La poésie du jeudi

Pré vert

Ecrit pour

Le thème du mois d’avril est : « Pré vert » (en hommage à Jacques Prévert)

et proposé pour 

Pré vert

Mettez deux belles normandes,

Accompagnées de trois poules en habits du dimanche,

Qu’elles paissent,

Qu’elles caquettent,

Un concert prairial,

Dans une prairie du fond des bois,

Émaillée d’audacieuses primaveras,

Endymions précieux,

Un oiseau coucou, invite d’hirondelle,

Quatre trémolos,

Un artiste stridule,

La paix est revenue.

 

 

 

 

 

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Catégories : La poésie du jeudi, Nid de mots | 13 Commentaires

Abandon

Ecrit pour  logo-poesie

Abandonabandon

Un arbre dément

Hisse ses branches, haut vers le ciel.

Une neige, les doigts gourds,

Peint en sourdine,

Des échos cafardeux.

Une fumée trace

Des nuages essuyés

D’un coup de chiffon poussiéreux.

Le jour se lève,

Fatigué déjà,

Une pesante peine

Le fige dans l’ennui.

 

Catégories : La poésie du jeudi, les plumes d'Asphodèle | 8 Commentaires

Léo et Léa

Proposé pourchromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1

 

Léo et Léa

Tu me vas bien. Dans ta grande veste et tes bras,
je me sens au complet. Les percussions de nos deux
cœurs canardent mes tripes. Le tien, le mien.
Avec toi je franchirai les murs qui nous tiennent tête.
On sonne le début des cours. A nous le silence,
la partition codée, les messages. Le prof dessine des
droites qui se rencontreront un jour.

© Françoise Lison-Leroy

Catégories : C'EST TOUT UN POEME, La poésie du jeudi, les plumes d'Asphodèle | 8 Commentaires

Dimanche

Voici pourchromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1

Dimanche

Entre les rangées d’arbres de l’avenue

des Gobelins

Une statue de marbre me conduit par la main

Aujourd’hui c’est dimanche les cinémas sont pleins

Les oiseaux dans les branches regardent

les humains

Et la statue m’embrasse mais personne

ne nous voit

Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt.

Jacques PRÉVERT

Catégories : C'EST TOUT UN POEME, La poésie du jeudi | 10 Commentaires

Périphrases chicoufiennes, ou l’art d’être grand-mère

 

Ecrit pour chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1etlogo-poesie

Des périphrases chicoufiennes***,ou l’art d’être grand-mère

A   proposition grand maternelle attentive,

Réponse enthousiaste,  grand plaisir apporte,

Bien plus que de ce « Nul ! * », trop souvent mes oreilles  souffrant,

Mot couperet,

Quand, il n’est pas suivi, souvent, de bouderies, et autres « renfrogneries »,

Du plus gracieux effet.

A  suggestion grand maternelle affectueuse,

Réponse participative,  grand bonheur apporte,

Autrement que, navrant et trop souvent ouï, ce « C’est nul! »,

Expression lapidaire,

Et, cerise sur le gâteau,

S’accompagnant de trognes hostiles et regards mécontents.

Alors,  consentante, patiente, aimante,

Grand mère, des trésors d’images, invente,

Paraphrasant les sentiments par trop réducteurs,

De ses adorables enfantelets.

Déguisant ces mots disgracieux,

Les habillant en phrases construites,

Délicieusement surannées,

Du plus bel effet sur les récalcitrants mouflets.

 » Mamie, ta proposition, par ailleurs, fort aimable,

A mes  personnelles envies, adaptée ne se peut d’être.

Qu’en lieu et place de cette activité,

J’en choisirais une ,

De laquelle , je me sentirais plus enclin. »

Ou bien, encore:

 » Mamie, craignant à la chose, être en incapacité, intérêt y apporter,

En conséquence, nullement ne  souhaiterais-je

Prendre part  à la réjouissance,

Bien qu’en  généreuse et assortie courtoisie, tu m’y convies,

Ce dont je te remercie. »

Non pas que ces charmants bambins,

Aient, à leur usage, vocabulaire restreint,

Bien au contraire,

Mais n’est-il pas gratifiant,

Et pour eux, et pour moi,

Passer quelques instants,

Avec les mots jouant,

Et la situation dédramatisant.

photo-signature

 

* A une personne qui, en commentaire au Jeu de mots **,écrivait se trouver « nulle en poésie »,  Martine  répondait: » Là, en l’occurrence, la poésie ne sert que de support. Et c’est justement pour les gens qui se disent « nuls » que je fais ce jeu… pour qu’ils découvrent des poèmes sans s’en rendre compte😉
Et tu vois, c’est pas si dur que ça, que de se laisser porter par la poésie !
Je disais à mes élèves que le mot « nul » est une grossièreté et je leur en interdisais l’emploi. »😀

**le Jeu de mots, proposé le jeudi, par Martine l’Ecrevisse Turbulente

***chicoufienne, adj. qualifiant des personnes , appelées chicoufs (voir ww.birdsdessines.fr/2014/09/15/les-chicoufs-2/,  rocduloup.com/humour/pour-rire-ou-sourire/connaissez-vous-les-chicoufs)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories : La poésie du jeudi, Les mots biographent | 9 Commentaires

Bordeaux, sous la plume d’Ausone

Le défi du 20 novembre se penche sur un ou plusieurs  personnages célèbres de notre région.

