CHRONIQUES BORDELAISES

La collecte de mots pour Les Plumes 25, autour du mot VILLE, m’a tout de suite donné envie d’écrire sur BORDEAUX.
Cette ville, où lorsque je m’y trouve, je me sens en même temps chez moi et touriste.

Agenda ironique de mai 2016

Ecrit pour l’agenda ironique de mai 2016, proposé par Emilie et Camille

Thème proposé: En attendant le prochain pont

Un pont, ça peut être long, très long…

  • Où tu es? Ça fait deux heures que je t’attends!
  • Dans les embouteillages…
  • Quoi? Ne me dis pas que tu es encore à la cave de Bac…
  •  Je suis sur le pont d’Aquitaine!
  • Je t’avais dit de prendre le pont tournant!
  • J’ai bien essayé; mais je ne l’ai pas trouvé.
  • Bien sûr; il a été démoli!
  • Alors pourquoi tu m’as dit de passer par là?
  • Pas sur celui qui a été démoli! Sur l’autre!
  • L’autre? Je te signale que l’autre, il est fermé.
  • Non! Pas possible!
  • Et si! Il y aurait des problèmes de joints, je sais pas trop…enfin, ça marche pas. Donc, je suis sur le pont d’Aquitaine; mais tu sais avec les travaux, ça roule pas vite…Oh, dis donc, tu devineras jamais ce que je vois!
  • Un autre pont, sans bouchons, sans travaux, que si tu avais eu la bonne idée de passer dessus…
  • Hé, qui c’est qui m’a dit de prendre le pont tournant, c’est pas toi, peut-être?
  • Arrête de tourner autour du pont; qu’est-ce que tu as vu?
  • Trop tard, il est déjà passé!
  • Ça y’est? T’as passé le pont!
  • « C’est tout de suite l’aventure »
  • Quoi?
  • Rien, je chante.
  • Monsieur chante, et moi je regarde passer les, le l’Airbus…
  • C’est ce que je voulais te dire, j’ai vu l’Airbus, tout à l’heure. Enfin, un morceau.
  • Hébé, il va plus vite que toi. Tu aurais dû prendre le bus, toi aussi.
  • Ça va pas, pour me taper les bouchons des quais.
  • Pas le bus, le bus en bateau, tu serais passé sous les ponts, tu aurais salué « La belle Garonne Et les jardins de Bordeaux »*
  • Qu’est-ce que tu racontes?
  • Hölderlin.
  • Quoi Hölderlin?
  • Un poète allemand qui a séjourné à Bordeaux; il venait comme précepteur des enfants d’un consul d’Allemagne; il espérait aussi rencontrer Napoléon…
  • Ah, oui, Napoléon comme le pont de pierre.
  • C’est exact.
  • Et il a dix sept arches, comme dans Napoléon Bonaparte.
  • Oui, enfin, c’est ce que l’on raconte. En réalité, quand les troupes de l’empereur, se rendant en Espagne, arrivent à Bordeaux, il n’y avait encore aucun pont. Ils durent traverser le fleuve en barque; et tu penses bien que ça prit du temps. Napoléon, ça lui plait pas; il ordonne aux bordelais la construction d’un pont. En Espagne, ils prennent la pâtée. A Bordeaux, y’a plus de sous pour construire le pont; il devait y avoir dix neuf arches; mais la Garonne, elle se laisse pas faire comme ça. On lui construit un pont avec dix sept arches de pierre; et le Napoléon, il a même pas pu y assister à l’inauguration, vu qu’il est déjà mort. Et Bordeaux, comme ça, s’est agrandie.
  • Comment ça?
  • Hébé, ils ont pris un grand morceau de la rive droite.
  • Et pour le pont Mitterrand, c’est lui qui l’a ordonné?
  • Non, le pont d’Arcins, c’est lui qui l’a  inauguré, et pour lui rendre hommage, plus tard, ce pont a été  baptisé le pont François Mitterrand.
  • Dis donc, c’est compliqué les ponts chez vous. Le grand pont levant, ouah, c’était beau, quand il s’est levé pour l’Hermione, et l’Hermione, aussi…heu, qu’est-ce que je disais? Ah, oui, c’est Chaban Delmas qui l’a inauguré?
  • Le pont BaBa? Non, pas du tout. Il a failli s’appeler Toussaint l’Ouverture…
  • Qui? Chaban Delmas?
  • Le pont; enfin, tout le monde était pas d’accord, y’en a qui disait on n’a qu’à l’appeler du nom de la rue qui le prolonge, Lucien Faure…
  • C’est qui encore cet illustre inconnu?
  • Ah, tiens, c’est pas bête, comme question; je sais pas, moi non plus. **Enfin, nous on préfère continuer à l’appeler Baba, de son premier nom.
  • C’est vrai on en reste baba, quand on le voit. Dis, c’est à cause de Toussaint l’Ouverture, du rhum, qu’on dit baba?
  • Non, d’abord, il s’appelait pont Bastide-Bacalan. Le rhum, c’est près de la gare, et de la passerelle Saint Jean. L' »entrée magique » de Bordeaux.
  • ?
  • François Mauriac.
  • Dis-donc, pourquoi on l’a pas appelée passerelle Mauriac?
  • La passerelle Gustave Eiffel*** est le premier pont de chemin de fer de Bordeaux.
  • Faudrait savoir: c’est Saint Jean ou Eiffel, son nom?
  • Eiffel; Eugénie a pris le premier train qui est passé dessus.
  • Eugénie, ta petite amie?
  • L’impératrice, la femme de Nap…dis-donc, comment ça se fait que tu connais Eugénie?
  • Ta copine, y’a longtemps…Et l’autre, la femme à Napoléon, elle aurait pu inaugurer le pont.
  • C’est pas la femme du premier, mais du troisième…Mais tu m’as pas dit comment tu la connaissais Eugénie?
  • J’ai oublié, c’est vieux, tout ça; depuis, beaucoup d’eau est  passée sous le pont Saint Jean, Mitterrand, Baba, Garonne, Aquitaine, Eiffel, t’as vu comme il est beau avec ses illuminations en forme de croix, heureusement qu’ils l’ont pas démoli…
  • T’es où là?
  • Hébé, sur Napoléon, enfin, sur le pont de pierre.
  • Quand même, c’est pas trop tôt. Moi, je suis à côté du lion de Stalingrad.
  • Je te vois.
  • Tu me vois?
  • Je suis en train…
  • T’as pris le train? Où ça?
  • J’ai pas pris le train! Je descends du tramway.
  • T’as pris le tramway? Et ta voiture?
  • Elle est sur le pont.
  • Ça va pas de laisser ta voiture sur le pont d’Aquitaine!
  • Sur le pont, chez un garagiste!
  • T’es en panne? Qu’est-ce qu’elle a ta bagnole?
  • Ben, je sais pas, figure-toi. Et le garagiste, non plus, vu qu’il fait le pont.

