Un FAUTEUIL, plus loin…

Commencé le 5 novembre 2016 à 18 heures 09, terminé ce jour, et proposé pour

Le thème de l’agenda ironique de décembre, chez coquelicotetcompagnie, « Mondes invisibles »

Un FAUTEUIL, plus loin…

« Accrochée à la paroi nord du Trou Noir , je sortais  mon couteau transgenre,  lorsque je me sentis agrippée, que dis-je agressée,on me transplantait des pitons,  on me crochetait, on me  transperçait. Tentant une translation, l’assaillant  transita en même temps, nous transformant sans transition en une chose intranscriptible. Comment? Intranscriptible n’existe pas dans le dictionnaire? Et la chose, là, vous pouvez me la traduire, vous? Comment? Intraduisible? A moi de trouver un transcodage! Merci, veuillez transmettre mes salutations à l’ Intransigeant. 

Nous voici, la transchose et moi…ça n’existe pas? Encore vous, le transfuge de l’Intransigeant,  laissez moi transfuser comme je l’entends, et fichez-moi une transcendantale paix.

Nous voici, la transchose et moi, transbahutées, nous cognant paroi sud, nord, est, ouest, à en perdre son transalpin, loin des transports et autres transes. »

Mais voici qu’aujourd’hui, en temps réel, heure aussi, minutes, secondes, je me rebranche à cette histoire, emmitouflée dans un manteau de rêveries, espérant que le réveil me sera plus facile qu’à Walachniewicz,  faut le voir, pour le croire, et pendant que le Dodo, perd son temps à la poursuite de celui-ci,  » y’en a, j’te jure, z’ont rien d’autre à faire, en plus y fait que dormir dans son histoire, si si, j’vous jure, allez-zy voir par vous-même, et vous verrez si c’est pas la vérité », et a laissé tomber comme une vieille chaussette, enfin, plutôt comme un vieux sofa, dans le domaine blogosphérien public, une rocambolesque affaire suspecte et tout et tout, reprise au vol par des braves, et bénévoles en plus, larbins de la plume, sans pour autant devenir nègres de Monsieur Dodo. J’ai nommé Jean Marie et Le fauteuil 3, Une patte dans l’encrier et nous voici à l’orée du trou noir, orée, que dis-je, à l’orifice du trou noir.

Alors là, je ne sais ce qui m’a pris de m’y aventurer, voir plus haut, et puis plus rien, même pas une voix voie de rocker pour me chanter « Noir c’est noir »; c’était sans espoir. Oui, je sais voi avec un e, et pas x, rappelez-vous, nous sommes en train de nous tailler un repli dans la roche…ah, mais non, ça me revient, aille, je suis pleine de bleus, des bosses partout, même celle des maths.  » Miaou ». ????? »Mi-A-OU » Où, où ça? Alors s’élève un chant de miaous soprano. Une Patte aurait-elle plus d’une corde vocale à son arc? Et puis j’entends non pas une soprano, mais un deuxième chat. Tenez, écoutez vous-même.

 Et pendant que vous écoutez, je fouille dans ma poche, rencontre une patte doucement poilue, entends ronronner… mais alors, qui mi-a-oule si bien?

Alors, je comprends tout, nous avons atterri dans une fosse d’orchestre, et assistons en direct à un merveilleux duo, Duetto buffo di due gatti, de Rossini.

  • Miaou, Robert Lucas de Pearsall
  • Oui, c’est moi.
  • Miaou, non, pas possible. Enchanté.

Qu’est-ce que je raconte? Je ne suis pas du tout Robert Lucas de Pearsall. Je suis…

  • Miaou, Jacou.
  • Co…comment t’as deviné?
  • Miaou, j’ai lu ton commentaire chez Une Patte. Veux-tu que je te le rappelle.
  • N…non, merci. Je m’en souviens très bien.
  • Le 5 novembre 2016, à 11heures 37, très exactement tu as é…
  • Mais puisque je t’ai dit que je m’en souviens! Tu m’agaces, à la fin!
  • …cris:« Ce trou noioioioioir m’inspire…pour une suite. A bientôt, à moins que… »
  • Oui, bon, mais j’avais rien promis, je ne m’étais engagé à r…bon, on la finit, cette histoire, oui ou non? Au lieu d’ergoter sur des dates et que j’ai gnagnagna…
  • Mi-aaaaa-ouououou.

N’est pas diva qui veut, nous dûmes sortir sous les huées; un carnet atterrit à mes pieds.

  • Alors, comme ça, je perds mon temps. Heureusement qu’il y en a qui écrivent, pendant que d’autres se la coulent douce dans des fauteuils…
  • Se la couler douce, se la couler douce; j’aurais voulu vous y voir, quand on a dérapé dans le trou noir…c’est pas vous qui êtes pleins de bleus, de bosses…
  • Ça se voit que vous n’avez pas lu Le téléphone sonne fort,  ni Embrouilles dans la brume.

Pendant ce temps, la foule s’est rapprochée. Très fort ce Carnets, il en profite pour faire sa pub. S’il croit que je vais moi aussi, tomber dans le panneau!

  • Et vos nègres, ils en pensent quoi de leurs heures passées à jouer les remplaçants?
  • Mes nègres? Que voulez vous dire?
  • Et bien, Jean Marie et Une Patte…
  • Mais pas du tout, ce ne sont pas mes nègres. Je les ai même aidés à retrouver le fauteuil, le camion, le petit napperon brodé, enfin tout quoi!
  • Mouais…si vous le dites.
  • Allez voir, si vous ne me croyez pas.
  • Non seulement, je suis allée lire, mais en plus, je me suis retrouvée en plein dedans!
  • Ne vous plaignez pas. La chute aurait pu être pire. Vous auriez pu tomber sur un os, de dinosaure, par exemple…
  • De Dodo, aussi. Ça, ça m’aurait bien plu.
  • Chut! Ecoutez!

