Archives d’Auteur: jacou33

Cadavre exquis, le treizième

Ecrit pour Incipi’Turbulent #13

C’est en mars 1964 que Jacques a mangé de l’herbe pour la première fois. Il en avait mangé avant, bien avant, beaucoup et des jours durant, mais la première fois qu’il a mangé de l’herbe et qu’il a guéri c’est en mars 1964, c’était le soir et il avait plu.

– C’était quand déjà, la première fois que tu as mangé de l’herbe et que tu as guéri ? lui a demandé Bonzi.

– C’est en mars, c’était le soir et il avait plu, lui a répondu Jacques.

C’était le soir. Il avait plu. (Sorj Chalandon, Le petit Bonzi)

 

Un semblant de liberté, avait coulé dans ses veines; c’était comme ce soleil, qu’il voyait pour la première fois, mais qui avait trop vite disparu. Depuis, chaque  nouvelle aurore  et ses timides rayons lui redonnaient couleur d’espoir. Mais les jours passaient si vite, et il ne pleuvait plus, ou beaucoup trop.

Pour lire le texte final avec toutes les participations, CLIC sur l’herbe

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La capitale à deux heures et vingt minutes… de Bordeaux.

Ce qui suit me rappelle « Parisiens, têtes de chiens, parigots, têtes de veaux »,  que, l’été à Arcachon, mes copines et moi, nous proférions à la vue de tout véhicule immatriculé 75.

😉

Catégories : CHRONIQUES BORDELAISES | 2 Commentaires

Mauvaise rencontre

Ecrit pour miletune Sujet semaine 46/2017

Michel François – clic

Le mot à insérer facultativement est : NUANCE

 

Mauvaise rencontre

Gouffre sans pensée,

Ignoble regard éteint

Anus obscène,

Ton insondable trou noir,

Happe la vie.

 

 

Catégories : Miletune | 3 Commentaires

Caramels mous

Thème de novembre, proposé par ABC dans Nouveau thème :

« Caramels mous »

  • Qu’est-ce que tu  manges ?
  • Des caramels.
  • Tu m’en donnes  ?
  • Juchte un, pachque, j’en ai pas beaucoup. Cha coûte cher. Je les chai achetés avec les chous que la chouris a laiché chous mon oreiller; à la plache de ma dent qui est tombée.
  • Il est bon, che caramel.
  • Pourquoi tu machounes chans arrêt ?
  • Pachque il ch’est  collé à mes dents. J’échaie de le décoll…aïe!
  • Qu’èche qui t’arrive ?
  • Ma dent qui voulait pas tomber, elle ch’est chortie toute cheule.
  • L’avale pas; chinon, tu pourras pas la mettre chous ton oreiller; et la chouris, elle pachera pas.
  • Ch’est chûr. Regarde, cha chaigne.
  • Mets-là vite dans ton mouchoir.
  • Attends, je lèche le caramel qui ch’est collé autour.
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Entrez, c’est ouvert.

Ecrit pour la cinquième anthologie éphémère, « orchestrée » par Quichottine

Cette fois il sera question des Possibles Voyages des personnages que chaque auteur aura choisi.

Humain, animal, végétal, minéral… tout est possible, le monde est vaste.

L’important est de nous faire rêver.

Entrez, c’est ouvert.

  • LINE OLÉUM?
  • Oui, c’est moi.
  • Vous?
  • Oui, moi!
  • Avancez- Stop- Tournez-Revenez-Ne bougez plus!

Perchée sur des talons aiguilles, je me sens figée, épinglée comme un insecte. J’ai chaud, j’ai trop chaud; papillon sans ailes, je tournoie, je bascule, ne sais où m’accrocher.

  • Qu’est-ce qu’elle fiche? Comprends pas le français, ou quoi? Astuce, fais quelque chose!
  • A-a-a-atchoum!

Sans m’en rendre compte, je sors un mouchoir de ma poche, le tends à Astuce. « Oh, mademoiselle, je n’oserai jamais! Un si beau mouchoir, et il sent si bon! »

  • Bon, c’est fini. Astuce, mouche-toi, avec ce que tu veux, avec tes doigts, je m’en fiche, on n’est pas là pour discuter chiffon, rhume…

C’est alors que le mouchoir s’envole, va se plaquer sur le visage de Raideuse. Celle-ci tente de se dépêtrer du mouchoir, qui lui colle à la peau, tel un chewing-gum. Raideuse souffle en vain, on voit sa bouche en cul de poule se déformer sous l’effort, joues enflées, yeux exorbités, billes en furie; le mouchoir gonfle, garni d’air, Raideuse également et nous avons bientôt devant nous un énorme ballon qui bat des mains et des pieds, mais plus pour longtemps.

Astuce me tend la main; j’envoie valdinguer les escarpins, et nous quittons l’espace, courant.

Un peu plus loin, hors d’haleine, nous nous regardons, riant.