LION

* Extrait du Poème d’Hölderlin « Souvenirs » (Andenken) (1803 ou 1804)

**Lucien Faure : 1801- 1877, issu d’une famille protestante de Jonzac, associé d’une société bordelaise qui fait le commerce des vins, produits alimentaires et coloniaux, il réussit dans l’armement maritime.
Hormis sous le second empire, où il se retira pour ne pas prêter serment, il fut membre de la chambre de commerce.
Par ailleurs dévoué à des sociétés de bienfaisance et membre du consistoire protestant. (Lu dans l’ouvrage de Mme Descas )

***En 1860, Gustave Eiffel, alors jeune ingénieur de 27 ans, participait, pour la première fois,en tant que chef  chantier,  à la construction d’une passerelle franchissant la Garonne, pour permettre le passage des trains entre les deux rives.

Il sauva la vie d’un ouvrier en plongeant après lui dans le fleuve pour l’en sortir avant qu’il se noie.

 

 

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Bordeaux féminin

 

Reédité ce 11 mars 2016, pour  10 du mois, proposé par Egalimère. Ce second rendez-vous étant intitulé

Femmes je vous aime – #10dumois, un article écrit le 11 mars 2015,

 

Bordeaux Féminin

bordeaux femme

Les guides-conférenciers, invitaient, ce 8 mars 2015, JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES  FEMMES, à des visites guidées « éclair, gratuites, d’1/4 d’heure sur des Femmes célèbres de Bordeaux. Ceci afin de faire connaître davantage leur métier et défendre leur profession menacée. (Cela a eu lieu dans d’autres villes de France.)

