Les mots scénographent

Bienvenue dans la galerie des contes…de LINOTTE

PI DAY

Chez Patchcath, j’ai découvert le PiDay, dans un texte écrit pour Les plumes 42 d’Asphodèle.

cette découverte m’a tellement plu, que je l’ai transformée en ce texte.

 

– Oh Happy Day…

– Tais-toi, tu chantes faux!

Et voilà, une fois de plus, mon essai se transforme en échec. Depuis ma plus tendre enfance, j’entends cela.

– Alors si on peut même plus chanter quand on coud!

– Toi, coudre. Fais voir un peu. T’as vu les points que tu fais! Et la longueur de fil que t’as pris! ça s’appelle une aiguillée de paresseuse!

Toujours la même rengaine, je sais pas coudre; je suis paresseuse. Fi, je continue quand-même. Elle dira, pensera ce qu’elle voudra, je le terminerai cet ouvrage.

ça m’a pris comme une éPIDAYmie; des frissons dans les doigts, des envies d’appartenir à la grande chaîne des quilteuses…

Mon éPIDAYrme en alerte, attention à la sournoise PIqure DAYguille. »Je t’ai dit de prendre un DAY ». Malgré plusieurs tentatives, ce dé me rend maladroite et mon doigt infirme. Alors je couds sans DAY. Tant PI pour les PIqures. Juste un inconvénient, cela saigne; et parfois une tâche rouge teint mon ouvrage. Je dois sPIDAY pour nettoyer tout cela.

Donc, je couds en cachette; et là, je m’applique. J’ai choisi le chiffre quatre, jour de mon birthDAY.

– HapPI birthDAY to you.

– Tu y as pensé. C’est gentil.

Mince, j’avais oublié, c’est son DAY à elle. DAYPItée, je suis. J’ai pas du tout envie de le lui souhaiter, à cette DAYsagréable PIthie.

– Quel âge ça vous fait?

Petite revanche de ma part. Elle n’aime pas que l’on parle de son âge. Elle est tellement riDAY, PI encore, ses doigts DAYformés, sa bouche édentée…

– Montre-moi ce que tu es en train de coudre.

– Non, pas ce torchon. Ce que tu as caché sous la PIle de tes moDAYles ratés.

Mince, elle a tout vu. Elle n’a plus bon PIed, mais bon oeil si. Je lui ai montré les lignes de points, exercice quotidien, auquel elle m’astreint depuis que je suis entrée en apprentissage chez elle. C’est fastidieux, ennuyeux, répétitif.

Je ne veux pas qu’elle le voit. Je ne veut pas qu’elle DAYmolisse de sa langue acérée mon enthousiasme. Je ne veux pas, je ne veux pas.

En même temps que mon coeur se recroqueville,  ma tête se vide. Advienne que pourra. « Les DAYs sont jetés » pensais-je.

Les aiguilles lui sautent à la figure, se plantent sur son crâne; les fils entravent ses bras, ses jambes; les ciseaux cliquettent, menaçant, près de sa jupe.

Elle se recroqueville, tentant d’éviter tout ces coups. Elle se rapetisse, se fait minuscule; il ne reste rien d’elle; juste un amas d’aiguilles et de fils mêlés.

Une banderole multicolore, portée par deux angelots souriants, se déploie devant moi.

Mon quatre prend son envol, s’intégrant à cette ribambelle de chiffres colorés et joyeux.

Un choeur s’élève, chantant allègrement:

Oh, HapPI DAY!

 

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Merci à Patchcath pour cette découverte.

 

 

 

 

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Naissance

Je ne résiste pas au désir d’éditer cette blagounette, envoyée par Geneviève.

