LA LICORNE

Fatalité saisonnière

Ecrit pour le JEU 29 : Haïkus d’automne, proposé par la Licorne
Dans quelques jours…
ou dans quelques semaines…l’automne sera là.
L’automne et ses couleurs, l’automne et ses senteurs,
l’automne et ses saveurs…
Saison magique, à la fois lumineuse et sombre,
joyeuse et nostalgique…
 
Pour le célébrer, je vous propose
de vous consacrer à l’écriture d’un haïkud’automne.
 
Le défi sera de nous faire ressentir vos impressions,
vos sensations ou vos éblouissements
en trois vers…
de respectivement 5, 7 et 5 syllabes.
Fatalité saisonnière
Jardins délavés
Nature  désenchantée
Automne fâcheux.
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Va chez la voisine, je crois qu’elle y est…

Ecrit pour le JEU 28, proposé par la Licorne Ma photo

Lettre proverbiale

Ce mois-ci, très chers , je vous propose de choisir une personne ou un personnage connu, (vivant ou mort, réel ou imaginaire) et de lui écrire une lettre
Oui, une vraie lettre…pas de SMS, ni de message électronique écrit à la va-vite le midi entre deux rendez-vous…
une vraie lettre « à l’ancienne »…avec en-tête, formules de politesse et tout le tralala…
Et dans cette lettre, vous veillerez aussi à insérer plusieurs proverbes(français de préférence…mais pas forcément… :-), la sagesse des autres pays
ne pouvant que nous être profitable aussi…)
une réponse à une lettre « Des quatre saisons d’Arcimboldo, inspiré », écrite pour l’atelier COPIE DOUBLE, intitulé FRUITS ET LÉGUMES

Va chez la voisine, je crois qu’elle y est

Monsieur de Melon
                                    Je m’empresse, de répondre, comme vous ne manquerez pas de le noter, au pied de la lettre que je viens de recevoir.
Aux fins de vous convaincre, que, contrairement à ce que vous supputez, je ne la jetterai pas aux orties. Par ailleurs,telles herbes ne défigurent pas mon jardin,  mon fidèle jardinier   s’acquittant, fort bien, d’une tâche,  séparant le bon grain de l’ivraie.
Je vous prierai,  mes plates-bandes, ne plus les piétiner, celles-ci commençant à montrer piètre état, dû à votre  déplorable négligence . Ne vous récriez pas, puisque vous reconnaissez avoir fait le pied de grue, en moultes occasions,  sous mes fenêtres.Toutefois,  faute avouée, à moitié pardonnée, j’en conviens, mais je ne suis pas sûre d’oublier ce sacrilège.
Sachez monsieur, que ce qui est pris, n’est pas à prendre. Je ne serai jamais votre »tendre chou »; appelons un chat, un chat, voulez-vous. Il se trouve que mariée pour le meilleur et pour le pire, je me trouve  fort aise de constater avoir  trouvé chaussure à mon pied.
Monsieur, je ne saurais trop vous encourager à faire contre mauvaise fortune bon coeur, sachant  que une de perdue, dix de retrouvée…alors, de grâce, cher monsieur,  dorénavant, cessez de m’importuner.Quoique vous puissiez encore tenter, sachez que mes cinq à sept ne vous seront jamais réservés; courez, plutôt, conter fleurette sous d’autres cieux, vous y trouverez, j’en suis certaine, l’herbe plus verte et, l’occasion faisant le larron, maintes circonstances à déclamer  charmantes bluettes, cueillant peut-être une rose, n’ayant point encore perdu sa vesprée.
Recevez Monsieur, avec mes salutations, mon profond désir de ne plus vous entendre soupirer entre chien et loup.
Madame Jasselyne de Gazouilly Célestas
 
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Tristan et Yseult

 Proposé,  pour le JEU 27 : Nouvelle chute chez La Licorne Ma photo, un texte écrit le 2 décembre 2014 pour l’écritoire, et le titre du mois de décembre 2014 La Suite,
et légèrement modifié par 
une  contrainte imposée par La Licorne, » pour le « fun » :le texte devra comporter les mots suivants :  casserole, poil et ruban »

