LA VISITE

livres-arche-myfotolog-tumbPour commencer cet article, une petite explication.

J’ai piqué cette photo dans La Balade du mercredi chez Asphodèle, pour écrire un texte proposé pour  L’écritoire, dont j’ai inauguré l’atelier Tremplin Photo.

Je vous propose d’écrire à partir de cette photo, ou d’une autre que je proposerai chaque mois.

Vous pouvez aussi envoyer une photo de votre choix, accompagnée de votre texte, à n’importe quel moment sur LES MOTS PHOTOGRAPHES.

Ceci n’est pas nouveau. Rendons à César ce qui appartient à César. Les ateliers Bricabook et Mil et Une fonctionnant comme cela.

Ce que m’a inspiré cette photo
LA VISITE

 

Mesdames et messieurs, bienvenue dans LE CHÂTEAU LIVRES. Je vous demanderai d’éteindre vos portables, de ne pas prendre de photos, de vous abstenir d’éternuer.

 Nous commencerons par le hall.

A votre droite vous pouvez contempler  le maître d’oeuvres, un certain Anonymus. L’original de la statue, se trouve dans les jardins du château Vajdadhunyad à Budapest. Quiconque touche sa plume, reçoit le don d’écrire.  « Non, pas ici, madame, il faut aller à Budapest. »

« Il vous rappelle le Comte de Dracula ? Vous le connaissez personnellement ? Il en a fait couler de l’encre ; sanguine, si j’ose dire… »

Nous pénétrons Boulevard du crépuscule, dédié à la littérature,  ayant inspiré des chefs d’œuvre cinématographiques. Vous remarquerez cette élégante villa style géorgien, un chalet autrichien, ce port dévasté, un désert lunaire, une salle de tribunal, tout construit minutieusement à l’aide de pavés littéraires, de livres rescapés d’autodafés, ou  d’invendus destinés à être détruits. Dans les fondations se sont glissés, également, quelques œuvres censurées, des manuscrits refusés par les éditeurs.

Nous voici Dédale des  Bouquinistes. Nous allons  le suivre.  Remarquez au passage  Thésée contre le Minotaure, le Général dans son labyrinthe, de Gabriel Garcia Marquez, Ariane jeune fille russe, « Oui madame, russe, pas grecque, vous pouvez vérifier. » « Vous trouvez que ce roman est cousu de fil blanc ? ». Tout le monde suit ? Le fil à plomb! Non, suivez le guide. Nous allons aborder la partie la plus ancienne, les fondations de la maison. Attention à la marche.

Ici vous contemplez la voûte livresque. Vous remarquerez quelques étoiles littéraires célèbres.

Les murs sont soutenus par les piliers de la connaissance, le mur porteur des écritures. Le  plafond décoré de médaillons, prix Goncourt, Interallié, Médicis, Nobel…

Admirez l’académisme de ce mur de dictionnaires. Lui faisant face, une fenêtre ouvragée de livres reliés, soutenant des thèses d’équilibrisme, funambulisme, géométrie spatiale.

Derrière vous un encorbellement  d’œuvres manuscrites, de quelques précieux incunables. Cette corniche abritant le Marquis de Sade, l’Histoire d’O, Le con d’Irène, Belle de jour, L’amant de Lady Chatterley…vous aurez reconnu Louis Aragon, Joseph Kessel, Georges Bataille, Musset, Apollinaire…

Un balcon, avec vue sur des romans policiers, d’une construction un peu plus récente ;depuis la fenêtre sur cour, vous pouvez observer une jardinière de récits de jeunes filles en fleurs, d’amours en pleine éclosion, de relations fanées, nourris au terreau d’écrivains en herbe. Les parois inachevées, en attente de nouvelles œuvres dans cette loggia baptisée  La Pléiade.

Le gros œuvre est classé dans ces rayonnages. Ce sont des PAL, en langage de blogger : Piles à lire. « Oui, madame, il faut se tenir au courant des mutations du langage. »

 C’est d’ailleurs par la salle consacrée aux nouveaux langages,  que nous allons terminer la visite. Vous pouvez voir des lambris, des embrasures composées de Boumcoeur, Chroniques de l’asphalte, Kiffe, kiffe demain. Sur les corbeaux, certaines histoires sont stylées. J’en ai lu quelques unes, j’les fissure. Mortelles, j’te dis.

Mesdames et messieurs, la visite est terminée. L’association « Les chantiers de l’écriture »  vous remercie.

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IL était une fois…

En attendant, de lire mes contes en tous genres, je vous offre ces quelques images.

contesdelanuit_04-300x172

CONTES de LA NUIT

tournage "un jour mes princes viendront"

AU BOUT du CONTE

Que-sont-devenues-les-mechantes-de-conte-de-fees

BLANCHE NEIGE

3ettes-1

LES TRIPLETTES de BELLEVILLE

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LE ROI et L’OISEAU

TANTE+HILDA+PHOTO4

ET pour finir, TANTE HILDA

A bientôt…je vous écrirai…

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JACQUELINE dans tous ses états

Photo 031

Adorable babouchka, curieuse, diablement élégante, féminine, gourmande honteusement, ignorant jaluosie, kaléidoscopiquement lumineuse, moqueuse, naturelle, oeil pervenche questionneur, recherche séduisant ténor ukrainien, vouvoyant Wagner, xénophile, yogi, zazou.

Abécédaire romancé, écrit pour Talents, thème Portrait, mars 2006

AUTOPORTRAITz2302

Aimablement

Usée,

Tendre,

Occidentale,

Passionnée,

Originalement

Ridée,

Tempérament

Rêveur,

Avec

Inhibitions

Tenaces

Acrostiche écrit pour Talents pour le thème Portraits, mars 2006

1131246_frida9

                                                                            FICHE D’IDENTITE POETIQUE

Père,un cheveu dans l’oreille.

Mère, arachnéenne.

Lieu de naissance, où se préparent les festins.

Date, le jour de la Sainte Barbe. L’année précédente, les françaises eurent le droit de vote.280px-Jan_van_Eyck_011

Domicile, empli de lumière et de nature.

