Agenda Ironique

aGENDA IRONIQUE AVRIL 2018

 

Ecrit pour l’agenda d’avril 2018, sur une proposition d’Estelle, de L’atelier sous les feuilles

Le cirque bleu, Marc Chagall     Source

Je vous propose donc de vous mettre dans la peau d’un poisson et de vous appuyer sur l’univers si particulier de cet artiste (en utilisant tout ou une partie de du tableau Le cirque bleu ou bien son œuvre en général) et de le combiner au vôtre pour nous faire rêver !

Hippocampe

Haridelle éphémère,

Illusions passagères,

Passe le temps de l’écuyère

Pirouettes aériennes, légères

Oh, être, ma belle cavalière

Ce destrier, avec toi, ma fière

Agrippée à ma crinière.

Musant, acrobate altière

Perpétuellement, de belle manière,

En chevauchées, que je voudrais marinières.

Publicités
Catégories : Agenda Ironique | 4 Commentaires

AGENDA IRONIQUE MARS 2018

Ecrit pour l’agenda ironique de mars 2018, proposé par JOBOUGON

Il paraît qu’il y a un fer à repasser le temps qui déplie des bouts de temps cachés dans le tissu froissé. Qui déploie devrais-je dire, car il s’est passé quelque chose au repassage.
Mais quoi ?
Vous allez nous en dire un peu plus, puisque vous allez rentrer en maison de retraite. Vous auriez préféré un autre âge ? Il faudra repasser alors ! Ben c’est trop c.. !Car c’est bien un temps de maison de retraite qui s’est déplié et qui demande à se déployer. En entrant dans cette maison de retraite, alors que tout semblait normal vu de l’extérieur, vous allez découvrir que rien n’est comme vous l’auriez supposé. Les pensionnaires, les locaux, le personnel soignant…Tout est devenu étrange, surréaliste et décalé depuis que vous vivez à l’intérieur. Et vous allez vivre des situations complètement « d’un autre monde ».

Art scénique en dentellières

Le temps délavé,

Laisse voir ses mollets,

On a envie d’y mordre à pleines dents,

Folie passagère,

Ma très chère,

Le beau linge est fripé,

Peau vieillie, racornie, flétrie,

Fleurs d’un autre repassage.

Repas sur nappes fleuries,

Depuis longtemps oubliées,

Dans les armoires sentant bon l’air d’antan,

Nous chantions, nous roulant dans les champs,

Lavandières fleuries,

Les draps claquaient sec,

Du vent secouant les volets,

De jalousie en jalousie,

Me revient la chanson de mon bel amant,

Le tien aussi, parbleu,

Et la lisseusse aussi.

Elle repassait tendrement,

Ses cols de chemise,

Sans oublier de glisser un baiser dans ses poignets.

Je passais la voir,

Jonchée de linges à défriper.

Elle lissait plis et tournures,

Jabots de dentelle, et mouchoirs brodés,

Initiales enlacées,

Sourire enchanté aux lèvres,

Mes bras ployaient du poids,

Battus et rebattus de cette eau fraiche,

Car je ne pouvais vivre seulement d’amour.

Elle avait la chaleur aux joues,

Moi les gerçures aux mains,

Écorchant ma peau rouillée.

C’est alors, qu’il passait,

Nos yeux, d’abord,

Revue de détails,

Bouches bées,

Poitrines amollies,

Sourires délavés.

Le temps d’un bonjour,

Il tournait les talons,

Et nous l’attendions,

Il repasserait.

 

Catégories : Agenda Ironique | 5 Commentaires

Agenda ironique janvier 2018

Ecrit pour l’Agenda Ironique de janvier 2018, imaginé par Grain de sable

L’Arcane XVII : l’Etoile.

