Archives d’Auteur: jacou33

Un léopard sur le garrot

Ecrit pour le

4ème de couverture

Médecin des hôpitaux, pionnier de l’humanitaire « sans frontières » , écrivain, prix Goncourt 2001, aujourd’hui ambassadeur de France au Sénégal, Jean-Christophe Rufin mène sa vie au grand galop. Selon une image tirée d’un poème de Senghor. il semble aller comme un cheval qu’un léopard aurait saisi au garrot. Pourtant, sous l’apparente diversité de cette existence, on distingue une unité profonde, née de la fidélité à une seule passion : la médecine, vécue comme un engagement total dans une discipline moins scientifique qu’humaniste. Voyage dans une vie, ce récit, en tirant sur ce fil qu’est la médecine, fait défiler sous nos yeux trente ans de notre histoire. d’un point à l’autre de la planète. De nouveau, l’auteur de Rouge Brésil et de L’Abyssin offre au lecteur une belle aventure. Mais, cette fois-ci, c’est la sienne.

Mon avis

Christophe Ruffin démontre, tout au long du récit, pourquoi il a voulu devenir médecin; ceci l’amène à exercer dans un milieu où parfois, il a du mal à trouver les valeurs qui sont les siennes; valeurs qu’il cherchera à toujours appliquer, quelle que soit sa situation. Très beau récit, tout en générosité, bien écrit et bien construit, émaillé d’anecdotes amusantes; malgré tout, j’ai trouvé un peu long ce témoignage, et que parfois, il tournait en rond.

Extrait

Il y a dans cette fresque guerrière le même mélange de gloire et de naufrage. Au premier plan, un fier général tout en blanc mène l’assaut sur un cheval cabré. Mais tout près, à un angle de la toile, lui répond l’image d’un cavalier désarmé par un coup de mitraille, affalé sur sa selle et qui regarde autour de lui sans comprendre.

Il m’arrive parfois, comme ce soir, de penser que ma vie est ainsi scandée par ces extrêmes opposés. Tour à tour champ de bataille et champ de ruines, elle n’a été qu’une suite de combats, de redoutes à emporter, de vague à l’âme l’assaut mené, de marches forcées et de nouvelles batailles. Médecine, humanitaire, littérature et aujourd’hui cette fonction nouvelle, ce nouveau défi, mon existence est une longue errance sans repos. Pourquoi suis-je incapable de m’arrêter à un destin et à un seul ? Pourquoi suis-je ainsi condamné à vivre plusieurs vies, à rouler sans répit mon rocher en haut de montagnes de plus en plus escarpées ?

L’horizon de nuit, lavé par la pluie, paraît aussi clair que peut l’être une obscurité de mer et de ciel noir. Les petites lumières de Gorée scintillent le long de la barrière de basalte. Ma femme et mes filles dorment à l’étage. Le bruit des gouttes les a bercées, comme elles le faisaient jadis sur les toits de tôle d’une autre ville d’Afrique où nous avons vécu.

J’écoute monter un murmure qui d’abord m’inquiète puis me rassure. C’est le bruit que font les souvenirs quand ils approchent en troupe. Que veulent-ils ? M’apaiser. Me dire qu’en dépit d’apparences contraires, le fil de ma vie est unique et solide. De très loin revient l’écho d’une vocation qui a fait de moi un médecin, mais en mettant dans ce mot tant d’idéal et d’espoir qu’il a pris la dimension du monde.

La médecine est la vie, ma vie, toute la vie. Aujourd’hui que je lui parais si peu fidèle, j’en suis plus proche que jamais. J’ai envie de raconter cela, de montrer cette unité.

La médecine est le véritable sujet de ce livre. Qu’on veuille bien me pardonner d’y parler beaucoup de moi ; c’est le seul moyen que j’aie trouvé pour parler d’elle.

