les plumes d’Asphodèle

Iodler au présent, comme par le passé.

Écrit pour LES PETITS CAHIERS d’ÉMILIE, thème de la récolte: ÉCHO

MONTAGNE MODE RAGOT RADAR CORBEAU IODLER BOOMERANG HOQUET RÉSONANCE JOURNAL GRONDER PROFOND GLACIAL

Iodler au présent, comme par le passé.

– Qu’est-ce que tu écris ? Ah, mais mademoiselle a  une punition ! Mademoiselle ne l’avait pas dit ! Qu’est-ce que tu as fait cette fois ci ? La dernière fois, c’était le boomerang , je t’avais interdit d’y toucher, mais non mademoiselle voulait faire voir à ses copines, et mademoiselle a cassé la vitre de la poste; encore heureux que la postière ait pas eu une attaque, mais juste le hoquet, depuis elle n’arrête pas. Tu parles si c’est pratique. Il parait que son corps est une véritable caisse de résonance. Et puis, la queue qu’il faut faire, le temps qu’elle te dise bonjour, vous désirez, qu’elle te le donne, qu’elle te dise au-revoir, et par dessus le marché, il fait un froid glacial, parce que bien sûr,le carreau n’a pas encore été remplacé . Qu’est-ce qui te fait rire ?

-J’imagine le hoquet enroué de la postière.

-Qu’est-ce que t’es bête ! Et je rigole là, alors que je devrais te gronder.

-Ça lui passera. Et pendant ce temps, elle arrête de raconter des ragots, cette vieille bique.

– Vieille bique ! Elle a mon âge !

-Oui, mais toi, maman, c’est pas pareil !

– Bon, cette punition ?

-Ben, j’ai vu dans le journal un concours de musique. Et je voulais m’inscrire. Mais j’ai failli louper la date d’inscription. Alors, la maitresse, un vrai radar celle-la, non mais j’te jure, elle devine toujours quand on fait autre chose que l’écouter. Je sais pas comment elle fait…Elle m’a pris le journal, et maintenant c’est trop tard pour l’inscription, et puis, y’en a pleins qui y participent, et puis pas moi…

-Et c’est quoi la punition ? « Je iodle, tu iodles, Elle iodle, Nous iodlons, vous iodlez Elles… » tu en as pour longtemps ?

-Je dois le conjuguer à tous les temps, tous les modes, toutes les pers…

-Et pourquoi le verbe iodler ?

-C’est le concours où je voulais aller.

-Et depuis quand tu iodles, toi ? C’est quoi cette nouvelle mode ?

-C’est pour apprivoiser les corbeaux .

– Les corbeaux, manquait plus que ça ! Je suis en train de faire un cauchemar ! Je vais me réveiller. Et, toi, tu rigoles…

-C’est une blague !. Par contre, il y a un garçon qui me plait bien et qui chante; c’est pour ça que je m’entraine à iodler; et j’ai essayé dans la classe; je croyais qu’elle m’entendrait pas…

-Alors, l’inscription, c’était faux, et maintenant tu veux que je te crois. Et où répétez-vous, en dehors de la salle de classe ?

-Je te jure que c’est vrai.

-Que vous iodlez à l’école ?

-Non, pour chanter on se retrouve dans la montagne. Si tu l’entendais. Il est tellement doué. Quand il fait la voix aigüe, et tout d’un goût, c’est grave, ça sort du plus profond de son ventre, j’en ai des frissons. Et en plus, on entend les autres qui lui répondent. C’est magique !

-En attendant, continue ta punition, et compte pas sur un miracle, pour qu’elle s’écrive toute seule.

 

 

 

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Une journée ordinaire

Écrit pour Les petits cahiers d’Émilie, suite à la récolte de mots, le thème étant DÉLICE

Pâtisserie, amour, sucre, orgue, sel, fraise, sortilège, caprice, trio, famille, cookie, douceur, écoeurant.

