les plumes d’Asphodèle

Syzygie ou de l’influence de la lune sur les marées

Ecrit avec les mots de la récolte chez Émilie, pour Les Plumes d’Asphodèle

Thème proposé MARÉE

Horaire, variation, remous, haute, lune, oscillation, va et vient, vent ,mascaret, plage, brouillard, grain, sygyzie, basse

 

Syzygie ou de l’influence de la lune sur les marées

– Mais arrête de tirer la couverture à toi !

– Je ne peux pas faire autrement. C’est l’heure de mon éclipse.

– Quoi ? Qu’ess’t’as dit là ?

– Je m’éclipse.

– Non mais, ça va pas ! Et comment je vais faire tout seul moi ? Avec ces tonnes d’eau, à leur faire faire le va et vient, à les tirer sur les plages, à les retirer avec tout ce sable, en plus !

– Tu procèderas par petites oscillations, tu lècheras la plage délicatement, comme ça les gens auront le temps de reculer, sans avoir leurs serviettes trempées. Ça c’est pour la marée haute. Pour la marée basse, tu glisseras doucement,  et surtout, fait crépiter les petites vaguelettes. Très important, aussi, veille à dessiner sur le sable des ondulations.

– Quoi ! Il faut que je fasse le coiffeur ! Et le varech, je lui fais un indéfrisable, peut-être !

-Bon, tu notes les horaires: 05h53 pour la pleine mer…

-Et je dors quand, moi ?

-Jamais

-Oui, mais il faut que je fasse de la muscu.

– Une autre fois. 11h48 pour la basse mer et 17h49 pour la haute mer. Et estimes-toi heureux, ce sont de petits coefficients. Sinon tu aurais dû pousser l’océan sur plus de 150 kilomètres, dans l’estuaire et au-delà. Attention, s’il y a du brouillard, ne va pas n’importe où. Regarde-bien devant toi, où tu t’arrêtes. Ne va pas nous faire un raz de marée.

-Et j’y vois comment moi ? T’as des essuie-glaces à me prêter ?

– T’inquiètes, y’en aura pas. Par contre, du vent, je ne dis pas.

-FFFFou;  et si le vent me pousse trop fort, que j’ai pas assez de forces pour l’arrêter, avec quoi je freine ?

-T’inquiètes, c’est pas sûr qu’y en ait.

-C’est pas sûr, c’est pas sûr. Et si y’en a.

– Débrouille toi. Faut que je m’éclipse.

– Débrouille-toi, qu’elle a dit. Bon j’y vais. À nous deux, monsieur Atlantique. Mais dis-moi, toi, tu pourrais pas le faire tout seul, le boulot ?

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

– Alors raconte-moi. Ça a été.

-Impec. Des vagues hautes comme ça, on a fait du surf sur la Dordogne, il y avait plein de gens à nous regarder passer; c’est chouette le mascaret. Dis c’est quand que tu en refais un.

-Mais deux fois par jour, on peut le voir, le mascaret. Attends, tu as bien dit que vous aviez surfé sur la Dordogne ?

-Oui, et si t’avais vu les remous que ça faisait ? Qu’est-ce que je me suis bien amusé .

-Je comprends pas, les coeff. étaient de 87 et 88. Tu es sûr ? C’est pas normal. Qu’est-ce que tu as trafiqué ?

– Moi rien. C’est monsieur Atlantique qui a tout fait. Il m’a dit: laisse-moi les commandes et on va leur faire un petit raz de marée, qu’ils s’en souviendront longtemps.

– Quoi! Vous avez…fait quoi ?

-T’as pas lu les journaux ?  » Pendant que la lune se faisait la belle, le premier  quartier maitre, ayant pris les commandes, anime de concert avec Atlantique, un gigantesque orchestre, jouant à la perfection une variation de la Mer de Debussy. «  Alors, satisfaite ?

-J’ai loupé ça ! J’espère que tu vas recommencer. J’aimerais bien  assister au concert.

-Moi, j’ai fait mon job. Cherche dans les enregistrements. Le morceau s’appelle Syzygie.

 

Pour tout savoir sur le phénomène mascaret, clic sur les vagues:

 

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Un kot n’est pas un belge volatile.