Ecole,  plages ensoleillées, vagues turquoises.

Métier,  fée en même temps que sorcière.

Religion, la mienne et aucune autre.

Loisirs, être et errer dans la lune.

Signes particuliers,  ne se connaît toujours pas.

J’aime particulièrement cette représentation de Sainte Barbe, tableau peint par Jan Van Eyck. De plus, elle semble tenir une plume…la patronne des pompiers.

Texte écrit pour Talents, à l’occasion du Printemps des Poètes, mars 2006

ribambelle_petitePour Talents, thème 2006 une année pleine d’amour et d’écritures, j’ai écrit la première page de mon JOURNAL racontant ma naissance.

landau 7 erreurs

J’aurais dû naître fin novembre. Ma mère, en cette fin d’année mille neuf cent quarante six, sauta d’une table -c’est tout elle, jamais je n’aurais osé le faire-

Je naquis, donc, dans la cuisine d’un logement d’instituteurs, à Carbon-Blanc; cela se passait un quatre décembre . Tout au long de l’accouchement, la voisine n’arrêta pas de pleurer. Ses larmes en rajoutaient aux violentes trombes d’eau, assorties d’un orage, qui tombaient à l’extérieur. Mon père dut , à vélo, parcourir par ce temps-là, une cinquantaine de kilomètres, allant chercher la sage-femme.

Notre famille, exposée à la maladie de la tuberculose, je devais être vaccinée sans tarder contre cette maladie- à ce sujet, je reviendrai plus tard sur les effets de cette vaccination pour mes enfants-.

Ma grand-mère maternelle vint me voir. Habitant près du Parc Bordelais, elle dut se rendre à pied, de l’autre côté de la Garonne, les intempéries ayant rendu les transports publics, hors d’usage. C’est en traversant le Pont de pierre -autrefois, Pont Napoléon*-, qu’elle eut, comme on disait à l’époque, son retour d’âge.

Mon père, ému et ravi, se posait des questions sur la couleur de mes yeux, lui et ma mère ayant tous deux les yeux marron. Il eut la réponse, sa tante Jacqueline, venue faire ma connaissance, avait les yeux bleus.

Ma grand-mère paternelle avait fait une affaire, achetant un landau, que ma mère trouva affreux- pour mon premier enfant, elle acheta un landeau »princier ».  Mon père  repeint l’affaire tendrement.

De cette période, je n’ai, bien sûr, aucun souvenir. De tous  ces récits, je garde une impression de grand dénuement dans un environnement chaotique.

74679481

*Le Pont de pierre a été construit sur ordre de Napoléon 1er. Il comporte dix sept arches, correspondant au nombre de lettres de Napoléon Bonaparte. Il n’est jamais venu à Bordeaux.

pano-bordeaux-garonne

MON ENFANCE PASSA…

Nous déménageâmes à Castillon. Autre école, autre logement de fonction. J’avais neuf mois.

L’appartement n’était pas bien grand, évier en pierre -ma mère les déteste toujours-, pas d’eau courante; il fallait remplir les brocs à un robinet dans la cour; nous habitions au premier étage. Je garde de bons souvenirs de « l’atelier fer »,  de l’autre côté du couloir. J’allais voir mon père, bricoleur adroit, manier les outils; j’avais le droit de raboter, de faire coulisser l’établi, je connaissais l’usage de tout le matériel de menuiserie.

Nous prîmes un appartement au même étage, juste quelques mètres à franchir. Plus grand, doté d’une souillarde, eau courante, toilettes sur le balcon. Cet appartement s’ouvrait par une grande pièce, donnant sur un autre balcon, pendant du nôtre, avec les toilettes  pour l’autre appartement. C’était pour moi une salle de jeu idéale.

Nous traversâmes la cour, pour un appartement tout confort. Les habitants précédents l’ayant doté d’un cabinet de toilette, lavabo, bidet, douche. Pour les toilettes proprement dites, il fallait sortir sur le palier, prendre un long couloir, que mes parents avaient garni d’ étagères, y rangeant, entre autres, des bouquins, et au grand dam du voisin, avec qui les toilettes étaient partagées, je passais, là,des heures, plongée dans des lectures que je n’avais pas le droit de lire.

A propos de lectures défendues, les B.D. n’avaient pas droit d’existence, chez nous. J’avais la permission seulement, de lire la B.D.  « Guy l’éclair »,  paraissant tous les jours, sous forme de feuilleton, dans le quotidien Sud-Ouest.

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RESURRECTION

RESURRECTION Pêcheurs du lac Kossou (Côte d’Ivoire)Photo de Yann Arthus Bertrand

Zorro Zeus, appelé communément Zézé, droguiste de son état, vendait beaucoup de bombes insecticides.Apprenant que la couche d’ozone était en danger, il renonça au métier de droguiste, vendit son affaire, se mit à cultiver de la citronnelle.

Au village, impatients, les habitants, continuaient à chasser les moustiques à coup d’insecticides.

Quelques habitants, convertis de fraîche date à l’écologie, plantèrent des géraniums. Il y en avait même sur les cabines téléphoniques.

Apparition du téléphone portable, les cabines téléphoniques disparurent.

Les acharnés des géraniums avaient un peu renoncé, ce n’était pas très efficace. Ceux qui continuaient, les arrosaient avec de l’engrais. L’engrais polluait l’eau des étangs environnants. Les gens tombaient comme des moustiq…,heu, comme des mouches.

Pendant ce temps, Zézé, faisait fortune avec sa citronnelle, son essence de citronnelle, ses bougies à la citronnelle ; vendait tout cela de par le monde entier. Les nuages de moustiques entouraient sa propriété, sans l’envahir.

Les habitants, l’accusant d’avoir le mauvais œil, ne voulaient pas avoir affaire à lui, exceptés quelques irréductibles planteurs de géraniums,  allergiques à l’odeur de citronnelle.

En plus des insecticides, le nouveau droguiste vendait des tapettes à mouches. On vit les gens dans les rues se taper dessus ;  bagarres,  querelles anciennes, histoires de famille,  ranimées.

On s’en prit au nouveau droguiste, l’accusa, lui aussi, d’avoir le mauvais œil. Il s’enfuit.

