LA LICORNE

Rares: réflexions arrachées au liseron.

Ecrit pour  le JEU 26: Anaphrases, chez la LicorneMa photo

Rares: Réflexions arrachées au liseron

Ce jeu, vingt-sixième du nom, m’a donné du fil à retordre, une onde de renoncement me traversa, au point que je faillis rater la date finale.

Cinq anaphrases à formuler, cela frôle, pour mon esprit, l’impossible, avec, imposés, des mots  de cinq lettres minimum,  ceci m’évoquant un personnage du passé , surpris en train de pester, employant  ce  mot dit de « Cambronne », désormais passé à la postérité.

Je choisis d’abord de cultiver mon jardin, fournissant un travail non virtuel, mes mains souffrant d’être rêches, tandis que mon inspiration tournait en pleine sècheresse, à l’image de mes cultures.

Elles avaient bien besoin d’être cultivées, depuis longtemps, abandonnées,   aussi défraîchies que mes idées, qui tout comme ces friches nécessitaient, toute affaire cessante, d’ être binées.

Malgré tous ces avatars,  réfléchissant  et espérant que  l’inspiration ne s’arasât pas définitivement,  revenant  mode inventif, je songeais au jeu, ferrée malgré tout.

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Une histoire qui ne rime à rien

 Ecrit pour le Jeu 24: Quatre Rimes, proposé par
 
Revenons,maintenant, si le coeur vous en dit, à un classique du blog : une création poétique avec
Ce mois-ci, je suis sympa, je vous en offre généreusement quatre :
-art – isse – tique – ment
Aucune autre rime n’est autorisée, mais vous pouvez bien sûr utiliser des variantes orthographiques
(-ard, -are, -ice, -tic, -man…etc)
Le thème est entièrement libre…avec, néanmoins, deux petites contraintes :vous devrez évoquer, au moins une fois, dans votre poème, le printempset puis aussi  placer, (premier avril oblige), le mot poisson.
(GIF proposé par La Licorne)

Une histoire qui ne rime à rien

Quatre rimes, et puis c’est tout un art,

Sans artifice,

Ni feu de hasard.

Un jeu, et placer le tic,

Sans tac, évidemment,

Au risque d’être en retard.

Avez-vous déjà vu une horloge de gare,

Ses aiguilles qui glissent, qui glissent,

Printanières, à l’heure du changement.

Une horloge, ne craignez pas qu’elle endormisse,

Les lever-tôt, les coucher-tard.

Il lui suffit juste, nuitamment,

Superposer quatre sur trois, c’est tactique.

Pendant ce temps, dans votre plumard,

Le corps au repos, rêvant de délices,

Où donc passent ces minutes , élastiques?

Vous aurez beau, éperdument,

Les chercher, fouiller, fanatique,

Votre présent, votre passé, votre avenir, vainement,

Elles ont disparu, sans laisser traces, ni indices.

Mieux vaut, dans l’océan Atlantique,

Tenter de pêcher un poisson en chocolat suisse.

 

 

 

 

 

 
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Des mots désuets, mais pas muselés

Faisant suite au jeu 24,chez la Licorne et ses mots désuets, voici concernant ces mots français « oubliés » une proposition de la Licorne
Ma photo
 
A potron-jacquet, outrenavré et tout empli d’une ire irrépressible, 
ne prêtant nulle attention aux avisements de la gent féminine 
qui tentait de l’ensuaver et de l’emboiser , 
il se dirigea d’un bon pas vers la sylve voisine, 
flamberge au côté, décidé à occire derechef le hâbleur 
qui, en pleine cacoigne,
 venait de le traiter de coprolithe et d’orchidoclaste…
Levé très tôt*, se sentant encore humilié et sous l’emprise  d’une colère farouche,  n’écoutant pas les conseils  de sa compagne qui cherchait à l’apaiser et  le consoler, il fila rapidement vers la forêt proche, épée au côté, décidé à tuer sur le champ le vantard qui, méchamment, l’avait  traité de merde et de casse-couille…
*Oups! A potron-jacquet signifie le soir venu.
Et , enfin, pour terminer,
saurez-vous découvrir
 la définition des mots oubliés suivants ?
emberlucoter, s’emboucaner, bigotelle, enchifrené, argenteur, s’acagnarder, contre-aimer, galimafrée, margouillis, biscoter
 