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Rendez-vous Place Gambetta (anciennement Place Dauphine)

 

J’ai ainsi fait connaissance de Thérésa Cabarrus (1773-1835)Thérésa_Cabarrus, d’origine espagnole. Epouse un français. Entre dans une loge maçonnique féminine. Inquiétée, pendant la Révolution française, part habiter Bordeaux, ouvre un salon, est amie des députés girondins. Tallien, envoyé à Bordeaux, pour rétablir l’ordre, installe la guillotine à Bordeaux, sur la Place Dauphine, où Thérésa a ses appartements.. Il fréquente le salon de Thérésa, tombe amoureux. Celle-ci opposée à la peine de mort, lui reproche toutes ces exécutions. Le nombre d’exécutés diminuera, grâce à l’intervention de Thérésa, nommée « Notre Dame de bon Secours »; recevant des familles, venues demander la grâce pour un parent condamné, dans son bureau des « grâces ».

Tallien repart à Paris, où elle le suivra plus tard. Il n’empêche pas son arrestation; ne se manifestant pas non plus pour obtenir sa libération. Thérésa dira: »Demain, je vais mourir d’appartenir à un lâche. »

Tallien déclare arrêter seul le Tyran. Soutenu par une centaine de députés. Robespierre est arrêté, guillotiné.

Thérèse, à qui on doit la fin du régime de la Terreur, devient Madame Tallien.

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Devant le Français, théâtre devenu aujourd’hui cinéma multiplexe, nous attendaient

Les amours d’ Aurélien de Seze.bORDEAUX GSam01_fond_img

BORDEAUX AUR2LIEN DE SEZEIPaurelAurélien de Seze (1799- 1870) rencontra George Sand à Cauterets, l’été 1825.

 Casimir, le mari de George Sand chassait toute la journée et Aurore écrivait dans son journal :
« Sa femme s’en plaint. Il n’a pas l’air de prévoir qu’un temps peut venir où elle s’en réjouira. « (George Sand Histoire de ma vie)

Ce temps était proche. Aurélien était séduisant et cultivé, cette culture qui manquait tant à Casimir.
« Personne ne parle comme vous, personne n’a votre accent, votre voix, votre rire, le tour de votre esprit, votre manière d’envisager une chose et de rendre votre idée. Personne que moi, Aurélien. « 

(George Sand à Aurélien de Sèze, 10 novembre 1825, Correspondance)

Il lui fit la cour et l’accompagna dans ses excursions. Cet amour dura cinq ans et bouleversa la vie d’Aurore Dudevant. Ils échangèrent une importante correspondance et on peut parler de liaison épistolaire. Cette correspondance soutînt longtemps un amour qui languissait. Ils se rencontrèrent rarement, la dernière fois à Bordeaux, au printemps 1830.

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Jardin Public, rencontre de Rosa Bonheur (1822-1899), sur la place du Champ de Mars.

Peintre spécialisée dans les représentations animalières. Première femme artiste décorée de la légion d’honneur.

bordeaux_rosa bonheurveuvenot_leroux_bonheurRosa rencontre son premier et grand amour en la personne de Nathalie Micas, âgée de 12ans, lors du passage de cette dernière à l’atelier de Raymond Bonheur, le père, artiste peintre, lui aussi. Pour parfaire son art, Rosa Bonheur, vêtue d’habits d’hommes – après autorisation délivrée en bonne et due forme par la préfecture de police de l’époque- parcourt les foires et les marchés d’animaux.

BORDEAUX ROSA BONHEURhorsefair                                                Le Marché aux chevaux- (1853-1855)

 En 1859, Rosa va vivre désormais avec Nathalie, dans une vaste demeure en lisière de la forêt de Fontainebleau, à By.

 

 

Elle y fait aménager son atelier et y loge ses chers animaux, mouflons, cerfs, biches, sangliers, moutons, chevaux, boeufs, chiens, et même un couple de lions, le mâle en cage, la femelle « Fatma » en liberté.