Les villageois pillèrent, saccagèrent le magasin.

Un, plus acharné que les autres, prit sa hache, s’attaqua au sol de la boutique ; jaillit un incroyable  geyser. L’eau dévala dans les rues, envahit les cours, les maisons, les jardins, inondant la forêt voisine, pour s’arrêter enfin aux portes du domaine de Zorro Zeus.

Il va sans dire que l’eau avait avalé tous les moustiques.

Zézé, navré de ce qui était arrivé aux habitants, recueillit les survivants ; tout le monde se mit, qui à cultiver les légumes, qui à inventer des engrais et insecticides naturels, qui à pratiquer l’élevage.

Atelier d'écriture "Au fil de l'eau".<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Médiathèque de Camponac.<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Le 7 octobre 2006Seul Zézé aimait naviguer dans la forêt, découvrir et observer la naissance de nouvelles feuilles sur les arbres, et il rapportait, tous les jours, l’espoir d’une vie meilleure.

RESURRECTION

Ecrit sur le thème « Au fil de l’eau », atelier d’écriture Médiathèque de Pessac, le 7 novembre 2006.

Après avoir noté tout ce que l’eau nous inspirait, imaginer, en regardant cette photo, un personnage, lui donner un nom, une action…

 



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JACQUELINE dans tous ses états

Photo 031

Adorable babouchka, curieuse, diablement élégante, féminine, gourmande honteusement, ignorant jaluosie, kaléidoscopiquement lumineuse, moqueuse, naturelle, oeil pervenche questionneur, recherche séduisant ténor ukrainien, vouvoyant Wagner, xénophile, yogi, zazou.

Abécédaire romancé, écrit pour Talents, thème Portrait, mars 2006

AUTOPORTRAITz2302

Aimablement

Usée,

Tendre,

Occidentale,

Passionnée,

Originalement

Ridée,

Tempérament

Rêveur,

Avec

Inhibitions

Tenaces

Acrostiche écrit pour Talents pour le thème Portraits, mars 2006

1131246_frida9

                                                                            FICHE D’IDENTITE POETIQUE

Père,un cheveu dans l’oreille.

Mère, arachnéenne.

Lieu de naissance, où se préparent les festins.

Date, le jour de la Sainte Barbe. L’année précédente, les françaises eurent le droit de vote.280px-Jan_van_Eyck_011

Domicile, empli de lumière et de nature.

Ecole,  plages ensoleillées, vagues turquoises.

Métier,  fée en même temps que sorcière.

Religion, la mienne et aucune autre.

Loisirs, être et errer dans la lune.

Signes particuliers,  ne se connaît toujours pas.

J’aime particulièrement cette représentation de Sainte Barbe, tableau peint par Jan Van Eyck. De plus, elle semble tenir une plume…la patronne des pompiers.

Texte écrit pour Talents, à l’occasion du Printemps des Poètes, mars 2006

ribambelle_petitePour Talents, thème 2006 une année pleine d’amour et d’écritures, j’ai écrit la première page de mon JOURNAL racontant ma naissance.

landau 7 erreurs

J’aurais dû naître fin novembre. Ma mère, en cette fin d’année mille neuf cent quarante six, sauta d’une table -c’est tout elle, jamais je n’aurais osé le faire-

Je naquis, donc, dans la cuisine d’un logement d’instituteurs, à Carbon-Blanc; cela se passait un quatre décembre . Tout au long de l’accouchement, la voisine n’arrêta pas de pleurer. Ses larmes en rajoutaient aux violentes trombes d’eau, assorties d’un orage, qui tombaient à l’extérieur. Mon père dut , à vélo, parcourir par ce temps-là, une cinquantaine de kilomètres, allant chercher la sage-femme.

Notre famille, exposée à la maladie de la tuberculose, je devais être vaccinée sans tarder contre cette maladie- à ce sujet, je reviendrai plus tard sur les effets de cette vaccination pour mes enfants-.

Ma grand-mère maternelle vint me voir. Habitant près du Parc Bordelais, elle dut se rendre à pied, de l’autre côté de la Garonne, les intempéries ayant rendu les transports publics, hors d’usage. C’est en traversant le Pont de pierre -autrefois, Pont Napoléon*-, qu’elle eut, comme on disait à l’époque, son retour d’âge.

Mon père, ému et ravi, se posait des questions sur la couleur de mes yeux, lui et ma mère ayant tous deux les yeux marron. Il eut la réponse, sa tante Jacqueline, venue faire ma connaissance, avait les yeux bleus.

Ma grand-mère paternelle avait fait une affaire, achetant un landau, que ma mère trouva affreux- pour mon premier enfant, elle acheta un landeau »princier ».  Mon père  repeint l’affaire tendrement.

De cette période, je n’ai, bien sûr, aucun souvenir. De tous  ces récits, je garde une impression de grand dénuement dans un environnement chaotique.

74679481

*Le Pont de pierre a été construit sur ordre de Napoléon 1er. Il comporte dix sept arches, correspondant au nombre de lettres de Napoléon Bonaparte. Il n’est jamais venu à Bordeaux.

pano-bordeaux-garonne

MON ENFANCE PASSA…

Nous déménageâmes à Castillon. Autre école, autre logement de fonction. J’avais neuf mois.

L’appartement n’était pas bien grand, évier en pierre -ma mère les déteste toujours-, pas d’eau courante; il fallait remplir les brocs à un robinet dans la cour; nous habitions au premier étage. Je garde de bons souvenirs de « l’atelier fer »,  de l’autre côté du couloir. J’allais voir mon père, bricoleur adroit, manier les outils; j’avais le droit de raboter, de faire coulisser l’établi, je connaissais l’usage de tout le matériel de menuiserie.

Nous prîmes un appartement au même étage, juste quelques mètres à franchir. Plus grand, doté d’une souillarde, eau courante, toilettes sur le balcon. Cet appartement s’ouvrait par une grande pièce, donnant sur un autre balcon, pendant du nôtre, avec les toilettes  pour l’autre appartement. C’était pour moi une salle de jeu idéale.

