Agenda Ironique

Agenda ironique d’avril 2017

Ecrit pour l’agenda ironique d’avril 2017, faisant escale chez Martine l’écrevisse, qui nous propose  de partir en croisière.

Tous les châteaux de sable ne se trouvent pas qu’en Espagne: c’est une certitude.


Quelque part en ce vaste océan…

Il y a de cela des centaines d’ans…

Au milieu de nulle part…

S’échoua par hasard…

  • Oui, merci bien pour ce récit, mais je cherche des rimes en « itude », alors tes versitudes en « an » et « ar », tu peux…quoique, attends que je réfléchisse, chez La Licorne, en ce moment, on peut poétiser et rimer artistiquement, vas-y, propose.
  • Quelle ingratitude! Monsieur ne veut pas de mes vers océans, et bien qu’il les fasse lui-même!
  • Gnangnantitude, comme d’hab…
  • Comme d’habitude.
  • Arrête de répéter ce que je dis.
  • J’ai dit comme d’habitude, cela te fait un autre mot en « itude », pour l’agenda.
  • Ah! Oui! Merci, de ta sollicitude.
  • Bon, je le continue mon poème océanographique, tu veux connaitre la suite, ou pas?
  • A condition, que tu emploies une foultitude de mots se finissant en « itude ».
  • Il t’en faut combien?
  • Une dizaine.
  • Bon, nous en avons déjà six, il en reste quatre à trouver. Ce n’est pas la mer à boire.
  • A propos, tu te souviens d’Alain Bombard et de son expérience en radeau: il buvait de l’eau de mer…
  • Oui, magnifique, à bord de l’Hérétique, sur l’Océan Atlantique.
  • Alors, ton poème, c’est pour me parler de lui?
  • Mais non, espèce de nullitude!
  • Sept!
  • Quoi, sept?
  • Sept  » itude »!
  • Sceptitude! Quoi encore! Tu doutes de ma créa…oups! Y’a du tangage sur la platitude.

A cet instant,   « Recueil d’écueils »** gita dangereusement. J’entendis: »A l’abordage! » et puis, plus rien.

Une douche d’eau glacée me réveilla : » Bienvenue chez Crochet, dentelles et falbalas, monsieur! Je vous ai recueilli en mauvaise attitude. Vous avez bien failli ne plus jamais rêver. »

  • Monsieur, et quelle est donc cette attitude dont vous parlez! Jusqu’à preuve du contraire, nous ne vous avons nullement offensé! C’est vous qui…
  • Je constate, à votre promptitude, que vous voilà en meilleur état! Et de quelle bravitude, vous faites preuve! Sachez, que jamais marin navigant sur un rafiot baptisé « Recueil d’écueils »** ne sera mon ennemi. Permettez-moi de vous aider.
  • D’abord, aidez-nous à remettre en état notre bateau.
  • Hum, je crains qu’en cette instant, perdue en cette vastitude maritime et ayant subi moult vicissitudes, cela ne soit plus possible. Mais si vous le souhaitez, je peux mettre à votre disposition une de mes embarcations. Choisissez.

Je désignais un bateau, baptisé « Tromelin ».

  • Excellent choix, dit le capitaine. Tromelin, l’île des esclaves oubliés.
  • Que, quoi…mais…pourquoi dites-vous cela?
  • Quelque part en ce vaste océan…Il y a de cela des centaines d’ans…Au milieu de nulle part…S’échoua par hasard…
  • Que, quoi…mais…vous aussi, vous poétisez. Mais qu’avez vous fait de mon compagnon poète? Il faut le retrouver. Je veux connaitre la suite de son récit épique. Surtout que j’ai les dix mots, même douze en « itude », alors il pourra rimer sans servitude.
  • Quinze.
  • Vous aussi, vous  connaissez l’agenda?
  •  Vous voilà à nouveau en proie à grande lassitude, et dangereuses turpitudes. Vous ne me semblez pas être en aptitude de repartir. Il serait plus judicieux que vous vous reposiez quelques jours, ici, sur mon navire.
  • Mais mon histoire?
  • C’est la vôtre, en effet.
  • Comment le savez-vous? Et d’abord, qui êtes vous?
  • Mon bateau, le « Hollandais volant », parcourt toutes les mers, connait toutes les légendes maritimes, mais pas que…
  • Le Hollandais volant! C’est un cauchemar!

Je me précipitais sur Tromelin. Prenant les rames, je m’éloignais le plus vite possible de ce vaisseau de malheur.

  • Bon vent, monsieur. Que votre récit vous porte chance! N’oubliez pas, les passagers de « Recueil d’écueils »** ne seront jamais mes ennemis. Sur la carte océane de votre embarcation, l’île que vous cherchez porte le nom d’Îsle de Sable.