L'Etoile
Vous n’y connaissez rien en Tarot ? Moi non-plus. Alors bonne occasion d’imaginer ce que veut bien vous dire cette jeune femme blonde au brushing assez réussi, agenouillée sous une pluie d’étoiles multicolores et peut-être filantes.
Elle vous donne dix conseils pour la nouvelle année. Vos dix bonnes résolutions en quelque sorte.
A vous de nous dire tout ça sous forme de poème à forme fixe ou non.
Il devra commencer par : Si j’étais toi…

Accessibles étoiles

Si j’étais toi, l’étoile,

L’impossible, de la cueillir,

Encore je tenterais.

Si j’étais toi,du bonheur,

La quête, jamais ne renoncerais.

Si j’étais toi, nul besoin d’être armée,

Pour les autres, enfin les apprivoiser.

Si j’étais toi,  la peau,

Cet imaginaire, toujours m’habillerais.

Si j’étais toi, la lune,

Décrocher, encore tenterais.

Si j’étais toi, des lendemains espoirs,

Toujours chanterais.

Si j’étais toi, de ces larmes,

Chagrin, en nectar d’ivresse transformerais.

Si j’étais toi, ce destin,

A bras le corps, innocente, l’embrasserais.

Si j’étais toi, tout simplement,

L’impatience du temps, éloignerais.

Si j’étais toi, de Brel,

Sa quête, m’en être inspirée

Avouerais

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories : Agenda Ironique | 2 Commentaires

Agenda ironique octobre 2017/ Episode 2: Mais c’est qui ?

Histoire au coup par coup

Résumé de l’épisode 1: après avoir reçu une carte postale, me disant « Rendez-vous à Coupiac, devant le café, même jour, même heure. », ne sachant où se trouve Coupiac, jusqu’au jour où une carte  postale identique (voir ci-dessous) m’est envoyée, avec ces mots » Je t’ai attendu. Pourquoi, tu n’es pas venu? « 

 

 

Episode 2: Mais c’est qui ?

 » Et comment veux-tu que je vienne, c’est où Coupiac ? »

Voilà que je parlais à une carte postale. Je la jetais sur la table.  » Il pourrait me dire, lui, où c’est Coupiac ? C’est qui cet idiot ? »

 » Monsieur Rainbow ? » C’est ma voisine. J’adore quand elle prononce Arc en ciel, avec son accent du Kent. Victoria, ma délicieuse voisine, est anglaise.

  • Monsieur Rainbow ? Avez- vous un problem ? Si vous voulez, tout est prêt chez moi, pour le five o’clock. Cela ne dérange pas moi. On fera chez vous un autre moment. Oh! Mais je connais. Nous avions visité le maison, Albert et moi,  proche ce café. Verlaine, quel joli nom, n’est-il pas ? »
  • C’est à  Coupiac. Vous savez où c’est ?
  •  Nous prenons le thé d’abord, alors nous parlons au sujet Coupiac. Venez, Charles.

Nous bûmes le thé, grignotant quelques scones au cheddar, des sandwichs garnis de concombre. Les thés de ma voisine étaient terriblement bons, en comparaison des miens.

Victoria me montra une photo.  » C’est le maison que nous voulions acheter à Coupiac. » Une ruine.

  •  Le café est juste à côté ?
  • Non, pas exactement. C’est juste que Albert avait idée que Verlaine  avait écrit  ici »Chanson d’automne ». Et nous étions en envie  de trouver l’été.
  • Et Coupiac, alors, c’est où ?
  •  Quelle bizarre question !  Vous moquez vous de moi. En France, of course.

Elle apporta un dépliant d’une agence immobilière. Il manquait la page concernant Coupiac. « I am sorry, Charles. Albert n’aurait pas oublié. »

Ce cher Albert, que j’avais très peu connu, aux five o’clock teas de son épouse, préférait, de loin, une petite absinthe; je le revoyais, installé confortablement à l’ombre d’un mûrier, siroter sa gourmandise, d’un amical clin d’oeil, m’invitant à lui tenir compagnie. Religieusement, nous écoutions  le morceau de sucre fondre lentement, et humions ce parfum anisé,  promesse d’une délectable boisson.

Je quittais Victoria, rendez-vous chez moi pour le prochain five o’clock tea.