Nous traversâmes la cour, pour un appartement tout confort. Les habitants précédents l’ayant doté d’un cabinet de toilette, lavabo, bidet, douche. Pour les toilettes proprement dites, il fallait sortir sur le palier, prendre un long couloir, que mes parents avaient garni d’ étagères, y rangeant, entre autres, des bouquins, et au grand dam du voisin, avec qui les toilettes étaient partagées, je passais, là,des heures, plongée dans des lectures que je n’avais pas le droit de lire.

A propos de lectures défendues, les B.D. n’avaient pas droit d’existence, chez nous. J’avais la permission seulement, de lire la B.D.  « Guy l’éclair »,  paraissant tous les jours, sous forme de feuilleton, dans le quotidien Sud-Ouest.

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DES NOUVELLES…

NAISSANCE de LES MOTS AUTOGRAPHES.

Aujourd’hui, mercredi 5 février 2014, à Gazinet, quartier de Cestas, a vu le jour mon blog, pendant que les éléments dits naturels se déchaînent dans mon jardin.

Les allées inondées rappellent , ici, avant,  n’étaient  que marécages.

La surface de l’eau, agitée par le vent,telle une écharpe de soie, se couvre de risées.

Une musique crépitante,  les vignerons crient à la grêle.

Verrons-nous, une nouvelle fois, les géants décimés?

Leurs grands pieds arrachés, bras tordus écharpés.AQUARELLE

                                                                                                                            La Croquante

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Les tribulations d’une apprentie blogueuse.

champagne-22120_371x268Jacou a la joie de vous annoncer la naissance de son blog Les mots autographes.

                                      Après une gestation difficile, tout va bien, pour le moment.

Alors, champagne pour tout le monde; et surtout pour la bonne fée qui s’est penchée sur le berceau.Envolée de fées

A bientôt, pour d’autres nouvelles, sur FOLBLOG.

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Parlez-vous en wimax?

Ecrit pour l’alphabet à thème des nuls, avec les Lettres W et X, et les mots Wapiti, Walabi, Walibi Xénophobe, Xénophile, Xiphophore

Parlez-vous en  wimax?

Le wapiti est dans un wagon, illustration de cet animal, bel encorné, embarqué sur un train de marchandises..

Ainsi j’appris à connaître la lettre doublevé.

J’ai oublié pour la lettre ixe. Pas de xiphophore en mémoire, mais quelques poissons rouges en aquarium, tournant inlassablement, condamnés dès leur adoption. J’en ai même enterré un, en larmes (moi, pas le xiphophore), dans notre jardin(celui-ci n’existe plus, remplacé par un parking).

Et puis apprendre le ixe, dans une région où l’on dit « Escuse, je l’ai pas fait esprés », xénophobe, bien trop compliqué à prononcer, plus facile à l’être pour certains, bon là, j’exagère, il y a de tout, chez moi, des xénophiles aussi.

Par contre, parmi les autochtones, ou les étrangers, aucun walabi, ni walibi d’aucune sorte. Pour ce qui est de l’autre espèce de Walibi, c’est la-bas à l’autre bout du monde, dans la pampa, à pétaouchnok, bref, près d’Agen; tu parles d’une escursion!

 

 

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20 juin, journée des migrants

Pour info et partage.

C’était il y a deux ans. La photographie du corps d’un petit garçon de 3 ans gisant sur une plage turque s’affichait à la Une des médias, provoquant une vague d’indignation.

  Depuis, le sort des réfugiés s’est-il amélioré ? NON. 

Ils continuent de vivre l’enfer sur les routes d’un exil forcé.   

Dans les pays de transit comme la Libye par exemple, leur situation s’est même détériorée : ils sont vendus dans de véritables marchés aux esclaves.

Ils risquent toujours leur vie en mer Méditerranée où plus de 5000 personnes sont encore mortes noyées en 2016.

Ils sont refoulés et même traqués aux portes d’une Europe érigée en forteresse qui, en plus de fermer ses frontières extérieures, bloque ses frontières intérieures comme à Calais et Vintimille.  (  LA CIMADE)

Un poème et une nouvelle contre le délit de solidarité avec les réfugiés

Dans l’ouvrage collectif “Ce qu’ils font est juste”, vingt-six auteurs mettent à l’honneur la solidarité et l’hospitalité envers les réfugiés. Télérama.fr vous propose deux de ces textes, signés du romancier François Taillandier et l’ancien reporter de guerre Pascal Manoukian, et accompagnés de dessins d’Enki Bilal.

Publié aux Editions Don Quichotte, Ce qu’ils font est juste est un recueil de vingt-sept œuvres d’écrivains, dessinateur ou journalistes qui se mobilisent pour mettre à l’honneur la solidarité et l’hospitalité envers les réfugiés. Horrifiés par la persistance du délit de solidarité en France, qui amène devant la justice des citoyens accusés d’être venus en aide à des migrants ; par le harcèlement policier dont sont victimes les exilés et ceux qui les soutiennent, ils réunissent le fruit de leur imagination et de leur engagement dans ce livre, dirigé par l’ancienne de Libération Béatrice Vallaeys, dont tous les bénéfices seront reversés à deux associations d’aide aux réfugiés. 

« Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », par Pascal Manoukian

Pal regarda son fils remonter l’allée qui menait à l’estrade sous les oriflammes dressées des cadets du Parti. Il aurait souhaité autre chose pour lui que cette mascarade.

En ville, quelques chars manoeuvraient en martyrisant le bitume, pour rappeler au peuple de rester dans les rangs.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » fredonna-t-il dans sa tête.

La pratique du français était sa seule façon d’échapper à l’immense prison dans laquelle on l’avait renvoyé. Autour de lui, les parents, les militants de la première heure, le milicien qui surveillait le rang où il attendait sagement le discours de son fils, ne pouvaient pas s’imaginer, à son costume triste et à ses chaussures bon marché, à son col sale et à sa cravate vrillée, tout ce que suscitait en lui les parolesd’Aragon.

Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent

Treize ans auparavant, en 1948, il avait presque embrassé la liberté, frôlé ses lèvres, senti son odeur tenace et entêtante.