Le Hollandais volant disparut, point minuscule sur l’horizon en béatitude. Je déployais la carte, observais ma boussole, le sextant, latitude et longitude notées, je mis barre, cap sur ma destination. Un vent marin, soufflait favorablement, poussant ma coque de noix vaillamment.

Quelque part en ce vaste océan…

Il y a de cela des centaines d’ans…

Au milieu de nulle part…

S’échoua par hasard…

Une flûte, du nom de l’Utile,

Aux abords d’une ile.

Prisonnière des coraux,

Ne put regagner les hautes eaux.

Naufragés et noyés par centaines,

Le reste de la cargaison humaine,

Débarqua, sur un îlot de sable recouvert.

Deux communautés, s’organisèrent,

Sans se mélanger.

Blancs d’un côté,

Et, de l’autre, esclaves transportés,

En toute illégitimité.

De l’épave, vaillamment,

Quelques hommes, noirs et blancs,

Ensemble, un nouveau bateau construisirent,

D’autres les regardant, jugeant la chose impossible.

Intense activité, travail incessant et pénible,

Malgré tout nourrie d’espoirs, savoir-faire, et partages.

Une prame prit enfin le large,

Emportant seulement les hommes blancs,

Les hommes noirs à ce nouvel enfer, laissant,

Pas assez de place, ni de vivres, prétextant,

Promettant, de venir les chercher, les deux mois suivants.

Quinze années passeront,

Hommes, femmes, enfants à l’abandon.

Fabriquèrent, fouillant les entrailles de l’Utile,

Outils, instruments et vaisselle.

Se nourrissant d’oeufs,  de  chair d’oiseaux, et de tortues.

Victimes d’un cyclone, fragiles abris de toile, à l’état de  détritus,

Malgré  croyances et réticences religieuses,

Construire murs solides et épais, se résignèrent

Entassant blocs de  corail, plaques de grès,

Couvrant les cases, de bois de charpente,

Arraché à l’épave.

Tentèrent, certains,  de fuir ce lieu invivable,

Liberté et vie meilleure, aspirant,

Radeau de fortune, fabriquèrent vaillamment.

Sans pitié, la mer  les engloutit.

Restaient sur l’île,

Sept femmes, un enfant créole.

Ainsi, les trouva, le capitaine Tromelin,

Après ce long chemin.

Embarquèrent ces rescapés,

Derniers témoins d’un si tragique et douloureux passé.

Sur l’ile de France furent recueillis.

Je m’étais assoupi, bercé par le clapotis chantant des vagues. Je sentis tanguer mon canot. J’étais secoué. Plutôt, on me secouait.

« Monsieur, il faut partir. Le musée ferme ses portes. »

« Que, quoi…mais qui êtes-vous? Ah, oui, je me souviens, le poème, l’agenda en itude…

 » Vous êtes au musée d’Aquitaine. Devant vous, l’île de Tromelin. Vous venez de visiter l’exposition. Il faut partir, maintenant. »

 

Sur le mur, une carte de l’île, des indications archéologiques, et le bruit des vagues, de celles qui murmurent, se retirent, vous léchant les orteils au passage, laissant crépiter des bulles de vie.

  L’exposition  » TROMELIN, l’île des esclaves oubliés » est actuellement présentée au Musée d’Aquitaine à Bordeaux jusqu’au 30 avril  2017, avant d’aller au Musée Basque de Bayonne en juin 2017, puis au Musée de Tatihou dans la Manche.

A l’exception des GIF et des cartes, toutes les planches ont été conçues par Sylvain Savoia, en partie pour « Les esclaves oubliés de Tromelin », BD, où il met en scène  les êtres humains ayant connu cette épouvantable aventure, à travers  les évènements qu’ils ont dû  vivre, et les difficultés à affronter, et parallèlement, les archéologues,  et tous les obstacles, doutes, auxquels ceux-ci ont été confrontés, dans leurs recherches, et tentatives pour découvrir et comprendre la vie de ces gens.

**  Recueil d’Écueils Sous la forme d‘une carte marine avec ses climats et ses légendes, ses hauts-fonds et ses abysses,Donatien Garnier, poète, et Guillaume Bullat, graphiste, invitent le lecteur à promener son regard dans une géographie insulaire imaginaire et  à une navigation libre sur des eaux de papier, flots agités où rodent chimères et désirs d’ailleurs.

« Lire comme on navigue » afin de découvrir de façon aléatoire ces « îles-poèmes » et leurs récits
qui hantent ou attisent l’imaginaire des hommes depuis qu’ils peuplent les littoraux et s’aventurent sur les mers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Agenda ironique de mars et sa suite.