Tristan et Yseult

Voici quelques années, je rencontrais Ysabeau de Tintagel. Venue présenter quelques ouvrages anciens, à un festival de musique celtique.
– Tintagel, comme le château de Tristan et Yseult ? Heu, enfin du roi Marc ?
– Pile-poil, répond elle. Je suis une descendante de Tristan .
– Vous, vous…bafouillais-je. Je ne savais que dire. Cette personne n’avait pas toute sa tête, ou bien pire…
– Non, répond-elle en riant. Je n’invente rien. Mon aïeul Tristan de Loonois et Yseult la blonde ont vécu très heureux ensemble encore longtemps ; élevant mon aïeule.
Mais on a préféré faire de leurs aventures, certes dramatiques, une légende convenable et romantique pour l’époque.
Elle me raconta, ce que je vous livre, ici.
SUITE31165_3« Un jour, mon prince viendra…chantonne la petite fille.
Aujourd’hui, seul le père de Flora est son prince. Mais elle sait bien que les petites filles ne se marient pas avec leurs papas. Marraine le lui a expliqué. Marraine sait toujours tout. Elle connaît le secret des plantes qui guérissent, elle sait, de sa jolie voix, consoler les chagrins, et murmurer les plus beaux chants qui soient.
Ainsi Flora a-t-elle appris cette chanson fredonnée par Marraine, s’accompagnant de sa harpe.
Flora, depuis sa naissance, entend cette voix aux accents tendres, mêlée à celle plus grave et ardente de papa. Très jeune, papa et Marraine lui ont expliqué que Marraine n’est pas sa vraie maman ; qu’elle l’aime comme si c’était sa fille. Flora, confiante se laisse bercer par cette charmante dame, si belle, si attachante et attentionnée. Flora, parfois se regarde dans le miroir, espérant ressembler à Marraine. Elle sait bien que ce n’est pas possible ; ses cheveux sont de la même couleur que ceux de son père, ses yeux, aussi. Pour le reste, elle essaie d’imaginer maman ; et si l’ensemble ne lui déplaît pas, elle ne peut s’empêcher de regretter de ne pas être plus belle.
« Parle-moi de maman, demande-t-elle à son père. Est-ce que je lui ressemble ? »
« Oui, ma belle fleur, répond papa, un éclair de tristesse, passant furtivement dans ses yeux.SUITEtiseult.eps
Mais Flora y voit autre chose ; une espèce de regret, retenue d’un secret difficile à oublier.
Un autre jour : « Ta maman avait la peau blanche, si blanche et des mains fines, pareilles à des lys. »
Flora, aux boucles noires, yeux luisant comme deux perles, pose des questions, encore et encore.
Tristan revoit ce jour si proche et si lointain, où affaibli par une blessure, il avait ressenti, fiévreux sur sa couche, cet élan passionné pour Yseult aux blanches mains, sa femme, qui n’était pas encore sienne. Il connaissait l’intensité de son amour, mais ne pouvait oublier l’autre Yseult, perdue et interdite à jamais. Elle avait répondu passionnément à ses gestes, mêlant voluptueusement son corps au sien, le caressant à n’en plus finir, murmurant des mots d’amour et d’adoration.
Quelques semaines plus tard, elle annonçait sa grossesse. Quelque chose d’indéfinissable le tourmentait. Il éprouva ce bonheur, mêlé de souffrance, à la pensée qu’il ne connaîtrait peut-être jamais son enfant.
Seule Yseult pouvait le guérir, mais elle tardait.
SUITEtristaniseultVoici que la naissance approchait. Tristan dépérissait de jour en jour.
« Je les vois ! » entendit-il, soudain.
« De quelle couleur est …
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Sa femme, soutenant son ventre, hurla. Servantes et valets accoururent, on alla quérir la matrone.
Le navire approchait. Dans les rues de la ville, on vit passer une belle jeune femme à la soyeuse chevelure dorée, nouée d’un ruban blanc.
« Notre princesse accouche » lui disait-on, riant et se félicitant. Ne prêtant pas attention à ces paroles, elle avançait, d’un pas rapide vers le château.
A son arrivée, régnait un silence effrayant : « J’arrive trop tard » pensa-t-elle.
On la conduisit auprès d’un petit être nouveau-né. « Qui est cet enfant ? »
« La fille de notre prince et de notre regrettée princesse. »
« Le prince est encore en vie ? »
Portant l’enfant dans ses bras, elle se rendit dans la chambre du prince.
Les voyant toutes deux, un faible sourire naquit sur ses lèvres. Il tenta de se redresser.
« Je t’en supplie, pas d’efforts, mon aimé, tu dois vivre pour ta fille. Comment la nommes-tu ? »
« Flora ; sa mère a choisi ; ne voulant pas la nommer Yseult ; disant que ce prénom n’apporte que SUITEamoureux_assis_sur_litsouffrances et malédiction à celles qui le portent. »
« Il n’y a pas de malédiction ; je vais te guérir, et rester pour toujours. »
Les onguents firent miracle. Flora grandit, choyée par son père et Marraine.
« Papa, maman s’appelait comment ? »
« Yseult. »
« Marraine, aussi, s’appelle Yseult. »
« Oui, ta maman s’appelait Yseult aux blanches mains ; et Marraine est Yseult. Vois-tu, il n’y a qu’une Yseult. »
« Et toi, Tristan ; pour moi, il n’y aura jamais qu’un Tristan. »
Flora laisse son père, et s’éloigne chantant*:

« Un jour, mon prince viendra
Sur un beau voilier blanc.
Me prendra dans ses bras,
M’emmènera,  disant
Vous êtes ma Flora
Un jour, mon prince viendra…

Au dessus de la tombe de sa mère, Yseult aux blanches mains, fleurit un chèvrefeuille.
Un jour Tristan, aidé d’Yseult la blonde, l’a planté là.
Flora en cueille quelques brins. Elle les offrira à Marraine, car c’est sa fleur préférée…

* Il se dit dans la famille que Flora chantait comme une casserole.

Je vous  rapporte son récit, tel qu’elle me le fit. Bien sûr, vous n’y retrouverez pas le style employé par l’auteur du roman, Joseph Bédier, qui l’écrivit  au début du 20e siècle;  s’ inspirant de poèmes du 12ème siècle.

 

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Rares: réflexions arrachées au liseron.

Ecrit pour  le JEU 26: Anaphrases, chez la LicorneMa photo

Rares: Réflexions arrachées au liseron

Ce jeu, vingt-sixième du nom, m’a donné du fil à retordre, une onde de renoncement me traversa, au point que je faillis rater la date finale.

Cinq anaphrases à formuler, cela frôle, pour mon esprit, l’impossible, avec, imposés, des mots  de cinq lettres minimum,  ceci m’évoquant un personnage du passé , surpris en train de pester, employant  ce  mot dit de « Cambronne », désormais passé à la postérité.

Je choisis d’abord de cultiver mon jardin, fournissant un travail non virtuel, mes mains souffrant d’être rêches, tandis que mon inspiration tournait en pleine sècheresse, à l’image de mes cultures.

Elles avaient bien besoin d’être cultivées, depuis longtemps, abandonnées,   aussi défraîchies que mes idées, qui tout comme ces friches nécessitaient, toute affaire cessante, d’ être binées.

Malgré tous ces avatars,  réfléchissant  et espérant que  l’inspiration ne s’arasât pas définitivement,  revenant  mode inventif, je songeais au jeu, ferrée malgré tout.

