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Comme dans un film

 Ecrit pour miletune, sujet semaine 5

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Comme dans un film

Absorbée dans une contemplation rêveuse, partie pour une balade, cheveux au vent, des lunettes de star protégeant mes grands yeux verts mordorés ; à mes côtés, mains élégantes, portant gants de chevreau, port viril, bouche et sourire irrésistib…
– Vous aimeriez faire un tour ?
Il n’a pas la classe de James Bond, alias Sean Connery ; après tout, je ne suis pas Carole Bouquet. Va pour un tour.
Nous enjambons le véhicule, chacun de notre côté. Ouf, je porte des chaussures plates, et un pantalon. Je m’installe sur la banquette.
Démarrage, vrombissement, nous filons sur la route
Mon conducteur ne me regarde pas, conduit « sport », un peu contracté, je trouve. J’ai les cheveux dans les yeux, ne voit rien du paysage, ma bouche est desséchée.
Demi-tour nerveux, freinage brutal.
– Ça vous a plu ?
Je le devine se pencher vers moi. Ses mains sont partout. « Non, je rêve. Qu’est-ce qu’il croit, l’imbécile ? »
Je ne sais comment, me voilà, à pied sur la route du retour ; j’ai réussi à me débarrasser de ce salaud.
Une voiture ralentit.
– C’est votre voiture que je viens de voir sur le bas-côté ? Vous êtes en panne ? Vous permettez que je vous emmène.
C’est lui, James Bond ; enfin, Sean Connery. Ce sourire…j’ai les jambes qui flageolent, le cœur qui bat la chamade. Je tente de me recoiffer.
– Laissez, vous êtes toute mignonne comme cela. Où allons-nous ?
– Au commissariat…

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Un jour, mon prince viendra

Ecrit pour mil et une, sujet semaine 3

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Berthe Morisot – clic 

Un jour, mon prince viendra

Bonjour mademoiselle
Je vous trouve bien belle.
Merci mon beau miroir
D’être à moi si fidèle.
Juste un petit point noir,
Votre sosie jumelle,
A vous en tout point pareille,
Enfermée dans cette armoire,
Pour un très long sommeil,
Enjoliveur naturel,
Du prix de la beauté remportera la victoire.
Je me ris de ce que tu me révèles
Je resterai la plus belle
La clé de cette armoire
Je viens de l’avaler, éternelle
Pour moi sera la gloire.

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2014 en révision

MERCI à VOUS

tous, chers visiteurs et lecteurs. Grâce à vous, mon blog est vivant; je m’y sens bien…peut-être un peu trop!!!!

Je recommence et continue en 2015, pour des écrits, lectures et partages enthousiastes, poétiques, chaleureux, mélancoliques, hilarants, humoristiques, évènementiels,

blogueeeeeeeeeeeeeeeeeeeesques!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Un métro New-Yorkais contient 1.200 personnes. Ce blog a été visité 8 000 fois en 2014. S’il était un métro New-Yorkais, il faudrait faire 7 voyages pour les déplacer tous.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

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Du livre à l’ivresse

 Ecrit pour écritoire

Ainsi, JANVIER, comme toujours le premier à ouvrir la danse, et son défi de 31 jours dans le cadre du DEFI DE L’AN 15
Nos amis ou non-amis, inconnus mais rencontrés sur le Net uniquement, si nous n ‘avions pas eu ce moyen (facebook, écritoire, nos sites et, ou forum) où, quand, comment, à quelle occasion, et pourquoi les aurions nous rencontrés ? On peut prendre nos VRAIS cyber-amis ou bien en inventer. Je le répète : tout est permis, tout.

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Du livre à l’ivresse

Pièce en un acte.
Personnages : Hélène, la femme. Pierre, le mari. Suzanne, la bonne. Un étranger.
Décor : un salon du 21 ème siècle, style Aéki.

Le rideau s’ouvre. Un homme est assis sur le canapé. Bruits de serrure. La porte s’ouvre. Entre Hélène. L’étranger se lève, la salue.
ETR – Bonjour Hélène. Content de te revoir.
H -…
ETR :- Tu es toujours fâchée ?
H -…
L’étranger fait un pas vers elle. Elle se dirige vers le bar, le bouscule.
ETR :- Je veux bien un cocktail. Tu les fais toujours aussi bien?