Ecrit pour l’agenda ironique du mois des fous 2017, (re)toqué par Monesille

Un élastique grand comment?

C’était une  journée, comme tant d’autres.

Futur quotidien, heures imparfaites passées à les compter.

Présentement, rien de nouveau, juste le tic-tac sournois d’une horloge.

Un ricanement de basse-cour,

Le bouledogue gémit dans son sommeil.

Train-train des affaires courantes.

Rails bien huilés, la vinaigrette débordera à trois heures moins le quart.

Je répète: » La vinaigrette débordera à trois heures moins le quart. »

Mon coude dérape, je me cogne le menton à l’angle du bureau.

Les sirènes hurlent. Branle-bas de combats. Au feu, au feu les bourreaux, c’est plus rigolo!

Je répète: »Au feu, au feu les bourreaux, c’est plus rigolo! »

Une odeur de café chatouille mon subconscient. Trois sucres s’il vous plaît. Non merci, sans lait. Les couche-tard sont attendus au coin du bois.

Je répète: » Les couche-tard sont attendus au coin du bois. » Les couche-culottes vont défiler dans un futur proche.

Je répète: »Les couches-culottes vont défiler dans un futur proche. »

Mes cheveux me piquent l’inconscient relatif. Dans le subjonctif de ma conscience, calme plat à tous les étages. Les prédicats sont de sortie.

Je répète: » Les prédicats sont de sortie. »

Mes  écoutilles sont fermées. Les objets ont directement disparu, à la corbeille. Ou bien indirectement. Je  conjuguerai  jusqu’à  preuve du contraire,  futur réciproque et bon-sens  inversé.

Les bulles grandissent à une vitesse folle, mastiquent et recrachent, mastiquent et recrachent. Stop, il est interdit de mâcher le chewing gum de son voisin, avant de l’avoir lavé, rincé, séché et repassé.

Je répète: » Stop, il est interdit de mâcher le chewing gum de son voisin, avant de l’avoir lavé, rincé, séché et repassé. »

Mais ça va pas, non! Déjà qu’on doit cirer vos pompes, arrondir les angles, se serrer la ceinture, repasser derrière vous, et j’en passe, et pas des meilleures!  Si en plus, le chewing gum, il faut le laver, à la main, vu qu’y a pas de lave-linge, et pour le séchage, je fais comment, moi, pas de sèche-linge, non plus…attendre qu’il soit sec, faire des heures sup? Mais lavez la vous-même votre saleté. Comment? Vous ne me payez pas à rien faire. Ça tombe bien, depuis le temps que vous ne me payez plus. Même l’horloge, elle ne veut plus travailler pour vous.  Je dis n’importe quoi? Voyez vous-même.

C’est à ce moment-là, que je me réveillais. Non, je n’avais pas rêvé. Même ma montre bracelet me le confirmait. La terre tournait rond, sens inverse de ses aiguilles,  la lune lui avait fait des confidences sur l’oreiller. Désormais nous marcherions sur la tête, déboussolés et débranchés, sans horaires, ni fictions, sans complet-vestons, plus besoin de chemise ni de pantalon. Cette  révolution serait-elle martienne et va-nu-pieds de nez?

Depuis ce jour-là, une question trotte dans ma tête: C’est l’heure ou c’est pas l’heure?

 

Mujer soñando con la evasion

Joan Miró (1945)

(Femme rêvant d’évasion)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le roi de coeur et l’agenda de mars

Un clin d’oeil à l’agenda du mois des fous, avec ce film de Philippe de Broca.

Un aperçu ci-dessous

Et là le film en entier.

 

 

 

J’ai vu ce film il y a quatre ou cinq ans. Je me suis régalée.

J’y ai pensé instantanément, dès que j’ai pris connaissance du thème de l‘agenda ironique de mars, le mois des fous, chez monesille.

Amusez-vous bien, ou pas.

Je me suis laissée dire que le film ressort en salle depuis janvier 2017.

Clic sur l’affiche

fou

 

 

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Agenda ironique de mars 2017

Ecrit pour l’agenda de mars, thème proposé follement par Monesille.

Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous !

Ecrire sur le thème de la folie au sens large, un conte, poème, texte, article, selon la forme que vous désirerez, parsemé de quatre  mots composés.

Et pour écriture créative, proposition 145

qui nous propose de choisir parmi les titres d’oeuvres, projets d’écriture laissés  par Baudelaire, et d’imaginer un poème, récit, etc…

 

Le fou raisonnable et la belle aventurière

Immuable plumeau, chassant la poussière,

Chatouille mes narines,

J’éternue.