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Hôtel des Piranhas

Pour le, voici un « deux en un »

4ème de couverture

Au bord d’un fleuve énorme et menaçant, une case de bambous au toit de palmes où se retrouvent tous les aventuriers de l’Amazonie : c’est l’hôtel des Piranhas. Ses clients couchent dans des hamacs et mangent du tapir rôti. Il est tenu par un couple de marginaux, beaux et amoraux, autour desquels va s’organiser la ronde des terreurs tropicales et des amours torrides. Une jeune femme un peu fantasque, un peu sorcière, va déclencher les passions et la violence. Les chamans indiens s’en mêlent et Vénus en découd avec le dieu Pan, sous le regard attentif et cruel de la matoutou, la mygale géante apprivoisée de l’hôtel des Piranhas. L’auteur du Petit train de la brousse change de continent. Avec ce roman, qui réserve bien des frissons, il nous emmène dans un lieu inquiétant où se posent d’énigmatiques questions, et où l’amour suit d’étranges chemins…
Mon avis
Sur fond d’aventure en Guyane, d’évocations follement érotiques, nous faisons la connaissance de divers personnages qui passent, certains reviennent, banals ou pas, selon que l’on se place du côté du narrateur incrédule, prenant des notes dans son carnet noir, ou de celui de Nadia échafaudant des  scénarios, au gré de son imagination et observation sans limites. Je me suis régalée de ce récit truffé d’anecdotes, de dialogues, de situations, à première vue, invraisemblables.
L’humour, toujours présent, est aussi prétexte à dialogues, semblant surréalistes, traitant des horreurs du bagne, de réflexions et attitudes colonialistes, de la lutte pour l’Indépendance des indigènes, des nazis vivant impunément en Amérique Latine, des religions évoquées de manière iconoclaste.
Je me suis amusée.
EXTRAITS
Ils avaient acheté un petit house-boat pour faire des excursions et un canot à moteur. Mais les clients se lassaient rapidement de descendre des fleuves impassibles et monotones, d’où le bruit du moteur faisait fuir les animaux. Il était interdit par l’administration d’aller chez les Indiens, trop vulnérables aux maladies des Blancs. On les voyait passer en pirogue avec leurs longs cheveux, leurs lances et leurs pagnes rouges. Karl leur avait défendu d’aborder à l’hôtel des Piranhas. Il voulait éviter à ses clients le déshonneur d’acheter les fausses flèches, les faux arcs, et les faux tamis à manioc que les Indiens fabriquaient spécialement pour les touristes.Aussi la plupart de ses hôtes, convaincus au bout de quelques jours qu’il ne se passait donc rien en Amazonie, se résignaient à vivre à l’hôtel des Piranhas comme ils l’auraient fait à la plage sportive de Cannes : bains de soleil, baignades,alcool et bouffe. On finissait par trouver banal le rôti de tapir et la brochette de caïman. Quant à l’aïmara, ça n’était qu’un gros brochet, n’est-ce pas?
– Je n’ai jamais vécu aussi intensément qu’ici! proclamait pourtant Nadia, la pêcheuse de piranhas. Était-ce son vrai prénom? Était-elle russe? Que faisait-elle au fond de cette jungle, seule? Questions qu’il n’était pas convenable de poser à l’hôtel des Piranhas dont les hôtes s’entouraient volontiers de mystère comme pour laisser supposer de subtils motifs à leur présence sur ce radeau. Chacun avait souri lorsque Nadia avait prétendu être une scénariste, venue chercher l’inspiration sur les rives de l’Oyapock. L’inspiration vraiment dans les lieux les plus monotones de la planète!
– C’est dans ce silence des débuts du monde, dans cet écoulement indifférencié des jours que naît l’événement qui n’est que la revanche de l’imagination sur le cosmos inerte,disait-elle souvent entre ara et pécari 1
1. L’équivalent en Amazonie de notre expression «entre chien et loup
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Je m’en lave les mains…

Écrit pour MILETUNE

Sujet 13/2020 – du 28 mars au 04 avril

Letizia Le Fur – clic et clic

Le mot à insérer facultativement est : RESSORT

Je m’en lave les mains…

-Qu’est-ce que je fais ici ? C’est d’un ennui, leur conférence, faudrait, faudrait pas, heure d’été, d’hiver…Tous les ans, ça ressort, discussions et débats à n’en plus finir. Moi, pourvu que j’ai mes 8 heures de sommeil…

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Journal d’une confinée (10 )

Journal commencé le mercredi 18 mars 2020

Confinement J 12, page 10

Vendredi 27 mars 2020

UKRAINE Ce charmant monsieur, ministre de la Santé ukrainien aurait dit: « Les fonds devraient être dépensés pour les personnes de moins de 65 ans, pas pour les cadavres  » Au vu de sa photo, ne serait-il pas, lui aussi, en âge de faire un cadavre. A-t-il des parents ?