…un peu de douceur dans ce monde de brutes! 
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Une histoire mignonne !
> >
Un accoucheur s’occupe d’une femme qui attend des jumeaux.
> >
Le premier bébé sort, c’est un superbe garçon:
> >
une tape sur les fesses et il pousse un cri vigoureux.
> >
Mais le deuxième  bébé tarde à  vouloir sortir.
> >
Une heure passe, deux heures… l‘accoucheur dit à  la sage-femme qu’il part manger et de l’appeler quand il y aura du nouveau.
> >
Dès qu’il est parti, la sage-femme entend: -psitt -psst  pst !
> >
Elle distingue une petite main qui passe entre les jambes de la patiente et qui lui fait signe de venir !
> >
Elle se rapproche de la femme et voit une petite tête qui pointe à  l’orifice
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– Il est parti le monsieur qui donne les fessées ?
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Pour Loïs

 OISEAUX         Allo, Loïs !

         Bonjour, mamie Jacou de Bordeaux. Je ne peux pas aller dans l’eau. Je suis très enrhumée.

         Enrhumée ?

         En allant à l’école, j’ai vu une flaque  en forme de bateau.

         Tu as sauté dedans.

         Oui, mamie du Tricot. Mon manteau, avec des oiseaux , que tu m’as tricoté.

         Ce n’est pas grave. Il va sécher.

         Mamie, tu ne sais pas ce qui est arrivé ? Les oiseaux se sont envolés. Ils se sont posés sur la flaque et ont bu toute l’eau ; ils se sont transformés.

         Transformés !

         Oui, tu sais , tu les avais tricoté  jaune,  bleu,  rouge. Tout s ‘est mélangé.

         Tout s’est mélangé !

         Celui qui était jaune est devenu noir,  le bec est resté jaune. Le bleu a gardé la queue bleue,  le reste est devenu tout vert. Le bec du rouge a grandi, grandi et est devenu orange…Ils se sont mis à parler. Au début, je ne comprenais pas. Ils parlaient tous ensemble.  « Puic, puic, croa, croa, cot, cot, tirloui, tirloui. »Un plein de couleurs a chanté plus fort que les autres. « COCORICO ». Tout le monde s’est arrêté de parler, il a dit :  «  Si nous commencions par le commencement. Chère petite Loïs, nous arrivons de Bordeaux, près de l’Océan Atlantique, celui qui fait tant rêver ta mamie Jacou. Maintenant, nous sommes à Marseille,enfin, nous allons découvrir la Méditerranée. »Ils se sont envolés « Couac, couac, croa, croa, tirloui, tirloui » Sur mon manteau,  restent des vagues et un bateau.

         Veux-tu que je t’en tricote un autre ?

         Oh oui, mamie, cette fois-ci avec une montagne, des rennes, des aigles, et puis de la neige et des…

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Ecrit, le 7 octobre 2006, pendant l’atelier d’écriture « Au fil de l’eau », médiathèque Jacques Ellul

 

 

 

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IL était une fois…

En attendant, de lire mes contes en tous genres, je vous offre ces quelques images.

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CONTES de LA NUIT

tournage "un jour mes princes viendront"

AU BOUT du CONTE

Que-sont-devenues-les-mechantes-de-conte-de-fees

BLANCHE NEIGE

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LES TRIPLETTES de BELLEVILLE

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LE ROI et L’OISEAU

TANTE+HILDA+PHOTO4

ET pour finir, TANTE HILDA

A bientôt…je vous écrirai…

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RESURRECTION

RESURRECTION Pêcheurs du lac Kossou (Côte d’Ivoire)Photo de Yann Arthus Bertrand

Zorro Zeus, appelé communément Zézé, droguiste de son état, vendait beaucoup de bombes insecticides.Apprenant que la couche d’ozone était en danger, il renonça au métier de droguiste, vendit son affaire, se mit à cultiver de la citronnelle.

Au village, impatients, les habitants, continuaient à chasser les moustiques à coup d’insecticides.

Quelques habitants, convertis de fraîche date à l’écologie, plantèrent des géraniums. Il y en avait même sur les cabines téléphoniques.

Apparition du téléphone portable, les cabines téléphoniques disparurent.