Écrit pour les Plumes d’Asphodèle, chez Émilie, et ses petits cahiers

avec les mots proposés pour ABRI:

Sécurité, jardin, créativité, nichoir, kot, cocooner, protéger, courir, claquemurer, pensées, cabane, bras, bon

 

Un kot n’est pas un belge volatile

Une liste de mots, et un intrus, le belge kot.

Ce serait bien rigolo,

Pensais-je in petto,

Que cela s’apparente à notre cot,

Cot, codet.

Si répandu parmi nos tendres poulettes.

Que nenni,

Le dictionnaire m’apprit ceci:

« Un kot (ou kotje, petit kot) est un logement privé loué à des étudiants

Pendant l’année scolaire ou universitaire en Belgique. »

C’est mignon tout plein,ce petit kot, agrémenté du suffixe je,

Me rappelant mes cours d’allemand,

En suspens pour un certain temps.

Mais voilà-t-il pas que venant du flamand,

Ce mot signifie petit abri, niche, cabane.

Et cela tombe bien ainsi…

Zut, j’ai oublié taudis,

 Placard ou kot à balai…

Donc voici un autre mot placé,

Sans chercher,

Comme, du ciel,tombé .

Oui, bon, ceci est une image,

Parce que, si c’était le  cas,

Pour ce qui est de la sécurité,

Ce serait plus simple, dans la dite cabane, s’y claquemurer.

Imaginez vous , tranquillement, dans votre jardin, vous balader,

Humer  roses épanouies, jusqu’à l’ivresse embaumées, de soleil gorgées,

Une ombre, soudain déployée

Un nuage …

Une cabane fond (façon de parler) sur vous à la vitesse de l’éclair.

Il faut courir, chercher refuge dans la cabane au fond du jardin tout vert.

Quoi, serait-elle arrivée avant moi ?

Question créativité, même un nichoir,

Construire ne saurais.

J’en suis là de mes pensées,

Quand me traverse une  idée !!!

Je ne vais pas rester là les bras croisés,

Ni me faire cocooner.

D’autant que, par les temps qui courent, attention, danger.

C’est décidé

Le belge, ses langagières particularités,

Je vais étudier.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le portrait fatal

 

Ecrit pourlogo-reduit-ecriture-creativedu mois de mars. Proposition 145. Explications en fin de page.

Et proposé pourlogo-poesie

 

Le portrait fatal

Je ne suis plus d’ailleurs,

Mon aujourd’hui se détisse,

A la triste lueur qui reste de mon âme.

Demain n’est pas venu,

Où ma vie ne s’exprime plus.

Je ne suis plus de la-bas,

Encore en fuite de mes espoirs,

Pouvoirs flétris,

Mondanité des illusions.

Le bonheur, dérisoire chiffon,

Trempé de hontes et renoncements.

Je ne suis plus, dérivant,

A la merci d’une vague d’amertume,

Perdu dans l’océan indifférence,

Mendiant l’humanité,

Mes semblables s’irritent,

Combat de l’ignorance,

Juste une lueur,

Respect pour ce que je donne,

Et non ce qu’ils croient de moi.

Le bien ici, mal ailleurs,

Une vie sans destin,

Une partance en fuite,

Migrant de l’éternité.

Un certain critique littéraire de l’époque, M. Eugène Crepet a eu la bonne idée d’acquérir à la vente de Poulet-Malassis, l’original des liasses de manuscrits ébauchés de Baudelaire. En dépouillant ce monceau de notes rapides, d’ébauches encore vagues, de feuillets où Baudelaire jetait sa pensée toute chaude, il est arrivé à dresser une liste considérable d’œuvres projetées que Baudelaire n’a pas pu écrire avant de mourir et dont les titres, souvent bizarres, ne devaient certainement pas être définitifs.

Ces titres sont les suivants : Le marquis invisible. Le portrait fatal. L’amour parricide. L’almanach. La fin du monde. Pile ou face. Le triomphe du jeune Boniface. La Licorne. La maîtresse de l’idiot. Une brebis galeuse. Une infâme adorée. L’automate. Les enseignements d’un monstre. Le crime au collège. Le catéchisme de la femme aimée. Le mari corrupteur. Les monstres. Les heureux de ce monde. Le monde sous-marin. Une ville dans une ville. Les mineurs. Le rêve prophète. Le prétendant malgache. Le fou raisonnable et la belle aventurière. Le déserteur. Le boa. Une rancune.