  • Tu m’as sauvé la vie. Comment savais tu?
  • Mais je ne savais pas. C’est seulement quand je l’ai aperçue, l’autre, ses grands airs, mes pieds m’ont fait très mal. Alors, voilà, j’ai compris que j’étais tombée dans le piège,et toi, dans une voie sans issue, j’ai juste pensé »Que tout cela est devenu poussiéreux », alors tu as éternué, j’ai trouvé ce mouchoir, oublié depuis des éternités, et hop, nous voici libérés, toi et moi, sortis de ce carcan, les convenances, les habitudes et rituels moisis. Nous sommes libres, Astuce!
  • Mais qui es tu?
  • Comme toi, je viens de la même planète. Je n’avais pas compris ce que je venais faire ici. Maintenant, je sais.
  • Line Oléum, c’est ton nom?
  • Pas exactement. C’est un surnom. Parce que lorsque je trouve le temps long, ou bien que j’ai envie d’oublier, de m’évader, je m’installe sur un linoléum, et je voyage n’importe où, dans mes rêves, dans des magies, des devinettes, je flotte, loin, en apesanteur. D’ailleurs, c’est la seule chose que j’ai emporté dans mes bagages. Si tu veux y prendre place avec moi.
  • Tu n’as pas peur de rencontrer Raideuse. Tu as vu, comme elle a filé là-haut.
  • N’aies crainte. A l’heure qu’il est, elle s’est déballonnée. Elle pique un roupillon quelque part. D’ailleurs, nous allons nous en servir.
  • Quoi? Que? Comment? La mère Raideuse va servir à quoi?
  • Nous allons utiliser l’énergie de ses ronflements pour nous envoler.
  • Et bien, ça alors, tu ne t’appellerais pas Astuce, par hasard?
  • Et oui, le hasard fait bien les choses, parfois. Toi et moi étions faits pour nous rencontrer.

Les Astuces prirent place sur le linoléum,  décollant au même instant, loopings, plongeons à bride abattue, s’envoyant en l’air,  jouant des coudes avec les étoiles, surfant sur une aurore boréale,  tressant un arc en ciel de lauriers…sous les applaudissements du public, venu à leur rencontre, voir et entendre « La véritable histoire d’Astuce et Astuce », mise en scène par Mère Raideuse.

Illustration d’Ellen Guillard

 

 

Catégories : ANTHOLOGIE EPHEMERE | Un commentaire

Cadavres exquis : dixième

 Ecrit pour Incipi’Turbulent #10
« Je rêve rarement. Quand cela se produit, je me réveille en sursaut, baignée de sueur. Alors je me rallonge, j’attends que mon cœur cesse de battre la chamade, puis je médite sur le pouvoir magique, irrésistible de la nuit. Dans mon enfance, dans ma jeunesse, je n’avais pas de rêves, ni de bons ni de mauvais. À présent, c’est l’âge qui charrie sans relâche les alluvions du passé en une masse de plus en plus compacte, horreur dense d’autant plus alarmante qu’elle est plus étouffante, plus tragique que ce que j’ai jamais vécu. »
Magda Szabó, La Porte

Masques  en sarabande, grimacent à la figure de la lune, nuages menaçants et glacials; alors me saisit une étrange folie. Je me vois, figure tragédienne, partagée entre pleurs et sourires, tour à tour, croquant la pomme à pleines dents, crachant du venin, ou bien, galipettes en éclats de rires, chutes hallucinantes en un tourbillon sans fin. Je deviens danseuse étoile, en équilibre  sur un fil,  les applaudissements deviennent croassements, ailes noires froissant l’éclat lunaire…

Le texte complet à lire en cliquant sur la photo

 

Catégories : CADAVRES, EXQUIUS | 4 Commentaires

Mettre des bâtons dans les roues

Ecrit pour le défi du 20 octobre, proposé par Passiflore

En Octobre c’est moi qui vous propose le thème:!

Ce sera le mot BICYCLETTE

une histoire de…

un souvenir de…

des photos de….

Mettre des bâtons dans les roues

 » Cet enfant ne marchera jamais. » s’inquiétait ma mère Ismérie, comtesse de Sivrac.

Nous étions en 1787. Je gazouillais de façon fort intéressante, avais délaissé mon pouce et les seins de ma nourrice. Mais voilà, pas du tout pressé d’imiter ces drôles d’animaux perchés sur deux pattes, je  leur préférais la compagnie des quatre pattes. Mon père crut bon de me poser sur Atalante. Nous fîmes un tour de manège. Triomphant, je déclarais « Je sais y faire » ou quelque chose d’approchant. Mède, mon père s’exclama: »Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ! » Il s’enferma dans son atelier; nous entendîmes, des semaines durant, raboter, scier,  clouer. Mon père, malgré les remontrances de ma mère »  Mède, mon cher, vous ne vous êtes pas encore changé pour le diner, toute cette sciure, c’est d’un inconvenant ! Que va-t-on penser de nous ? »

Mon père souriait » Ismérie, très chère, soyez patiente. Vous ne le regretterez pas. »

Ma mère soupirait, d’un air fataliste; recommençait à chaque dîner, craignant que tout ceci ne ternisse sa réputation.

Nous étions en 1790. Exactement le jour de mes cinq ans. La veille, mon père avait dit à ma mère: » Demain, je vous réserve une surprise. » sans se soucier de l’air ombrageux pris par ma mère.