Extraits d’un entretien avec la La sociologue Dominique Méda,

Ces métiers mériteraient une augmentation, non pas pour les récompenser de leur investissement, mais au nom de leur utilité sociale.

Cette épidémie montre qu’un virus peut mettre nos services publics à plat. Dès la sortie de la crise, il faudra préparer nos sociétés pour assurer les services essentiels : la santé, nourrir les populations. Que l’on n’ait même pas les gants, les masques, les tests pour nos propres populations, car tout cela a été délocalisé, c’est sidérant. Autre raison d’être sidéré : le fait que depuis un an, personne n’a pris au sérieux le cri d’alerte des soignants. Il arrive aujourd’hui exactement ce qu’ils avaient prévu.

Ces métiers mériteraient une augmentation, non pas pour les récompenser de leur investissement, mais au nom de leur utilité sociale.

Ce qui pourrait être remis en cause, c’est l’énorme différence de rémunération des services rendus. Dans un cas, il y a une sous-rémunération. On sait par exemple que les femmes sont en première ligne dans la lutte contre le coronavirus, qu’elles sont massivement présentes dans les métiers au front, la vente, le care, des métiers qui sont chroniquement sous-rémunérés. Pourquoi ?  Parce qu’il y a du temps partiel, et parce que l’on considère que ce sont des compétences naturelles : les femmes sauraient naturellement soigner, sourire, vendre, être gentilles… Ce ne serait donc pas la peine de rémunérer ces qualités.

Ma petite fille Loraline a peint « Le Printemps des Oiseaux », devoir d’école,

 m’ inspirant un poème, que je lui ai dédié.

Le Printemps des Oiseaux

Dans ma maison, emprisonnée,

Des rêves d’évasions, faisais.

Dehors,  ne sais ce que je trouverais.

Peu importe, j’avais envie de liberté.

Un matin, me caressa un rayon de soleil.

Longtemps, n’avais vécu pareille merveille.

Grands mes yeux, ouvris.

Sitôt, me crus au paradis.

Le printemps avait fleuri,

Partout voletaient des papillons jolis.

J’étais enchantée,

Qui, mes pensées, avait deviné ?

Longtemps, je n’eus à chercher.

De la prairie, les fleurs couleur violine,

Murmurèrent: c’est la fée Loraline.

Mamie Jacou, Cestas le 27 mars 2020

 

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Syzygie ou de l’influence de la lune sur les marées

Ecrit avec les mots de la récolte chez Émilie, pour Les Plumes d’Asphodèle

Thème proposé MARÉE

Horaire, variation, remous, haute, lune, oscillation, va et vient, vent ,mascaret, plage, brouillard, grain, sygyzie, basse

 

Syzygie ou de l’influence de la lune sur les marées

– Mais arrête de tirer la couverture à toi !

– Je ne peux pas faire autrement. C’est l’heure de mon éclipse.

– Quoi ? Qu’ess’t’as dit là ?

– Je m’éclipse.

– Non mais, ça va pas ! Et comment je vais faire tout seul moi ? Avec ces tonnes d’eau, à leur faire faire le va et vient, à les tirer sur les plages, à les retirer avec tout ce sable, en plus !

– Tu procèderas par petites oscillations, tu lècheras la plage délicatement, comme ça les gens auront le temps de reculer, sans avoir leurs serviettes trempées. Ça c’est pour la marée haute. Pour la marée basse, tu glisseras doucement,  et surtout, fait crépiter les petites vaguelettes. Très important, aussi, veille à dessiner sur le sable des ondulations.

– Quoi ! Il faut que je fasse le coiffeur ! Et le varech, je lui fais un indéfrisable, peut-être !

-Bon, tu notes les horaires: 05h53 pour la pleine mer…

-Et je dors quand, moi ?

-Jamais

-Oui, mais il faut que je fasse de la muscu.

– Une autre fois. 11h48 pour la basse mer et 17h49 pour la haute mer. Et estimes-toi heureux, ce sont de petits coefficients. Sinon tu aurais dû pousser l’océan sur plus de 150 kilomètres, dans l’estuaire et au-delà. Attention, s’il y a du brouillard, ne va pas n’importe où. Regarde-bien devant toi, où tu t’arrêtes. Ne va pas nous faire un raz de marée.