Désirant parler d’Ausone, voici,  pour chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1

Bordeaux[xix].

DEPUIS longtemps je me reproche un impie silence, ô ma patrie ! Toi, célèbre par tes vins, tes fleuves, tes grands hommes, les mœurs et l’esprit de tes citoyens, et la noblesse de ton sénat, je ne t’ai point chantée des premières ! comme si, convaincu de la faiblesse d’une pauvre cité, j’hésitais à essayer un éloge non mérité ! Ce n’est point là le sujet de ma retenue : car je n’habite point les rives sauvages du Rhin, ou les sommets de l’Hémus et ses glaces arctiques. Burdigala est le lieu qui m’a vu naître         : Burdigala où le ciel est clément et doux ; où le sol, que l’humidité féconde, prodigue ses largesses ; où sont les longs printemps, les rapides hivers, et les coteaux chargés de feuillage. Son fleuve qui bouillonne imite le reflux des mers. L’enceinte carrée de ses murailles élève si haut ses tours superbes, que leurs sommets aériens percent les nues. On admire au dedans les rues qui se croisent, l’alignement des maisons, et la largeur des places fidèles à leur nom ; puis les portes qui répondent en droite ligne aux carrefours, et, au milieu de la ville, le lit d’un fleuve alimenté par des fontaines ; lorsque l’Océan, père des eaux, l’emplit du reflux de ses ondes, on voit la mer tout entière qui s’avance avec ses flottes.(Ordre des villes célèbres)

http://data.abuledu.org/URI/54e4e9a8

Ausone (310 – 395) né à Burdigala(Bordeaux), poète en langue latine, grammairien, préfet des Gaules…

 

[xix] « Ausone célèbre, avec une complaisance bien naturelle, sa ville de Bordeaux et son Aquitaine : Bordeaux, déjà célèbre par son vin, insignem Baccho ; l’Aquitaine, dont les mœurs étaient particulièrement élégantes et polies. L’Aquitaine était dès lors une terre oratoire ; elle l’a été jusqu’à nos jours, jusqu’à la Gironde. » (M. J.-J. AMPÈRE, Hist. littéraire, t. I, p. 253.)

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Quelque part

Ecrit pour chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1etlogo-poesie

Quelque part

Madame de Particule, en son boudoir, s’ennuyait.

Fort gracieusement, je vous rassure.

S’ennuyait particulièrement certains soirs ,

De cinq à sept, comme il se doit.

Certains soirs, monsieur aimait  à s’adonner à quelques parties

En tout bien, tout honneur, cela va de soi.

Quelques parties, de chasse, particulière, très particulière.

Il s’agissait de guetter, d’abord, puis de tirer ensuite.

Particule tenait alors  à partager le butin.

Equitablement, n’en doutez point.

Partager le butin, certains en concevaient du dépit,

L’exprimant convenablement, et sans violence, bien sûr.

Dépité, un des joueurs, partant du principe,

Que l’on n’ est jamais mieux servi que par soi-même,

Principe, en pratique,le mit aussitôt, allant  à la recherche d’une compensation,

La chose se fit dans la plus complète des discrétions.

Entrevit madame en ses appartements,

Compensèrent, en tout bien, tout honneur, je vous rassure.

Aparté charmant, s’il en est, s’entretint avec elle.

Ne dit mot à ses partenaires, comme se devait un homme bien en tous rapports.

Avec elle,  monsieur de Compartiment, de cinq à sept,  passa tous les soirs, mis à part ceux consacrés au jeu.

Ces soirs là, madame de Particule, en son boudoir, soupirait,

Au jeu, retenu, monsieur de Compartiment lui manquait.

 

 

 

 

 

 

 

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Les points sur les i

Pourchromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1et ce jeudi 6 octobre 2016, un poème de Luc Bérimont

Les points sur les i

Je te promets qu’il n’y aura pas d’I verts

Il y aura des I bleus

Des I blancs

Des I rouges

Des I violets, des I marrons

Des I guanes, des I guanodons,

Des I grecs et des I mages

Des I cônes, des I nattentions

Mais il n’y aura pas d’I verts

Luc Bérimont (1915-1938)

(Avec un petit clin d’oeil pour Valentyne, la Jument Verte)

 

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