BORDEAUXlapins1840bORDEAUXaltessechezelle1885 BORDEAUXavecfatma

                                                                                                  Rosa Bonheur et Fatma

                                                                                                                                

En 1889, peu après la mort de Nathalie Micas, le Colonel Cody, BORDEAUX rosabonheur_buffalobill

le légendaire « Buffalo Bill », de passage en France avec ses cow-boys et des Indiens,

pour l’Exposition universelle, vient la voir à By.

Il veut connaître la petite « frenchy » qui décrit si bien ses grands espaces.

Elle fait la connaissance d’Anna Klumpke,  peintre elle aussi,

et passera les dix dernières années de sa vie, avec elle.

 Colonel Cody ( 1889)

 

 

 


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Angle des  rues Courbin et du Pont de La Mousque, anciennement distillerie Marie Brizard (1714-1804).

Famille de quinze enfants, dont Marie Brizard est la troisième, BX MBmqsRxNfHEKN09zfO1DCuOYAapprend très vite à s’occuper de ses frères et soeurs, mais aussi du voisinage. Son désir est aider, assister les nécessiteux, les malades.

A l’époque, on fabriquait et buvait, sur les bords de la Garonne, une anisette; utilisée comme boisson, comme aseptisant et remède.

Sur la Place Royale,bordeaux_royale Marie trouve un marin  mal en point et inconscient. Elle le ramène chez elle, le soigne. Le marin guérit. Pour la remercier, lui donne les secrets  d’une recette d’élixir d’anis, fabriqué aux Antilles.

BORDEAUXmb_postcardMarie fabrique cette boisson et l’utilise pour soigner. A Bordeaux, on entend très vite parler de cette boisson;  les riches l’achètent.

Devant ce succès, Marie s’associe à son neveu*, prend d’autres collaborateurs et installe une distillerie. Elle vend la liqueur aux Antilles.

Elle continue à s’occuper des nécessiteux, recueille des prêtres réfractaires.

 

 

*Jean-Baptiste Roger épouse Anne Brizard, bORDEAUX MARIE BRIZARDcaptur10

une fille de Martial, frère de Marie Brizard.

 

 

 

 

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Direction Place de la Bourse (Anciennement, Place Royale)**

C’est dans une des maisons de cette place,que vécut Jeanne Aleman, alias Jean Balde.( 1885-1938)

Ecrivaine de l’extraordinaire dans le quotidien, elle prit pour pseudonyme l’anagramme du nom de son grand oncle, Jean BLade,  folkloriste de la Gascogne. Elle grandit entre ses grands parents, dans  la maison place de la Bourse à Bordeaux (qu’elle évoquera dans « La Maison au bord du fleuve »)BXJBpush_65186922_planes_balde

BX JBArbieuxElle passe de nombreuses vacances  dans la maison de campagne de ses parents,  « La Vialle » qu’elle met en scène dans « Reine d’Arbieux » .

Jeanne Alleman débute comme professeur de lettres dans l’institution où elle a fait ses études. Elle y a comme élève Jeanne Lafon, qui deviendra quelques années plus tard madame François Mauriac après leur rencontre chez elle. Elle sera la marraine de l’un de leurs enfants. François Mauriac lui remettra la Légion d’Honneur en 1938.

« La Vigne et la maison », évoque le Bassin d’Arcachon et Arès, avec ses personnages pittoresques.

 

« Le Goéland », dans lequel sont décrits des paysages des bords de Garonne, BXJBle-goeland-de-jean-balde-1013407000_ML

du bassin d’Arcachon, dans les variations des saisons, reflète la poésie du terroir et son sens des racines et des paysages.

 

Elle  se bat, sur la fin de sa vie contre l’implantation d’un pylône dans son jardin,bXJBle-pylone-et-la-maison-de-jean-balde-938283767_ML

et son combat fait l’objet du roman « Le Pylône et la Maison ».

 

 

 

 

 

 

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C’est devant   l’église Saint Pierre que nous attend Flora Tristan  (1803-1844)BXFlora

Arrivée à la fin de la mini conférence, je n’ai pu entendre que la fin de vie de Flora Tristan; atteinte de  typhoïde, elle décède dans une maison non loin de cette église.

BXTombeau-de-Flora-TristanElle est enterrée au cimetière de La Chartreuse à Bordeaux, en présence de 1500 personnes. Une souscription publique est lancée, dans toute l’Europe, pour financer la construction d’un tombeau.