 FAMEUSE MOUSTACHE**
Alangui et pensif, sur le divan
Incarnation parfaite de la bouche de Mae,
Qu’il aspirait tant à biscoter,
Salvador s’acagnardait.
Transporté par ce songe,
Où, céans,  il se figurait contre-aimé de la dive,
Il troquerait sa bigotelle pour la bagatelle,
Peu lui chalait sa fameuse moustache,
Sans margouillis, il irait,
Vain détail, point n’était besoin de s’en emboucaner,
Sinon  à l’encontre de la postérité,
Et ses adorateurs emberlucoter.
Enchifrené, il usa d’un carré de soie brodé,
Chiffres G et D enlacés.
Sitôt s’impressionnèrent images de ses muses,
Gala et Amanda,
Précieuses et femmes,
Pas du galimafrée,
Il était empressé à les retrouver,
Les célébrer.
Moustaches façonnées, hérissées,
Cornes de taureau,
Guidon de vélocipède,
Nanti  de l’autre symbole,
Sa béquille fameuse,
Nul besoin d’argenteur,
Pour en faire la valeur,
Il se leva,
Musardant, génie farceur,
En son musée.
 
 **Titre emprunté chez La licorne, qui, ainsi, a édité mon texte sur son blog.
 
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En tous biens, tous honneurs

Ecrit pour le JEU 24 : Mots désuets chezla Licorne

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines,  callipyge, chafouin, 
escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant,
mirifique, moult, paltoquet, potron-minet, pleutre, primesautier, 
pusillanime, rodomontades, subrepticement, subodorer
Parmi ces vingt mots, vous devrez en utiliser au moins dix…
 

EN TOUS BIENS, TOUS HONNEURS 

Au jeu des calembredaines, me voici convié.

De mes plus belles poulaines, chaussé,

Mon pourpoint, de dentelles, orné,

Venise, Calais, ou  Alençon,

Il n’en est pas ainsi de mon pantalon,

Troussé sans façon.

De  bons mots, ai empli mon escarcelle,

A brûle-pourpoint les citerai,

Espérant l’assistance enchanter.

Moult  demoiselles,

A cette soirée, sont priées,

A nous  contempler, ferrailler.

Plumes de paltoquets,

Rodomontades d’écervelés,

Quelques gougnafiers,

Écrivaillons,

Vers de miséreux.

Je m’en vais par la venelle,

Préparé à ce bel affront.

Plus tôt, après énergiques  ablutions,

Qui vous remettent d’aplomb,

Que n’ai-je présagé cette funeste vision.

Adieu Venise, Calais, Alençon,

Comment l’émoi d’une belle mériter.

Me voici, poète primesautier,

En mes atours, attaqué,

Au détour d’une ruelle,

Subrepticement l’imprévu s’est déclaré.

Mon escarcelle éventrée,

Mes mots d’esprit envolés,

Me voilà pleutre,

Dépenaillé,

Juste des larmes pour pleurer,

Fustiger et haïr ces  personnages,

Allures chafouines,

Acteurs de ma déconvenue.

Finir en galéjade,

Mirifique horizon bafoué

Me restent pusillanimes et vains,

Quelques traits que je croyais d’esprits,

Des poulaines avachies,

Un pantalon éculé,

Perruque de guingois,

Sous les broderies et lazzi,

Plus du tout gouleyants à mon esprit.

Je m’apprête à m’enfuir,

Voici que je crois ouïr:

« Damoiseau,

De votre personne  malmenée,

Fort bien tournée, ma foi,

Je ne sais laquelle me met le plus en émoi.

Et de vous consoler,

Grande envie j’eprouve.

Permettez que de votre parure,

J’efface le désordre. »

Par mes yeux, je la vis,

Callipyge, maintes fois rêvée.

Là, céans,

Ses sourires et soutien me cédant.

Je m’inclinais,

La baisais.

Dès potron-minet,

Je m’éveillais,

Convaincu d’avoir tout imaginé.

Elle était là, généreuse et offerte,

De partout et de ce séant,

Qu’aussitôt, de moi, désir vibrant,

De  l’honorer s’empara.

Lecteurs,  votre impudence, et sournoises pensées,

Je subodore,

Ne vous fourvoyez pas,

Ma demoiselle et moi,

Bien qu’épris follement,

Ont souci en amour de bien le faire,

Et  toute moralité confondue,

Vivre et narrer en poésie,

Le restant de notre vie.