Aujourd’hui, son parfum l’enivrait encore, quand, seul dans sa chambre après deux verres de mauvaise vodka, il desserrait la muselière que le Parti lui imposait et faisait hurler une marche militaire, couvrant ainsi les murmures de Ferré, puis les sanglots que le souvenir de cette étreinte ratée avec la France déclenchait en lui.

Il alluma une cigarette et regarda tout ce gris autour. Il devait faire si doux à Paris. Il essaya d’oublier ses placards vides, les petites humiliations du quotidien, le poison lent de la propagande qui doucement l’anesthésiait et lui rognait les ailes, pour que docilement il accepte sa cage.

Il avait payé cher sa tentative de fuite à Paris : un an de rééducation et, comme tous les déclarés coupables, il avait dû accepter aussi d’abandonner l’éducation de son enfant au Parti.

C’est ce qui lui faisait le plus mal.

Pourtant, en cet hiver 1948, alors qu’il escaladait les montagnes d’Autriche pour dévaler sur l’Allemagne avec toute la force de ses vingt ans, buvant la nuit aux pis des vaches, réchauffant ses pieds plantés dans la bouse, les mains couvertes de graisse pour éviter les engelures, la chevalière de son père bien au fond de la poche et l’adresse d’un oncle rue Ordener, dans le dix-huitième arrondissement, pliée en quatre dans sa veste, il s’était bien juré de ne jamais revenir.

À Baden-Baden, épuisé, affamé, il avait contacté la Légion étrangère, mais la Légion n’avait pas voulu de lui. Trop freluquet, trop beau parleur, trop d’ambition, lui avait dit un lieutenant tonkinois, en lui griffonnant l’adresse d’un Français, un vrai, de ceux qui faisaient passer les juifs pendant la guerre et qui aujourd’hui hébergeaient tous les désespérés de la terre au mépris d’une vieille loi d’avant Vichy et de son article L 622, remise au goût du jour en cette même année 1948 et qui interdisait de porter secours et assistance aux clandestins, contredisant, pour le moins, une autre loi, universelle celle-ci, tout juste adoptée par les Nations unies, établissant de manière définitive les droits de l’homme et du citoyen, notamment celui garanti par son article 13 de pouvoir aller et venir en toute liberté.

Le salon du Juste, lui avait promis le Tonkinois, était comme un petit camp de la Légion. On y trouvait des Grecs, des Polonais, des Chinois, quelques Russes, des Hongrois et même, disait-on, un Ouzbek venu à cheval jusqu’à Paris. L’homme, le Juste, traître aux yeux de l’article L 622, offrait le gîte et le couvert.

Pal passa la frontière franco-allemande à Strasbourg, remonta jusqu’à Reims et arriva à Paris mi-novembre 1948, les pieds gelés, enveloppés dans les pages d’un journal dont il ne comprenait malheureusement pas le titre et qui, s’il avait pu,l’aurait alerté du danger qu’il courait, tant il promettait de misères à ceux qui pénétraient illégalement sur le sol français et à leurs complices qui se rendaient coupables de les aider : un retour en enfer pour les uns et la prison pour les autres.

Congelé, allongé à moitié mort sur la bouche du métro de la station Étoile, Pal trouva la force de se traîner jusqu’à chez son oncle, qui n’y était pas. Il défroissa alors l’adresse du Juste et sonna au 15 de la rue Du Couédic, dans le quatorzième arrondissement.

C’était une petite maison avec un jardin comme il en existait encore à Paris dans ces années-là.

Le salon était envahi de matelas et de prières dans toutes les langues.

Le Juste servait deux repas par jour. Un avant d’aller travailler aux Halles, et l’autre en rentrant le soir, les bras chargés de mille abats qui faisaient la gourmandise de tous.

Cette année-là, comme une jeune fille à qui l’on pince les joues, la France retrouvait des couleurs. Francis Lemarque chantait un Paris où n’importe qui buvait n’importe quoi en parlant avec les mains.

La France cherchait des bras, les canons allemands en avaient arraché par milliers, mais elle préférait ceux des Italiens à ceux des communistes exilés, car, comme le scandait l’extrême droite, « bolchevique un jour, bolchevique toujours ».

Pal vendit la chevalière de son père pour un costume trois-pièces fait sur mesure par un juif ukrainien. Sur les conseils d’un ancien cheminot polonais, évadé sous un train, il s’était décidé à tenter sa chance au bureau des apatrides. Mais il devait porter beau, ça facilitait, disait-on, l’attribution du sésame.

Chez le Juste, chaque jour des chanceux faisaient de la place aux malheureux. Ils ouvraient une bouteille en trinquant à leur nouvelle nationalité ou à leur permis de travail, puis s’éloignaient avec dans les yeux mille mercis au Juste et à la France.

Dehors, le chaos régnait encore. Il fallait déblayer, construire, reconstituer les familles disloquées, consoler les veuves et les orphelins, réconcilier la France des lâches et celle des courageux.

À peine Pal s’était-il assis à la terrasse de son premier café qu’il était tombé sous le charme. La vie ne lui avait pas laissé le temps de s’amouracher des filles, mais elle avait fait mieux, elle lui avait donné Paris à aimer.

Pal paya son café, ajusta le costume de l’Ukrainien et remonta chez le Juste. Un Grec avait remplacé le Roumain sur le matelas à côté du sien. De la cuisine montait une odeur de soupe aux poireaux. À la radio, on célébrait encore et encore la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen.

Il eut à peine le temps de comprendre. La porte vola en éclats et le Juste apparut coincé entre deux képis. Derrière eux, une dizaine d’autres flics matraquèrent les matelas.

Pal se recroquevilla par peur de mourir et encaissa les coups en se protégeant avec les vers d’Aragon dédiés au groupe de Manouchian.