Tout le monde s’immobilise; et voici qu’apparaissent, se balançant au dessus de la scène, une veste en jean, une mèche bleue, une moue têtue, un crapaud, ce dernier, sitôt touchant le sol, devient fauteuil,  la veste habille un long buste épaules, surmontant des jambes longilignes, la mèche bleue éclairant une tignasse brune, et la moue se posant sur une bouche fruitée.

Elle s’installe sur le fauteuil. Elle nous regarde, nous la regardons. Carnet paresseux, Dodo, ne font plus qu’un. Moi, je lâche le chat, qui se frotte à la demoiselle et au fauteuil.

On entend un bruit; moteur; fourgon; parking; supermarché; froissement de papier des saules dans le vent*, la brume.

Enfin, nous y voilà! Oui, mais les deux autres? Je vous entends penser: les deux autres? Faut suivre, un peu. Carnets paresseux nous a parlé de la veste en jeans de la plus grande des filles, la mèche bleue du gars, la moue têtue de la dernière ** Ça fait trois, non?

Transmission de pensée (voir plus haut, en ce qui concerne la famille Trans), elle nous sourit. « Qui? » « La fille du fauteuil! » « Quel fauteuil? » « Du crapaud! » « C’est un prince? »  » Vous lisez trop de contes, vous! »…oui, j’en suis moi, transbahutée dans ce monde onirique, où les filles en fauteuil tombent des cintres, sans prévenir, en plus. Ah, oui, voilà, transversalement latéralisée,  théâtralisée, sa chute inopinée au milieu de nos discussions informellement écrivaines, blogosphériantes, tombe à pic( aille, ça fait mal), à point. Mais qu’est-ce que je dis?

Laissons la fille parler.

Lumières tamisées, fumerolles parfumées, sa voix s’élève « Bienvenue dans la troupe invisible. »

Nous nous regardons…en fait, je suis toute seule à me regarder. J’ai un peu froid. Je reste un peu sur ma faim. En réalité, je devrais dire « J’ai faim. »

Oui, mais alors, et le chat, dans tout ça? « MI-A-OU », ben quoi, vous l’entendez pas? Aller, encore un peu d’instants soprani.

Installez-vous dans le gros fauteuil crapaud, au cuir luisant, presque feutré aux accoudoirs ***, Dodo vous le prête, prenez le chat sur les genoux, caressez-le, et imaginez cha.

Merci à Carnets, Jean Marie et Une Patte, pour leurs participations; merci à Rossini, à Robert Lucas de Pearsall ****, à Annacoquelicot, pour sa proposition ironique de décembre, sans qui cette suite n’aurait pas existé (snif, snif)merci à ma bosse des maths., merci à toutes les blogueuses, blogueurs du monde invisible.

 

*et**,sont des textes empruntés à Carnets, dans son récit « Le fauteuil »

***Le texte exact étant: le luisant du cuir presque feutré aux accoudoirs le gros fauteuil crapaud (toujours dans « Le fauteuil »)

****Sous le pseudonyme G. Berthold, ce serait Robert Lucas de Pearsall qui aurait composé  le Duetto buffo di due gatti.

 

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Catégories : Agenda Ironique | 12 Commentaires

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12 réflexions sur “Un FAUTEUIL, plus loin…

  1. Du coup, je fais un « Miââââââââôôôôôôôôô Trans genre pou rester dans le fil… du fauteuil. 🙂

  2. J’avais lu l’excellent texte de Carnets Paresseux, pas forcément les suites… Hum hum, l’affaire du fauteuil… Affaire à suivre!!!

  3. J’adore 🙂 ; j’aurais jamais cru que ce fauteuil-d’un-dimanche puisse avoir une aussi belle descendance !

    merci jacou !!!

    • Mea culpa: pour l’erreur glissée dans la copie
      – Et oui, c’est vilain de plagier. Quand on triche, on est toujours puni.
      – Toi, la morale de placard ringard, oublie-moi; ça me fera des vacances; et profites en pour réviser tes devoirs, non mais! Donc, mea culpa, pour l’erreur. je rétablis ci-devant le texte conforme **  » le luisant du cuir presque feutré aux accoudoirs du gros fauteuil crapaud ».
      – Mea culpa, Jacou.
      – Oui, bon, on verra plus tard…rendors-toi, coucouche panier et profil bas, madame la morale, qui se mêle de ce qui ne la regarde pas.
      – Mais je…
      – Tais toi, je te dis! Révise ta conscience en silence!!!!!!

  4. Hou quel texte ! Tu aurais pu feuilletonner toi aussi ! 😉 Notre Dodo, en plus d’être bon, est une source intarissable d’inspiration ! Bisous Jacou 🙂

  5. Pingback: Agenda Ironique, les textes | Bizarreries & Co

  6. C’est un fauteuil pour transport instantané (ou transports? A voir…).
    En tout cas, ça doit transmuter aussi les personnages.

  7. En plus de l’air on a le fond en forme de papier froissé comme brouillon négligemment jeté dans nos papattes incrédules ! on fait des bonds on fait des bonds ! entrechats de vocalises !

  8. Et, tout de suite, c’est le chat qui se frotte contre la demoiselle !!! Non pas que l’idée me déplaise mais, si ma réputation devait en devenir lascive, je ne pourrais m’en remettre… Sinon à noyer mon traumatisme dans les bras de la demoiselle…
    Bravo Jacou pour cette rondement bien menée suite de la suite de la suite… A quand la suite ?

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