 

Une journée ordinaire

Ce moment rien qu’à moi..le café de midi, touilltouilltouilltouill, flûte, j’ai pas fait ma gym…bof, demain. J’ai quoi, pour faire les cookies, la farine, il m’en reste, des oeufs, du sucre…mais pourquoi je fais des cookies?…Ah! Oui, Marie-Jo a proposé le mot, chez Émilie. C’était beau, hier, à la télé, le mariage de Charles et Diana. Un peu de douceur dans ce monde de brutes…en plus, j’ai pu faire mon repassage en même temps…dommage que le curé n’ait pas voulu faire jouer « Les canons de Pachelbel », il a dit que ça ne se jouait pas à l’orgue…j’adore ce morceau, si je pouvais je me le passerais en boucle…mais c’était un beau mariage, j’avais une belle robe, je sais pas si j’y entrerais encore…té, voilà mon trio infernal préféré.  » Mes chéris, vous vous êtes bien amusés ? »  » On a joué au bain de boue…tu sais comme quand on a été voir Tatie à Châtel Guyon. » « Oui, je vois ça,. Mes amours, allez vite vous débarbouiller et vous changer. Je vous ai préparé des cookies, pour quatre heures. »  Quand j’ai su que j’allais avoir des triplés… « Vous êtes sûr, vous vous êtes pas trompé, vous voulez pas vérifier ?…, au-revoir, merci Docteur »…des triplés. trois petites crevettes, qui avaient tout le temps faim, tout le temps envie de, besoin de…le boulot !!!  » Ça y est ? Vous êtes propres, les oreilles, le nez, tout ? »  » Ils shont bons tes gâteaux, maman, tu m’apprendras à les faire. » Celui-là, le plus gourmand, il passerait son temps à faire de la pâtisserie.  » Maman, les fraishes shont mûres. On pourra aller en cueillir, tout à l’heure ? » » Maman, she l’ai vu, il en a déshà manshé tout pleins. » « Sh’est pas vrai, menteur ! » « Shi, ch’est vrai ! » « Arrêtez de vous chamailler, vous postillonnez du gâteau, partout! » La tête qu’ils avaient fait, un saladier plein à ras bord… j’avais mis du sel, au lieu du sucre. on les avait rincées, rerincées,  elles étaient parfaitement mangeables. La fois où du  liquide vaisselle était tombé dans la passoire, où y’avait les pâtes.  J’allais pas recommencer à en faire cuire. Bien rincées, personne avait rien dit. Je leur ai raconté après.  « Papa !!!! » Voilà, ma petite famille  au complet. Le repas du soir, fraises y compris, a été mangé, commenté  » Chouette, du Caprice des Dieux, mon fromage préféré ! »

 

 

 

 

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Syzygie ou de l’influence de la lune sur les marées

Ecrit avec les mots de la récolte chez Émilie, pour Les Plumes d’Asphodèle

Thème proposé MARÉE

Horaire, variation, remous, haute, lune, oscillation, va et vient, vent ,mascaret, plage, brouillard, grain, sygyzie, basse

 

Syzygie ou de l’influence de la lune sur les marées

– Mais arrête de tirer la couverture à toi !

– Je ne peux pas faire autrement. C’est l’heure de mon éclipse.

– Quoi ? Qu’ess’t’as dit là ?

– Je m’éclipse.

– Non mais, ça va pas ! Et comment je vais faire tout seul moi ? Avec ces tonnes d’eau, à leur faire faire le va et vient, à les tirer sur les plages, à les retirer avec tout ce sable, en plus !

– Tu procèderas par petites oscillations, tu lècheras la plage délicatement, comme ça les gens auront le temps de reculer, sans avoir leurs serviettes trempées. Ça c’est pour la marée haute. Pour la marée basse, tu glisseras doucement,  et surtout, fait crépiter les petites vaguelettes. Très important, aussi, veille à dessiner sur le sable des ondulations.

– Quoi ! Il faut que je fasse le coiffeur ! Et le varech, je lui fais un indéfrisable, peut-être !

-Bon, tu notes les horaires: 05h53 pour la pleine mer…

-Et je dors quand, moi ?

-Jamais

-Oui, mais il faut que je fasse de la muscu.

– Une autre fois. 11h48 pour la basse mer et 17h49 pour la haute mer. Et estimes-toi heureux, ce sont de petits coefficients. Sinon tu aurais dû pousser l’océan sur plus de 150 kilomètres, dans l’estuaire et au-delà. Attention, s’il y a du brouillard, ne va pas n’importe où. Regarde-bien devant toi, où tu t’arrêtes. Ne va pas nous faire un raz de marée.

-Et j’y vois comment moi ? T’as des essuie-glaces à me prêter ?

– T’inquiètes, y’en aura pas. Par contre, du vent, je ne dis pas.

-FFFFou;  et si le vent me pousse trop fort, que j’ai pas assez de forces pour l’arrêter, avec quoi je freine ?