En 1848, lors de l’inauguration de sa tombe, 8000 personnes lui rendent hommage. Sur sa partie supérieure est posée l’ »Union ouvrière ».

Sa tombe est toujours fleurie.

Sur wikipédia, voici ce qui est dit:

femme de lettres, militante socialiste et féministe française, qui fut l’une des figures majeures du débat social dans les années 1840

et participa aux premiers pas de l’internationalisme.BXFLO64631869

« L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. »

« L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même ».

Féministe française, mariée à 17 ans, avec un graveur en taille-douce, André Chazal, homme   jaloux,  et très violent. Elle parvient néanmoins à s’évader d’une vie quotidienne où la femme est considérée comme une mineure incapable, par la lecture de Rousseau, Lamartine et surtout de Madame de Staël. Echec total de ce mariage : battue, humiliée, séquestrée, elle réussit pourtant à le fuir en 1825, bien qu’enceinte. Malgré les menaces et les voies de fait de plus en plus graves, elle ne reprend plus jamais la vie commune. En 1838, André Chazal lui perfore le poumon gauche d’un coup de pistolet. Condamné à vingt ans de prison. Le divorce est interdit depuis 1816. Les juges accordent alors à Flora Tristan « la séparation de corps » (alors qu’ils étaient déjà séparés depuis près de dix ans). Ce drame pousse Flora Tristan à se battre, pour le restant de sa vie, pour le droit des femmes à divorcer.

BX FLO trif4.highresMilitante socialiste:Elle s’investit dans la mission d’organiser les classes laborieuses. Ouvrière dans les filatures, les imprimeries, une des figures majeures du débat social dans les années 1840. Pour répandre ses idées, elle s’embarque, en 1843, dans « un tour de France », le circuit traditionnel des apprentis-compagnons. Son journal posthume,  trace ses rencontres avec les femmes et les hommes ouvriers à travers la France.

Flora Tristan publie  en 1843, l’Union ouvrière, prêchant l’union des prolétaires et des femmes contre la société de classe et l’ordre patriarcal. Flora Tristan,  poussa son engagement révolutionnaire jusqu’à tenter pour la première fois de susciter l’union organisée des prolétaires, à travers un tour de France et ce petit livre : l’Union ouvrière, qui connut alors un grand succès.

Flora Tristan est la grand-mère du peintre Paul Gauguin.

 

 

 

Les autres femmes à l’honneur, ce jour-là, étaient Aliénor d’Aquitaine, et Claire Mauriac.

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Le temps m’a manqué pour ces deux figures féminines bordelaises.

 

 

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BXFMclaireDevant la maison natale de François Mauriac,

au 86 rue du Pas St Georges, était évoquée Claire Mauriac (1853-1929).
Claire Mauriac, née Coiffard,  mère de François Mauriac, fille de Raymond et Irma Coiffard. Epouse de Jean-Paul Mauriac dont elle aura cinq enfants, elle devint veuve vingt mois après la naissance de François Mauriac.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Devant le portail NORD de la cathédrale St André, rendez-vous avec Aliénor d’Aquitaine (1122-1204)BX ALI2NOR175428123886redim1

 

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Le Château de l’Ombrière et les environs de Bordeaux constituent le berceau d’Aliénor, c’est cependant à Poitiers que se rattache l’histoire de sa dynastie.

À Bordeaux, le 25 juillet 1137, le père de Louis VII, quelques jours avant sa mort, le marie à la duchesse Aliénor (ou Eléonore) d’Aquitaine. Celle-ci lui apporte en dot la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, le Périgord, l’Angoumois, la Marche, le Limousin, la Saintonge… Les frontières du royaume capétien s’étendent dès lors jusqu’aux Pyrénées !

Ce mariage fut célébré en la Cathédrale St André.

En ce dimanche 8 mars 2015,  le soleil était généreux, ce fut une balade agréable, à travers ce Bordeaux historique, découvrir ou redécouvrir des lieux, bâtiments et ruelles d’autrefois. Vivent les Femmes! 

bordeaux femme

**Sur la Place Royale, se trouvait la statue de Louis XV, démolie pendant la Révolution. A laplace, on planta un arbre de la Liberté. Nommée Place Impériale sous Napoléon 1er. A la Restauration, reprend le nom de Place Royale; 1869, on y construit une fontaine, remplacée, en 1928, par la « fontaine des trois grâces ».