Sur la table, m’attendait le café M.Verlaine. Mais, oui, c’est bien sûr ! Le cachet de la poste ! Je parvins à lire iac, 12h45, 5 juin, le reste illisible,l’encre du tampon ayant bavé.

« Monsieur Arc en ciel ? » Ma voisine.

  • J’ai oublié de  dire vous. Nous sommes entrés dans le café pour prendre un boisson. Albert était  très soif; il a  testé cette spécialité, comment vous dites, l’absente…
  • Absinthe.
  • Oh, je vous dérange. Vous êtes en train lire votre courrier.
  • J’essaie de savoir, pour Coupiac.

Je lui expliquais tout, le rendez-vous, l’inconnu, le tampon baveux…

  • Je veux bien penser avec vous; après le thé. Peut-être une autre idée, je penserais. Why not?

Elle me laissa, mes cartes, mes questions,  ses espoirs; et je ne savais toujours pas c’était qui, et puis c’était où. What else ? Je m’en servis un petit, fabriqué par mon filleul. Les thés chez Victoria, j’aimais bien; c’était par pour ça que j’allais sacrifier mes autres habitudes. Demain, j’y verrai plus clair.

Suite à venir, Episode 3: Demain, j’y verrai plus clair.

 

Catégories : Agenda Ironique | 4 Commentaires

Agenda ironique octobre 2017/ Episode 2: Mais c’est qui ?

Histoire au coup par coup

Résumé de l’épisode 1: après avoir reçu une carte postale, me disant « Rendez-vous à Coupiac, devant le café, même jour, même heure. », ne sachant où se trouve Coupiac, jusqu’au jour où une carte  postale identique (voir ci-dessous) m’est envoyée, avec ces mots » Je t’ai attendu. Pourquoi, tu n’es pas venu? « 

 

 

Episode 2: Mais c’est qui ?

 » Et comment veux-tu que je vienne, c’est où Coupiac ? »

Voilà que je parlais à une carte postale. Je la jetais sur la table.  » Il pourrait me dire, lui, où c’est Coupiac ? C’est qui cet idiot ? »

 » Monsieur Rainbow ? » C’est ma voisine. J’adore quand elle prononce Arc en ciel, avec son accent du Kent. Victoria, ma délicieuse voisine, est anglaise.

  • Monsieur Rainbow ? Avez- vous un problem ? Si vous voulez, tout est prêt chez moi, pour le five o’clock. Cela ne dérange pas moi. On fera chez vous un autre moment. Oh! Mais je connais. Nous avions visité le maison, Albert et moi,  proche ce café. Verlaine, quel joli nom, n’est-il pas ? »
  • C’est à  Coupiac. Vous savez où c’est ?
  •  Nous prenons le thé d’abord, alors nous parlons au sujet Coupiac. Venez, Charles.

Nous bûmes le thé, grignotant quelques scones au cheddar, des sandwichs garnis de concombre. Les thés de ma voisine étaient terriblement bons, en comparaison des miens.

Victoria me montra une photo.  » C’est le maison que nous voulions acheter à Coupiac. » Une ruine.

  •  Le café est juste à côté ?
  • Non, pas exactement. C’est juste que Albert avait idée que Verlaine  avait écrit  ici »Chanson d’automne ». Et nous étions en envie  de trouver l’été.
  • Et Coupiac, alors, c’est où ?
  •  Quelle bizarre question !  Vous moquez vous de moi. En France, of course.

Elle apporta un dépliant d’une agence immobilière. Il manquait la page concernant Coupiac. « I am sorry, Charles. Albert n’aurait pas oublié. »

Ce cher Albert, que j’avais très peu connu, aux five o’clock teas de son épouse, préférait, de loin, une petite absinthe; je le revoyais, installé confortablement à l’ombre d’un mûrier, siroter sa gourmandise, d’un amical clin d’oeil, m’invitant à lui tenir compagnie. Religieusement, nous écoutions  le morceau de sucre fondre lentement, et humions ce parfum anisé,  promesse d’une délectable boisson.

Je quittais Victoria, rendez-vous chez moi pour le prochain five o’clock tea.

