Agenda Ironique

Agenda ironique octobre 2017/ Episode 2: Mais c’est qui ?

Histoire au coup par coup

Résumé de l’épisode 1: après avoir reçu une carte postale, me disant « Rendez-vous à Coupiac, devant le café, même jour, même heure. », ne sachant où se trouve Coupiac, jusqu’au jour où une carte  postale identique (voir ci-dessous) m’est envoyée, avec ces mots » Je t’ai attendu. Pourquoi, tu n’es pas venu? « 

 

 

Episode 2: Mais c’est qui ?

 » Et comment veux-tu que je vienne, c’est où Coupiac ? »

Voilà que je parlais à une carte postale. Je la jetais sur la table.  » Il pourrait me dire, lui, où c’est Coupiac ? C’est qui cet idiot ? »

 » Monsieur Rainbow ? » C’est ma voisine. J’adore quand elle prononce Arc en ciel, avec son accent du Kent. Victoria, ma délicieuse voisine, est anglaise.

  • Monsieur Rainbow ? Avez- vous un problem ? Si vous voulez, tout est prêt chez moi, pour le five o’clock. Cela ne dérange pas moi. On fera chez vous un autre moment. Oh! Mais je connais. Nous avions visité le maison, Albert et moi,  proche ce café. Verlaine, quel joli nom, n’est-il pas ? »
  • C’est à  Coupiac. Vous savez où c’est ?
  •  Nous prenons le thé d’abord, alors nous parlons au sujet Coupiac. Venez, Charles.

Nous bûmes le thé, grignotant quelques scones au cheddar, des sandwichs garnis de concombre. Les thés de ma voisine étaient terriblement bons, en comparaison des miens.

Victoria me montra une photo.  » C’est le maison que nous voulions acheter à Coupiac. » Une ruine.

  •  Le café est juste à côté ?
  • Non, pas exactement. C’est juste que Albert avait idée que Verlaine  avait écrit  ici »Chanson d’automne ». Et nous étions en envie  de trouver l’été.
  • Et Coupiac, alors, c’est où ?
  •  Quelle bizarre question !  Vous moquez vous de moi. En France, of course.

Elle apporta un dépliant d’une agence immobilière. Il manquait la page concernant Coupiac. « I am sorry, Charles. Albert n’aurait pas oublié. »

Ce cher Albert, que j’avais très peu connu, aux five o’clock teas de son épouse, préférait, de loin, une petite absinthe; je le revoyais, installé confortablement à l’ombre d’un mûrier, siroter sa gourmandise, d’un amical clin d’oeil, m’invitant à lui tenir compagnie. Religieusement, nous écoutions  le morceau de sucre fondre lentement, et humions ce parfum anisé,  promesse d’une délectable boisson.

Je quittais Victoria, rendez-vous chez moi pour le prochain five o’clock tea.

Sur la table, m’attendait le café M.Verlaine. Mais, oui, c’est bien sûr ! Le cachet de la poste ! Je parvins à lire iac, 12h45, 5 juin, le reste illisible,l’encre du tampon ayant bavé.

« Monsieur Arc en ciel ? » Ma voisine.

  • J’ai oublié de  dire vous. Nous sommes entrés dans le café pour prendre un boisson. Albert était  très soif; il a  testé cette spécialité, comment vous dites, l’absente…
  • Absinthe.
  • Oh, je vous dérange. Vous êtes en train lire votre courrier.
  • J’essaie de savoir, pour Coupiac.

Je lui expliquais tout, le rendez-vous, l’inconnu, le tampon baveux…

  • Je veux bien penser avec vous; après le thé. Peut-être une autre idée, je penserais. Why not?

Elle me laissa, mes cartes, mes questions,  ses espoirs; et je ne savais toujours pas c’était qui, et puis c’était où. What else ? Je m’en servis un petit, fabriqué par mon filleul. Les thés chez Victoria, j’aimais bien; c’était par pour ça que j’allais sacrifier mes autres habitudes. Demain, j’y verrai plus clair.

Suite à venir, Episode 3: Demain, j’y verrai plus clair.