 

 

 

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Le droit des animaux

Ecrit pourLICORNE,la Licorne
Jeu 23
Pour vous mettre en appétit, 

je vous propose un « Texte sandwich » .

Le principe en est tout simple :

je vous donne le début d’un texte et sa fin, 
et il s’agira de « réinventer » ce qu’il y a entre les deux…
Pour cette fois, j’ai pensé à un passage très très célèbre 
du « Petit Prince » de Saint-Exupéry,
celui de la rencontre avec le renard.

Le droit des animaux

C’est alors qu’apparut le renard:
– Bonjour, dit le renard.
– Bonjour, répondit poliment le petit prince, 
qui se retourna mais ne vit rien.
– Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
– Je suis un renard, dit le renard.
– Je me souviens de celui de ma grand-mère.
– Alors, tu en as déjà vu. Pourtant tu ne m’as pas reconnu.
– C’est que, elle le portait autour du cou. C’était doux, quand je le caressais. Toi aussi, tu appartiens à quelqu’un?
– Je ne comprends pas bien ta question. Le renard de ta grand-mère, il vivait chez elle?
– Je crois qu’elle le rangeait avec son vison, sa loutre et un chinchilla. J’aimais bien qu’elle ouvre son armoire à fourrures. Elle me disait:  » Ce sont mes doudous. » Et en même temps, j’étais un peu triste, parce qu’il y avait longtemps que je n’en avais plus. Maman, un jour, avait décidé que j’étais trop grand, elle n’a jamais voulu me dire où il était rangé. Alors, quand ma grand mère ouvrait son armoire, j’espérais que je le retrouverais avec les siens. Et je pensais, pourquoi Grand-Mère y a droit, à son âge et pas moi, aux doudous. Mais comme maman m’avait interdit d’en parler, je ne disais rien.
– Je te comprends. C’est très dur de perdre son doudou. Moi aussi, j’ai une histoire à te raconter. Il était une fois une famille de renards, appelée Fennec. Ces fennecs vivaient, mangeaient, dormaient dans le désert.
– Mais qu’est-ce qu’on mange dans le désert?
– Des souris, des oisillons, des lézards, des poissons, des insectes, des fruits quand il en trouve.
– Mais un renard Fennec, comment il boit dans ce désert?
– Il y a toujours quelque part, un point d’eau. Et puis le fennec n’a pas besoin de boire beaucoup, et trouve l’eau dans sa nourriture.
Dans cette famille Fennec, étaient nés deux petits.
– Cela ressemble à quoi un petit Fennec?
– A moi.  Une nuit, maman Fennec tendit ses oreilles, hurla. Puis, plus rien. Les deux petits attendirent, la fourrure chaude leur manquait; le lait aussi. Quand leurs yeux s’ouvrirent, ils firent connaissance l’un de l’autre. Il fallut qu’ils se débrouillent. Le plus malin des deux sortit la tête, il faisait très chaud, un éclair  éblouit leur vue toute neuve. Quand, le moins hardi put à nouveau distinguer la tanière, il était seul. Ses oreilles, enfin redressées, captèrent des grondements, des claquements. Puis ce fut le silence. Il apprit à chasser seul, la nuit, évitant les pièges du sable trop chaud, grâce à ses pattes poilues, utilisant ses oreilles pour entendre, mais aussi pour se ventiler. Il n’a jamais retrouvé sa famille. Mais il a entendu ces mêmes bruits que le jour de la disparition; il a senti une odeur inconnue, entendu d’étranges sons. Curieux
– Comme c’est triste, dit le petit prince, et regardant attentivement son nouvel ami, je crois que j’ai deviné, c’est toi le petit fennec de l’histoire.
– Oui, comment as-tu deviné?
– Parce que tu es un peu différent du renard de Grand-Mère. Premièrement, tu es vivant, deuxièmement tu as des oreilles plus allongées, troisièmement tu es plus petit.  Je voudrais bien t’aider à retrouver les autres.
– Il y a plus important; quand tu reviendras chez les hommes, rapporte-leur mon histoire; apprends-leur qu’un fennec est fait pour vivre dans le désert. Que ceux qui ont capturé sa famille ne sauraient, eux, pas vivre dans ce même désert, ils ne voudraient pas que leurs enfants, petits enfants soient enfermés dans une cage, eux qui sont tellement attachés à la liberté.

Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. 