H – …

Hélène se sert un verre, passe, écrasant le pied de l’étranger. S’assoit sur le canapé. Il s’installe à côté d’elle.
Entre un autre homme.
Pierre – Tu te paies du bon temps, quand je ne suis pas là !
H – Juste un verre, pour goûter ma nouvelle préparation.
P – Je parle de l’homme assis contre toi.
H – C’est toi qui as bu !
P – Tu ne me présentes pas ?
H – De quoi  parles-tu ?
P – Mais de l’homme, là, assis à côté de toi !
H – Tu m’inquiètes Pierre. Il n’y a que nous deux dans cette pièce.
P – Faisons venir Suzanne. Suzanne !

Apparaît Suzanne. Radieuse, elle se précipite vers l’étranger.
S – Vous ! A comme amour, B comme baiser, C comme caresse, D comme désir, E comme étreinte,
H – Suzanne, qu’est-ce qui vous prend ? Etes –vous devenue folle ? Un peu de tenue !
S – H comme héros, I comme ivresse, J comme jalousie, K com…
H –Pierre, je t’en prie, fais quelque chose, elle n’est pas dans son état normal.
P – Bien au contraire, ma chère. Elle lit des romans, alors que tu n’apprécies que ces magazines à sensations…
H – Que veux-tu insinuer ? J’espère qu’elle lit en dehors de ses heures de travail.
S – P comme plaisir, Q comme quintessence de l’amour, R comme roucouler, S comme sensualité, T comme tendresse,
P – Non, tout simplement, elle m’a posé un jour des questions sur ce que je lisais, m’a demandé des conseils et depuis elle choisit des romans dans notre bibliothèque.
H – Je me disais aussi qu’elle y passait des heures.
S – X comme exciter,
H – Non exciter commence par…Mais qu’est- ce qui m’arrive ? Voilà que je… Pierre que fait cet homme dans notre salon ? Et Suzanne qui, qui…Bernard, oui, c’est bien toi ! Oh, Bernard, comme je suis contente de te revoir. Comme j’ai été sotte de te mettre à la porte. Il y a longtemps que tu es arrivé ? Suzanne, laissez-nous seuls avec mon frère.
B – Suzanne reste. Elle m’a vu tout de suite. Tandis que toi…j’étais assis dans ton salon, quand tu es entrée ; tu ne m’as même pas répondu.
H – Mais il n’y avait personne quand je suis entrée !
S – Oh, madame, vous ne pouviez pas le voir ; vous n’aimez pas les livres comme moi. C’est ce qui m’a permis de le voir. (Tout en picorant Bernard de baisers) A comme ardeur, B comme batifoler,
H – La voilà qui recommence. Bernard, fais quelque chose.
B – Sûrement pas. (Il prend Suzanne dans ses bras, et tous les deux parlent ensemble, se regardant les yeux dans les yeux). C comme câlins, D comme donnons-nous l’un à l’autre,
H – Cela devient très indécent.
P – Je les trouve très beaux, au contraire. Et puis la rencontre d’un rat de bibliothèque et d’une bibliovore, quoi de plus naturel.
H – Comment cela, un rat, où un rat ? IL n’y a pas de rats dans ma maison !
P – C’est une façon de parler. C’est ton frère, le rat.
H – Tu insultes mon frère, maintenant ! Je ne te permets pas !
P – Tu ne comprendras jamais Hélène ! Viens ! Laissons-les !
B et S – P comme passion, Q comme jamais nous ne nous quitterons, R comme ravissement, S comme sexuel, T comme toi et moi, U comme union, V comme volupté, W comme
H – Wagon-lit !
B, S et P – Hélène !
H – Je sens que moi aussi, je vais me mettre à lire des romans. Tout compte fait, il me plaît bien ce nouveau jeu. Où en étions-nous ? X comme …, comme X l’inconnu du wagon-lit. Tu te souviens Pierre, c’est dans un l…, un wagon- lit que nous nous sommes rencontrés.
P – Si je m’en souviens ; et Y comme tes yeux, que j’ai remarqués dès que je t’ai vue, et Z comme zénith, parce que nous avons tout de suite grimpé au septième ciel.
H – Pierre, tu me fais rougir !