 

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Agenda ironique octobre 2017/ Episode 2: Mais c’est qui ?

Histoire au coup par coup

Résumé de l’épisode 1: après avoir reçu une carte postale, me disant « Rendez-vous à Coupiac, devant le café, même jour, même heure. », ne sachant où se trouve Coupiac, jusqu’au jour où une carte  postale identique (voir ci-dessous) m’est envoyée, avec ces mots » Je t’ai attendu. Pourquoi, tu n’es pas venu? « 

 

 

Episode 2: Mais c’est qui ?

 » Et comment veux-tu que je vienne, c’est où Coupiac ? »

Voilà que je parlais à une carte postale. Je la jetais sur la table.  » Il pourrait me dire, lui, où c’est Coupiac ? C’est qui cet idiot ? »

 » Monsieur Rainbow ? » C’est ma voisine. J’adore quand elle prononce Arc en ciel, avec son accent du Kent. Victoria, ma délicieuse voisine, est anglaise.

  • Monsieur Rainbow ? Avez- vous un problem ? Si vous voulez, tout est prêt chez moi, pour le five o’clock. Cela ne dérange pas moi. On fera chez vous un autre moment. Oh! Mais je connais. Nous avions visité le maison, Albert et moi,  proche ce café. Verlaine, quel joli nom, n’est-il pas ? »
  • C’est à  Coupiac. Vous savez où c’est ?
  •  Nous prenons le thé d’abord, alors nous parlons au sujet Coupiac. Venez, Charles.

Nous bûmes le thé, grignotant quelques scones au cheddar, des sandwichs garnis de concombre. Les thés de ma voisine étaient terriblement bons, en comparaison des miens.

Victoria me montra une photo.  » C’est le maison que nous voulions acheter à Coupiac. » Une ruine.

  •  Le café est juste à côté ?
  • Non, pas exactement. C’est juste que Albert avait idée que Verlaine  avait écrit  ici »Chanson d’automne ». Et nous étions en envie  de trouver l’été.
  • Et Coupiac, alors, c’est où ?
  •  Quelle bizarre question !  Vous moquez vous de moi. En France, of course.

Elle apporta un dépliant d’une agence immobilière. Il manquait la page concernant Coupiac. « I am sorry, Charles. Albert n’aurait pas oublié. »

Ce cher Albert, que j’avais très peu connu, aux five o’clock teas de son épouse, préférait, de loin, une petite absinthe; je le revoyais, installé confortablement à l’ombre d’un mûrier, siroter sa gourmandise, d’un amical clin d’oeil, m’invitant à lui tenir compagnie. Religieusement, nous écoutions  le morceau de sucre fondre lentement, et humions ce parfum anisé,  promesse d’une délectable boisson.

Je quittais Victoria, rendez-vous chez moi pour le prochain five o’clock tea.

Sur la table, m’attendait le café M.Verlaine. Mais, oui, c’est bien sûr ! Le cachet de la poste ! Je parvins à lire iac, 12h45, 5 juin, le reste illisible,l’encre du tampon ayant bavé.

« Monsieur Arc en ciel ? » Ma voisine.

  • J’ai oublié de  dire vous. Nous sommes entrés dans le café pour prendre un boisson. Albert était  très soif; il a  testé cette spécialité, comment vous dites, l’absente…
  • Absinthe.
  • Oh, je vous dérange. Vous êtes en train lire votre courrier.
  • J’essaie de savoir, pour Coupiac.

Je lui expliquais tout, le rendez-vous, l’inconnu, le tampon baveux…

  • Je veux bien penser avec vous; après le thé. Peut-être une autre idée, je penserais. Why not?

Elle me laissa, mes cartes, mes questions,  ses espoirs; et je ne savais toujours pas c’était qui, et puis c’était où. What else ? Je m’en servis un petit, fabriqué par mon filleul. Les thés chez Victoria, j’aimais bien; c’était par pour ça que j’allais sacrifier mes autres habitudes. Demain, j’y verrai plus clair.

Suite à venir, Episode 3: Demain, j’y verrai plus clair.

 

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Agenda ironique octobre 2017/ Episode 1: Coupiac, c’est où ça ?