Ils étaient vingt-trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnèrent leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

Lui aussi allait être sacrifié, victime de ce décret-loi décidé en 1938 par Daladier, le président du Conseil des ministres, qui s’en expliquait auprès du président de la République par ces mots restés dans les archives :

Le présent projet de décret ne modifie en rien les conditions régulières d’accès sur notre sol, il ne porte aucune atteinte aux règles traditionnelles de l’hospitalité française, à l’esprit de libéralisme et d’humanité qui est l’un des plus nobles aspects de notre génie national… la France ne veut plus chez elle d’étrangers “clandestins”, d’hôtes irréguliers… Pour déceler et identifier les étrangers clandestins et ceux qui ne sont pas en règle, il nous a paru indispensable d’étendre à tout logeur, professionnel ou bénévole, l’obligation de déclarer, dans des formes d’ailleurs extrêmement simples et commodes à fixer par voie réglementaire, qu’il héberge un étranger. Rien de vexatoire dans une telle obligation, simple mesure d’ordre dont on aperçoit toute la portée pratique comme toute l’efficacité.

Les lois sont comme les cadavres dans les films à suspense. Il faudrait toujours les achever de peur qu’elles ne ressuscitent.

Le Juste fut condamné à la prison pour délit d’hébergement et de solidarité. Un Tonkinois qui tentait de résister fut matraqué à mort. Pal, lui, fut reconduit à la frontière et confié à la police de son pays, qui se chargea de le ramener chez lui.

Sept ans plus tard, en 1955, naissait son fils. Jugé trop déviant pour le faire pousser droit, le père fut contraint de confier son éducation au Parti.

Le résultat fut spectaculaire. En 1960, en pleine reprise en main du régime, le petit bonhomme de six ans eut l’honneur d’ouvrir le grand meeting des cadets du Parti.

Devant lui, six mille jeunes en uniforme de pionniers, rangés comme dans des casiers à bouteilles, saluaient d’un même geste la faucille et le marteau.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » se redemanda Pal.

Non, lui le savait, et ça le rendait encore plus malheureux. Parfois, il fermait les yeux et s’installait à la terrasse d’un café. Il sentait aussitôt l’odeur du métro et du bon tabac, le goût du vrai sucre au fond de sa tasse, et cherchait parmi les silhouettes légères qui glissaient entre les tables celle qu’il aurait pu épouser.

Il l’imaginait brune et menue. Elle aurait étudié la médecine avec lui, il aurait gardé l’Ukrainien comme tailleur et ensemble, le soir, en fumant des gitanes, ils se seraient rappelé les temps difficiles et le chemin parcouru depuis.

Il avait droit à ce bonheur-là, se dit-il. Il avait tout fait pour le mériter.

Le milicien lui ordonna d’éteindre sa cigarette. Pal se demanda combien de dissidents avaient rejoint les geôles de l’État aujourd’hui. Qu’allait devenir son fils dans cette Hongrie-là ?

Là-bas, à Paris, l’Ukrainien lui aurait appris le français et les bonnes manières dans une école bien tenue par des instituteurs de la République, il serait devenu avocat, se serait installé dans les beaux quartiers ou à Neuilly, se serait peut-être lancé en politique pour devenir député ou pourquoi pas président de la République.

Il le regarda seul sur l’estrade, déjà nerveux pour son âge, se balancer d’un pied sur l’autre.

Il essaya de l’imaginer en président sur les Champs-Élysées. Sans doute se serait-il souvenu des pieds gelés de son père, de ses ongles sales, de son ventre vide, de la souffrance de tous ces échoués, amoureux de la France, et il aurait alors, sans hésitation aucune, terrassé cet article L 622, condamnant les justes et leurs redevables.

Pal reconnut le tic qui secouait son fils derrière son pupitre chaque fois qu’il prenait la parole. Ce lent mouvement du cou de droite à gauche et ces épaules prises de tressautements incontrôlés.

« C’est votre fils ? lui demanda une grosse dame couverte de décorations.
Oui, dit-il.
Félicitations, répondit la grosse dame. Et comment s’appelle-t-il ?
– Nicolas », dit Pal.

En costumes palóc, à HOLLÓkö (Hongrie)

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52 nuances de vert- etcetera

Proposé pour le thème du  du 20 juin 2017 chez MamylorHa Ha ha encore une histoire de couleur, mais pas Que,  pour juin ON SERA en VERT , tout En Vers, Mais pas que : ver, vers, verre, vert  …., un texte écrit pour  52 nuances de vert chez Valentyne et pour le sujet semaine 08, le 23 f évrier2016, chez miletune

SUJET SEMAINE 8 ETCETERA

Sandy Skoglund – clic 
LE MOT A PLACER EST : ETCETERA

52 nuances de vert-etcetera-

Il y eut d’abord La Verte.
Peau luisante, douce à la caresse.
Devint ventrue, prête à rouler.
Naquirent alors,
Le Vert, La Vertu, Le Vertueux,
Le Vertugadin,
Tous mignotant, mignonton, mignontaine,
Le Vertueux ne le resta pas très longtemps.
La Vertu mit bas.
Gambadèrent et ronronnèrent alors,
Vert Galant, Verte Ma Vallée, Vertigo.
C’est là, que nous nous aperçûmes
Que Vertugadin,
Répondait aux avances de Vert Galant,
Qu’à cela ne tienne!
Des amours de notre verdoyant Vert Galant et de notre transsexuel Vertugadin- gadine
Une portée généreuse vit le jour.
Inverti, Extraverti, Introverti, Invertébré
Crûrent, se multiplièrent,
Envers et endroit.
Vert Moussu, Vermoulu, Vertement,
Il y en eut pour tous les goûts,
Nous en firent voir de toutes les couleurs,
Des vertes et des pas mûres,
Vert de Gris, Vert de Rage, Vertige, Vert Amande, Vertèbre, Verveine, Vermine, Verdict.
Il y eut la série des Histoire Verte, Haricot Vert, Langue Verte, Verlan.
Nous eûmes un Verdeur,
Alors, celui-la! Fallait le voir à l’oeuvre!
Tant et si bien, que même nous évertuant à baptiser tous ces rejetons,
Notre mémoire divergente
Nous fit faire maintes confusions invérifiables.
Nous nous disputions sur la véritable identité de nos amis versatiles,
Jusqu’à nous insulter, nous traitant de verrat, verrue, verre à dent, verroterie, vermifuge…
Averse de mots sans vergogne.
A force de tergiverser, nous finîmes par ne plus nous parler.
D’autres créatures vinrent au monde.
Puis un jour,
Caressant l’un ou l’autre,
Ensemble ou séparé,
Nous prononçâmes le même mot: Etcetera.
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L’amphibocycle

Ecrit pour les impromptus Semaine du 19 au 25 juin 2017 – Amphibocycle
La nuit gourmande s’achève et maintenant c’est l’heure de faire de l’exercice avec cette invention qui a de l’avenir l‘amphibocycle.

