13 à la douzaine

ABSOLUMENT

Écrit pour la liste 23 chez TREIZE à LA DOUZAINE

 

1  calamité
2 vernis
3 édicule
4 récompense
5 stop
6 circonstance
7 simulation
8 cygne
9 ficelle
10  souris
11 éclairage
12 soleil
et le 13 ème pour la route  : partage
ABSOLUMENT
Dans un trou de souris,
Disparaitre, je voulus.
Calamité!
Pareillement corsetée,
Me plier, impossible.
Pareillement encagée,
Dissimuler mon outrage,
Idée folle.
Altière coiffure,
Emplumée de cygne,
J’évoluais, légère et parfumée,
Robe volantée,
De dentelles, parée.
Une valse plus tard,
Sous le grand lustre, on m’entraîna.
Éclairage fatal,
Le soleil, pire ravage,
N’eut fait.
Pâmoison simulant,
Je glissais jusqu’au sol.
Grossière ficelle,
Actrice de second rôle
Sitôt, eut ma récompense.
L’orchestre, une mazurka, enchaîna.
De chaussures vernies, escarpins et ballerines effleurée,
L’envers du décor pouvait contempler.
Jupons brodés, culottes fendues.
Tourbillons, tourbillons,
Proprement, je m’évanouis.
Point de simulation.
Je m’éveillais, douillette langueur,
Lit de plumes, douceur satinée.
 » Ma mie, vous voilà réveillée. »
Ronronna-t-on à mes côtés.
Où suis-je ? Qui suis-je ?
Furent mes premières pensées.
Un regard dévoila ma nudité.
 » Point d’affolement, ma mie. »
En de pareilles circonstances,
Autres temps, autres lieux,
Dans un trou de souris,
Disparaître eus voulu.
Sans crinoline, ni corset,
La chose eut pu paraitre aisée.
 » N’ayez crainte, nul autre témoin
Pas même mon  valet de pied,
En pareil équipage,
Ne vous a contemplée. »
« Monsieur, je vous arrête,
Une telle effronterie,
Je ne puis tolérer;
Vos gens, appelez, je vous prie. »
 » Voilà ma récompense;
Sachez madame,
Que des mains de malandrins,
Vous ai sauvée.
Vous titubiez, ivre,
Toute chiffonné
Vous réfugier, tentant dans cet édicule,
Que l’on nomme vespasienne.
Leurs intentions étaient claires.
Accroire je leur fis,
Leur complice être.
Ainsi, je vous relevais,
Vos attributs étalés,
Qu’ils s’apprêtaient à outrager,
Et faire  odieux partage. »
 » Stop, monsieur,
Il suffit!
Que me voulez-vous ? »
 » Rien.
À moi, êtes déjà.
Ne vous souvenez-vous donc pas ? »
Il parut, alors.
Dans le creux de ses bras,
Je disparus, petite souris,
Qu’il cajola.
De moi, fit sa courtisane.
Et devint une grande reine.
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Le maître du jeu

Ecrit pour la liste 22 de TREIZE à LA DOUZAINE
1 balancement
2 arrosoir
3 parfum
4 branche
5 chafouin
6 virgule
7  froissé
8  ganse
9 marionnette
10  écho
11 altérer
12 route et le 13 ème pour le thème : permission
Le maître du jeu
Et si, j’étais une marionnette,
Toupie délaissée,
Je me laisserais aller,
Rêverais-je de liberté ?
Échouée sur une branche,
Robe froissée, cheveux dénoués.
Mon corps, désarticulé,
S’oublier, voudrait.
Assoupis, mes sens,
Soudain alertés.
Ce parfum, cette voix,
De trop de beuveries, altérée.
Trop tard, vite rajuster mon costume,
Sourire aguicheur,
Mèches en virgules coquines,
D’un index mouillé, redessinées.
L’écho trouble de voix paillardes,
Pluie de postillons,
Arrosoirs d’injures.
On me renifle, me tripote.
Loin, oh, très loin,
Abandonnée sur une route,
Exil volontaire,
Une autre vie.
Réalité brouillonne,
Comme l’est ma tenue,
Balancements, de moi,
Se sont emparés,
Ballotée de l’un à l’autre,
Poupée déformée, chiffonnée,
Déséquilibrée,
Ils me tirent, me renversent,
Rient, yeux cruels.
« Propre à rien.
Mademoiselle rêvasse.
Ton prince charmant,
Il reviendra pas de sitôt.
C’est moi qui tire les ficelles ! »
Crache, venimeux,
Le maître du jeu,
« Messieurs, à vous
Avec ma  permission.
 Punition ! »
Tourbillons, j’étouffe,
Toupie entravée,
Perruque, cheveux tirés,
Coutures défaites,
Dentelles virevoltent,
Passent, oiseaux funestes,
Mes yeux ne voient plus,
Je ne sens plus rien,
Entortillée autour de mon cou,
Comme une laisse,
Ils me tirent, aboiements rauques,
Mes pieds, mes ongles cassés,
Ultime effort,
Je griffe ce visage chafouin.
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Reproches sémantiquement philosophiques ?

Ecrit pour l’atelier d’Annick SB, treize à la douzaine

Liste 2

1 aiguille 2 étiquette 3 entrée 4 pneumatique 5 basilic 6 certitude 7 force 8 savourer 9 cabas 10 or 11 verdure 12 calfeutrer et le treizième pour le thème : reproche
Reproches sémantiquement philosophiques ?
– Qu’es-tu en train de savourer ?  Oh, pardon de t’avoir dérangé. Voilà que tu sursautes comme si je t’avais piqué avec une aiguille.
– Non, c’est le basilic. Regarde, il vient de se faufiler dans ton cabas.
– Qu’est-ce que tu racontes ? La verdure qui est dans mon sac, c’est une salade, donnée par monsieur Germain.
– Laisse-moi, tu comprendras jamais rien.
– J’en ai assez de tes certitudes; de monsieur, avec ses conventions idiotes, étiquette, et tout et tout. Je m’en vais.
– C’est ça. Rappelle-toi: la parole est d’argent, le silence est…
– D’or. Alors, calfeutre-toi bien avec tes maximes à deux balles. Fais-moi signe, quand tu décideras de refaire ton entrée dans le monde. Envoie-moi un pneumatique.
– Pneumatique ! Merci l’ami. C’est le mot que je cherchais.
– Ravi de t’avoir été utile.
– Chut ! Tu m’empêches de penser.
– A force, tu vas rester seul.
– C’est ça. Rester seul. Je veux rester seul ! Ouf ! Il a compris.
– C’est maintenant que tu t’en aperçois ?
– T’es encore là ? T’as vraiment rien compris. J’avais presque réussi à l’atteindre…
– Je vois.
– Non, monsieur, si t’avais vu, tu ne m’aurais pas dérangé; enfin j’aurais pu vivre ce moment unique, la pneumatique…
– Et tu t’es dégonflé. Dis-donc,  je suis arrivé à temps; un peu plus, tu te serais envolé.
– Imbécile !
– Merci pour le compliment.
– Oui! Tu n’es qu’un imbécile; tu comprendras jamais rien…
– Et voilà, ça recommence. Quand tu auras fini de planer, fais-moi signe.
– Qu’on ne me dérange plus ! Je vais triompher; quand la piqure du basilic ne m’atteindra plus, l’élément pneumatique aura vaincu.
– Tu manques pas d’air, en tout cas.
– Pffft! Hors de ma vue, élément somatique.
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