Ecrit pour l’agenda ironique d’octobre, proposé par Carnets Paresseux

Voici l’objet

« Septembre fini, Frog me confie l’agenda ironique, le jeu itinérant et débonnaire (pour en savoir plus, lire ici) ; paresseux, je vous montre juste une image. Celle-là même qui est ci-d’ssus, et qui représente l’authentique Café Verlaine, à Coupiac (Aveyron). »

Histoire au coup par coup

Episode 1: Coupiac, c’est où ça ?

Un jour, je reçus une carte postale. Au dos, quelques mots: Rendez-vous à Coupiac, devant le café, même jour, même heure.

Pas de signature. Coupiac, c’est où ça?

Dictionnaire de langue française; le gros, bien lourd, noms communs, noms propres, connaissances générales, encyclopédie.

Passant directement de coupe-vent à couplage, le gros et bien lourd dictionnaire encyclopédique faisait l’impasse sur Coupiac.

Dans les autres, petits, très petits, moyens, moyennement gros, légers, peu encombrants, cela passait de couperose à couple, coupeur à couplage, de coupeur à couple, coupe-vent à coupier. Coupiac inconnu au bataillon des Immortels.

Couperose, coupeur, coupe-vent, coupier, couplage, couple, coupleur…

Je décidais de créer mon dico, le jacousien, y incluant Coupiac.

Coupanne: n.m.; le coup de la panne. Exemple : « Le coupanne, et maintenant le couplage, il me prend pour qui ? »

Coupe-rose: n.m.; voir à couperose

Couperose: n.f.; sécateur uniquement destiné à l’usage de la  fleur symbole de beauté et d’amour. Exemple: « Elle était dans sa première splendeur, couleur lie de vin; n’osant la couperoser, il y plongea son nez, pour en humer les délices. »

Couperoser: v.tr.❶; utiliser une couperose. Exemple: « Elle était dans sa première splendeur, couleur lie de vin; n’osant la couperoser, il y plongea son nez, pour en humer les délices. » –couperoser: v.intrans. Exemple: «  Il devint rouge de colère, sa belle rose lie de vin avait été couperosée. »

Coupeur: n.m.; contraction de coup et peur, mais aussi de cou et peur,  datant de la révolution française, autre nom de la guillotine.

Coupe-vent: n.m.; sorte de paravent  transportable, très utile dans les régions où souffle le mistral.

Coupiac: n.p. inv.; lieu mystérieux de rendez-vous même jour, même heure, devant un café.

Coupier: n.m; désigne  une figure de gymnastique acrobatique,consistant à placer ses orteils autour de son cou. – ierre: n.f.; contraction de coupe et de pierre, jeu de cartes préhistorique.

Couplage: n.m; contraction de coup et plage,  un rendez-vous sur la plage. Exemple:« A mon couplage, elle n’est pas venue. Elle se prend pour qui ? »

Couple: n.m. ou n.f.; contraction de coup et pleut. Moyen servant à abriter deux personnes, de même sexe, ou de sexe différent. Exemple:  » Nicole et Armande étaient toutes trempes, ayant oublié la couple; le couple d’Armand et de Nicolas s’était envolé. »

Coupleur: n.m.; contraction de tout à coup et pleur, pour désigner une nouvelle source d’eau;  se dit aussi d’une personne de sexe masculin qui  fond en larmes sans raison apparente.- euse: n.f.;se dit aussi pour une personne de sexe féminin. Exemple:  Tout à coup un  coupleur jaillit soudain, à l’endroit même où étaient rassemblés des coupleuses et des coupleurs.

Oui, bon, ça fait un peu comme  » Un pêcheur pêchait sous un pêcher. Le pêcher empêchait le pêcheur de pêcher. Le pêcheur coupa le pêcher. »

Je n’étais pas plus avancé, pour autant. N’est pas Rimbaud, qui veut.