FIN

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Et ron et ron, petit patapon…

Ecrit pour les plumes chez Asphodèle, pour la collecte des mots de la nuit. Vol, chat, transfigurer, chauve, blanc, solitude, silence, matin, se ressourcer, ivresse, ténébreux, épuisant, insomnie, étoilé, fêter, rêver, sommeil, voyage, chanson, fesse, recommencement, voluptueux, sarabande, passeur, prologue, pavillon.

Et ron et ron, petit patapon…

Froid aux fesses*? Moi, jamais, ronronne ma chatte.

Oui, je comprends le langage félin, du moins le roudoudounais.

Roudoudou, chatte de gouttière, pelage tricolore, oreilles légèrement dentelées, s’est un jour installée chez nous; faisant sien notre pavillon.

Après une nuit de voyage aux  alentours, de sarabandes dans les jardins avoisinants, la voilà, revenant au petit matin, se ressourcer; après d’épuisantes chasses,  folles poursuites de mulots et campagnols, tentatives de saisir au vol les papillons ténébreux, elle s’installe, dans un grand silence, sur notre lit.

Prologue à un sommeil sans insomnies, elle fait toilette complète, lissant sa fourrure, s’apprêtant à ce repos empli de songes étoilés, rêvant de recommencements de fêtes nocturnes.

Transfigurée, tandis que se fait entendre la chanson traditionnelle, ronrons satisfaits et voluptueux, elle s’endort; les rayons blancs de l’aube, passeurs de jour, éclairent joliment ses postures.

Couchée en rond, pelotonnée sur sa solitude, aspire-t-elle à de nouvelles ivresses, tandis que, j’écoute en sourdine, pour ne pas la déranger,  « Une nuit sur le Mont Chauve »?

 

*De l’auteure,

Recevez ce message:

Messieurs les matous

Réfrénez vos ardeurs,

Sachez rester sages.

La tendre et belle Roudoudou,

Dès son plus jeune âge,

Opérée, n’est pas une chatte en chaleur!

 

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Les mots

Ecrit pour Ecriture créative, proposition 117. Ecrire une suite au texte suivant, extrait de « La vérité sur l’affaire Harrry Quebert », de Joël Dicker (que je vous recommande fortement !) :
« Ils savaient qu’écrire, ce serait désormais s’aimer car ils n’avaient pas le droit de se côtoyer. Ils embrasseraient le papier comme ils brûlaient de s’embrasser, ils attendraient la distribution du courrier comme ils s’attendraient sur le quai d’une gare ».

Les mots

« Ils savaient qu’écrire, ce serait désormais s’aimer car ils n’avaient pas le droit de se côtoyer. Ils embrasseraient le papier comme ils brûlaient de s’embrasser, ils attendraient la distribution du courrier comme ils s’attendraient sur le quai d’une gare. »

Les mots se bousculaient sous sa plume fiévreuse ; il ne savait plus écrire.INCIPIT181023_628736340474956_2137228333_n
Les mots s’emmêlaient ; ses yeux ne savaient que l’horizon vide.
Souvenirs tendres, frôlements délicieux, promesses uniques.
Souvenirs chavirés, moments volés, ferveurs inoubliées.
Les autres surent ; honte bourgeoise, bienséance factice
Les autres condamnèrent ; silence et morale.
Les corps séparés, remords obligés,
Les corps orphelins, révolte des cœurs
Amour interdit, ne rien céder
Amour impossible, jamais nous ne l’abandonnerons.
Les mots s’emmêlaient ; ses yeux espéraient et disaient, Je t’aime.
Les mots se bousculaient sous sa plume fiévreuse ; écrivant toujours les mêmes, Je t’aime.