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Une histoire qui ne rime à rien

 Ecrit pour le Jeu 24: Quatre Rimes, proposé par
 
Revenons,maintenant, si le coeur vous en dit, à un classique du blog : une création poétique avec
Ce mois-ci, je suis sympa, je vous en offre généreusement quatre :
-art – isse – tique – ment
Aucune autre rime n’est autorisée, mais vous pouvez bien sûr utiliser des variantes orthographiques
(-ard, -are, -ice, -tic, -man…etc)
Le thème est entièrement libre…avec, néanmoins, deux petites contraintes :vous devrez évoquer, au moins une fois, dans votre poème, le printempset puis aussi  placer, (premier avril oblige), le mot poisson.
(GIF proposé par La Licorne)

Une histoire qui ne rime à rien

Quatre rimes, et puis c’est tout un art,

Sans artifice,

Ni feu de hasard.

Un jeu, et placer le tic,

Sans tac, évidemment,

Au risque d’être en retard.

Avez-vous déjà vu une horloge de gare,

Ses aiguilles qui glissent, qui glissent,

Printanières, à l’heure du changement.

Une horloge, ne craignez pas qu’elle endormisse,

Les lever-tôt, les coucher-tard.

Il lui suffit juste, nuitamment,

Superposer quatre sur trois, c’est tactique.

Pendant ce temps, dans votre plumard,

Le corps au repos, rêvant de délices,

Où donc passent ces minutes , élastiques?

Vous aurez beau, éperdument,

Les chercher, fouiller, fanatique,

Votre présent, votre passé, votre avenir, vainement,

Elles ont disparu, sans laisser traces, ni indices.

Mieux vaut, dans l’océan Atlantique,

Tenter de pêcher un poisson en chocolat suisse.

 

 

 

 

 

 
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Des mots désuets, mais pas muselés

Faisant suite au jeu 24,chez la Licorne et ses mots désuets, voici concernant ces mots français « oubliés » une proposition de la Licorne
Ma photo
 
A potron-jacquet, outrenavré et tout empli d’une ire irrépressible, 
ne prêtant nulle attention aux avisements de la gent féminine 
qui tentait de l’ensuaver et de l’emboiser , 
il se dirigea d’un bon pas vers la sylve voisine, 
flamberge au côté, décidé à occire derechef le hâbleur 
qui, en pleine cacoigne,
 venait de le traiter de coprolithe et d’orchidoclaste…
Levé très tôt*, se sentant encore humilié et sous l’emprise  d’une colère farouche,  n’écoutant pas les conseils  de sa compagne qui cherchait à l’apaiser et  le consoler, il fila rapidement vers la forêt proche, épée au côté, décidé à tuer sur le champ le vantard qui, méchamment, l’avait  traité de merde et de casse-couille…
*Oups! A potron-jacquet signifie le soir venu.
Et , enfin, pour terminer,
saurez-vous découvrir
 la définition des mots oubliés suivants ?
emberlucoter, s’emboucaner, bigotelle, enchifrené, argenteur, s’acagnarder, contre-aimer, galimafrée, margouillis, biscoter
 
 FAMEUSE MOUSTACHE**
Alangui et pensif, sur le divan
Incarnation parfaite de la bouche de Mae,
Qu’il aspirait tant à biscoter,
Salvador s’acagnardait.
Transporté par ce songe,
Où, céans,  il se figurait contre-aimé de la dive,
Il troquerait sa bigotelle pour la bagatelle,
Peu lui chalait sa fameuse moustache,
Sans margouillis, il irait,
Vain détail, point n’était besoin de s’en emboucaner,
Sinon  à l’encontre de la postérité,
Et ses adorateurs emberlucoter.
Enchifrené, il usa d’un carré de soie brodé,
Chiffres G et D enlacés.
Sitôt s’impressionnèrent images de ses muses,
Gala et Amanda,
Précieuses et femmes,
Pas du galimafrée,
Il était empressé à les retrouver,
Les célébrer.
Moustaches façonnées, hérissées,
Cornes de taureau,
Guidon de vélocipède,
Nanti  de l’autre symbole,
Sa béquille fameuse,
Nul besoin d’argenteur,
Pour en faire la valeur,
Il se leva,
Musardant, génie farceur,
En son musée.
 