Si justement, c’était mon nom; enfin presque. Moi, mon patronyme, c’est Rainbow, oui, oui, comme l’arc en ciel. De quoi faire rêver, non ? J’en vois qui pensent à autre chose…l’affaire du Rainbow Warrior. Je vous jure, je n’y étais pour rien. Moi, je suis plutôt du genre « Peace and love ». De là, à militer avec ceux de Greenpeace, ces casse-cous,  très peu pour moi; remarquez, je les admire, c’est bien ce qu’ils font…

C’est où ça, Coupiac ?

Des semaines après, je reçois la même carte:  » Je t’ai attendu. Pourquoi, tu n’es pas venu? « .

Mais c’est qui ?

En plus, j’avais complètement oublié la première carte. Je ne savais même pas où je l’avais rangée.

 

Suite à venir, Episode 2: Mais c’est qui ?

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/02/19/2279999-faux-mariage-pour-vraie-amitie.html

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La légende de Coupiac

A  Coupiac, court une légende.

Après avoir proposé à son auteur Pierre Carrive, qu’il participe à l’agenda d’octobre 2017, celui-ci m’a autorisée à la faire connaitre, je vous la livre. Les photos et le texte sont de Pierre Carrive.

La Légende de Coupiac

Autrefois vivait sur les hauteurs de Coupiac un paysan analphabète et solitaire qui élevait quelques brebis et cultivait son potager avec amour. Joseph se levait avec le jour et se couchait quand il faisait trop noir pour travailler. Derrière sa porte cloutée, c’était une unique pièce noircie par les fumées, encombrée de grigris de bois, de plumes, de pierres et d’os. Il dormait dans un lit étroit aux montants métalliques sur un matelas de crin, sans drap, juste des couvertures. Son visage fin, ses grands yeux noirs qui semblaient s’étonner de tout, sa démarche souple et élégante contrastaient avec le désordre de la pièce.
Le dimanche, il s’autorisait un verre d’absinthe chez Mr Verlaine, en bas du village.
Mr Verlaine y tenait seul un café. Sa femme l’avait quitté et son fils était parti en Argentine. Mr Verlaine soignait sa mélancolie dans les livres. Les murs du café en étaient couverts. Sur chaque table il y en avait un; chaque jour, il les changeait. Ses livres ne craignaient pas les taches de vin disait-il, ils sont fait pour vivre. Parfois il en ouvrait un et le lisait à la tablée, pas toujours très attentive.
Un jour une jeune femme de Toulouse, une entomologiste en quête de la Magicienne Dentelée – une espèce de sauterelle sans ailes extrêmement rare, il n’y a que des femelles qui se reproduisent par clonage – donc cette jeune femme, Jacqueline, sur un sentier pas très loin de chez Joseph, roula sur une pierre et se blessa à la cheville.
Joseph la secourut et la soigna avec un cataplasme de racine de Reponchon. Cette plante qui grimpe sur les haies est aussi nommée « l’herbe aux femmes battues », les femmes utilisant ses vertus médicinales pour soigner leurs plaies. Certains hommes prétendaient à l’inverse que les femmes s’en frictionnaient pour simuler des marques de coup… Joseph ne fréquentait pas ces hommes là, et les plantes médicinales n’avaient aucun secret pour lui.
Joseph connaissait aussi tous les insectes de son territoire. Certes il en ignorait les noms latins, mais appréciait leur beauté et leur singularité. Et surtout il savait où les trouver. Il promit à Jacqueline, si elle revenait par ici une fois son pied guéri, de la conduire à la Magicienne Dentelée.
Joseph porta Jacqueline en bas du village, jusque chez Mr Verlaine qui se chargea de trouver une voiture pour Toulouse.
Jacqueline ne revint pas, mais Joseph reçut depuis ce jour une lettre chaque semaine. Au début, il les laissait dans un coin, bien incapable de lire quoi que ce soit. Mais quand la pile de lettres eut la hauteur de son verre, il alla demander conseil à Mr Verlaine.
Mr Verlaine lut les lettres à Joseph. C’était Jacqueline, elle racontait ses jours à la ville, ses recherches au laboratoire, ses découvertes, sa nostalgie des chemins creux et des taillis, ses « obligations » professionnelles et familiales qui la tenait éloignée. Parfois c’était de longs poèmes qui enchantaient Joseph et Mr Verlaine rougissant de sa position.
Joseph décida alors d’apprendre à lire et à écrire.
Ainsi chaque matin à l’aube Joseph et Mr Verlaine se retrouvaient, avant que le café n’ouvre et que les brebis ne soient conduites au pré. Un jour Mr Verlaine montait chez Joseph, le lendemain c’était Joseph qui descendait au café.
Jacqueline ne revint jamais à Coupiac, mais Joseph et Mr Verlaine devinrent les meilleurs amis du monde, et surtout Joseph devint un grand poète dont Mr Verlaine lisait les vers à ses clients. Et ceux ci écoutaient avec un peu plus d’attention, car ils pouvaient mettre un visage sur le poète…