Mais tu ne dois pas l’oublier.
Et puis, ne regrette plus ton doudou. Quand tu seras là-bas, souviens-toi de moi. Alors, tu sauras trouver les mots, pour les convaincre.
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Traditions

 

Ecrit pour le JEU des allitérations grossières  proposé par laLICORNE
Choisir deux ou trois des sons suivants
B, D, G, N, R, S, T
et les utiliser le plus souvent possible dans votre texte.
Inspiré d’une conversation avec mon petit fils, voici
 Traditions
Sitôt son repas refroidi, le roi Raoul, rapidement,  rota, et   illico presto, en public, sur la place du Parlement, péta.
roi-1
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Désordres, désirs, et soupirs

Ecrit pour le JEU des allitérations  proposé par laLICORNE
Choisir deux ou trois des sons suivants
B, D, G, N, R, S, T
et les utiliser le plus souvent possible dans votre texte.
La deuxième contrainte sera de placer dans votre texte plusieurs JURONS, de préférence inventés…et amusants !

Désordres, , désirs et soupirs

 

Digne, la duègne darda sans sourire ses yeux sur le sieur, ce disant prétendument, de Diane, le promis.

 » Ce dandy guindé semble assez sot. M’amuser à son insu  sera diantrement distrayant. » se souhaita la surannée et distinguée duègne.

  • Monsieur souhaite   sans tarder  s’entretenir au salon avec sa promise. Sachez que je me dois d’en dire deux mots au duc, sa seigneurie, dont  duchesse Diane, descendante est. Le duc dine et se délasse , faisant  somme instamment. Vous devrez donc durablement attendre, la fin de la  digestive et ducale sieste, céans sur ce siège.

Susurrant,  souriante et savourant ses mots, sur ce, tourne le dos à Didier, désemparé,  traits du visage dramatiquement déformés.

 » Diplodocus déplumé, salive de sorcière ensachée, à faire débander un doryphore doré débauché,  au diable idiote de gros dindon. »

  • Didier, doux adoré, que sont ces deux yeux, devenus diamants durs. A les regarder, de défaillir, dois je redouter? »
  • Diane, divine,déridez-vous. Perdu dans un dédale, disons-le, d’idées absurdes, je divaguais. Vous souriez si  soudain, délicat délice pour mon coeur, sitôt sauvagement assailli de saugrenues et insoutenables estampes.
  • Son sujet en serais-je?
  • Votre duègne décida  de vous, me faire languir.
  • Ma duègne, dites-vous. Ah,  la sotte sournoise, se sachant seule, assumant services, servantes et serviteurs jusqu’à ce soir, suppléant à mon père, de retour tardif dans la soirée.
  • Scélérate, s’est jouée de moi!
  • Comment donc, Didier, daignez de me renseigner sur son inconduite, supputant sa basse imposture.
  • Elle me fit accroire une sieste salvatrice post dinatoire, du duc, votre père.
  • A peine ai-je le dos détourné, qu’à la débauche, Diane,  vous vous empressez!
  • Duègne, dois-je vous dire, que vous voilà surprise,  stupidement, sans conteste, à outrepasser  soi-disant ordres.
  • Fi, donc demoiselle, décence et dignité, de vous,  dois  prendre garde. Ci-devant damoiseau,  d’un empressement suspect surgissant ainsi, à mon insu. Sursoir à mon devoir, dussè-je, duchesse, sans être coupable, danger déjà dans la place,vous faire courir?
  • Diantre duègne, de quel danger, discourrez-vous là? Je ne vois que sensible sieur Didier, désirant assidument courtiser sa promise.
  • Monsieur le duc, déjà de retour!
  •  De ma fille et de Didier,   à s’embrasser empressés,  sachez service assuré par  mes soins, sous  surveillance d’un débonnaire oeil, le mien. Simagrées sermonnés  en la chose sont singeries  nuisibles détestables, dévotions détournant la candeur de nos deux bienheureux tourtereaux. Discours déplacé, duègne, délaissez votre fardeau de dévote, duègne. Disposez, disparaissez dans d’autre endroit de cette demeure, en vos appartements.

Tournant jupons et noirceur d’âme, dissimulée en  savantes, sèches salutation et révérence, une duègne décontenancée, douloureusement se retira dans ses appartements, restant toutefois sur sa défensive, ruminant de sanglantes représailles.

Didier, Diane savouraient sans souci ces secondes sacrées, silences et soupirs scandés,   abandons désirés, délices devinés en tendres découvertes.