Les acharnés des géraniums avaient un peu renoncé, ce n’était pas très efficace. Ceux qui continuaient, les arrosaient avec de l’engrais. L’engrais polluait l’eau des étangs environnants. Les gens tombaient comme des moustiq…,heu, comme des mouches.

Pendant ce temps, Zézé, faisait fortune avec sa citronnelle, son essence de citronnelle, ses bougies à la citronnelle ; vendait tout cela de par le monde entier. Les nuages de moustiques entouraient sa propriété, sans l’envahir.

Les habitants, l’accusant d’avoir le mauvais œil, ne voulaient pas avoir affaire à lui, exceptés quelques irréductibles planteurs de géraniums,  allergiques à l’odeur de citronnelle.

En plus des insecticides, le nouveau droguiste vendait des tapettes à mouches. On vit les gens dans les rues se taper dessus ;  bagarres,  querelles anciennes, histoires de famille,  ranimées.

On s’en prit au nouveau droguiste, l’accusa, lui aussi, d’avoir le mauvais œil. Il s’enfuit.

Les villageois pillèrent, saccagèrent le magasin.

Un, plus acharné que les autres, prit sa hache, s’attaqua au sol de la boutique ; jaillit un incroyable  geyser. L’eau dévala dans les rues, envahit les cours, les maisons, les jardins, inondant la forêt voisine, pour s’arrêter enfin aux portes du domaine de Zorro Zeus.

Il va sans dire que l’eau avait avalé tous les moustiques.

Zézé, navré de ce qui était arrivé aux habitants, recueillit les survivants ; tout le monde se mit, qui à cultiver les légumes, qui à inventer des engrais et insecticides naturels, qui à pratiquer l’élevage.

Atelier d'écriture "Au fil de l'eau".<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Médiathèque de Camponac.<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Le 7 octobre 2006Seul Zézé aimait naviguer dans la forêt, découvrir et observer la naissance de nouvelles feuilles sur les arbres, et il rapportait, tous les jours, l’espoir d’une vie meilleure.

RESURRECTION

Ecrit sur le thème « Au fil de l’eau », atelier d’écriture Médiathèque de Pessac, le 7 novembre 2006.

Après avoir noté tout ce que l’eau nous inspirait, imaginer, en regardant cette photo, un personnage, lui donner un nom, une action…

 



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UN BESO

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Un souffle chaud approche ses lèvres, Pedro sourit dans son sommeil ; bouche pulpeuse, regard adorateur, longs cils noirs.

Pedro s’éveille en sursaut. Un rayon de soleil et le rideau soulevé par la brise jouaient sur son visage.

Rêves ou cauchemars ne cessent, Pedro ne  torée plus.

« Demain, tu épargneras le taureau. Alors tu connaîtras l’amour. »

 Pedro, sous les huées des aficionados, épargna le taureau.

Seule, une femme lui souffla un baiser.

Pedro salua, rendit hommage au taureau, chercha la femme du regard. Elle avait disparu.

Depuis,  il recherche l’inconnue aux lourdes paupières.

 « I te quiero, ne cesse-t-il de clamer. Ses amis le croient fou. L’un deux lui conseille un voyage pour oublier.

 A Paris  il la voit  guidant des touristes.

« Je t’aime, crie-t-il ». La femme se retourne. Elle a dépassé la soixantaine. « Vous me flattez, bel hidalgo. ».

 Place d’Italie,  décide de rejoindre ce pays le soir même.

Pastachuta, pizza, asti spumante…l’inconnue ?

Il l’aperçoit sortant d’un  palazzo baroque. Son cœur bat. La belle va tête nue.  Quelques gouttes de pluie : « Signorina, permettez que je vous abrite. »

Dire « Ti amor. » Il n’ose. Vides, des yeux se tournent vers lui. L’italienne est aveugle.

«  Je vous remercie, étranger, car vous arrivez d’un autre pays, n’est-ce pas ? Roumain,

peut-être ? »

 Pedro s’enfuit en Roumanie.