Réponse de l’auteur de cette légende qui m’a enchantée.

Merci de votre lecture. Vous pouvez bien entendu faire connaitre ce texte sans omettre de citer les crédits texte et photo, et le lien vers mon blog. D’autre part ce texte fait partie d’un spectacle, Le Pas de la Tortue, crée cette année à partir de fictions de mon blog, dont une première présentation aura lieu le 13 octobre à Colombes pour le festival Rumeurs Urbaines.

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AGENDA IRONIQUE DE SEPTEMBRE 2017 (Texte complet)

Sur une proposition de Frog, intitulée « Pass the flavour »*

accompagnée de ces parfums épicés, si bien mis en images.

Allons à l’herbette…

Accrochées  à sa robe, quelques baies de genièvre,

Et pourtant, n’est point mièvre,

Notre Guenièvre,

Ayant réussi, sa servante, égarer.

A suivi, odorant et subtil, le sentier,

Par où, elle sait,

S’aventurent fiers cavaliers.

Déjà, elle perçoit le galop  effréné,

S’approche écuyer,

Descend de sa monture, robe chocolat,

Dépose à ses pieds hommages fleuris.

Guenièvre, geste noble le relève.

Profitant de ce rapprochement,

L’enlaçant promptement.

Il perçoit alors fragrances boisées,

Muscs et parfums épicés.

Sitôt, sur sa bouche, reçoit

Pimenté, un baiser,

En cueille un, à son tour,

Aux lèvres gonflées de la demoiselle.

Se goûtent ainsi,

Savourant ces minutes volées.

Humant cette peau si blanche,

Gingembre et curcuma,

Ardeurs et confusions mêlées,

La tête, leur tournent.

Sur un lit moussu, quelques fleurs de bruyères,

Leurs nudités décorent.

Humus poivré, sève résinée,

Sensuelles et aphrodisiaques senteurs,

Décuplent la saveur de leur étreinte.

Reposant ainsi,

Tableau délectable des amants réunis,

Les découvre, Adeline, la suivante.

 » Mademoiselle ! « entendent-ils haleter.

Aperçoivent alors, silhouette désordonnée,

Une personne, air courroucée,

Toilette chiffonnée,

Maquillage safran suintant,

Tachant ses joues rosies,

De larmes jaunies.

 » Adeline! » sourit Guenièvre.

 » Je te présente, Sieur de Mandavit,

Ecuyer de Sa Seigneurie,

Qui, de  me trouver à son goût, m’honore. »

 » Guenièvre, dévergondée,

Il me souvient vous avoir accompagnée,

Dans le dessein de cueillir un bouquet. »

 » Mais, chère Adeline, c’est bien à cette tâche,

Que je me suis employée.

Voyez un peu la belle fleur que j’ai trouvée.

Et, voici, que  de ses effluves, à nouveau en suis étourdie. »

« Il suffit ! Je conviens que, cueillir les roses de la vie,dès aujourd’hui,

Est de sage intention.

Mais ne vous attardez point. Et chassez de votre toilette ces impertinentes senteurs.

Adieu, monsieur !

Mais que faites vous ?

Seigneur, mademoiselle vous voulez notre perte.

Si j’ose dire, car pour vous, c’est déjà fait. »

 » Je sais, Adeline, que tu connais les simples…le temps d’en faire un bouquet,

laisse-nous quelque instant encore. »

*En français, trivialement, on dirait: » Passe moi le sel ».