Vous choisirez l’un de ces titres et tisserez votre texte en conséquence. A la manière de Baudelaire, vous l’écrirez en vers ou en prose, en nouvelle ou en récit et l’adapterez à notre époque actuelle.

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Si peu, mais quelques mots.

 Proposé pourchromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1, un poème du recueil de poésies « Si peu, mais quelques mots » d’Alain Boudet(2006)

 Si peu, mais quelques mots

Tu aiguises les mots
comme d’autres les couteaux
pour trancher dans le vif
des peines et des peurs

Tu voudrais capturer l’espoir
dans le filet fragile de tes yeux
et prendre pour abri
une parole douce

Tu voudrais que la poésie
soit un peu de douceur
sur la peau des choses

Et tu n’es pas le seul.

Alain Boudet

 

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Abandon

Ecrit pour  logo-poesie

Abandonabandon

Un arbre dément

Hisse ses branches, haut vers le ciel.

Une neige, les doigts gourds,

Peint en sourdine,

Des échos cafardeux.

Une fumée trace

Des nuages essuyés

D’un coup de chiffon poussiéreux.

Le jour se lève,

Fatigué déjà,

Une pesante peine

Le fige dans l’ennui.

 

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Léo et Léa

Proposé pourchromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1

 

Léo et Léa

Tu me vas bien. Dans ta grande veste et tes bras,
je me sens au complet. Les percussions de nos deux
cœurs canardent mes tripes. Le tien, le mien.
Avec toi je franchirai les murs qui nous tiennent tête.
On sonne le début des cours. A nous le silence,
la partition codée, les messages. Le prof dessine des
droites qui se rencontreront un jour.

© Françoise Lison-Leroy

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Poésie automatique

Ecrit pour logo-poesie

Poésie automatique

Je ne pense pas,

Je poétise,

Je ne pense pas poétiser,

Je poétise sans penser.

Je, moi, poésie,

Trois petits mots,

Trois émois, mot à mot,

Penser les mots, et moi, je.

 

 

 

 

 

 

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Un intervalle de silences

Ecrit pourlOGO POESIE

Un intervalle de silences

L’orchestre monologue

A perdu son chef.

Chaises et chevalets

S’emmêlent et s’enchevêtrent.

Au plafond, la baguette

S’ accroche.

Partitions effeuillées

Notent un solo pour orpheline,

Intervalles adoptés

Pour silences et soupirs,

D’un orchestre abandonné.

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Fanfreluches et rumeurs

Ecrit pour LES PLUMES 50Résultats de la collecte pour « célébrité » – mars 2016: Vedette, fragiliser, fortune, film, projecteur, fumé, paparazzi, fanfreluche, réputation, prétention, chanteur, oublier, local, gros, météorite, étoile, talent, chaleur, lumineux, diva,  barricader, moi.

Fanfreluches et rumeurs

Au pays des fanfreluches, j’ai rencontré une rumeur.

Elle tentait de faire fortune.

Comme elle avait peu de talent, elle partit en fumée.

Cependant, tout ne fut pas oublié.

Et les projecteurs de la médisance, un instant éclairés,

Attirèrent comme mouches à miel, de nombreux paparazzi.

Barricades furent dressées, pour éloigner ces colporteurs en mauvaise réputation.

Tomba alors une nouvelle, qui fit un effet météorite.

De cette histoire, un film, ici-même, allait être tourné.

Fanfreluches en célébrité, on n’avait jamais vu ça.

Comment alors faire pour ne pas en être fragilisé?

Se protéger des prétentions, ne faire ni jaloux, ni envieux.

Que la chanteuse locale ne se croit  devenue diva.

Que tout un chacun ne prenne la grosse tête,

Tirant couverture à soi.

Moi-même, venu pour les fanfreluches,

Eus du mal à ne pas jouer les vedettes.

Pourtant, quoi de plus banal,

Etre attiré par des étoiles, leurs  lumineuses auras,

Rester à les contempler, sans comprendre pourquoi

Elles dégagent aussi peu de chaleur.

PLUMESimages

 

 

 

 

 

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52 nuances de vert- Le rayon vert-

Inspiré par Les 52 nuances de vert, poésie, chez Valentyne et pour Les jeudis en poésie chez Asphodèle.

 

Le rayon vert

Sur la céleste toile,

Son pinceau,

Un peintre a laissé trainer.

Trace éphémère,

D’un rayon vert.

 

 

RAYON VERTIMG_9662b

 

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