-T’inquiètes, c’est pas sûr qu’y en ait.

-C’est pas sûr, c’est pas sûr. Et si y’en a.

– Débrouille toi. Faut que je m’éclipse.

– Débrouille-toi, qu’elle a dit. Bon j’y vais. À nous deux, monsieur Atlantique. Mais dis-moi, toi, tu pourrais pas le faire tout seul, le boulot ?

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– Alors raconte-moi. Ça a été.

-Impec. Des vagues hautes comme ça, on a fait du surf sur la Dordogne, il y avait plein de gens à nous regarder passer; c’est chouette le mascaret. Dis c’est quand que tu en refais un.

-Mais deux fois par jour, on peut le voir, le mascaret. Attends, tu as bien dit que vous aviez surfé sur la Dordogne ?

-Oui, et si t’avais vu les remous que ça faisait ? Qu’est-ce que je me suis bien amusé .

-Je comprends pas, les coeff. étaient de 87 et 88. Tu es sûr ? C’est pas normal. Qu’est-ce que tu as trafiqué ?

– Moi rien. C’est monsieur Atlantique qui a tout fait. Il m’a dit: laisse-moi les commandes et on va leur faire un petit raz de marée, qu’ils s’en souviendront longtemps.

– Quoi! Vous avez…fait quoi ?

-T’as pas lu les journaux ?  » Pendant que la lune se faisait la belle, le premier  quartier maitre, ayant pris les commandes, anime de concert avec Atlantique, un gigantesque orchestre, jouant à la perfection une variation de la Mer de Debussy. «  Alors, satisfaite ?

-J’ai loupé ça ! J’espère que tu vas recommencer. J’aimerais bien  assister au concert.

-Moi, j’ai fait mon job. Cherche dans les enregistrements. Le morceau s’appelle Syzygie.

 

Pour tout savoir sur le phénomène mascaret, clic sur les vagues:

 

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Un kot n’est pas un belge volatile.

Écrit pour les Plumes d’Asphodèle, chez Émilie, et ses petits cahiers

avec les mots proposés pour ABRI:

Sécurité, jardin, créativité, nichoir, kot, cocooner, protéger, courir, claquemurer, pensées, cabane, bras, bon

 

Un kot n’est pas un belge volatile

Une liste de mots, et un intrus, le belge kot.

Ce serait bien rigolo,

Pensais-je in petto,

Que cela s’apparente à notre cot,

Cot, codet.

Si répandu parmi nos tendres poulettes.

Que nenni,

Le dictionnaire m’apprit ceci:

« Un kot (ou kotje, petit kot) est un logement privé loué à des étudiants

Pendant l’année scolaire ou universitaire en Belgique. »

C’est mignon tout plein,ce petit kot, agrémenté du suffixe je,

Me rappelant mes cours d’allemand,

En suspens pour un certain temps.

Mais voilà-t-il pas que venant du flamand,

Ce mot signifie petit abri, niche, cabane.

Et cela tombe bien ainsi…

Zut, j’ai oublié taudis,

 Placard ou kot à balai…

Donc voici un autre mot placé,

Sans chercher,

Comme, du ciel,tombé .

Oui, bon, ceci est une image,

Parce que, si c’était le  cas,

Pour ce qui est de la sécurité,

Ce serait plus simple, dans la dite cabane, s’y claquemurer.

Imaginez vous , tranquillement, dans votre jardin, vous balader,

Humer  roses épanouies, jusqu’à l’ivresse embaumées, de soleil gorgées,

Une ombre, soudain déployée

Un nuage …

Une cabane fond (façon de parler) sur vous à la vitesse de l’éclair.

Il faut courir, chercher refuge dans la cabane au fond du jardin tout vert.

Quoi, serait-elle arrivée avant moi ?

Question créativité, même un nichoir,

Construire ne saurais.

J’en suis là de mes pensées,

Quand me traverse une  idée !!!

Je ne vais pas rester là les bras croisés,

Ni me faire cocooner.

D’autant que, par les temps qui courent, attention, danger.

C’est décidé

Le belge, ses langagières particularités,

Je vais étudier.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le portrait fatal

 

Ecrit pourlogo-reduit-ecriture-creativedu mois de mars. Proposition 145. Explications en fin de page.

Et proposé pourlogo-poesie

 

Le portrait fatal

Je ne suis plus d’ailleurs,

Mon aujourd’hui se détisse,

A la triste lueur qui reste de mon âme.