Aujourd’hui, sans cérémonie,

Le ménage attendra.

Me voilà déplacé en un lieu éclairé,

Parfumé.

Je n’éternue plus,

Mes sens alertés.

Doigts de fée, rire de gorge,

Je fourmille de pensées.

J’attends mon tour.

C’est à la reine de décider.

Je l’entends, ses pieds sautent en cadence.

La main tapote une allure, réflexion,

Ira, ira pas.

Décision, hésitation,

Aller-retours des idées.

On me fait glisser,

Pas chassés, diagonale du fou

En liberté.

Mon coeur galope,

Je n’entends plus que cette cavalcade,

Chassé-croisé d’émotions,

J’avise un cavalier,

Piétinant sur mes terres,

J’ai envie de lui botter l’arrière-train.

Une main preste l’écarte.

M’évitant le pire.

Tout va très vite,

Tour à tour, galopades effrénées,

Glissades, chevauchées infernales,

Elle s’aventure de plus en plus loin,

Ma championne,

Je la suis, haletant,

Que de risques elle prend,

Affronte les assaillants,

Renverse tout sur son passage,

M’entraînant.

Je commence à comprendre son manège.

Nous pénétrons en territoire ennemi.

Elle me protège,

Avance ses pions.

La situation devient périlleuse.

La tour prend garde,

Comme disait un lointain aïeul.

Conquérante, elle ferraille à qui mieux mieux,

Osant le tout pour le tout,

Me fait voltiger,

Hé, j’avais oublié, je ne suis pas un cavalier, moi,

Juste le fou du roi.

Elle ne recule devant rien,

Tente son va-tout.

Non, pas ça!

Si, elle le fait,

D’une main maîtresse, sûre d’elle,

J’en tremble encore,

Elle s’aventure,

A découvert

Dans ce  coupe-gorge,

Avance,

Terrain conquis,

Un tour de passe-passe,

Et…je ne veux pas savoir,

Je tente un repli,

Elle fend fièrement la foule,

Rassemble ses troupes,

Repart à l’assaut,

Combattante,

Renversante, bluffante,

Je crains pour elle,

Assistant impuissant,

A son dernier assaut.

Tout est fini, je frémis d’entendre,

Fatidique,  » Crime de lèse-majesté! Qu’on arrête la coupable! »

C’est alors que ma tête grelottante,

Pieds prêts à pendre la poudre d’escampette,

Elle pousse le cri de la victoire.

« Echec au roi! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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AGENDA IRONIQUE DE FEVRIER

Ecrit pour l’agenda ironique de février 2017, chez Jobougon, proposant ceci:

Votre mission en février.

Choisir un livre et en faire une critique littéraire.
Que vous l’ayez lu ou pas.
Qu’il existe réellement ou pas.
Qu’un livre intrus se soit glissé distraitement dans le lot.
Que vous rêviez de l’écrire, ou pas.
Ou qu’il soit, peut-être encore soigneusement conservé dans quelque bibliothèque secrète ou interdite.
Que sais-je encore…
L’idée, c’est d’écrire une critique littéraire qui donne soit envie de le lire, soit au contraire, nous en dissuade.

 

Nous sommes le premier février 2017, Comme vous n’aurez pas manqué de le noter dans vos agendas de février, votre nouvelle émission littéraire, très attendue à 0h0mn; voici la

« Chronique fébrile, du défibrillateur infiltré. »

A vous, installés devant votre thé,  un nuage de mots, et ma voix lactée j’offre.

Consacré à Saint Littré, demi-dieu des passionnés de livres vrais,  ceux-ci sauront ce à quoi je fais allusion.

Nous parlerons du dernier roman de Pitha Tlantyca, « La plume se démasque ou l’art de déplumer en se masquant. »