 **Titre emprunté chez La licorne, qui, ainsi, a édité mon texte sur son blog.
 
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En tous biens, tous honneurs

Ecrit pour le JEU 24 : Mots désuets chezla Licorne

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines,  callipyge, chafouin, 
escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant,
mirifique, moult, paltoquet, potron-minet, pleutre, primesautier, 
pusillanime, rodomontades, subrepticement, subodorer
Parmi ces vingt mots, vous devrez en utiliser au moins dix…
 

EN TOUS BIENS, TOUS HONNEURS 

Au jeu des calembredaines, me voici convié.

De mes plus belles poulaines, chaussé,

Mon pourpoint, de dentelles, orné,

Venise, Calais, ou  Alençon,

Il n’en est pas ainsi de mon pantalon,

Troussé sans façon.

De  bons mots, ai empli mon escarcelle,

A brûle-pourpoint les citerai,

Espérant l’assistance enchanter.

Moult  demoiselles,

A cette soirée, sont priées,

A nous  contempler, ferrailler.

Plumes de paltoquets,

Rodomontades d’écervelés,

Quelques gougnafiers,

Écrivaillons,

Vers de miséreux.

Je m’en vais par la venelle,

Préparé à ce bel affront.

Plus tôt, après énergiques  ablutions,

Qui vous remettent d’aplomb,

Que n’ai-je présagé cette funeste vision.

Adieu Venise, Calais, Alençon,

Comment l’émoi d’une belle mériter.

Me voici, poète primesautier,

En mes atours, attaqué,

Au détour d’une ruelle,

Subrepticement l’imprévu s’est déclaré.

Mon escarcelle éventrée,

Mes mots d’esprit envolés,

Me voilà pleutre,

Dépenaillé,

Juste des larmes pour pleurer,

Fustiger et haïr ces  personnages,

Allures chafouines,

Acteurs de ma déconvenue.

Finir en galéjade,

Mirifique horizon bafoué

Me restent pusillanimes et vains,

Quelques traits que je croyais d’esprits,

Des poulaines avachies,

Un pantalon éculé,

Perruque de guingois,

Sous les broderies et lazzi,

Plus du tout gouleyants à mon esprit.

Je m’apprête à m’enfuir,

Voici que je crois ouïr:

« Damoiseau,

De votre personne  malmenée,

Fort bien tournée, ma foi,

Je ne sais laquelle me met le plus en émoi.

Et de vous consoler,

Grande envie j’eprouve.

Permettez que de votre parure,

J’efface le désordre. »

Par mes yeux, je la vis,

Callipyge, maintes fois rêvée.

Là, céans,

Ses sourires et soutien me cédant.

Je m’inclinais,

La baisais.

Dès potron-minet,

Je m’éveillais,

Convaincu d’avoir tout imaginé.

Elle était là, généreuse et offerte,

De partout et de ce séant,

Qu’aussitôt, de moi, désir vibrant,

De  l’honorer s’empara.

Lecteurs,  votre impudence, et sournoises pensées,

Je subodore,

Ne vous fourvoyez pas,

Ma demoiselle et moi,

Bien qu’épris follement,

Ont souci en amour de bien le faire,

Et  toute moralité confondue,

Vivre et narrer en poésie,

Le restant de notre vie.

 

 

 

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Le droit des animaux

Ecrit pourLICORNE,la Licorne
Jeu 23
Pour vous mettre en appétit, 

je vous propose un « Texte sandwich » .

Le principe en est tout simple :

je vous donne le début d’un texte et sa fin, 
et il s’agira de « réinventer » ce qu’il y a entre les deux…
Pour cette fois, j’ai pensé à un passage très très célèbre 
du « Petit Prince » de Saint-Exupéry,
celui de la rencontre avec le renard.