Des rives de la Mer Noire à la région des monastères, sans rencontrer celle qu’il cherche.

Visite le pays de Dracula, imaginant les heures cruelles vécues par les habitants ; une photographie l’attire : son inconnue ; c’est elle, oui, c’est bien elle !

« Te iubi » murmure-t-il.

Plein d’espoir, il narre sa quête au photographe.

Celui-ci sourit, dit, dans un espagnol parfait : «  Carmen vit à Madrid. L’an passé,  elle est venue nous rendre visite,  connaître ma fille. Elles sont correspondantes. »

Une jeune fille entre dans la boutique.

L’image de Carmen s’efface. Pedro bafouille : « I love you, ti amor, i te quiero, ich liebe dich, ya loubyou tibya…

“Szeretlek!” lui répond en riant la jeune fille.

« Mais vous n’êtes pas roumaine ? » carmen 2

« Je suis hongroise. Le comte Dracula était mon aïeul. »

Pedro réfléchit vite : « Je dois retourner à Madrid. Carmen m’attend. »

Ainsi  Pedro épousa Carmen.

De temps en temps, il rêve à de grands yeux moqueurs sous de longs cils recourbés, à une grande bouche gourmande s’approchant de son cou…  « Szeretlek ! »

Ecrit en juin 2005, inspiré par les« Sourires et Baisers d’Odile »

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir, sans jamais le demander, sur la véritable histoire des bisoux bisous.

Ecrit le 13 mars 2013, pour Cristina et ses charmants bisoux

Bijou caillou chou genou hibou joujou pou. Ça vous rappelle quelque chose ? Combien de fois avez-vous rabâché cette litanie ?

Tous ces noms s’ornent de la lettre x, lorsqu’ils se multiplient.

Il y a très longtemps, les livres de grammaire n’existaient pas encore. La famille des Sept Noms était connue plus ou moins. La rengaine, aussi. Mais Bisou n’était pas encore né.

On connaissait, on savait faire des bises, des baisers, pas encore des bécots ou des pelles.

Les pages, les damoiseaux, forts timides, fidèles au Code d’Honneur, courtisaient, dans le secret de leur cœur, les gentes et jolies damoiselles.

Un jour, cependant, n’y tenant plus, un jeune courtisan approcha l’élue de son cœur.

« Gente et belle dame, permettez que j’ose une requête. »

« Requêtez, requêtez, mon beau monsieur. »

« Voudriez-vous bien me faire l’honneur, d’accorder à votre  humble serviteur, la permission de vous faire une bise. »

Tout cela prononcé devant moult assistance, réjouie et fort curieuse de connaître la suite.

Les occasions de se divertir étant chose rare.

« Une bise où ? » répond la joliette d’un air faussement effarouché.

« Un beso ! » s’exclame bruyamment un courtisan espagnol, de passage ce jour-là.

« Je vous ai offensée, ma Dame. Je vous en demande pardon. Permettez que je me retire. »

L’espagnol n’a rien perdu de la situation, se rapproche de la belle.

« Oun besou. » «  Un besou. »« Un bisou. »

Mais la femme du beau conquistador intervient : « Manuel, sus besitos son para mi, recuerde ! »*

Et s’adressant à la jeune fille, dit souriant :

  Un bisou

N’importe oùbaiser bisou

Et des bisoux

Partout. »

 Cette dernière, rougissant fort : « Je vous remercie, Madame, de m’avoir éclairée sur ce sujet. »

Sur une révérence, elle se retire dans ses appartements.

Dès le lendemain, l’histoire fait le tour de la cour. Des bruits de bisous résonnent dans l’air.

« Bise où, bisou. », « Bise où, bisou. » « Bisou, bisou, bisou……. »

Ainsi du mot bise naissent beaucoup de bisous.

Aucun grammairien ne se penche sur le pluriel de ce joli mot doux.