Sur la table, m’attendait le café M.Verlaine. Mais, oui, c’est bien sûr ! Le cachet de la poste ! Je parvins à lire iac, 12h45, 5 juin, le reste illisible,l’encre du tampon ayant bavé.

« Monsieur Arc en ciel ? » Ma voisine.

  • J’ai oublié de  dire vous. Nous sommes entrés dans le café pour prendre un boisson. Albert était  très soif; il a  testé cette spécialité, comment vous dites, l’absente…
  • Absinthe.
  • Oh, je vous dérange. Vous êtes en train lire votre courrier.
  • J’essaie de savoir, pour Coupiac.

Je lui expliquais tout, le rendez-vous, l’inconnu, le tampon baveux…

  • Je veux bien penser avec vous; après le thé. Peut-être une autre idée, je penserais. Why not?

Elle me laissa, mes cartes, mes questions,  ses espoirs; et je ne savais toujours pas c’était qui, et puis c’était où. What else ? Je m’en servis un petit, fabriqué par mon filleul. Les thés chez Victoria, j’aimais bien; c’était par pour ça que j’allais sacrifier mes autres habitudes. Demain, j’y verrai plus clair.

Suite à venir, Episode 3: Demain, j’y verrai plus clair.

 

Catégories : Agenda Ironique | 2 Commentaires

Agenda ironique octobre 2017/ Episode 1: Coupiac, c’est où ça ?

Ecrit pour l’agenda ironique d’octobre, proposé par Carnets Paresseux

Voici l’objet

« Septembre fini, Frog me confie l’agenda ironique, le jeu itinérant et débonnaire (pour en savoir plus, lire ici) ; paresseux, je vous montre juste une image. Celle-là même qui est ci-d’ssus, et qui représente l’authentique Café Verlaine, à Coupiac (Aveyron). »

Histoire au coup par coup

Episode 1: Coupiac, c’est où ça ?

Un jour, je reçus une carte postale. Au dos, quelques mots: Rendez-vous à Coupiac, devant le café, même jour, même heure.

Pas de signature. Coupiac, c’est où ça?

Dictionnaire de langue française; le gros, bien lourd, noms communs, noms propres, connaissances générales, encyclopédie.

Passant directement de coupe-vent à couplage, le gros et bien lourd dictionnaire encyclopédique faisait l’impasse sur Coupiac.

Dans les autres, petits, très petits, moyens, moyennement gros, légers, peu encombrants, cela passait de couperose à couple, coupeur à couplage, de coupeur à couple, coupe-vent à coupier. Coupiac inconnu au bataillon des Immortels.

Couperose, coupeur, coupe-vent, coupier, couplage, couple, coupleur…

Je décidais de créer mon dico, le jacousien, y incluant Coupiac.

Coupanne: n.m.; le coup de la panne. Exemple : « Le coupanne, et maintenant le couplage, il me prend pour qui ? »

Coupe-rose: n.m.; voir à couperose

Couperose: n.f.; sécateur uniquement destiné à l’usage de la  fleur symbole de beauté et d’amour. Exemple: « Elle était dans sa première splendeur, couleur lie de vin; n’osant la couperoser, il y plongea son nez, pour en humer les délices. »

Couperoser: v.tr.❶; utiliser une couperose. Exemple: « Elle était dans sa première splendeur, couleur lie de vin; n’osant la couperoser, il y plongea son nez, pour en humer les délices. » –couperoser: v.intrans. Exemple: «  Il devint rouge de colère, sa belle rose lie de vin avait été couperosée. »

Coupeur: n.m.; contraction de coup et peur, mais aussi de cou et peur,  datant de la révolution française, autre nom de la guillotine.

Coupe-vent: n.m.; sorte de paravent  transportable, très utile dans les régions où souffle le mistral.

Coupiac: n.p. inv.; lieu mystérieux de rendez-vous même jour, même heure, devant un café.

Coupier: n.m; désigne  une figure de gymnastique acrobatique,consistant à placer ses orteils autour de son cou. – ierre: n.f.; contraction de coupe et de pierre, jeu de cartes préhistorique.