Demain n’est pas venu,

Où ma vie ne s’exprime plus.

Je ne suis plus de la-bas,

Encore en fuite de mes espoirs,

Pouvoirs flétris,

Mondanité des illusions.

Le bonheur, dérisoire chiffon,

Trempé de hontes et renoncements.

Je ne suis plus, dérivant,

A la merci d’une vague d’amertume,

Perdu dans l’océan indifférence,

Mendiant l’humanité,

Mes semblables s’irritent,

Combat de l’ignorance,

Juste une lueur,

Respect pour ce que je donne,

Et non ce qu’ils croient de moi.

Le bien ici, mal ailleurs,

Une vie sans destin,

Une partance en fuite,

Migrant de l’éternité.

Un certain critique littéraire de l’époque, M. Eugène Crepet a eu la bonne idée d’acquérir à la vente de Poulet-Malassis, l’original des liasses de manuscrits ébauchés de Baudelaire. En dépouillant ce monceau de notes rapides, d’ébauches encore vagues, de feuillets où Baudelaire jetait sa pensée toute chaude, il est arrivé à dresser une liste considérable d’œuvres projetées que Baudelaire n’a pas pu écrire avant de mourir et dont les titres, souvent bizarres, ne devaient certainement pas être définitifs.

Ces titres sont les suivants : Le marquis invisible. Le portrait fatal. L’amour parricide. L’almanach. La fin du monde. Pile ou face. Le triomphe du jeune Boniface. La Licorne. La maîtresse de l’idiot. Une brebis galeuse. Une infâme adorée. L’automate. Les enseignements d’un monstre. Le crime au collège. Le catéchisme de la femme aimée. Le mari corrupteur. Les monstres. Les heureux de ce monde. Le monde sous-marin. Une ville dans une ville. Les mineurs. Le rêve prophète. Le prétendant malgache. Le fou raisonnable et la belle aventurière. Le déserteur. Le boa. Une rancune.

Vous choisirez l’un de ces titres et tisserez votre texte en conséquence. A la manière de Baudelaire, vous l’écrirez en vers ou en prose, en nouvelle ou en récit et l’adapterez à notre époque actuelle.

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Si peu, mais quelques mots.

 Proposé pourchromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1, un poème du recueil de poésies « Si peu, mais quelques mots » d’Alain Boudet(2006)

 Si peu, mais quelques mots

Tu aiguises les mots
comme d’autres les couteaux
pour trancher dans le vif
des peines et des peurs

Tu voudrais capturer l’espoir
dans le filet fragile de tes yeux
et prendre pour abri
une parole douce

Tu voudrais que la poésie
soit un peu de douceur
sur la peau des choses

Et tu n’es pas le seul.

Alain Boudet

 

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Abandon

Ecrit pour  logo-poesie

Abandonabandon

Un arbre dément

Hisse ses branches, haut vers le ciel.

Une neige, les doigts gourds,

Peint en sourdine,

Des échos cafardeux.

Une fumée trace

Des nuages essuyés

D’un coup de chiffon poussiéreux.

Le jour se lève,

Fatigué déjà,

Une pesante peine

Le fige dans l’ennui.

 

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Léo et Léa

Proposé pourchromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1

 

Léo et Léa

Tu me vas bien. Dans ta grande veste et tes bras,
je me sens au complet. Les percussions de nos deux
cœurs canardent mes tripes. Le tien, le mien.
Avec toi je franchirai les murs qui nous tiennent tête.
On sonne le début des cours. A nous le silence,
la partition codée, les messages. Le prof dessine des
droites qui se rencontreront un jour.

© Françoise Lison-Leroy

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Poésie automatique

Ecrit pour logo-poesie

Poésie automatique

Je ne pense pas,

Je poétise,

Je ne pense pas poétiser,

Je poétise sans penser.

Je, moi, poésie,

Trois petits mots,

Trois émois, mot à mot,

Penser les mots, et moi, je.

 

 

 

 

 

 

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Un intervalle de silences

Ecrit pourlOGO POESIE

Un intervalle de silences

L’orchestre monologue

A perdu son chef.

Chaises et chevalets

S’emmêlent et s’enchevêtrent.

Au plafond, la baguette

S’ accroche.

Partitions effeuillées

Notent un solo pour orpheline,

Intervalles adoptés

Pour silences et soupirs,

D’un orchestre abandonné.

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