Archives d’Auteur: jacou33

Miletune

Ecrit pour miletune, Sujet 01/2018

Yto Barrada – source image – clic

Le mot à insérer facultativement est : COULEURS

Les nouveaux commandements

J’avais ouï lire, un certain jour,

Effeuillant un coquillage muet, ceci:

On devait regarder avec son oreille.

Tu parles d’une gymnastique.

Car ayant consulté mon arbre généalogique,

Je n’avais trouvé ni Guerrier Gourmand,

Ni Fleur des Champs.

Quelques efforts plus tard, ma joue contusionnée,

Mon nez écrasé, l’oreille dentelée,

Je dus me coucher sur le côté opposé.

Le lendemain, yeux en poche, nez plat,

Oreille faisant le guet,

Je ne sentis rien.

Et pour cause, ma bouche n’avait rien compris.

Car les goûts  appartenaient au domaine de l’odorat.

Qu’il faut goûter à tout,

Je n’en faisais pas un monde

Mais là, cela dépassait mon entendement,

Qui en voyait de toutes les couleurs !

Comment donc, faire maintenant

Pour aller  à vue d’oeil,

Sans se perdre de vue.

Fallait-il s »en battre les oreilles,

Voire s’en tamponner le coquillard ?

Et avec tout ça ne plus faire la fine bouche,

Lorsque je serais embrassée,

A bouche que veux-tu,

Par le premier inconnu ?

Dormir sur mes deux oreilles,

Ou que  d’un oeil,

Bouche cousue ?

Je mis le coquillage dans ma poche,

Avec mon mouchoir dessus,

Sans ouïe dire à personne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Quand les poules auront des dents ?

Écrit pour le JEU 32 : Lieux, objets et expressions, proposé par  La Licorne Ma photo

Passer dans les trois lieux suivants :une salle de bains, un parc, un café
Faire allusion à trois objets: une clé, une statue et… un portrait d’Arthur Rimbaud, objets réels, et pas seulement les mots qui doivent être évoqués dans le texte…
Placer les trois expressions suivantes :décrocher la lune,  être réglé comme du papier à musique, quand  les poules auront des dents.

Quand les poules auront des dents ?

Il était une fois un bois,
Dans ce bois une clôture,
A cette clôture, accrochés tubes de dentifrice et brosses à dents.
Brosses à dents, pour quoi faire ?
Faire croire que ce  dicton « Quand les poules auront des dents »,
Était réglé comme du papier à musique ?
Musique sinistre de ce bois, encombré de vestiges,
Vestiges d’humains,
Humains sans papiers, sans visages ?
Au mur de mon salon, Arthur Rimbaud juvénile et regard inquiet écoute mes pensées.
Je ne suis ni voyant, ni lecteur de marc de café, me révèle-t-il.
Café que songeuse, tourmentée de ces visions,
Je tourne, et retourne, dans ma salle de bains, musique automatique de la petite cuiller,
Mon breuvage est froid, l’eau déborde de la baignoire.
On sonne à la porte, on tambourine à la porte.
Porte secouée, enfoncée, je n’ai pas eu le temps de tourner la clé dans la serrure.
Un inconnu vocifère.
Vocifère, me bouscule, arrête le robinet,
Robinet d’eau et de ses paroles,
Me tend un peignoir, je suis nue,
Pose ma tasse sur l’évier,
Éclate de rire.
 » Je suis sculpteur; accepteriez-vous de poser pour moi ? »
 » A qui appartiennent ces brosses à dents ?  m’entends-je lui répondre.
 » C’est une longue histoire. » répond-il, une lueur triste au fond des yeux.
 » Venez chez moi, je vous raconterai…
« Il était une fois…
Alors je comprends, je vois cette jungle, cette vie d’errance et de pourchassés, de froid, d’humiliations, de privations mutilantes.
Pourtant, il me dit sa joie, ses belles rencontres, qu’il croit qu’un jour ou l’autre on arrive à décrocher la lune,
Même dans notre monde d’indifférences, de vérités toutes faites, de désinformations.
Nous sommes dans son atelier, bric à brac d’objets de tous les jours,
Je l’écoute, il me parle,
Je l’entends, il me comprend.
Il raconte et dessine sa vie d’avant,
Un parc, des oiseaux, une statue,
Ma statue, moi qui contemple ce semblant de vie en dignité.
Cette photo fait partie d’une exposition de photos, prêtée par la Cimade, dans le cadre de  la Semaine des Solidarités en 2017.
( D’autres photos témoignages des conditions de vie des migrants sont visibles  à l’article Inhospitalité, paru sur mon blog)
 
 
 
 
Catégories : LA LICORNE | 2 Commentaires

18 décembre Journée internationale des migrants

Catégories : Evénements, Les mots graffiti | Poster un commentaire

25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

 

Catégories : Evénements, Les mots graffiti | 3 Commentaires

Une souris passe partout.