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ANASTASIA

Ecrit pour Co-Ecriture d’écritoire

ANASTASIAcropped-ecemble-juillet-2014 ANASTASIA

 
Anastasia, maintenant nous sommes habitués à ce prénom ; mais lorsque Jérôme nous a annoncé, le jour de sa naissance, quel prénom ils avaient choisi, nous nous sommes regardés, Simone et moi : « Anastasia ! Quelle idée ! »
Maintenant, elle a grandi, est devenue ce petit bout de chou ; très contents d’avoir une petite fille adorable, en pleine santé, c’est ce qui compte avant tout. Et surtout, la voir grandir, évoluer, se transformer.
Et puis cela m’a permis de revoir l’histoire de la Russie impériale, de découvrir de magnifiques écrivains russes.
Je me demande comment ils vont appeler le petit frère. Ils n’ont pas voulu nous le dire. Avec Simone nous avons parié. Je parie pour Alexis Nikolaïevitch, elle pense que ce sera Nicolas.

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Plus qu’hier, moins que demain

Ecrit pour les impromptus littéraires Semaine du 7 au 13 juillet
N’avez-vous pas remarqué combien notre vie est faite de question(s) ? Une, notamment, revient très souvent et en toutes situations : Pourquoi ?
Pour cette nouvelle semaine, nous vous demandons de répondre à cette question, sachant que vous aurez le choix de tout y compris de la direction de votre écrit, à la seule condition qu’il contienne au moins une fois les termes « parce que » (pasque sera également accepté).

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 Plus qu’hier, moins que demain

Parce que
On est bien ensemble
Unis pour toujours, mon amour.
Regardons dans la même direction.
Que dis tu ?
Un éternel serment
Oublié bien vite
Illusions.

 

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LA GIGUE

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La gigue

Les Talons
Vont
D’un train d’enfer,
Sur le sable blond,
Les Talons
Vont
D’un train d’enfer
Implacablement
Et rythmiquement,
Avec une méthode d’enfer,
Les Talons
Vont.

Cependant le corps,
Sans nul désarroi,
Se tient tout droit,
Comme appréhendé au collet
Par les
Recors
La danseuse exhibe ses bas noirs
Sur des jambes dures
Comme du bois.

Mais le visage reste coi
Et l’oeil vert,
Comme les bois,
Ne trahit nul émoi.

Puis d’un coup sec
Comme du bois,
Le danseur, la danseuse
Retombent droits
D’un parfait accord,
Les bras le long
Du corps.
Et dans une attitude aussi sereine
Que si l’on portait
La santé
De la Reine.

Mais de nouveau
Les Talons
Vont
D’un train d’enfer
Sur le plancher clair.

Marie KRYSINSKA (1864-1908)
Recueil : Rythmes pittoresques

Poème proposé par Modrone-Edualc-Eeguab, pour Les jeudis en poésie, chez Asphodèle

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Vive la liberté

Ecrit pour mil et une sujet semaine 26

SEMAINE 26

source (clic)