  • Un premier auditeur…monsieur, je vous écoute.
  • Qu’est-ce qu’on gagne?
  • Le plaisir de découvrir un nouvel auteur.
  • Même pas le remboursement du bouquin? Je l’ai lu, c’est n…
  • Merci monsieur de votre appel. Il n’y a rien à gagner à écouter notre chronique. Un autre appel?
  • Bonjour. C’est pour vous remercier de parler de tous ces livres, que je découvre grâce à vous. Celui-là, je l’ai lu en entier, de A jusqu’à Z. Je l’ai a-do-ré, j’en ai fait une chanson; tenez je vous la chante: » A B C D E F G, je crois que tout va changer…
  • Mademoiselle, là je vous arrête, avant que vous ne soyez accusée de plagiat, ceci est l’alphabet mis en musique par Mozart et écrit par Pierre Barouh. Au- revoir, mademoiselle. Chers auditeurs, vous l’aurez compris, nous ne sommes pas là pour parler musique, pour parler du Littré, mais bien pour parler de « La plume se démasque ou l’art de déplumer en se masquant. » Allo, oui, j’écoute.
  • « Alouette, gentille alouette, alouette, je te plumerai…
  • Merci monsieur Lecoq; il semblerait qu’il y ait une erreur d’émission, nous ne sommes pas radio crochet, mais…
  • Je sais pertinemment où je me trouve; je parle de votre bouquin, pseudo-roman, l’auteur se moque de nous. D’où ma chanson, et de mon vivant, moi, monsieur, je ne me laisserai pas déplumer plus longtemps. Je ne suis pas un indien, moi!
  • Monsieur, je prends note de votre avis. J’attends d’autres témoignages. Oui, monsieur…
  • Je n’irai pas par quatre chemins, si je me trouvais en face de votre écrivain de m…
  • Allez droit au but, monsieur; on me dit dans le casque que de nombreux auditeurs désirent intervenir.
  • Je vous assommerai avec ce ramassis d’inutilités calamiteuses, ce brouillon mal recopié, cette serpillère de concepts mal digérés, cette suite de clichés rabâchés depuis des siècles, sortis des poubelles de l’histoire, et en plus vous y insultez ma famille.
  • Monsieur, je ne me permettrais pas de…coupez!
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Agenda ironique de janvier

 Ecrit pour agenda ironique de janvier, proposé par carnets paresseux 
Conte spatio-temporal.
Depuis que je suis spationaute,
Et ce n’est pas de ma faute,
J’ai perdu mon ciboulot,
Je tourne en rond,
C’est mon boulot.
J’ai beau vouloir changer d’orbite,
Je ne sais plus où j’ai rangé mon satellite.
 ********************
J’ai l’hippocampe,
Sur la droite,
Qui a pris la tangente.
Celui de gauche,
Est aussi moche.
Mon cerveau,
Ce tantôt,
Et c’est pas rigolo,
M’ordonnait de faire dodo.
J’explorais  la planète du chat,
Quand soudain, un rocher se fractura.
************************
Je me réveillais,
La berlue, je croyais que j’avais.
Des petits cochons verts,
Autour de moi grognaient.
Je voulus m’échapper.
Impossible de me lever.
J’étais comme un paquet ficelé.
Mon plafond serpentait,
Mes jambes étaient saucissonnées.
Et ils étaient en train de les manger.
Je voulus les en empêcher.
Aussitôt, me firent de grands signes,
Et d’horribles grimaces,
Je me sentis comme une limace.
Il fallait bien que je me débarrasse
De ces liens qui m’entravaient.
J’étouffais, comme dans une bulle.
Devant mes yeux, des milliers de tentacules,
S’agitaient dans tous les sens.
Je me trouvais, patatras,
Dans de beaux draps.
J’aurais préféré d’autres bras,
N’importe quoi, et me tirer de là.
Elle ouvrit la porte,
Son sourire et un bouquet de mimosa.
Je lui dit: » Qu’est-ce que vous faites là? »
En larmes, sitôt, elle fondit.
 » C’est bien vrai, ce qu’ils ont dit,
Tu es atteint d’amnésie. »
 ************************
J’ai l’hippocampe,
Sur la droite,
Qui a pris la tangente.
Celui de gauche,
Est aussi moche.
Mon cerveau,
Ce tantôt,
Et c’est pas rigolo,
M’ordonnait de faire dodo.
J’explorais  la planète du chat,
Quand soudain, un rocher se fractura.
 **************************
« Amnésie, rigolais-je
Quelle drôle de maladie.
Je trouve ce mot bien joli.
Comme vous l’êtes aussi.
Voulez-vous, mademoiselle,
Ma planète partager. »
Main dans la main, nous partîmes,
Quelque part, loin des abîmes.
Et depuis que je l’ai trouvée,
Vénus, je l’ai baptisée.

 

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Agenda ironique de janvier

Ecrit pour l’agenda ironique de janvier 2017, sur une proposition de Carnets Paresseux.

Et donc, où on va  cette fois-ci ? Hé bien, je vous propose d’aller explorer les :

Espèces d’espace

 Pas plus de 700 mots – comme d’habitude… J’apprécierai qu’on glisse sept des huit mots suivants : hippocampe, mimosa, n’importe, chat, manger, tentacule, épuiser, vert.

Il faut juste ne pas oublier de publier son texte avant le mercredi 18Le vote commencera le lendemain Le scrutin durera une semaine. Il sera donc clos le 25 janvier et les résultats seront proclamés illico.