Le droit des animaux

C’est alors qu’apparut le renard:
– Bonjour, dit le renard.
– Bonjour, répondit poliment le petit prince, 
qui se retourna mais ne vit rien.
– Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
– Je suis un renard, dit le renard.
– Je me souviens de celui de ma grand-mère.
– Alors, tu en as déjà vu. Pourtant tu ne m’as pas reconnu.
– C’est que, elle le portait autour du cou. C’était doux, quand je le caressais. Toi aussi, tu appartiens à quelqu’un?
– Je ne comprends pas bien ta question. Le renard de ta grand-mère, il vivait chez elle?
– Je crois qu’elle le rangeait avec son vison, sa loutre et un chinchilla. J’aimais bien qu’elle ouvre son armoire à fourrures. Elle me disait:  » Ce sont mes doudous. » Et en même temps, j’étais un peu triste, parce qu’il y avait longtemps que je n’en avais plus. Maman, un jour, avait décidé que j’étais trop grand, elle n’a jamais voulu me dire où il était rangé. Alors, quand ma grand mère ouvrait son armoire, j’espérais que je le retrouverais avec les siens. Et je pensais, pourquoi Grand-Mère y a droit, à son âge et pas moi, aux doudous. Mais comme maman m’avait interdit d’en parler, je ne disais rien.
– Je te comprends. C’est très dur de perdre son doudou. Moi aussi, j’ai une histoire à te raconter. Il était une fois une famille de renards, appelée Fennec. Ces fennecs vivaient, mangeaient, dormaient dans le désert.
– Mais qu’est-ce qu’on mange dans le désert?
– Des souris, des oisillons, des lézards, des poissons, des insectes, des fruits quand il en trouve.
– Mais un renard Fennec, comment il boit dans ce désert?
– Il y a toujours quelque part, un point d’eau. Et puis le fennec n’a pas besoin de boire beaucoup, et trouve l’eau dans sa nourriture.
Dans cette famille Fennec, étaient nés deux petits.
– Cela ressemble à quoi un petit Fennec?
– A moi.  Une nuit, maman Fennec tendit ses oreilles, hurla. Puis, plus rien. Les deux petits attendirent, la fourrure chaude leur manquait; le lait aussi. Quand leurs yeux s’ouvrirent, ils firent connaissance l’un de l’autre. Il fallut qu’ils se débrouillent. Le plus malin des deux sortit la tête, il faisait très chaud, un éclair  éblouit leur vue toute neuve. Quand, le moins hardi put à nouveau distinguer la tanière, il était seul. Ses oreilles, enfin redressées, captèrent des grondements, des claquements. Puis ce fut le silence. Il apprit à chasser seul, la nuit, évitant les pièges du sable trop chaud, grâce à ses pattes poilues, utilisant ses oreilles pour entendre, mais aussi pour se ventiler. Il n’a jamais retrouvé sa famille. Mais il a entendu ces mêmes bruits que le jour de la disparition; il a senti une odeur inconnue, entendu d’étranges sons. Curieux
– Comme c’est triste, dit le petit prince, et regardant attentivement son nouvel ami, je crois que j’ai deviné, c’est toi le petit fennec de l’histoire.
– Oui, comment as-tu deviné?
– Parce que tu es un peu différent du renard de Grand-Mère. Premièrement, tu es vivant, deuxièmement tu as des oreilles plus allongées, troisièmement tu es plus petit.  Je voudrais bien t’aider à retrouver les autres.
– Il y a plus important; quand tu reviendras chez les hommes, rapporte-leur mon histoire; apprends-leur qu’un fennec est fait pour vivre dans le désert. Que ceux qui ont capturé sa famille ne sauraient, eux, pas vivre dans ce même désert, ils ne voudraient pas que leurs enfants, petits enfants soient enfermés dans une cage, eux qui sont tellement attachés à la liberté.

Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. 

Mais tu ne dois pas l’oublier.
Et puis, ne regrette plus ton doudou. Quand tu seras là-bas, souviens-toi de moi. Alors, tu sauras trouver les mots, pour les convaincre.
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Traditions

 

Ecrit pour le JEU des allitérations grossières  proposé par laLICORNE
Choisir deux ou trois des sons suivants
B, D, G, N, R, S, T
et les utiliser le plus souvent possible dans votre texte.
Inspiré d’une conversation avec mon petit fils, voici
 Traditions
Sitôt son repas refroidi, le roi Raoul, rapidement,  rota, et   illico presto, en public, sur la place du Parlement, péta.
roi-1
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Désordres, désirs, et soupirs

Ecrit pour le JEU des allitérations  proposé par laLICORNE
Choisir deux ou trois des sons suivants
B, D, G, N, R, S, T
et les utiliser le plus souvent possible dans votre texte.
La deuxième contrainte sera de placer dans votre texte plusieurs JURONS, de préférence inventés…et amusants !