Ecrit pour le défi du 20 novembre 2017, proposé par Florence

Imaginez que vous êtes une petite souris ayant la possibilité de pointer le bout de son museau où et quand elle le veut ; quel endroit du monde ou de l’univers iriez-vous voir, quand, à quel évènement passé, présent ou à venir voudriez-vous assister ?

Images pour bricoler6

Une souris passe partout

J’ai trouvé dans mes cheveux
Une souris bleue.

Ainsi me parlait La Liberté,

Du haut de ses cent cinquante pieds

 Le jour où elle fut érigée.

J’ai trouvé dans ma manche
Une souris blanche.

Ainsi me parlaient,

Ursula, Hans et Günther

A cheval sur le Mur,

Après l’avoir fait  chuter.

J’ai trouvé dans mon pantalon
Une souris marron.

Ainsi me parlait

Le danseur aux pieds ailés,

Sur le sol du Bourget,

Il avait choisi l’exil,

D’un incroyable bond, avait réussi à sauter,

Échappant au KGB.

J’ai trouvé dans mon oreille
Une souris groseille.

Ainsi me parlaient,

Sonia, Amin et Latifa,

Sur une plage échoués,

Sans espoirs et sans papiers,

On ne fut pas long à les sauver,

Aujourd’hui, continuent à rêver,

De leurs pays dévastés,

Un jour, ces déracinés,

Là bas, veulent y retourner.

Si j’étais cette souris,

Transportée à mon gré,

Partout dans le monde, voudrait aller,

Y trouver des libertés,

Des cultures et des beautés,

De la musique, de l’amour  et de l’amitié,

Voyages et puis la paix.

 

 

 

 

Catégories : Défi du 20 | 7 Commentaires

Inhospitalité

C’est avec l’exposition de photos de Julien Saison*, intitulée « INHOSPITALITÉ », prêtée par la CIMADE** que débute l’évènement , à Pessac, organisé par le Collectif Pessac Solidarités en 2017 auquel participent  ASTI / CCFD Terre solidaire / COEUR SOLEIL / COMITE DE JUMELAGE de Pessac / EPI’SOL / MBDHP / PEUPLES SOLIDAIRES Bordeaux / SECOURS CATHOLIQUE / SECOURS POPULAIRE avec le RADSI et la Ville de Pessac médiathèque Jacques Ellul.

VIE ORDINAIRE Une matinée dans l’eau stagnante au fond d’une cour désaffectée.

SOLIDARITÉ en réponse aux violentes vagues d’expulsion entreprises depuis 2002 et à la fermeture du « nouveau Sangatte », les exilés se mettent à l’abri des chasses policières quotidiennes dans une désaffectée. Soutenus par les activistes et militants associatifs, des barricades se montent, des assemblées générales et des réunionsintercommunautaires s’y tiennent. 200 à 300 exilés de toutes origines y vivent. 500 y passent chaque jour pour accéder à un minimum d’hygiène, recharger son téléphone, boire un thé, s’y faire soigner. En mai 2015, une expulsion silencieuse solde l’organisation; les exilés ne sont définitivement plus acceptés au coeur de la cité Calaisienne.

BESOINS VITAUX S’hydrater et jouer, pour sepréserver psychologiquement. C’est avec une vieille bouteille de gaz que s’organisent les parties de lancers de poids entre afghans. c’est avec une citerne d’un mètre cube que les soudanais sont trop rarement ravitaillés, le non accès à l’eau potable, prémices de l’abandon moral des exilés.

 

PRECARITÉ Plus de 1000 personnes vivent au coeur d’une zone dunaire-restaurants, églises, salons de coiffure, épiceries et cabanes- avec des bâches plastiques et des cordages comme seulsrefuges. Regards fraternels malgré tout. (Calais- occupation Tioxide)

Tioxideau bout du port de Calais, une longue rue bordée d’entrepôts en grande partie abandonnés, de parking en friche, et derrière les fumées de l’usine Tioxide, un immense terrain vague. Pour les plus chanceux, un abri dans le hangar, pour d’autres une tente ou une cabane de fortune. Erythréens, soudanais, Nigérians, Afghans…près de 1000 exilés s’y reposeront entre deux tentatives de passage, jusqu’au printemp s2015, expulsés vers la « new jungle »

 

PEACE Réponse sans équivoque sur l’irrespect des droits et des besoins fondamentaux, les difficultés d’obtention d’un statut légal, les conditions de vie honteuses, la séparation des familles, l’autisme des autorités et le rejet instrumentalisé d’une partie des calaisiens, français et européens.