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Agenda ironique de septembre 2017

Sur une proposition de Frog, intitulée « Pass the flavour »*

accompagnée de ces parfums épicés, si bien mis en images.

 

CET ARTICLE N’EXISTE PLUS, cliquez sur Allons à l’herbette…pour lire toute l’histoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*En français, trivialement, on dirait: » Passe moi le sel ».

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Agenda ironique d’août 2017

Ecrit pour l’agenda ironique d’août 2017, proposé par Laurence Délis

Je vous propose pour l’agenda ironique que j’accueille avec plaisir en d’août  : « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi ».

Voilà une citation tirée du roman Jules et Jim de Henri-Pierre Roché .

De cette phrase le sens restera libre, large comme les océans, et pourra être décliné comme bon vous semble, en prose, poésie, haïku, tangua, ou pourquoi pas photos, collages, dessin… La création n’a pas de limites et sa richesse inépuisable 🙂

Seule contrainte la phrase citée devra apparaître dans votre texte ou toute autre création choisie.

 

Les reliefs du monde

Raconte le ventre rond du monde,

Allez, raconte-nous les graines fécondes,

Confie-nous tous leurs secrets de vie.

Ou préfères-tu nous laisser les imaginer, et ce jourd’hui ?

Notre destinée, de quelques miracles, le chemin en serait-il jalonné ?

Tu t’étonnes de ne pas avoir compris qu’une histoire en toi a été façonnée.

Elle aurait pu être belle, tu n’as pas su; il serait temps de le dire.

 

Remarque, faut-il, malgré nous, penser que tu y es pour quelque chose; et te maudire?

A notre époque,  il ne faut pas croire que chacun a sa place au soleil.

Ceux qui nous ont précédés,  hier, avant-hier, ont-ils eu pire, connu destin pareil ?

On ne sait plus d’ailleurs, on voudrait être de quelque part,d’ici ou là dans ton ventre.

Nous y serions tendres, innocents encore, tous neufs, et nous, aussi, pourrions connaître

Tous les miracles qu’il y a eu, ici

Et les raconter, raconter, aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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AGENDA IRONIQUE DE JUILLET 2017 TER

Ecrit pour le thème de l’agenda juillettiste, année 2017, proposé par

La perte en une phrase

Avec perte, mais sans fracas

Puisque ici il est question de perte, sachez que, pas plus tard qu’hier, ayant perdu mes lunettes, je me mis, sans perdre de temps, à leur recherche, ce fut peine perdue, car, non seulement je  ne les retrouvais pas, mais, en plus, je faillis perdre la face, me cognant dans une vitre que je n’avais pas vue, ayant perdu mes lunettes, mais cela vous le savez déjà, bref sans lunettes, c’était comme si un brouillard s’étalait, devant moi, à perte de vue, à tel point, qu’à moment donné, j’en perdis mon sang froid, et voilà que je me perdis en conjonctures, heureusement que n’ayant pas fait d’études en lettres classiques, au moins, ne risquais-je pas d’y perdre mon latin (avouez que vous y aviez pensé), et pour couronner le tout, voilà que mon patron m’annonce une perte sèche en dizaines de milliers d’euros et des poussières, que nous allons devoir vendre à perte, mettre la clef sous le paillasson, et moi qui lui répond que sa clef, il peut la mettre où il veut, que je cherche mes lunettes et que je ne finis pas ma phrase, parce que justement mes lunettes, elles étaient sous le paillasson, quel est l’idiot qui les a mises là, il perd rien pour attendre, je vais te lui dire deux mots, et là, ma vue retrouvée, qu’est-ce que je découvre, dans les bras de celle pour qui,  depuis longtemps, j’ai perdu la tête, un autre a pris ma place et j’entends ma femme dire  » Qui va à la chasse, perd sa place, qui revient, trouve un chien », alors je veux lui dire qu’elle se trompe, que je ne suis pas allé à la chasse, mais le chien, enfin l’homme lui fait une scène, aboyant qu’il n’est pas un chien, que puisque c’est comme ça, il me la rend, cette chienne, qu’elle lui dit que c’est juste une phrase, un exemple quoi, et que jamais elle ne l’a comparé à un chien, et moi, je suis là, je regrette presque d’avoir cherché mes lunettes, non, de les avoir perdues, oh et puis, je sais plus, bref, j’ai retrouvé mes lunettes, perdu ma femme, et maintenant, que vais-je faire de ce chien? Quel chien? C’est vrai, je ne vous en ai pas parlé. Voyant que je tâtonnais à la recherche des lunettes, une gentille dame m’a dit « Je crois que je l’ai retrouvé, monsieur » et elle m’a mis une laisse dans la main, et au bout il y avait ce chien d’aveugle, et puis avant que j’ai eu le temps de lui expliquer que l’animal n’est pas à moi, que je ne suis pas non-voyant, juste je cherche mes lunettes, que j’ai perdues, elle était déjà partie.