Exercice à trous

  • Je t’avais dit de laisser un espace.
  • Ça fait perdre du temps.
  • Et de l’argent.
  • Monsieur se trompe.
  • D’éléphant.
  • N’importe quoi! Fermons la parenthèse. Ne perdons pas de temps.
  • Si tu avais laissé un espace…
  • Le temps qui vous était imparti est épuisé.
  • Pourquoi t’as pas laissé d’espace?
  • J’aime pas; ça me donne le vertige, tout ce vide.
  • C’est juste un blanc sur un écran, pas un espace intersidéral.
  • Et bien moi, ça me sidère, un blanc.
  • Imagine-le en couleur.
  • En couleur?
  • Oui, je sais pas moi, en vert, par exemple.
  • C’est pas mon truc, le vert.
  • Si on y allait?
  • Où ça?
  • La-bas.
  • Où ça, la-bas?
  • Au Truc Vert.
  • On a un texte à finir, je te signale et pleins de mots à caser, genre hippocampe…
  • Justement, au Truc Vert, on rencontrerait un chat…
  • Pas noir, j’espère.
  • On irait marcher dans la forêt. Tu sais, en ce moment, les mimosas sont en fleurs. On irait manger des huitres à l’Hippocampe. Puis on se baladerait sur la plage. On écouterait  les vagues. D’accord?
  • Ben, on n’a pas utilisé tentacule.
  • Voilà ! C’était le mot que je cherchais! C’est pour ça qu’il fallait que tu laisses un espace!

truc-vert-plage

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Un FAUTEUIL, plus loin…

Commencé le 5 novembre 2016 à 18 heures 09, terminé ce jour, et proposé pour

Le thème de l’agenda ironique de décembre, chez coquelicotetcompagnie, « Mondes invisibles »

Un FAUTEUIL, plus loin…

« Accrochée à la paroi nord du Trou Noir , je sortais  mon couteau transgenre,  lorsque je me sentis agrippée, que dis-je agressée,on me transplantait des pitons,  on me crochetait, on me  transperçait. Tentant une translation, l’assaillant  transita en même temps, nous transformant sans transition en une chose intranscriptible. Comment? Intranscriptible n’existe pas dans le dictionnaire? Et la chose, là, vous pouvez me la traduire, vous? Comment? Intraduisible? A moi de trouver un transcodage! Merci, veuillez transmettre mes salutations à l’ Intransigeant. 

Nous voici, la transchose et moi…ça n’existe pas? Encore vous, le transfuge de l’Intransigeant,  laissez moi transfuser comme je l’entends, et fichez-moi une transcendantale paix.

Nous voici, la transchose et moi, transbahutées, nous cognant paroi sud, nord, est, ouest, à en perdre son transalpin, loin des transports et autres transes. »

Mais voici qu’aujourd’hui, en temps réel, heure aussi, minutes, secondes, je me rebranche à cette histoire, emmitouflée dans un manteau de rêveries, espérant que le réveil me sera plus facile qu’à Walachniewicz,  faut le voir, pour le croire, et pendant que le Dodo, perd son temps à la poursuite de celui-ci,  » y’en a, j’te jure, z’ont rien d’autre à faire, en plus y fait que dormir dans son histoire, si si, j’vous jure, allez-zy voir par vous-même, et vous verrez si c’est pas la vérité », et a laissé tomber comme une vieille chaussette, enfin, plutôt comme un vieux sofa, dans le domaine blogosphérien public, une rocambolesque affaire suspecte et tout et tout, reprise au vol par des braves, et bénévoles en plus, larbins de la plume, sans pour autant devenir nègres de Monsieur Dodo. J’ai nommé Jean Marie et Le fauteuil 3, Une patte dans l’encrier et nous voici à l’orée du trou noir, orée, que dis-je, à l’orifice du trou noir.

Alors là, je ne sais ce qui m’a pris de m’y aventurer, voir plus haut, et puis plus rien, même pas une voix voie de rocker pour me chanter « Noir c’est noir »; c’était sans espoir. Oui, je sais voi avec un e, et pas x, rappelez-vous, nous sommes en train de nous tailler un repli dans la roche…ah, mais non, ça me revient, aille, je suis pleine de bleus, des bosses partout, même celle des maths.  » Miaou ». ????? »Mi-A-OU » Où, où ça? Alors s’élève un chant de miaous soprano. Une Patte aurait-elle plus d’une corde vocale à son arc? Et puis j’entends non pas une soprano, mais un deuxième chat. Tenez, écoutez vous-même.

 Et pendant que vous écoutez, je fouille dans ma poche, rencontre une patte doucement poilue, entends ronronner… mais alors, qui mi-a-oule si bien?

Alors, je comprends tout, nous avons atterri dans une fosse d’orchestre, et assistons en direct à un merveilleux duo, Duetto buffo di due gatti, de Rossini.