Désordres, , désirs et soupirs

 

Digne, la duègne darda sans sourire ses yeux sur le sieur, ce disant prétendument, de Diane, le promis.

 » Ce dandy guindé semble assez sot. M’amuser à son insu  sera diantrement distrayant. » se souhaita la surannée et distinguée duègne.

  • Monsieur souhaite   sans tarder  s’entretenir au salon avec sa promise. Sachez que je me dois d’en dire deux mots au duc, sa seigneurie, dont  duchesse Diane, descendante est. Le duc dine et se délasse , faisant  somme instamment. Vous devrez donc durablement attendre, la fin de la  digestive et ducale sieste, céans sur ce siège.

Susurrant,  souriante et savourant ses mots, sur ce, tourne le dos à Didier, désemparé,  traits du visage dramatiquement déformés.

 » Diplodocus déplumé, salive de sorcière ensachée, à faire débander un doryphore doré débauché,  au diable idiote de gros dindon. »

  • Didier, doux adoré, que sont ces deux yeux, devenus diamants durs. A les regarder, de défaillir, dois je redouter? »
  • Diane, divine,déridez-vous. Perdu dans un dédale, disons-le, d’idées absurdes, je divaguais. Vous souriez si  soudain, délicat délice pour mon coeur, sitôt sauvagement assailli de saugrenues et insoutenables estampes.
  • Son sujet en serais-je?
  • Votre duègne décida  de vous, me faire languir.
  • Ma duègne, dites-vous. Ah,  la sotte sournoise, se sachant seule, assumant services, servantes et serviteurs jusqu’à ce soir, suppléant à mon père, de retour tardif dans la soirée.
  • Scélérate, s’est jouée de moi!
  • Comment donc, Didier, daignez de me renseigner sur son inconduite, supputant sa basse imposture.
  • Elle me fit accroire une sieste salvatrice post dinatoire, du duc, votre père.
  • A peine ai-je le dos détourné, qu’à la débauche, Diane,  vous vous empressez!
  • Duègne, dois-je vous dire, que vous voilà surprise,  stupidement, sans conteste, à outrepasser  soi-disant ordres.
  • Fi, donc demoiselle, décence et dignité, de vous,  dois  prendre garde. Ci-devant damoiseau,  d’un empressement suspect surgissant ainsi, à mon insu. Sursoir à mon devoir, dussè-je, duchesse, sans être coupable, danger déjà dans la place,vous faire courir?
  • Diantre duègne, de quel danger, discourrez-vous là? Je ne vois que sensible sieur Didier, désirant assidument courtiser sa promise.
  • Monsieur le duc, déjà de retour!
  •  De ma fille et de Didier,   à s’embrasser empressés,  sachez service assuré par  mes soins, sous  surveillance d’un débonnaire oeil, le mien. Simagrées sermonnés  en la chose sont singeries  nuisibles détestables, dévotions détournant la candeur de nos deux bienheureux tourtereaux. Discours déplacé, duègne, délaissez votre fardeau de dévote, duègne. Disposez, disparaissez dans d’autre endroit de cette demeure, en vos appartements.

Tournant jupons et noirceur d’âme, dissimulée en  savantes, sèches salutation et révérence, une duègne décontenancée, douloureusement se retira dans ses appartements, restant toutefois sur sa défensive, ruminant de sanglantes représailles.

Didier, Diane savouraient sans souci ces secondes sacrées, silences et soupirs scandés,   abandons désirés, délices devinés en tendres découvertes.

Le duc soupait, se délectant d’une daube, songeant, souriant, aux deux  tourtereaux, soupirant sous son toit ducal, tandis qu’une duègne déchue, dans des draps désespérément désertés, se morfondait.

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