Toutes les correspondances galantes de l’époque, lorsque l’amoureux ou l’amoureuse, très épris choisissait de s’en faire beaucoup, nous montrent qu’il était d’usage de l’écrire avec un x.

Alors, naturellement, bisou prend place dans la famille des Sept Noms.

 Allons-y, bijou, bisou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou.

Oui mais, Caillou râle d’avoir reculé d’une place. De dépit, il se jette par terre, s’éclatant en mille morceaux.

Chou se plaint. Ses feuilles ont été déchirées par tous ces petits cailloux. Un deuxième chou sort d’on ne sait où, proteste à son tour. Puis un troisième, un quatrième ; apparaît un champ entier.

Une mamie, se retrouvant devant cet immense parterre, dit : « Mais je ne peux pas cueillir tous ces choux. J’ai mal à Genou. »

L’autre grogne : «  Et à ce rythme-là, ce sera pas un genou qui souffrira, mais deux genoux. »

Hibou, qui tente de dormir, car nous sommes en plein jour, bubule : «  Cessez ce vacarme, je n’arrive pas à dormir. Si ça continue, je vais en parler au syndicat des hiboux. »

Joujou, abandonné, clame : « Hibou, toi qui a de bons yeux, aide-moi à retrouver ma famille. »

Hibou a entendu : « Nous ne sommes pas en pleine nuit. Mais pour toi, je veux bien faire un effort. Ta famille de joujoux est près de la mare. C’est pas loin. » Joujou remercie et se hâte vers les siens.

Pou l’interpelle : « Hé, attends-moi, Joujou. Je viens avec toi. »

Joujou court de plus belle, laissant Pou loin derrière lui.

Pou heurte Bijou. Bijou se retourne, dédaigneux : « Ne me touche pas, vermine ! Vas-t-en loin de là ! »

S’ensuit une bagarre entre poux et bijoux.

 Bisou ne comprend pas ce qui se passe : « Pourquoi tant de fureur ? »

Il n’est pas habitué à cela. Il a été élevé dans la tendresse, couvert de caresses et de baisers.

« Que se passe-t-il ? »

On lui explique la déception de Caillou, les choux, mamie qui a mal aux genoux, Joujou et Bijou qui ne veulent pas entendre parler de Pou.

La bouche de Bisou s’ouvre en un beau sourire : « Ce n’est que cela ? Je vois ce qu’il faut faire pour que tout s’arrange. »

Et Bisou distribue des bisoux à tout le monde, même à Pou qui en rougit. On ne l’a pas habitué à ça !

Puis Bisou déclare : « Mes amis, je vous fais mes adieux. Je pars chercher une place dans le monde des Baisers, des Bises et des Embrassades » Ce-disant, sa bouche mime un bisou, qu’il souffle vers les Sept Noms. Et on peut voir voltiger dans l’air, tels des ballons, mille et un bisous.


* « Manuel, vos bisous sont pour moi, rappelez-vous. »

BAISER conte

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Architectures Lugubres

Une étoile jaune

Comme un soleil absent,

Une roche grise

Comme l’urine encre de chine,

S’épousent et se repoussent.

Sur la montagne ennemie,

De sombres boutons d’or

Offrent leur cœur d’ambre

Profitant du rai de lumière,

Eclairant ces épousailles,

Vite cachées par le traitre gris-tristesse.

Point de chaleur

Dans ce paysage fluoré

Habité par une angoisse

A vous donner la jaunisse.

Ecrit au cours de l’atelier du Corbeau Rouge

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CARNAVAL à RIO

En pleine période de Carnaval, ou à d’autres moments, cela fait du bien d’écouter et de voir ceci:

CARNAVAL à RIO CARNAVAL à RIO

ou, la même chose avec ce lien

CARNAVAL à RIO bis

 

Rosenmontag in KoelnCeci ne se passe pas à Rio, mais au carnaval de Cologne, pour ROSENSMONTAG, le lundi des roses.

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 » ÇA ne MANGE pas de PAIN »

Pour sa retraite, les collègues de Zeluborg, lui ont offert un voyage sur Terre.