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Mascaret-La rivière Dordogne

Ecrit pour écritoire, titre de novembre(?) Mascaret (?). Comme le sujet m’inspire…

EAUMascaret

 

La rivière Dordogne

Quand vient le mascaret, dans tes eaux douces
Se mêle alors le sel de la mer.
Ta surface immobile parcourue d’un frisson
Un courant inverse tes eaux
Tu ne résistes pas, ainsi va la nature
Tes berges, un instant recouvertes
S’offrent à cette vague montante.
Comme un caprice, elle s’en retourne,
Te laissant déshabillée
De ce va et vient incessant
Parfois rude, et ravageur
Bouleversant les fonds,
Colorant tes eaux,
Certains disent marron
Je préfère les dire nuancées caramel.

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Rituel

Ecrit pour écritoire, Aout, le mois sans titre.… Non, non, cela ne signifie pas que nous n’écrirons pas : au contraire, nous écrirons en toute liberté, la seule contrainte du mois c’est : écrivez ce que vous voulez, et TROUVEZ UN TITRE D’UN SEUL MOT  pour votre texte.

 

 

RituelmASCARET à ST PARDON en 08 2014.bis jpg

 

Attendue, guettée, elle avance.
Habituelle, chaque jour,
Evènementielle, parfois.
Phénomène rare, naturel
Joyeusement célébré,
Curiosités empressées.
Elle arrive, souple,

Longue, calmement étalée,
Avec gravité et murmure.
Observateurs émerveillés
Ecoutent son approche,
Révélée par un bruissement.
Etirée dans toute la largeur
La voilà, surfeurs du monde entier,
Celle que vous adulez,
De la rivière, inversant le courant,
La vague des grandes marées,
Notre MASCARET.

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Aujourd’hui, mardi 12 août 2014, à 18h19(heure locale), une marée de fort coefficient (113) va amplifier ce phénomène bi quotidien, que l’on nomme mascaret.

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Ne le manquez pas si vous êtes de passage en Gironde. C’est un spectacle magnifique!

Pour ceux qui ne pourraient pas, vous pouvez avoir un aperçu de ce moment « grandiose » sur  Surf sur la Dordogne

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Les embarras de Bordeaux

Ma bien chère amie

Sans doute, serez-vous étonnée, lisant ces quelques lignes, de me savoir à…Bordeaux, et non sur la côte basque, comme prévu.
Un de mes passagers s’étant blessé, personne à bord n’ayant suffisamment de connaissances médicales pour lui venir en aide, nous avons été contraints de nous abriter quelques temps dans le Port de la Lune.
Notre séjour, ma foi s’y passe fort correctement et cette belle ville offre de multiples découvertes, pour qui sait se montrer un tant soi peu attentif, voire curieux.
Laissant à tribord le phare de Cordouan, nous avons quitté l’Océan Atlantique pour pénétrer en territoire de Guyenne, longeant les falaises crayeuses saintongeaises , remplacées par les vignobles girondins, faisant face à une côte de sable et de marécages, continués par des vignes.
Quelques rencontres, pêcheurs rejetant les entrailles d’esturgeons à l’eau, un morutier partant pour les Terres Neuvas, des gabares sur la Garonne remontant leur cargaison jusqu’en Corrèze, par la rivière Dordogne.

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En vue des Chantiers du Roi, nous avons amarré l’Abeille ; quelques bateaux, coques renversées, attendant d’être calfatés, grâce à ce bitume stocké dans de grands fûts ; près des chantiers, l’hôpital des Manufactures, grand immeuble austère, ne put nous recevoir ; celui-ci étant un lieu d’accueil pour les enfants abandonnés ; nous partîmes en voiture à travers les rues de Bordeaux à l’hôpital Saint André, où là, nous avait-on assuré, notre ami serait soigné.
Gilbert de Tramont, éternel rêveur, a chuté, s’entravant dans une drisse ; nous pensons qu’il a une fracture, toute tentative pour se déplacer le fait souffrir énormément..
Saint André, hôpital urbain, devant lequel régnait une certaine cohue. Il semblerait qu’un personnage important, n’ayant pas réussi à garder son anonymat, était à l’origine de ce désordre. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit de monsieur Pierre Courtois, peintre bordelais.
Nous avons laissé Gilbert aux bons soins d’un chirurgien, qui a diagnostiqué une fracture simple du tibia.