L’amphibocycle

– Enfi! Tu vois ce que je vois?
– Mais que tu es grossier, ce matin!
– Quoi? Qu’est-ce que j’ai fait encore?
– Oh, rien, juste tu as dit enf…voilà, à cause de toi, j’ai failli le dire.
– Boh! C’est pas méchant!
– Enfi ! Beau! Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre!
– Hé-bé! Je te dis pas d’entendre, je te dis de reluquer.
– Reluquer quoi?
– Là, l’amphi!
– Tu recommences!
– Mais non, j’ai pas dit enfigueille, j’ai dit amphi, comme amphithéâtre, amphigouri, amphi…
– Ah! Tu veux parler de ce truc. Comment t’as dit déjà? Enfi…, non amphi…bof, c’est qu’un cycliste qui pédale sur l’eau.
– Bof !?! C’est tout ce que tu trouves à dire. Ça t’étonne pas, toi, un gonze à vélo, qui pédale sur l’eau.
– Cela doit être une variante du pédalo.
– Pédalo ? Qu’es aco ?
– Ben c’est  un amphibocycle amélioré*.
– Hé-bé ! C’était pas la peine de faire toute une histoire pour mon amphi, non,  enfi, toi aussi, tu l’as dit.
– Ce n’est pas un enfibocycle, mais un amphibocycle, du terme grec  amphibie, signifiant pouvant vivre sur terre et dans l’eau.
– Enfi !
*Le pédalo, pas du tout amphibie (amphigourique, l’explication de notre savant , au sujet de l’engin uniquement aquatique**), est né en 1810, alors que l’amphibocycle a été inventé en 1909.
**- Enfi! Lui dites pas, vous me le mettriez encore fumace.
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Agenda ironique de juin 2017

imagesProposé pour le thème  objet et objectif, proposé par les narines des crayons…

Objets Objectifs(ou Objectif Objets, cela marche aussi)

Mais si les objets, à leur tour, parlaient… de nous ?

Imaginez la verve d’une lampe, d’une assiette ou d’une vieille godasse et son regard posé sur les humains que nous sommes.

Une petite contrainte pour la route? Vous devrez glisser à l’intérieur d’un texte en prose plusieurs alexandrins disséminés ça et là, mais qui, mis les uns à la suite des autres, formeront un poème en rimes plates, croisées ou embrassées.

 

…un texte écrit pour Copie Double, le 12 janvier 2013( le thème portant sur les crayons) et légèrement remanié (alexandrins obligent)

 

Aller jusqu’au bout

Ouvrons la boîte aux crayons.

C’était il y a longtemps, mais je m’en souviens comme si c’était hier.

Toute menue,  joues rougies de froid, elle entra. Dans la papeterie, elle me choisit, moi, aux facettes marbrées de rose.   Egalement,un petit carnet acheta.   Dans sa pochette, nous rejoignîmes un crayon à lèvres grenat, un crayon khôl, ainsi que deux autres objets inconnus. Je ne tarderais pas à connaître leur destinée.

Placés sur son bureau, ma robe assortie à la couverture du carnet, nous côtoyions divers objets, livres, crayons, et une photo. Elle la regarda longuement, soupirant. Je vis tomber une larme. De moi, se saisit,  une lettre gravant sur chacune de mes facettes. A Elisa, j’appartenais dorénavant.

Fier, inscrivis dessus le carnet, ce nom-la. A l’intérieur: Journal commencé le…

Ainsi, nous vécûmes de longues années, au cours desquelles je fus témoin de nombre d’émotions, joies et peines. Mais ceci, entre elle et moi,  secret restera.

Sans me lasser, des kilomètres et des kilomètres de pages, blanches, couleurs, petits ou grands carreaux, à dessins ou millimétrées, je parcourus. Orthographiquement, quelques fautes sema. Jamais,  les lui signaler, n’ai osé.

Souvenez-vous, dans la pochette, ces deux objets, dont j’ignorais l’usage. L’un deux, nommé gomme, très utile dans ces cas-là, corrigeait proprement mon travail. Mais une gomme se doit de rester propre et veiller à ne déchirer ni froisser le papier.

J’eus le plaisir d’écrire anglais, allemand; mais aussi un peu hongrois,  même cyrillique. Ces dernières, les croiser, c’est d’un  amusant! Tout un monde de mystères se cache derrière leurs signes. Ecrire le roumain, cette langue chantante, qui roule si bien les R. Me régalant, de les tripler en les notant.

Quelques moments difficiles, il m’arriva de vivre.

Ma mine épuisée, la découvrant, Elisa,

Me tailler, croyait bien faire, dans ce cas-là. Je n’appréciais nullement. Coincé par un  barbare instrument. Souvenez-vous, je l’avais rencontré au tout début, le côtoyant dans la pochette. Cela s’appelle un taille-crayon.

Je vous explique. Dans un entonnoir glacé, coincé à s’en étouffer, on vous fait tourner,  à vos oreilles grinçant, votre belle robe entamant et vos couleurs grignotant. Ressortant de là, soulagé mais épuisé, et ayant perdu quelques millimètres, tout de même!

Et lorsqu’ à un étourdi, un jour,  me prêtant,

Celui-ci pour prendre des notes, rien n’ayant,  l’idée, que, mine de rien, je ne disparaisse dans la poche de ce dernier, me fit trembler.

Maintenant, plus de journal intime, ni langues étrangères, mais mots croisés, fléchés, énigmes…

Au début, enfermer des lettres dans des cases, je ne compris pas. Rapidement, je saisis qu’elles n’étaient pas prisonnières, mais se complétaient, formant astucieusement des mots, et ce, en tous sens. C’est passionnant.