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AGENDA IRONIQUE JUILLET 2017

La perte en une phrase

Consigne pour l’agenda ironique de juillet, initié par Carnets Paresseux.

Perdre ses clefs, ses repères, ses cheveux, son âme, quelqu’un, un souvenir, une opportunité ; perdre son temps, une habitude, le repos, des kilos, ses feuilles, sa saveur, son parfum, sa raison, sa vanité. La perte est le sujet de ce mois. Elle se dira en une seule phrase, brève ou longue, avec ou sans ponctuation, fluide ou hachée, fuyante chutant avec l’objet perdu et se perdant avec lui, précipitée cherchant à le rattraper et se combler, ou lente, précautionneuse cernant le vide qu’il a laissé. On peut être ironique, ou pas. Sujet moins sombre qu’il n’y paraît : la perte ne se limite pas au manque, elle libère à sa manière, offre un espace où naître. La phrase unique lui donne voix.
Quelques livres d’une phrase, procédé très répandu dans la littérature contemporaine : Comédie classique de Marie N’Diaye, Zone de Matthias Énard, J’aime de Nane Beauregard, Anguille sous roche d’Ali Zamir, Verre cassé d’Alain Mabanckou, La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès, Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, et certainement bien d’autres – n’hésitez pas à les ajouter en commentaire. Autre modèle, les longues phrases de Marcel Proust et Claude Simon, mais vous pouvez aussi vous limiter à sujet verbe complément, ou même un mot, pire rien qu’un point. Prose ou vers. Bref, à vous.

A souffle d’aile

Le temps d’un silence, elle soupira, pensa à l’instant présent, qu’il n’aurait jamais dû se terminer ainsi, cette inéluctable catastrophe, frémit à l’idée des conséquences désastreuses, dans un futur proche ou lointain, qu’elle espérait bien ne pas voir arriver tout de suite, décidant, au moment même, de ne pas remettre à demain, ce qu’elle aurait pu accomplir hier, car aujourd’hui tout proche de ce passé, qu’elle voudrait oublier, qui déjà s’estompe, un brouillard couleur nuit effaçant peu à peu ce terrible souvenir, alors quand commencèrent, pour elle, une attente inespérée, un avenir comme elle n’avait jamais imaginé, elle se posa, retenant chaque seconde, savourant chaque minute, célébrant les heures, les jours, humant avec délice les semaines, les mois, goûtant ces années qui lui restaient, ces espaces de vie qu’elle avait réussi à reconquérir.

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Agenda ironique de juin 2017

imagesProposé pour le thème  objet et objectif, proposé par les narines des crayons…

Objets Objectifs(ou Objectif Objets, cela marche aussi)

Mais si les objets, à leur tour, parlaient… de nous ?

Imaginez la verve d’une lampe, d’une assiette ou d’une vieille godasse et son regard posé sur les humains que nous sommes.

Une petite contrainte pour la route? Vous devrez glisser à l’intérieur d’un texte en prose plusieurs alexandrins disséminés ça et là, mais qui, mis les uns à la suite des autres, formeront un poème en rimes plates, croisées ou embrassées.

 

…un texte écrit pour Copie Double, le 12 janvier 2013( le thème portant sur les crayons) et légèrement remanié (alexandrins obligent)

 

Aller jusqu’au bout

Ouvrons la boîte aux crayons.

