurs.

Oubliés quelque part, échappant à la fusion,

Et au triste destin  de canons,

Retrouvés à l’abandon,

Les chevaux de bronze, habillés de bruine aquatique,

Surgissent poitrails majestueux, entrainent la république.

Girondes, la Garonne et la Dordogne, se saluent, toute en courbes gracieuses.

Grappes de raisins  à sa chevelure, mêlées, malicieux

Me sourit, un jeune Bacchus joufflu.

De cette fraicheur emplie, je m’en retourne ragaillardie,

Sans pouvoir, avec d’autres, ma joie,  partager,

Devant rentrer masquée.

 

J’ai écrit le texte « Carnages », à partir de la gravure, pensant que c’était le 78ème devoir.

Pour lire le texte clic sur la gravure.

 

Catégories : CHRONIQUES BORDELAISES, LE GOUT DES AUTRES | 3 Commentaires

Carnages

« 78ème Devoir de Lakevio du Goût

 

 

CARNAGES

Gris, couleurs de cendre,

Pourquoi s’étaient-ils faits descendre ?

La vérité ici, là-bas devenait impure.

Sur les branches d’un arbre, un autre, te jugeais imposture.

Le juge glorifié, portait haut sa victoire,

Cadavre d’un enfant sans histoire.

Une mère éplorée, que l’on assassinait,

Parce que dans l’autre armée, servait.

Guerriers improvisés, des images impies,

Croyaient deviner, leur volaient leur vie.

Pourquoi être étranger, quand tous on se ressemble?

Qu’a donc de si cruel de tenter vivre ensemble ?

Croix de foi, foi en nous, nous tuons l’autre qui nous dérange.

Assassinats et destructrices  vengeances.

Tout s’en mêle, grotesques scènes, lances de victoire,

Incendies, tortures, bassesses et violences, ce qu’en retiendra l’histoire.

Ce jour, vérités illusoires, mensonges de sociétés,

Catastrophes impunies, cruelles et éternelles réalités.

 

Ceci n’est pas le « 78ème devoir, proposé par Le goût des autres.

Le 78 ème devoir « officiel » À LA BELLE FONTAINE est à lire en cliquant sur l’image

 

Catégories : LE GOUT DES AUTRES | Un commentaire

Le tableau du samedi

Pour le où il est question de miniatures.

Mon regard s’est porté sur de curieuses miniatures, des bijoux « oeil ».

Oeil bleu masculin, peint sur ivoire, encadré de grenats, sur un cadre en or. ( début 19ème siècle)

Représentant l’oeil du bien-aimé, gage d’amour éternel,  montés en pendentifs, bagues, broches,  ces « lover’s’eyes », nés, comme leur nom l’indique, en Angleterre en 1784, objets de petit format, faciles à transporter, furent à la mode de la fin du 18ème siècle jusqu’au début du 19ème siècle.

 

Catégories : LE TABLEAU DU SAMEDI | 5 Commentaires

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