-Et j’y vois comment moi ? T’as des essuie-glaces à me prêter ?

– T’inquiètes, y’en aura pas. Par contre, du vent, je ne dis pas.

-FFFFou;  et si le vent me pousse trop fort, que j’ai pas assez de forces pour l’arrêter, avec quoi je freine ?

-T’inquiètes, c’est pas sûr qu’y en ait.

-C’est pas sûr, c’est pas sûr. Et si y’en a.

– Débrouille toi. Faut que je m’éclipse.

– Débrouille-toi, qu’elle a dit. Bon j’y vais. À nous deux, monsieur Atlantique. Mais dis-moi, toi, tu pourrais pas le faire tout seul, le boulot ?

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

– Alors raconte-moi. Ça a été.

-Impec. Des vagues hautes comme ça, on a fait du surf sur la Dordogne, il y avait plein de gens à nous regarder passer; c’est chouette le mascaret. Dis c’est quand que tu en refais un.

-Mais deux fois par jour, on peut le voir, le mascaret. Attends, tu as bien dit que vous aviez surfé sur la Dordogne ?

-Oui, et si t’avais vu les remous que ça faisait ? Qu’est-ce que je me suis bien amusé .

-Je comprends pas, les coeff. étaient de 87 et 88. Tu es sûr ? C’est pas normal. Qu’est-ce que tu as trafiqué ?

– Moi rien. C’est monsieur Atlantique qui a tout fait. Il m’a dit: laisse-moi les commandes et on va leur faire un petit raz de marée, qu’ils s’en souviendront longtemps.

– Quoi! Vous avez…fait quoi ?

-T’as pas lu les journaux ?  » Pendant que la lune se faisait la belle, le premier  quartier maitre, ayant pris les commandes, anime de concert avec Atlantique, un gigantesque orchestre, jouant à la perfection une variation de la Mer de Debussy. «  Alors, satisfaite ?

-J’ai loupé ça ! J’espère que tu vas recommencer. J’aimerais bien  assister au concert.

-Moi, j’ai fait mon job. Cherche dans les enregistrements. Le morceau s’appelle Syzygie.

 

Pour tout savoir sur le phénomène mascaret, clic sur les vagues:

 

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Journal d’une confinée (9)

Journal commencé le mercredi 18 mars 2020

Confinement, J 11, le journal p9

Jeudi 26 mars 2020

Hier, en allant au ravitaillement, j’ai vu des gens muets, tristes. Je comprends. Mais j’ai parlé avec une personne.

Pourquoi ne se parle-t-on pas ? On a peur des postillons de l’autre ? Comment engager une conversation dans ces cas-là ? Je sais bien que c’est pour cacher mon angoisse, que je parle. Les autres, aussi, sont angoissés. Comment se traduit leur angoisse, alors ?

C’est vrai que j’ai de la chance d’avoir un grand jardin; en plus, le beau temps persiste. Alors que tant de personnes vivent entre 4 murs, et les enfants, comment vivent-ils cette situation ? Empêchés de sortir, parents angoissés, certains agressifs, combien de temps va-t-il falloir pour effacer ce traumatisme terrible ?

Ce matin, n’ayant lu aucune réaction, je me suis permis un coup de gueule sur facebook, de ma part envers la porte-parole de ce  gouvernement, que nous subissons.

« « ne demanderait pas à des enseignants, qui actuellement ne travaillent pas compte-tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises garigette. »

Elle s’est excusée. Encore une pirouette. Les mots sont là, et ils font des dégâts.

Le gouvernement va-t-il suivre son exemple, quand nous sortirons de cette crise, et exprimer, lui aussi son mea culpa. Je ne décolère pas.

En Espagne, pendant ce temps, la police se donne en spectacle…

 

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Journal d’une confinée (8)

Journal commencé le 18 mars 2020

Confinement, J 10, page 8

Mercredi 25 mars 2020

Hier, Télérama dans la boite aux lettres. Sur notre boite aux lettres, j’ai collé ça: Un grand BRAVO aux facteurs et factrices.

Vive la Fonction Publique

J’ai voulu féliciter l’éboueur, mais le temps que j’arrive au portail, le camion repartait.