Couplage: n.m; contraction de coup et plage,  un rendez-vous sur la plage. Exemple:« A mon couplage, elle n’est pas venue. Elle se prend pour qui ? »

Couple: n.m. ou n.f.; contraction de coup et pleut. Moyen servant à abriter deux personnes, de même sexe, ou de sexe différent. Exemple:  » Nicole et Armande étaient toutes trempes, ayant oublié la couple; le couple d’Armand et de Nicolas s’était envolé. »

Coupleur: n.m.; contraction de tout à coup et pleur, pour désigner une nouvelle source d’eau;  se dit aussi d’une personne de sexe masculin qui  fond en larmes sans raison apparente.- euse: n.f.;se dit aussi pour une personne de sexe féminin. Exemple:  Tout à coup un  coupleur jaillit soudain, à l’endroit même où étaient rassemblés des coupleuses et des coupleurs.

Oui, bon, ça fait un peu comme  » Un pêcheur pêchait sous un pêcher. Le pêcher empêchait le pêcheur de pêcher. Le pêcheur coupa le pêcher. »

Je n’étais pas plus avancé, pour autant. N’est pas Rimbaud, qui veut.

Si justement, c’était mon nom; enfin presque. Moi, mon patronyme, c’est Rainbow, oui, oui, comme l’arc en ciel. De quoi faire rêver, non ? J’en vois qui pensent à autre chose…l’affaire du Rainbow Warrior. Je vous jure, je n’y étais pour rien. Moi, je suis plutôt du genre « Peace and love ». De là, à militer avec ceux de Greenpeace, ces casse-cous,  très peu pour moi; remarquez, je les admire, c’est bien ce qu’ils font…

C’est où ça, Coupiac ?

Des semaines après, je reçois la même carte:  » Je t’ai attendu. Pourquoi, tu n’es pas venu? « .

Mais c’est qui ?

En plus, j’avais complètement oublié la première carte. Je ne savais même pas où je l’avais rangée.

 

Suite à venir, Episode 2: Mais c’est qui ?

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/02/19/2279999-faux-mariage-pour-vraie-amitie.html

Catégories : Agenda Ironique | 9 Commentaires

La légende de Coupiac

A  Coupiac, court une légende.

Après avoir proposé à son auteur Pierre Carrive, qu’il participe à l’agenda d’octobre 2017, celui-ci m’a autorisée à la faire connaitre, je vous la livre. Les photos et le texte sont de Pierre Carrive.