  • Miaou, Robert Lucas de Pearsall
  • Oui, c’est moi.
  • Miaou, non, pas possible. Enchanté.

Qu’est-ce que je raconte? Je ne suis pas du tout Robert Lucas de Pearsall. Je suis…

  • Miaou, Jacou.
  • Co…comment t’as deviné?
  • Miaou, j’ai lu ton commentaire chez Une Patte. Veux-tu que je te le rappelle.
  • N…non, merci. Je m’en souviens très bien.
  • Le 5 novembre 2016, à 11heures 37, très exactement tu as é…
  • Mais puisque je t’ai dit que je m’en souviens! Tu m’agaces, à la fin!
  • …cris:« Ce trou noioioioioir m’inspire…pour une suite. A bientôt, à moins que… »
  • Oui, bon, mais j’avais rien promis, je ne m’étais engagé à r…bon, on la finit, cette histoire, oui ou non? Au lieu d’ergoter sur des dates et que j’ai gnagnagna…
  • Mi-aaaaa-ouououou.

N’est pas diva qui veut, nous dûmes sortir sous les huées; un carnet atterrit à mes pieds.

  • Alors, comme ça, je perds mon temps. Heureusement qu’il y en a qui écrivent, pendant que d’autres se la coulent douce dans des fauteuils…
  • Se la couler douce, se la couler douce; j’aurais voulu vous y voir, quand on a dérapé dans le trou noir…c’est pas vous qui êtes pleins de bleus, de bosses…
  • Ça se voit que vous n’avez pas lu Le téléphone sonne fort,  ni Embrouilles dans la brume.

Pendant ce temps, la foule s’est rapprochée. Très fort ce Carnets, il en profite pour faire sa pub. S’il croit que je vais moi aussi, tomber dans le panneau!

  • Et vos nègres, ils en pensent quoi de leurs heures passées à jouer les remplaçants?
  • Mes nègres? Que voulez vous dire?
  • Et bien, Jean Marie et Une Patte…
  • Mais pas du tout, ce ne sont pas mes nègres. Je les ai même aidés à retrouver le fauteuil, le camion, le petit napperon brodé, enfin tout quoi!
  • Mouais…si vous le dites.
  • Allez voir, si vous ne me croyez pas.
  • Non seulement, je suis allée lire, mais en plus, je me suis retrouvée en plein dedans!
  • Ne vous plaignez pas. La chute aurait pu être pire. Vous auriez pu tomber sur un os, de dinosaure, par exemple…
  • De Dodo, aussi. Ça, ça m’aurait bien plu.
  • Chut! Ecoutez!

Tout le monde s’immobilise; et voici qu’apparaissent, se balançant au dessus de la scène, une veste en jean, une mèche bleue, une moue têtue, un crapaud, ce dernier, sitôt touchant le sol, devient fauteuil,  la veste habille un long buste épaules, surmontant des jambes longilignes, la mèche bleue éclairant une tignasse brune, et la moue se posant sur une bouche fruitée.

Elle s’installe sur le fauteuil. Elle nous regarde, nous la regardons. Carnet paresseux, Dodo, ne font plus qu’un. Moi, je lâche le chat, qui se frotte à la demoiselle et au fauteuil.

On entend un bruit; moteur; fourgon; parking; supermarché; froissement de papier des saules dans le vent*, la brume.

Enfin, nous y voilà! Oui, mais les deux autres? Je vous entends penser: les deux autres? Faut suivre, un peu. Carnets paresseux nous a parlé de la veste en jeans de la plus grande des filles, la mèche bleue du gars, la moue têtue de la dernière ** Ça fait trois, non?

Transmission de pensée (voir plus haut, en ce qui concerne la famille Trans), elle nous sourit. « Qui? » « La fille du fauteuil! » « Quel fauteuil? » « Du crapaud! » « C’est un prince? »  » Vous lisez trop de contes, vous! »…oui, j’en suis moi, transbahutée dans ce monde onirique, où les filles en fauteuil tombent des cintres, sans prévenir, en plus. Ah, oui, voilà, transversalement latéralisée,  théâtralisée, sa chute inopinée au milieu de nos discussions informellement écrivaines, blogosphériantes, tombe à pic( aille, ça fait mal), à point. Mais qu’est-ce que je dis?

Laissons la fille parler.

Lumières tamisées, fumerolles parfumées, sa voix s’élève « Bienvenue dans la troupe invisible. »

Nous nous regardons…en fait, je suis toute seule à me regarder. J’ai un peu froid. Je reste un peu sur ma faim. En réalité, je devrais dire « J’ai faim. »

Oui, mais alors, et le chat, dans tout ça? « MI-A-OU », ben quoi, vous l’entendez pas? Aller, encore un peu d’instants soprani.