Au salon, ducs, duchesses, comtes et comtesses du voisinage caquetaient avec entrain. »Ma chère, votre petit Césaire a fait bien des progrès. Que dit-il ? Oui, je sais, mon petit, tu t’appelles Césaire. » « Je sais y faire » insistais-je. « Mais oui, dit ma mère, nous le savons. Rosalie, occupez-vous de Césaire. Cet enfant m’épuise. »

Apparut mon père, poussant un cheval. Les conversations s’arrêtèrent. Ma mère s’éventa de plus belle. Une voix s’écria:  » Comte, que nous avez-vous donc inventé, cette fois-ci. Quelle est cette chose ? »

 » Un célérifère. » répondit-il fièrement.  » Je sais l’y faire. » dis-je, me précipitant sur la chose. Mon père me posa sur l’engin, me poussa.  » Je sais l’y faire » répétais-je. Il me lâcha, et j’avançais sous les applaudissements et les acclamations de l’assistance.

 

Mon père, le comte Mède de Sivrac avait inventé  le CÉLÉRIFÈRE*, ou « machine à courir », roulant grâce aux mouvements de jambes, en ligne droite car il n’avait pas de système de direction. Le célérifère,   devint VÉLOCIFÈRE, et m’aventurant dans le parc, je vis foncer sur moi, montée sur son vélocifère, la plus merveilleuse des vélocipèdes, toutes voiles au vent. J’en oubliais de m’arrêter. Nous nous percutâmes. Aucune conséquence fâcheuse due au choc, si ce n’est, sur le champ, je tombais amoureux.

 

* Dans les années 1890, le journaliste Louis Baudry de Saunier affirme qu’un Français, le comte de Sivrac, a inventé en 1790 (donc vingt-huit ans avant la draisienne) le célérifère sorte de « véhicule tout à fait rudimentaire, constitué par deux roues en bois, réunies, dans leur sens radial, par une traverse, également en bois, servant de selle »Son histoire prend place dans un contexte d’inimitié forte entre la France et l’Allemagne, suite à la guerre de 1870. Le canular est dénoncé dans la seconde moitié du XXe siècle. (http://cnum.cnam.fr/expo_virtuelle/velo/celerifere.html)

 

Catégories : Défi du 20 | 6 Commentaires

Cadavre exquis- neuvième

 Ecrit pour Incipi’Turbulent #9
« C’est par un bel après-midi d’été qu’il amerrit, tout doucement, sur l’océan placide de ma paisible existence. Le jardin du Luxembourg s’étirait d’aise sous les rayons d’un soleil généreux. Disposé là depuis toujours ou peut-être, qui sait, délicatement tombé du ciel comme une grosse goutte tiède d’avant l’orage, il avait, tout de noir vêtu, bien droit sur sa chaise, la majesté d’un obélisque assis. » Pascal de Duve ~ Izo

Était-ce heureux présage ? Je n’avais jamais apprécié la couleur noire. N’est-elle pas définie comme étant absence de couleur ?

Les autres participations et le texte final, en cliquant sur le banc

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« Le plus bel endroit du monde, c’est la maison qui est la tienne. »

« Le plus bel endroit du monde, c’est la maison qui est la tienne. », ainsi parle Nadia Opanassovitch Lubenoc, habitante de Zvizdal, village proche de Tchernobyl. Avec Pétro, son mari, ils refusent de quitter leur ferme, le village où ils sont nés.

Pendant cinq années,  la compagnie BERLIN les a filmés. Cette histoire émouvante, ces deux humains isolés, au milieu de cette nature renaissante, les radiations( Nadia propose gentiment de donner des champignons, qu’elle cueille et fait sécher), le manque absolu de confort, le travail incessant, les conditions climatiques, la fatigue et l’usure dues à tous ces efforts, à la maladie  et à l’âge, me fait me poser des questions angoissantes sur le sens de leur vie, en tant qu’êtres humains. Ce théâtre-documentaire est bouleversant. Nadia et Pétro sont bouleversants.

 

 

Les prochaines représentations de Zvisdal en France

Théâtre auditorium de Poitiers, les 17 et 18 octobre 2017 ; Le Maillon (Strasbourg), du 5 au 9 décembre 2017; Théâtre d’Arles, les 12 et 13 avril 2018 ; L’apostrophe (Cergy-Pontoise), les 15 et 16 mai 2018 ; Théâtre de Lorient, du 23 au 25 mai 2018 ; La Passerelle (Saint-Brieuc), les 29 et 30 mai 2018.

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Comme si c’était une vie, d’être un bâton de chaise

Bordeaux, le miroir d’eau, 7 octobre 2017; 17heures 30, 5 chaises…

 

Quarante minutes, plus tard…

 

Entretemps…

 

Dans le cadre du Festival International des Arts de Bordeaux, sont présentés, sur scène et dans l’espace public, des spectacles sous diverses formes…

Celui-ci, intitulé « String Section », est présenté par la Compagnie anglo-belge RECKLESS SLEEPERS

Catégories : Divers et beautés, Evénements | 7 Commentaires

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