Le duc soupait, se délectant d’une daube, songeant, souriant, aux deux  tourtereaux, soupirant sous son toit ducal, tandis qu’une duègne déchue, dans des draps désespérément désertés, se morfondait.

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L’Arche de Noé

Ecrit pour le JEU 21 : A la façon de proposé par laLICORNE
En ce mois de septembre, nous délaisserons un peu l’alphabet: je vous demanderai cette fois un petit exercice de style
Il s’agira de raconter une histoire bien connue de tous »à la façon de »…
Le thème imposé sera: L’Arche de Noé
Vous avez toute latitude pour choisir l’auteur ou le poète que vous avez envie d’imiter…ainsi que le point de vue sous lequel vous souhaitez traiter le sujet…Ce peut être un texte historique, un délire plein d’humour…un documentaire animalier…ou un drame…Pour éviter toute surcharge de l’embarcation… la longueur du texte sera limitée à 1000 mots.
Je me suis essayé à la façon de Corneille.
Je devais déménager
La grande maison familiale,
Depuis des générations, habitée.
De la cave jusqu’au grenier,
Tout trier, classer.
Je découvrais,
Un parchemin, un tant soit peu malmené,
Que je parvins à déchiffrer.
Voici ce que je lus:
Chargé de menaces, sur nous le ciel s’avançait,
Et de son courroux n’allait point nous épargner.
Nous embarquâmes cinq cents; la nef remplie à ras.
Nous arrivâmes trois mille sur le Mont Ararat.
Tant de monde, soudain, quel était ce miracle?
Les moindres recoins avaient servi d’habitacle.
Autant, n’en avais pensé avoir recueilli.
Par de stupéfiantes images, fus assailli.
Les animaux, par paire, étaient montés.
Et voilà que trios, ils descendaient.
De ce mystère, j’en tirais supposées conclusions.
Durant la traversée,  nombreuses copulations,
De jour comme de nuit, avaient dû s’accomplir.
Aujourd’hui, je contemplais les fruits de ces désirs.
Par précaution, j’inscrivis les nouveaux venus.
A l’origine,  chat ne fait pas  chien, cela est  connu.
Volontaire stratagème de la nature,
Habilement, se chargeant de cette sinécure,
Evitant  fatales consanguinités,
Et trop conséquentes difformités.
Ainsi, caracolant, poneys d’Australie,
Côtoyaient cochons d’Inde, chiens de prairie.
La grue du Canada, prenant son envol,
Aussitôt ses pattes posées sur le nouveau sol.
Suivaient promptement un léopard des neiges,
Un chevalier solitaire, arborant grand plumage,
Accompagnés d’un tigre de Sibérie,
Sitôt, d’un fier berger allemand, suivi.
Des cales ventrues de l’arche, ininterrompu,
Un flux  d’êtres vivants, inédits et incongrus,
Livrait curieuses variétés  animales.
L’affaire, pardi, s’avérait peu banale.
S’il fallait encore que j’en fusse convaincu,
Par ma foi, notais-je un canard branchu,
Un urubu à tête rouge, une veuve noire,
Un gorfou sauteur, un guillemot à miroir,
Un courlis corlieu, un ratufa indica,
Un trombidion soyeux et un caracara.
Le jour avait accompli sa révolution,
Puis plusieurs s’étaient écoulées en succession,
D’autres créatures en nombre,  apparaissaient,
Nos hôtes, leur temps migratoire, avaient bien usé
Vaillamment, chacun se mettant sitôt en chemin,
Par delà les monts et les plaines, vers  leur destin.
Voici, que du dernier, le patronyme inscrivis.
Il me dit s’appeler diable de Tasmanie.
Devais-je y voir, céans, mauvais présage?
 Je n’ai pu lire la suite de ce récit, les pages semblant avoir été déchiquetées.
 



 

 

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Scoop ibérique

Ecrit pour le JEU 20 : Pangramme proposé par La LicorneLICORNE

Peinte par Watteau,

assise sur un fauteuil Voltaire,

une duègne, croquant, yeux fermés,

des caramels d’Isigny,

est un anachronisme.

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Scoop Wallonien

Ecrit pour le JEU 20 : Pangramme proposé par La LicorneLICORNE

Exquise,

une wallone native de Zétrud-Lumay,

buvait du kephir,

juchée sur un fringant dromadaire.

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