Tous ces gens devraient être applaudis, aussi.

Intermarché, ce jour, vers 11h30, il restait quelques paquets de P.Q., plus de farine; pour les personnes attendant de pouvoir  rentrer dans le magasin vers 13 h 30, en trouveront-ils encore ? Les employés travaillent 3 jours non-stop, puis sont en repos.

« Un léopard sur le garrot » de Jean Christophe Rufin, commencé hier, m’emmène au pays médecine.

Depuis que j’ai commencé le challenge, je m’aperçois que je suis plus concentrée sur ce que je lis. En d’autres temps, j’aurais peut-être lu 10 pages de Rufin, et n’aurait pas continué. Un passage difficile, pour moi, qui parle de la mort.

Notre prof d’allemand propose des cours avec skype. Screugneugneu, je n’arrive pas à mettre en place le système.

En direct de Suisse

Christian Tüscher gère une ferme biologique à Ziegelried (Berne). Pour remonter le moral des gens qui restent à la maison, il a partagé cette vidéo de ses vaches heureuses pour leur premier jour sur pâture.

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Le loup peint

Je participe au challenge proposé par Sharon et Nunzy

4ème de couverture

Vincent Galtier est vétérinaire dans une petite ville de l’Yonne, près d’Auxerre. Depuis la mort accidentelle de son fils, son couple est à la dérive. Seule Marion, sa maîtresse, parvient  à lui faire vivre quelques moments d’oubli.

Une nuit, alors qu’il vient de la quitter et traverse une forêt isolée, pour rentrer chez lui, les passagers d’une voiture inconnue lui tirent dessus et tentent de le précipiter dans un ravin. Lorsque Vincent arrive finalement à son domicile, après leur avoir échappé de justesse, c’est pour y découvrir une scène de massacre. Il y en aura d’autres. Le cauchemar ne fait que commencer.

Mon avis

Le début, scènes d’horreurs et d’angoisses tellement bien décrites, j’ai laissé passer un jour avant de reprendre la suite. Puis, je n’ai plus quitté les personnages impliqués dans l’affaire. Un polar à l’intrigue peu banale, malgré quelques clichés, que j’ai suivie pas à pas, sachant que le vétérinaire, suspect numéro un, n’est en rien coupable de ce qu’on l’accuse. Comment va-t-il se sortir de tous les pièges qui lui ont été tendus. Quand au loup peint, il se balade dans l’histoire, petit animal innocent, sur qui repose, sans que l’on s’en doute, toute l’intrigue.

Quelques extraits

Soudain, il se figea dans l’ombre. Là, à quelques pas de lui, une silhouette obscure se faufilait dans le noir plus dense qu’elle. L’odeur était forte. Désagréable. Mais moins que ce qu’il avait dû manger depuis qu’il avait quitté les tétines de sa mère.
Joey jaugea la taille de la créature, essayant de voir si elle était dangereuse. Ses petites pattes, beaucoup moins longues que les siennes, ne l’inquiétaient pas. Mais il avait appris à se méfier des dents des autres animaux. Depuis que ses frères et sœurs étaient morts, les jeux avaient disparu. Lorsqu’il croisait une autre mâchoire sur son chemin, c’était à celui qui la refermerait le premier sur le cou de l’autre.
Et à ce jeu-là, il n’avait jamais perdu.

 

– Bon, tu accouches, oui ? Pourquoi tu penses qu’il est innocent ?
Benoît Martin, le simplet de la brigade, mit alors un sucre dans son café et commença à le touiller en rassemblant son courage à deux mains.
– À cause de son chat.
Milan crut avoir mal entendu.
– Son chat ?
Martin hocha la tête.
– Ouais. Il est venu se frotter contre lui, l’autre soir, juste avant qu’on l’embarque.
Richard Milan prit une profonde respiration. De l’air. Il lui fallait de l’air avant que…
– Une femme seule… un chat seul… je te parie ce que tu veux que le matou dormait avec sa maîtresse, cette nuit-là.
L’air resta bloqué dans les poumons de Richard Milan. Il posa des yeux incrédules sur Martin qui plissait les paupières en buvant une gorgée du café brûlant tout en soufflant sur sa tasse.
– Alors… pfuuuu… s’il avait été là quand le vétérinaire a découpé sa femme en morceaux, s’il avait assisté aux coups, au massacre… pfuuuu… tu crois vraiment qu’il serait ensuite allé se frotter contre ses jambes ?