De retour chez lui, sur Borgland, il publie le récit de ce voyage.

 Un an chez les Terriens

ou les aventures fruito-légumineuses

d’un Borglandien

Enfin ! Je suis sur Terre. Mon vœu le plus cher depuis tant d’années. Merci à mes collègues de ce généreux cadeau.

Au premier abord, les terriens nous ressemblent. Peut-être, sont-ils habillés différemment de nous, et de façon moins uniforme. De même que leurs coiffures plus variées comparées à nos éternels cheveux en brosse, où nattes obligatoires, dès qu’ils atteignent dix centimètres de long.

J’arrive, malgré l’accent chantant, auquel je ne suis pas habitué, à saisir presque tous les mots jetés en l’air autour de moi.

Dans le véhicule qui me transporte à l’hôtel, un brouhaha monte, se disperse, repart. Je comprends à peu près cela : « Je m’en suis bien sorti. Au lieu d’une prune, j’ai eu un avertissement. »

Avertissement ; j’ouvre le dictionnaire, pour voir quel est ce fruit que je ne connais pas…

Avertissement :réprimande.

J’ai dû mal entendre. « Et ton avocat, qu’est-ce qu’il en pense ? »

Bon là, il s’agit bien d’un homme. Un fruit, ça ne pense pas.

« Il veut que je porte plainte, parce qu’ils m’ont pressé comme un citron. »Ouillouillouille ! Que ça doit faire mal !

« J’ai réfléchi. C’est pas ses oignons, et puis, j’ai plus un radis. »

« T’as raison. Qu’il aille vendre sa salade ailleurs. »

Les deux hommes descendent. Sans doute acheter quelques légumes. Mais l’avocat, pas celui qui se mange, l’autre, serait il aussi maraîcher ?

A l’hôtel, très bon accueil. Je prends l’ascenseur en compagnie d’un couple et de deux enfants.

« Dis maman, t’as vu, le monsieur, il a les mêmes oreilles que le prince Char…

« Chut, tais-toi, c’est pas poli de parler comme ça. »

« Si, si, regarde maman, renchérit la sœur, il a raison, on dirait des feuilles de choux. »

« Je suis vraiment confuse, monsieur…

« Mais, mon chou, tu sais bien qu’ils veulent parler du journal que monsieur tient à la main », l’interrompt son mari. »

Je regarde le catalogue. Manger du papier imprimé ? J’ai entendu parler de soupe aux choux, garbure, je crois que cela s’appelle, avec une grande variété de légumes. Vont-ils aussi manger la femme ? Brr, j’ai des frissons dans le dos.

« Vous avez raison, monsieur, on se gèle les cacahuètes, dans cet ascenseur. »

J’ai vu, sur le trajet, une fête foraine. Ils doivent en revenir, et ont acheté quelques friandises à leurs enfants.

On se sépare sur le palier.

« Bonne soirée, monsieur. »

« Moi, j’ai trouvé que c’était un vrai navet. »

« Ah, bon, tu n’as pas aimé. Pourtant, il a eu la palme. »

« Tu veux mon avis. Tous ces sentiments à la noix, quelle salade ! »

Sentiments :conscience plus ou moins claire.

C’est bien ce que je ressens à l’instant.

Perplexe, je défais ma valise. Ai-je emporté le bon dictionnaire ?

Je tâcherai de démêler tout ça au cours du repas de ce soir.

Je m’installe au restaurant de l’hôtel.

Sur la carte des menus, est écrit :

NOTRE CUISINE EST FAITE AVEC DES PRODUITS LOCAUX ET DE SAISON.

 Ma voisine de table se penche vers moi : « Je viens ici tous les ans, à la même époque. Vous verrez, on est très bien. Tout le monde est traité de la même façon, grosse légume, ou pas. On est tous soignés aux petits oignons. »

J’aime bien les oignons, mais de là à en manger à tous les repas !