 

NON-LIEUX Dans d’autres jungles***, organisées le long d’axes routiers menant à Calais, les tentatives pour s’introduire dans les camions sont moins mouvementées et le harcèlement policier moins soutenu. Pourtant c’est dans la même précarité et le même dénuement matériel et humain qu’y survivent des centaines d’exilés.

FRATERNITE Au bord d’une rocade, plusieurs centaines d’exilés survivent dans la plus grande précarité. La complicité acquise, ils sourient et la vie en collectivité leur permettent d’entretenir un bien-être corporel et, pour autant que faire se peut, rester dignes.

* Julien Saison, natif du Pas-de-Calais, est militant activiste de longue date à Calais et ailleurs, photographe autodidacte. Il développe une approche de lecture collective des images à la croisée des chemins, basée sur la déconstruction des préjugés et la pédagogie. C’est au savoir-vivre ensemble qu’aspire son témoignage photographique.

**La Cimade (Comité inter mouvements auprès des évacués), association militante depuis 1939 accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits, agit auprès des personnes enfermées et se mobilise pour témoigner.

La Cimade édite et vend en ligne un petit guide, à mettre entre toutes les mains (10euros 25 exemplaires/ 15 euros 50 exemplaires)

Pour se le procurer, clic sur

***Le terme « jungle« désigne à Calais les lieux de vie des exilés: installations précaires, squats, et campements de fortune, situés loin des regards dans les bois ou des friches.

A l’origine « jangle » est un mot patcho(afghan) qui signifie « petite forêt, bosquet.)

Cet article est une information, et un témoignage; nullement dans l’intention d’entamer une quelconque polémique.

Jacou

 

 

Catégories : Evénements, Les mots graffiti | Un commentaire

Cadavre exquis, le treizième

Ecrit pour Incipi’Turbulent #13

C’est en mars 1964 que Jacques a mangé de l’herbe pour la première fois. Il en avait mangé avant, bien avant, beaucoup et des jours durant, mais la première fois qu’il a mangé de l’herbe et qu’il a guéri c’est en mars 1964, c’était le soir et il avait plu.

– C’était quand déjà, la première fois que tu as mangé de l’herbe et que tu as guéri ? lui a demandé Bonzi.

– C’est en mars, c’était le soir et il avait plu, lui a répondu Jacques.

C’était le soir. Il avait plu. (Sorj Chalandon, Le petit Bonzi)

 

Un semblant de liberté, avait coulé dans ses veines; c’était comme ce soleil, qu’il voyait pour la première fois, mais qui avait trop vite disparu. Depuis, chaque  nouvelle aurore  et ses timides rayons lui redonnaient couleur d’espoir. Mais les jours passaient si vite, et il ne pleuvait plus, ou beaucoup trop.

Pour lire le texte final avec toutes les participations, CLIC sur l’herbe

Catégories : CADAVRES, EXQUIUS | Poster un commentaire

La capitale à deux heures et vingt minutes… de Bordeaux.

Ce qui suit me rappelle « Parisiens, têtes de chiens, parigots, têtes de veaux »,  que, l’été à Arcachon, mes copines et moi, nous proférions à la vue de tout véhicule immatriculé 75.

😉

Catégories : CHRONIQUES BORDELAISES | 2 Commentaires

Mauvaise rencontre

Ecrit pour miletune Sujet semaine 46/2017

Michel François – clic

Le mot à insérer facultativement est : NUANCE

 

Mauvaise rencontre

Gouffre sans pensée,

Ignoble regard éteint

Anus obscène,

Ton insondable trou noir,

Happe la vie.

 

 

Catégories : Miletune | 3 Commentaires

Caramels mous

Thème de novembre, proposé par ABC dans Nouveau thème :

« Caramels mous »

  • Qu’est-ce que tu  manges ?
  • Des caramels.
  • Tu m’en donnes  ?
  • Juchte un, pachque, j’en ai pas beaucoup. Cha coûte cher. Je les chai achetés avec les chous que la chouris a laiché chous mon oreiller; à la plache de ma dent qui est tombée.
  • Il est bon, che caramel.
  • Pourquoi tu machounes chans arrêt ?
  • Pachque il ch’est  collé à mes dents. J’échaie de le décoll…aïe!
  • Qu’èche qui t’arrive ?
  • Ma dent qui voulait pas tomber, elle ch’est chortie toute cheule.
  • L’avale pas; chinon, tu pourras pas la mettre chous ton oreiller; et la chouris, elle pachera pas.
  • Ch’est chûr. Regarde, cha chaigne.
  • Mets-là vite dans ton mouchoir.
  • Attends, je lèche le caramel qui ch’est collé autour.
Catégories : Nid de mots | 6 Commentaires

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