C’était il y a longtemps, mais je m’en souviens comme si c’était hier.

Toute menue,  joues rougies de froid, elle entra. Dans la papeterie, elle me choisit, moi, aux facettes marbrées de rose.   Egalement,un petit carnet acheta.   Dans sa pochette, nous rejoignîmes un crayon à lèvres grenat, un crayon khôl, ainsi que deux autres objets inconnus. Je ne tarderais pas à connaître leur destinée.

Placés sur son bureau, ma robe assortie à la couverture du carnet, nous côtoyions divers objets, livres, crayons, et une photo. Elle la regarda longuement, soupirant. Je vis tomber une larme. De moi, se saisit,  une lettre gravant sur chacune de mes facettes. A Elisa, j’appartenais dorénavant.

Fier, inscrivis dessus le carnet, ce nom-la. A l’intérieur: Journal commencé le…

Ainsi, nous vécûmes de longues années, au cours desquelles je fus témoin de nombre d’émotions, joies et peines. Mais ceci, entre elle et moi,  secret restera.

Sans me lasser, des kilomètres et des kilomètres de pages, blanches, couleurs, petits ou grands carreaux, à dessins ou millimétrées, je parcourus. Orthographiquement, quelques fautes sema. Jamais,  les lui signaler, n’ai osé.

Souvenez-vous, dans la pochette, ces deux objets, dont j’ignorais l’usage. L’un deux, nommé gomme, très utile dans ces cas-là, corrigeait proprement mon travail. Mais une gomme se doit de rester propre et veiller à ne déchirer ni froisser le papier.

J’eus le plaisir d’écrire anglais, allemand; mais aussi un peu hongrois,  même cyrillique. Ces dernières, les croiser, c’est d’un  amusant! Tout un monde de mystères se cache derrière leurs signes. Ecrire le roumain, cette langue chantante, qui roule si bien les R. Me régalant, de les tripler en les notant.

Quelques moments difficiles, il m’arriva de vivre.

Ma mine épuisée, la découvrant, Elisa,

Me tailler, croyait bien faire, dans ce cas-là. Je n’appréciais nullement. Coincé par un  barbare instrument. Souvenez-vous, je l’avais rencontré au tout début, le côtoyant dans la pochette. Cela s’appelle un taille-crayon.

Je vous explique. Dans un entonnoir glacé, coincé à s’en étouffer, on vous fait tourner,  à vos oreilles grinçant, votre belle robe entamant et vos couleurs grignotant. Ressortant de là, soulagé mais épuisé, et ayant perdu quelques millimètres, tout de même!

Et lorsqu’ à un étourdi, un jour,  me prêtant,

Celui-ci pour prendre des notes, rien n’ayant,  l’idée, que, mine de rien, je ne disparaisse dans la poche de ce dernier, me fit trembler.

Maintenant, plus de journal intime, ni langues étrangères, mais mots croisés, fléchés, énigmes…

Au début, enfermer des lettres dans des cases, je ne compris pas. Rapidement, je saisis qu’elles n’étaient pas prisonnières, mais se complétaient, formant astucieusement des mots, et ce, en tous sens. C’est passionnant.

Au sudoku, j’ai renoncé. Subir, du taille-crayon, la torture, pour les lettres, je suis d’accord, mais pour les chiffres, ça! Jamais!

Aujourd’hui,de plus en plus,  loin de tous  tracas, je me repose. De même que ma maîtresse, j’ai rapetissé. Sa peau parcheminée a gardé quelqu’éclat. La mienne me fait, de papier mâché, la mine. Voilà toute ma vie.

A propos de taille-crayon, savez-vous comment, parfois, il est  appelé?

Aiguise-crayon; rien que de l’écrire, mauvaise mine, j’attrape.

Que cela, d’envies d’écritures, ne vous prive pas.

Quelles que soient les circonstances, pensez à utiliser un crayon, aussi modeste soit-il, tout comme votre serviteur.

Foi de caran d’ache!

 

 

Catégories : Agenda Ironique | 16 Commentaires

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