La Légende de Coupiac

Autrefois vivait sur les hauteurs de Coupiac un paysan analphabète et solitaire qui élevait quelques brebis et cultivait son potager avec amour. Joseph se levait avec le jour et se couchait quand il faisait trop noir pour travailler. Derrière sa porte cloutée, c’était une unique pièce noircie par les fumées, encombrée de grigris de bois, de plumes, de pierres et d’os. Il dormait dans un lit étroit aux montants métalliques sur un matelas de crin, sans drap, juste des couvertures. Son visage fin, ses grands yeux noirs qui semblaient s’étonner de tout, sa démarche souple et élégante contrastaient avec le désordre de la pièce.
Le dimanche, il s’autorisait un verre d’absinthe chez Mr Verlaine, en bas du village.
Mr Verlaine y tenait seul un café. Sa femme l’avait quitté et son fils était parti en Argentine. Mr Verlaine soignait sa mélancolie dans les livres. Les murs du café en étaient couverts. Sur chaque table il y en avait un; chaque jour, il les changeait. Ses livres ne craignaient pas les taches de vin disait-il, ils sont fait pour vivre. Parfois il en ouvrait un et le lisait à la tablée, pas toujours très attentive.
Un jour une jeune femme de Toulouse, une entomologiste en quête de la Magicienne Dentelée – une espèce de sauterelle sans ailes extrêmement rare, il n’y a que des femelles qui se reproduisent par clonage – donc cette jeune femme, Jacqueline, sur un sentier pas très loin de chez Joseph, roula sur une pierre et se blessa à la cheville.
Joseph la secourut et la soigna avec un cataplasme de racine de Reponchon. Cette plante qui grimpe sur les haies est aussi nommée « l’herbe aux femmes battues », les femmes utilisant ses vertus médicinales pour soigner leurs plaies. Certains hommes prétendaient à l’inverse que les femmes s’en frictionnaient pour simuler des marques de coup… Joseph ne fréquentait pas ces hommes là, et les plantes médicinales n’avaient aucun secret pour lui.
Joseph connaissait aussi tous les insectes de son territoire. Certes il en ignorait les noms latins, mais appréciait leur beauté et leur singularité. Et surtout il savait où les trouver. Il promit à Jacqueline, si elle revenait par ici une fois son pied guéri, de la conduire à la Magicienne Dentelée.
Joseph porta Jacqueline en bas du village, jusque chez Mr Verlaine qui se chargea de trouver une voiture pour Toulouse.
Jacqueline ne revint pas, mais Joseph reçut depuis ce jour une lettre chaque semaine. Au début, il les laissait dans un coin, bien incapable de lire quoi que ce soit. Mais quand la pile de lettres eut la hauteur de son verre, il alla demander conseil à Mr Verlaine.
Mr Verlaine lut les lettres à Joseph. C’était Jacqueline, elle racontait ses jours à la ville, ses recherches au laboratoire, ses découvertes, sa nostalgie des chemins creux et des taillis, ses « obligations » professionnelles et familiales qui la tenait éloignée. Parfois c’était de longs poèmes qui enchantaient Joseph et Mr Verlaine rougissant de sa position.
Joseph décida alors d’apprendre à lire et à écrire.
Ainsi chaque matin à l’aube Joseph et Mr Verlaine se retrouvaient, avant que le café n’ouvre et que les brebis ne soient conduites au pré. Un jour Mr Verlaine montait chez Joseph, le lendemain c’était Joseph qui descendait au café.
Jacqueline ne revint jamais à Coupiac, mais Joseph et Mr Verlaine devinrent les meilleurs amis du monde, et surtout Joseph devint un grand poète dont Mr Verlaine lisait les vers à ses clients. Et ceux ci écoutaient avec un peu plus d’attention, car ils pouvaient mettre un visage sur le poète…

Réponse de l’auteur de cette légende qui m’a enchantée.

Merci de votre lecture. Vous pouvez bien entendu faire connaitre ce texte sans omettre de citer les crédits texte et photo, et le lien vers mon blog. D’autre part ce texte fait partie d’un spectacle, Le Pas de la Tortue, crée cette année à partir de fictions de mon blog, dont une première présentation aura lieu le 13 octobre à Colombes pour le festival Rumeurs Urbaines.

Catégories : Agenda Ironique | Poster un commentaire

AGENDA IRONIQUE DE SEPTEMBRE 2017 (Texte complet)

Sur une proposition de Frog, intitulée « Pass the flavour »*

accompagnée de ces parfums épicés, si bien mis en images.

Allons à l’herbette…

Accrochées  à sa robe, quelques baies de genièvre,

Et pourtant, n’est point mièvre,

Notre Guenièvre,

Ayant réussi, sa servante, égarer.

A suivi, odorant et subtil, le sentier,

Par où, elle sait,

S’aventurent fiers cavaliers.

Déjà, elle perçoit le galop  effréné,

S’approche écuyer,

Descend de sa monture, robe chocolat,

Dépose à ses pieds hommages fleuris.

Guenièvre, geste noble le relève.

Profitant de ce rapprochement,

L’enlaçant promptement.

Il perçoit alors fragrances boisées,

Muscs et parfums épicés.

Sitôt, sur sa bouche, reçoit

Pimenté, un baiser,

En cueille un, à son tour,

Aux lèvres gonflées de la demoiselle.

Se goûtent ainsi,

Savourant ces minutes volées.

Humant cette peau si blanche,

Gingembre et curcuma,

Ardeurs et confusions mêlées,

La tête, leur tournent.