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Le berger des abeilles

Je participe au

Résumé

, un jeune lieutenant originaire du Nord de la France rentre de prison en Allemagne; Le ministère des prisonniers l’envoie en congé dans les Pyrénées Orientales. Voulant passer en Espagne, empêché, il rejoint les résistants dans la montagne, fait la connaissance du berger des abeilles, fréquente Maillol et les danseurs de sardane.

Mon avis

Description picturale des paysages du Roussillon,  j’ai aimé ce roman, les aventures  romantiques sur fond de guerre d’Espagne et d’occupation allemande. Une foule de personnages attachants, passionnés et passionnants que j’ai suivis dans leurs vies, multiples aventures, périlleuses, humaines.

Extraits

Elle a refermé. Il va vers la porte, hésite à pousser le verrou, retourne à la fenêtre. Au-dessous, à gauche, voici la terrasse vide d’un café. Les montants du store dessinent des losanges compliqués. Plus loin, même côté, une autre terrasse. Les chaises sont blanches, encore alignées dans leur géométrie matinale. Quelques clients en bras de chemise prennent le café. En face du café blanc, la Loge de mer élève son élégante façade nerveuse. Elle aussi est devenue un café et on dirait que la Vénus de Maillol est là pour arbitrer les hésitations des consommateurs. L’ambiance est presque légère. Tout va s’arranger. A Perpignan, les tragédies sont peu plausibles.
Et puis, à sa droite, touchant presque sa chambre de l’autre côté de la ruelle, c’est l’Hôtel de Ville que l’ombre caramélise. Des beaux murs modulés en galets de rivière, trois bras de bronze, différents, émergent et se tendent on ne sait vers quoi, au-dessus de la place.

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Journal d’une confinée (7)

Journal commencé le mercredi 18 mars 2020

Confinement, J 9, page 7

Mardi 24 mars 2020

Cela fait une semaine que le gouvernement nous impose ce confinement. Nécessaire, certes, mais d’autres mesures auraient pu être prises bien avant, pour éviter d’en arriver à cette situation.

La disparition de Manu Di Bango m’attriste. C’était un homme sympathique.

Mais, je vous en demande pardon, monsieur,  je pense que vous comprendriez, tant d’anonymes, aujourd’hui, demain, décèdent, pour qui je suis triste, aussi.

Il va falloir que je renouvelle mes médicaments, et des aliments de première nécessité. Il parait que maintenant, il n’y a plus aucun problème pour s’approvisionner. Ce sera ma première sortie depuis le dimanche 15 mars 2020. Je suis allée voter avec la trouille.

Cela m’a fait drôle de revenir « chez moi », voter. Faire quatre vingt kilomètres, aller-retour, pour soutenir celle, qui j’espère, sera élue aux prochaines municipales. Pour le moment, personne du bureau de vote n’a de problèmes de santé.

Une idée pour l’Agenda Ironique

Les mots « endormis » sortent de leur léthargie, remis à l’honneur par France Culture.

https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/les-mots-endormis?

Flaubert : raconte l’ennui d’une jeune femme confinée avec son mari. (voir journal d’une confinée (6)

Serait-ce ?

Kafka : un homme confiné s’ennuie, regarde une mouche courir sur son plafond… À la fin, c’est la mouche qui le regarde, courir sur les murs…

Il s’agit de      Die Verwandlung (« La Métamorphose »), illustration de Tatjana Hauptmann.

Cherchant la confirmation sur Wikipedia, une magnifique découverte m’attendait: pour l’avoir admirée, photographiée, m’être extasiée devant une telle beauté, cette  maison à la Minute, fut la résidence de Kafka à Prague au 27 de la rue Dušní, de 1889 à 1896.

Pour les autres auteurs, je projette de proposer à d’autres de chercher de quels romans il s’agit.

Aujourd’hui, où on se rassure en célébrant nos héros, une phrase simplement modeste d’un homme courageux, un temps discrédité.

« J’estime ne pas avoir le droit en tant que médecin de ne pas utiliser le seul traitement qui ait jusqu’ici fait ses preuves », dit le Pr Didier Raoult.  AFP/Gérard Julien

 

 

 

 
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