Légume : n.m. « n.m », cela veut bien dire « nom masculin » ?

Cette dame doit sûrement venir d’ailleurs.

Un couple s’installe : « Allons chérie, c’est pas si grave que ça. »

« C’est fichu. Les carottes sont cuites. » renifle-t-elle.

« Je t’assure que tu te trompes. »

En voilà une qui préfère les carottes crues.

Jetons un œil à la carte :

          HORS d’OEUVRES

Velouté de potiron

Poireaux vinaigrette

Salade de choux variés

Carottes râpées

Laitue du jardin, façon périgourdine

PLAT PRINCIPAL

Ratatouille

Gratin de pâtissons

Epinard à la crème

Carottes vichy

Navets confits

 (le tout, accompagné de viande ou poisson de votre choix)

DESSERT

Assortiments de fruits de saison

 La jeune dame va être contente ; il y a des carottes râpées.

Pâtissons, du verbe pâtir : souffrir à cause de. Gratin de pâtissons ? Je risque pas d’en prendre. Quelle barbarie ! Faire souffrir un cuisinier. Pas à cause de moi, en tout cas.

Salade de choux, non merci. Je ne suis pas cannibale ! C’est ce qu’il ya dans l’assiette de ma voisine. Très joliment colorée, rouge, blanc, vert ; mais comment fait-elle pour avaler ça ? Pauvres terriens !

Je commande des poireaux vinaigrette et une ratatouille.

Je songe à la conversation dans le couloir : « Vos navets sont confits à l’huile de palme ? »

«  Non monsieur, ici nous n’utilisons que de l’huile locale, sans danger pour la santé. »

« Vous n’avez pas de salade aux noix ? »

« Si monsieur, la laitue du jardin, façon périgourdine. »

« Je vois, c’est donc ça, la salade de sentiments à la noix. »

Le serveur part, sans répondre, prenant la commande de la table voisine.

Ma voisine rit : « C’est quoi, cette histoire de salade de sentiments à la noix ? »

Je lui rapporte la conversation du couloir.

Elle rit de plus belle : « Vous n’êtes pas terrien, n’est-ce pas ? Je me trompe ? »

Très gêné, je regarde autour de moi. Personne ne semble avoir entendu.

« S’il vous plaît, ne dites rien à personne. Expliquez-moi, plutôt…

Alors elle m’explique, me traduit, en quelque sorte, ce que j’ai entendu.

C’est curieux et ma foi, je finis par trouver tout cela très amusant.

Avant de partir vers d’autres régions de la Terre, nous passâmes beaucoup de temps ensemble. Elle me fit connaître nombre d’expressions culinaro-végétales, détournées de leurs fonctions nutritives à des fins descriptives, toutes plus imagées les unes que les autres : avoir un petit pois dans la tête, tomber dans les pommes, faire le poireau, rond comme un coing, donner un marron, être une grande asperge…

Je continuais mon voyage, découvris des régions couvertes de rizières à perte de vue, des orangeraies magnifiques et embaumantes. Je traversais des déserts, où la famine et les guerres tuent les enfants et les hommes. Je parcourus des terres cultivées riches, luxuriantes, dont les paysans avaient été dépossédés.

 Voilà, tout ce qui a pimenté mon voyage. N’allez pas croire que je vous raconte des salades. Ce serait la fin des haricots !

Si vous voulez avoir la pêche, faites comme ma pomme, allez visiter la planète Terre. Vous en reviendrez avec la banane.

 A Landborg, le 26 septembre 3102

Zeluborg, bien dans ses…baskets

 

Ecrit le 6 mai 2013, pour Copie Double

Que dire des fruits ? Des légumes ? Par leurs couleurs et leurs saveurs, ils enchantent le quotidien de nos assiettes. Sauront-ils en plus vous inspirer pour écrire ?

Poème élogieux pour un légume, rencontre improbable entre un fruit et un légume, histoire de marché ou de panier à provisions… à vous de laisser libre cours à votre imagination !

 

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