Vive la Liberté

Maman m’avait prévenue : « Alice, si tu manges trop de soupe…
« C’est à n’y rien comprendre, disait-elle à ses amies. « Cette enfant m’étonnera toujours. Alors que mes aînées rechignaient à finir leur assiette de potage, elle, elle en redemande. C’est bien simple, elle ne mange pas, elle dévore. »
Mes grandes sœurs, durent bientôt porter mes vêtements. Ce qui ne se passa pas sans grincements de dents. Non seulement, la petite dernière les dépassait en taille, mais en plus, elles devaient se contenter de vêtements déjà usés. Finis les gentils « Alice la Merveille ». C’était plutôt grande nouille, grande asperge ; elles ne rataient pas une occasion de se moquer de moi ; leurs copines s’y mettaient aussi.
Maman semblait, quand à elle, apprécier ma grande taille : « Alice, ma chérie, peux tu me sortir un verre, non pas celui-là, au-dessus, ranger ce sac sur l’armoire, décrocher les rideaux, remplacer l’ampoule grillée…merci ma chérie ; c’est bien pratique une grande fille comme toi. Je ne regrette pas les montagnes de soupe que tu as avalées. »
C’est ainsi que d’Alice la Merveille, je devins Alice la Grande Ogresse.
Il me fallut un nouveau lit ; comme il ne rentrait pas dans la chambre commune, on dut l’installer dans le salon. La journée, tout le monde s’y vautrait, laissant l’odeur des cigarettes, les miettes de gâteau, mes draps froissés ; et lorsque je désirais dormir, mes sœurs trouvaient toujours un prétexte pour prolonger la soirée, devoirs pas finis, longues conversations téléphoniques avec le petit copain du moment…
Un jour, à l’école, je tombais sur une affiche ; une grande dame de marbre tendait un bras ; au bout il y avait une torche. Je la contemplais, émerveillée de sa grandeur. Mon institutrice vit mon regard : « Alice, c’est la Statue de la Liberté, à New York, aux Etats-Unis. Je trouve que tu lui ressembles un peu. » Je crus qu’elle se moquait de moi, mais elle était très sérieuse.
Le soir, à table, j’annonçais : « Quand je serai grande, je veux faire statue de la Liberté. »
Mes sœurs ricanèrent. Maman dit : « Qu’est-ce que tu racontes, ma chérie ? Qui t’a mis de telles idées en tête ? »
« La maîtresse m’a dit que je lui ressemble. » Mes sœurs pouffent à nouveau.
« Mais on ne devient pas statue, comme cela, Alice. »
« Si elle croit que quelqu’un la prendra pour modèle, ce sera pour la faire rentrer au Musée des Horr…
« Virginie !!!! Tu es très méchante. »
« Mais c’est vrai, maman, regarde-là, c’est Berthe aux grands pieds ; et puis, moi je t’avertis, pas question que je mette ses chaussures, quand elles ne lui iront plus ! »
« Vous les lilliputiennes, écoutez-moi bien ; votre sœur a grandi plus vite que vous ; personne, sur cette terre, ne naît parfait. Toi, par exemple, je te rappelle qu’il t’arrive encore de faire pipi au lit ; ce n’est pas ta faute ; personne n’aurait idée de se moquer de toi. Quand à toi, il a fallu que je te fasse opérer d’un strabisme…
« C’est quoi, maman, un strabisme ? »
« Ta sœur louchait, ma chérie. »
Mes sœurs se regardaient, gênées.

Le lendemain, tout sourires, elles me tendirent un paquet : « C’est pour toi. On pense que cela va te plaire. » Elles s’enfuirent, riant.
Je défis le paquet. C’était un livre : « Les voyages de Gulliver. » Il était empli d’images terrifiantes d’un géant saucissonné, menacé par des êtres minuscules ; je tournais les pages, ne comprenant pas grand-chose à l’histoire. Je remarquais qu’il y était fait mention de lilliputiens ; c’est ainsi que maman avait appelé mes sœurs.
Je les remerciais de leur cadeau, le rangeais et n’y pensais plus.
Je n’avais pas oublié la Dame, comme je l’appelais secrètement. Je découpais ses photos, les collais dans un album. Il y en avait en noir et blanc, en couleurs, sur fond de soleil couchant, entourée de bateaux immenses, adossée à des gratte-ciel…un jour, je reçus une carte de Paris ; à ma grande surprise, c’était la Tour Eiffel, flanquée de la Dame ? J’appris alors qu’il y avait une Statue de la Liberté à Paris, plus petite que celle de New York, mesurant onze mètres cinquante. La vraie mesurait quarante six mètres et cinq centimètres, creusée dans du cuivre ; celle de Paris étant en bronze.
Un jour je m’envolais à New York. Je me précipitais, dès que je pus, à Ellis Island, admirer mon idole. Elle était vraiment grande, très grande. Je ne désirais pas la visiter, juste la voir, la contempler. En comparaison de sa taille, je me sentis devenir normale. J’étais géante, et alors ? J’avais sous les yeux cet être, portant fièrement son gigantisme, admirée par une foule de nains. Dont je faisais partie !
Désormais, en paix avec ma grande taille, je posais dans des ateliers de peintre ; j’étais devenue un modèle recherché des meilleurs.
Et vous savez quoi, je vais tourner dans un film, « Le mariage de Gulliver » ; il y est question de mariage, bien sûr, mais aussi d’un voyage de noces à Lilliput. Je vous offre en exclusivité la maquette de l’affiche du film. C’est moi, bien sûr. Mon coude délicatement posé sur la maison de mes sœurs, et si j’appuyais pour voir ?

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