Installez-vous dans le gros fauteuil crapaud, au cuir luisant, presque feutré aux accoudoirs ***, Dodo vous le prête, prenez le chat sur les genoux, caressez-le, et imaginez cha.

Merci à Carnets, Jean Marie et Une Patte, pour leurs participations; merci à Rossini, à Robert Lucas de Pearsall ****, à Annacoquelicot, pour sa proposition ironique de décembre, sans qui cette suite n’aurait pas existé (snif, snif)merci à ma bosse des maths., merci à toutes les blogueuses, blogueurs du monde invisible.

 

*et**,sont des textes empruntés à Carnets, dans son récit « Le fauteuil »

***Le texte exact étant: le luisant du cuir presque feutré aux accoudoirs le gros fauteuil crapaud (toujours dans « Le fauteuil »)

****Sous le pseudonyme G. Berthold, ce serait Robert Lucas de Pearsall qui aurait composé  le Duetto buffo di due gatti.

 

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La magie des mots

Ecrit pour l’agenda ironique de décembre, « Mondes invisibles », thème proposé par coquelicotetcompagniemagie

et pour La magie des mots, chez Mandrine, qui nous propose « avec la première phrase de la première page d’un livre,  broder une histoire. »

La magie des mots

“ A l’aube, ils tombent en masse du ciel, passent par dessus les remparts, caracolent au dessous des toits, descendent lentement entre les hautes maisons.”

Lu un jour, quelque part entre raison et frontière; alors je suis partie à leur recherche.

Ces « ils » devaient bien avoir un visage. J’interrogeais, fouillais, scrutais, en vain.

Un jour, je crus enfin les atteindre, je faillis même les dépasser; ce n’était qu’une image ancienne, parchemin en lambeaux, danse de mots indéchiffrables.

J’allais ainsi, quelques fractions de seconde, ou bien était-ce une éternité, ma mémoire me fait défaut sur certains points, se montrant capricieuse et indécise, se méfiant des devinettes de l’esprit qui passe, du temps réel et de ses  imaginations furtives.

Me voici perdue dans cette phrase, promesse d’un mystère à poursuivre.

Et si c’était…? Cette fois ci, je veux en avoir le coeur net. Ecarquiller grand les yeux, garder mon sang froid,  rester concentrée, je fais le tour du problème, sens bien qu’il manque quelque chose…je suis…, je l’ai sur le bout de la langue ce mot, ou alors il me pend au nez. Un miroir, vite il me faut un miroir…

  • Miroir, mon beau miroir, dis moi qui c’est?
  • Ce n’est pas toi.
  • Merci, je le savais déjà.

Me voilà bien avancée; ce miroir, je vais le…

  • Sept ans de malheurs! »

Il devine mes pensées!

  • Dis-donc, si tu réfléchissais, au lieu de m’espionner?
  • Et d’un, réfléchir est ma fonction, et de deux, tu penses tout haut, ce que les autres disent tout bas.
  • Les autres? De qui parles-tu?
  • Des mondes qui t’entourent. Ne les vois-tu pas?
  • Ah, eux! Si, si, bien sûr que je les vois! Tu penses!

Je ne vois rien du tout, mais je ne vais pas lui faire ce plaisir d’avouer mon ignor…les mondes qui m’entourent! Et si c’étaient eux…

« A l’aube  ils tombent en masse du ciel »: Le matin, ils tombent du ciel…

« Passent par dessus les remparts, caracolent au-dessus des toits »: A midi, s’élèvent dans le ciel…

 » Caracolent au-dessous des toits »: L’après-midi, se mettent à l’ombre…

« Descendent lentement entre les hautes maisons. »: Le soir,  disparaissent avec le soleil couchant.

Je pense ce que je pense? Ce sont les rayons du soleil. Oui, mais quand il pleut? Après la pluie, vient l’arc en ciel. Et tourne la terre, et ses rayons.

Elle ne perd jamais sa boussole, elle. Boussole ! Le mot que je cherchais!  Explication pas du tout tirée par les cheveux. Je vais en avoir le coeur net.

Trop tard! Il fait déjà nuit. Je n’ai rien vu venir. Ma soeur Anne, non plus! Il y a longtemps qu’elle dort, elle! Et sur ses deux oreilles, en plus. Tellement que je ne sais pas où mettre ma tête. Déboussolée, sera mon dernier mot.

 

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Agenda ironique en cadeau de décembre

 Un clin d’oeil au thème « Mondes invisibles », thème proposé par coquelicotetcompagnie

 

Bon dimanche!

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