Au sudoku, j’ai renoncé. Subir, du taille-crayon, la torture, pour les lettres, je suis d’accord, mais pour les chiffres, ça! Jamais!

Aujourd’hui,de plus en plus,  loin de tous  tracas, je me repose. De même que ma maîtresse, j’ai rapetissé. Sa peau parcheminée a gardé quelqu’éclat. La mienne me fait, de papier mâché, la mine. Voilà toute ma vie.

A propos de taille-crayon, savez-vous comment, parfois, il est  appelé?

Aiguise-crayon; rien que de l’écrire, mauvaise mine, j’attrape.

Que cela, d’envies d’écritures, ne vous prive pas.

Quelles que soient les circonstances, pensez à utiliser un crayon, aussi modeste soit-il, tout comme votre serviteur.

Foi de caran d’ache!

 

 

Catégories : Agenda Ironique | 14 Commentaires

Voyage, voyage

 

Ecrit pour l’alphabet à thème des nuls et les Lettres U et V,

avec les mots Ultime, Ultimatum, ULM, Vierge, Virgile, Vigile

Voyage, voyage

Tu avais écrit cet ultimatum:

 » Emmène-moi à Ulm, sinon tu ne me revois plus. »

Sur une page vierge  d’un recueil de poèmes,

En ce temps- la tu lisais Virgile,

Agrémentant ce travail de vigile.

Je découvris alors un autre message:

 » Ce sera un voyage à Ulm, en ULM. »

« Il plane complètement, pensais-je.

J’eus de nous cette ultime vision,

Sur l’air du  beau Danube bleu,

Nous percutions une tour

Flèche d’église la plus haute du monde,

Nous étions bien à Ulm.

Je ne te revis plus.

 

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Philosophie temporaire

Ecrit pour , thème de juin 2017

« Le temps qui passe »

Philosophie temporaire

  • Il y a le temps qui passe.
  • Pourquoi ne lui as-tu pas dit de s’arrêter?
  • Impossible.
  • Mais c’est inhumain! Attends, je vais essayer de le rattraper.
  • Impossible.
  • Tu m’agaces avec tes « impossible ». Moi, si je l’avais vu, je lui aurais proposé de s’arrêter un instant, le temps de récupérer quelques secondes.
  • Imp…nous ne pouvons  le voir, l’entendre, le toucher…à la rigueur, le compter, le regarder passer, le perdre…
  • C’est monstrueux ce que tu dis! Quelqu’un est passé près de nous, haletant, en plus, et toi, tu m’expliques que on va le perdre! Quelle espèce d’homme es-tu?
  • Un ami qui passe un bon moment avec toi et qui te parle du temps qui passe.
  • Ah, bon! Tout de même, on ne va pas à sa recher…Hi, hi, hi, j’ai compris » y haletant », pendant que tu philosophais sur »Il y a le temps qui passe ». Je t’écoute. Prends ton temps, j’ai tout le mien.
  • Le mien quoi?
  • Hébé, mon temps qui passe, lentement, rapidement, c’est selon.
  • Selon quoi?
  • « Autant en emporte le temps ».

 

 

 

 

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Santé fragile

Ecrit pour l’alphabet à thème des nuls, lettres S et T, avec les mots

Soupe, Soupape, Soupçon

Tripes, Trip, Tripotée

Santé fragile

Tripes à l’air, ma voiture a rendu l’âme.

Pistons, soupapes, courage, arbre à cames,

Drôle de trip qu’il me fait là.

Un soupçon d’huile n’y a pas suffi,

L’eau , soupe de rouille

Relents chauds de graisse mécanique,

Inutile de rêver,

Sur le bord de la route,

Je dois l’abandonner.

Une tripotée de corbeaux,

Déjà la convoitent.

Je pars rassurée,

Elle sera bien surveillée.

Catégories : ANNUAIRE POUR LES NULS | 2 Commentaires

Terminus

Pour le jeu de La nouvelle petite fabrique d’écriture

pour ce mois de juin, écrire sur le thème:

TERMINUS.

Terminus

Terminus, minus, minus,

Tout le monde descend.

C’est la plage, c’est la plage,

Parasols et bains de mer,

Pour un été où vous voulez.

Terminus, minus, minus,

Il y a aussi la montagne,

Ses grimpettes, ses grimpettes,

Des orages et coups de soleil,

Crème solaire, pensez à emporter.

Terminus, minus, minus,

C’est l’été, c’est l’été.

Tout le monde va-t-il en profiter?

Les balades et festivals,

Tralalère, tralala,

Voyages en tous genres,

Des châteaux en Espagne,

Séjours à la campagne,

Ou bien rester dans sa banlieue.

C’est l’été, c’est l’été,

Terminus, minus, minus,

Tout le monde descendra.

Catégories : La petite fabrique d'écriture/ Le jeu | 3 Commentaires

Née quelque part…

Ecrit pour les impromptus, thème de la semaine:

Les couleurs et les sentiments se sont mélangés toute la semaine écoulée, et pourtant, comme le chante Maxime Le Forestier dans « Né quelque part », « on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille… ».
Née quelque part
Née dans les choux,
Pas du tout,
Née dans une rose,
Cela m’aurait fait tout chose.
Venue au monde dans une cuisine,
Et toute en pleurs, était la voisine.
Dehors, orages et trombes d’eau,
On dut, la sage-femme, aller chercher à vélo.
Plus de bus, et les taxis, ça coûtait cher,
Aussi, aujourd’hui, d’ailleurs.
Attendue, pressée, ma mère l’était.
D’une table,  sauter décidait.
Sitôt, cela fit son effet.
Quelques heures avant le petit déjeuner,
Me voilà, faisant mon entrée.
Née quelque part,  girondine devenant,
Cette région, je l’aime tellement,
Même si, comme mes parents,
Choisie, ne l’ai point,
Et avoir parcouru, et connu autres charmants coins,
Toujours, ici me sens bien, lorsque je le rejoins.
 PHOTOS THOMAS PESQUET

 

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