Sur un lit moussu, quelques fleurs de bruyères,

Leurs nudités décorent.

Humus poivré, sève résinée,

Sensuelles et aphrodisiaques senteurs,

Décuplent la saveur de leur étreinte.

Reposant ainsi,

Tableau délectable des amants réunis,

Les découvre, Adeline, la suivante.

 » Mademoiselle ! « entendent-ils haleter.

Aperçoivent alors, silhouette désordonnée,

Une personne, air courroucée,

Toilette chiffonnée,

Maquillage safran suintant,

Tachant ses joues rosies,

De larmes jaunies.

 » Adeline! » sourit Guenièvre.

 » Je te présente, Sieur de Mandavit,

Ecuyer de Sa Seigneurie,

Qui, de  me trouver à son goût, m’honore. »

 » Guenièvre, dévergondée,

Il me souvient vous avoir accompagnée,

Dans le dessein de cueillir un bouquet. »

 » Mais, chère Adeline, c’est bien à cette tâche,

Que je me suis employée.

Voyez un peu la belle fleur que j’ai trouvée.

Et, voici, que  de ses effluves, à nouveau en suis étourdie. »

« Il suffit ! Je conviens que, cueillir les roses de la vie,dès aujourd’hui,

Est de sage intention.

Mais ne vous attardez point. Et chassez de votre toilette ces impertinentes senteurs.

Adieu, monsieur !

Mais que faites vous ?

Seigneur, mademoiselle vous voulez notre perte.

Si j’ose dire, car pour vous, c’est déjà fait. »

 » Je sais, Adeline, que tu connais les simples…le temps d’en faire un bouquet,

laisse-nous quelque instant encore. »

*En français, trivialement, on dirait: » Passe moi le sel ».

Catégories : Agenda Ironique | 7 Commentaires

Agenda ironique de septembre 2017

Sur une proposition de Frog, intitulée « Pass the flavour »*

accompagnée de ces parfums épicés, si bien mis en images.

 

CET ARTICLE N’EXISTE PLUS, cliquez sur Allons à l’herbette…pour lire toute l’histoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*En français, trivialement, on dirait: » Passe moi le sel ».

Catégories : Agenda Ironique | 6 Commentaires

Agenda ironique d’août 2017

Ecrit pour l’agenda ironique d’août 2017, proposé par Laurence Délis

Je vous propose pour l’agenda ironique que j’accueille avec plaisir en d’août  : « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi ».

Voilà une citation tirée du roman Jules et Jim de Henri-Pierre Roché .

De cette phrase le sens restera libre, large comme les océans, et pourra être décliné comme bon vous semble, en prose, poésie, haïku, tangua, ou pourquoi pas photos, collages, dessin… La création n’a pas de limites et sa richesse inépuisable 🙂

Seule contrainte la phrase citée devra apparaître dans votre texte ou toute autre création choisie.

 

Les reliefs du monde

Raconte le ventre rond du monde,

Allez, raconte-nous les graines fécondes,

Confie-nous tous leurs secrets de vie.

Ou préfères-tu nous laisser les imaginer, et ce jourd’hui ?

Notre destinée, de quelques miracles, le chemin en serait-il jalonné ?

Tu t’étonnes de ne pas avoir compris qu’une histoire en toi a été façonnée.

Elle aurait pu être belle, tu n’as pas su; il serait temps de le dire.

 

Remarque, faut-il, malgré nous, penser que tu y es pour quelque chose; et te maudire?

A notre époque,  il ne faut pas croire que chacun a sa place au soleil.

Ceux qui nous ont précédés,  hier, avant-hier, ont-ils eu pire, connu destin pareil ?

On ne sait plus d’ailleurs, on voudrait être de quelque part,d’ici ou là dans ton ventre.

Nous y serions tendres, innocents encore, tous neufs, et nous, aussi, pourrions connaître

Tous les miracles qu’il y a eu, ici

Et les raconter, raconter, aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories : Agenda Ironique | 6 Commentaires

Propulsé par WordPress.com.