 

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Sur le port régnait une intense animation, un navire revenant de Saint Domingue, les cales pleines de coton, de café et de sucre. Tout ceci doit être déchargé, transporté dans les entrepôts portuaires. Je ne puis vous cacher, que je suis au fait de cet ignoble commerce, achat et vente d’êtres humains africains, en échange de denrées ramenées en France. A ce sujet, voici ce que je viens de lire dans le Journal de Guyenne : « A vendre -Chaudières de cuivre, pour nègres ; fers, chaînes de nègres, et plusieurs autres ustensiles propres à la traite… ».Me voici dans cette ville, Montaigne en fut maire, La Boétie, membre du Parlement, écrivait un des premiers textes anti-esclavagiste européen, aujourd’hui fière d’être la Ville des Lumières…lumière voilée, tel est mon sentiment. Nous en reparlerons…

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Invités par un négociant en vin, nous fumes transportés dans une embarcation jusque-là inconnue Monsieur van Treblenck nous apprit que ce bateau était en usage sur les côtes de Hollande. Il a ramené celui-ci, origine de la fortune familiale ; un de ses aïeuls s’étant enrichi en construisant et commercialisant ces bus ou busses. La demeure de notre hôte, ouverte sur une cour pavée, se situe dans le quartier des Chartrons. De construction récente, belles pierres blondes taillées dans une des nombreuses carrières girondine. Constance van Treblenck nous accueillit. La conversation du dîner porta sur le vin, les différents crus, l’embouteillage… Apparut la fillette du couple, accompagnée de Nanou, jeune personne à la peau sombre, attachée à son service. Amenée d’une colonie par un lointain cousin, gardant son statut d’esclave, comme beaucoup de ses condisciples placés dans d’autres familles bordelaises, ou envoyés à Bordeaux, pour y recevoir une formation artisanale. Certains sont affranchis, puisque « Toutes personnes sont franches en ce royaume : si tôt qu’un esclave a atteint le sol de France, se faisant baptiser, il est affranchi. » Les tentatives de fuite sont quasi nulles, la couleur de leur peau les en dissuadant.

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Le lendemain, je rendais visite à notre blessé. Le bon travail du chirurgien, la souffrance atténuée, il ne resterait que quelques jours immobilisé.
Nous décidâmes de ne pas quitter Bordeaux sans lui. J’en profitais pour flâner dans le Jardin Royal, parc nouvellement implanté. Bordeaux, en pleine transformation, perd son aspect moyenâgeux, le Château Trompette, en cours de démolition, pendant que se construit le Grand Théâtre, provoque bien des embarras. La récente Place Royale s’ouvre largement tournée vers la Garonne ; les bâtiments l’encadrent, sobres et élégants, ornés de mascarons, certains allégories de Bordeaux, de ses activités commerçantes, culturelles, têtes de personnages célèbres, anonymes. Tous nous racontent une histoire.

 

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Comme convenu, notre blessé a embarqué ce  jour, soulagé d’être de retour parmi nous ; je crus que les porteurs allaient le faire chuter, la gare d’eau étant très glissante.
Je vous quitte, demain nous appareillons. Je sais que je reviendrai à Bordeaux. Séduit malgré tout…peut-être me ferez-vous l’honneur de m’y accompagner. J’en serais très heureux.

Dès notre arrivée au Pays Basque, bien chère amie, je vous ferai part des suites de ce voyage.

Votre dévoué et très respectueux ami Arnaud Lapranne.

 

Ecrit pour Les Plumes 25, collecte des mots de la VILLE: Voiture, rue, immeuble, abeille, théâtre, anonymat, hôpital, animation, pavé, visite, parc,  bitume, bus, fuite, flâner, embouteillages, urbain, gare, cohue, chuter, constant ou constance (petite fleur d’aujourd’hui : vous pourrez utiliser l’un ou l’autre.) Et comme il y en a 21, vous pouvez en laisser un de côté.

 

Catégories : CHRONIQUES BORDELAISES | 16 Commentaires

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