A vos plumes

Ordres et désordres

Ecrit pour Petit bonheur de tous les jours avec les mots proposés, ci-dessous:

Joncher, affronter, tournoyer, réapproprier, retentir
débandade, tapis, contrée, cycle, migration
instinctivement, fidèle, incontournable, haut, ferme (adjectif)

Ordres et désordres

  • Prends tes cycles et tes slacks, ne reviens plus jamais tournoyer chez moi.

Le tapis, posant le pied dessus, traitreusement avait glissé. Et me voilà, patatras, projetée, les mains en avant. Instinctivement,  cherchant à amortir la chute, mes doigts agrippèrent un rebord. Reconnaissant, trop tard, la dentelle recouvrant le dessus de la  cheminée.

Gling, gling, gling, gling enregistrèrent mes oreilles, tandis que mes pieds écrasaient les morceaux de ce qui avait été une collection de porcelaines.

Clac, clac, les fidèles et incontournables hauts talons claquèrent dans la pièce, un oeil jaugea ce qui jonchait le sol, la sentence, aussitôt, retentit.

Voilà, j’allais à nouveau entrer en migration, repartant vers des contrées lointaines,…

Combien de fois cette scène s’était-elle jouée?

Aujourd’hui, je décidais de faire face, réappropriant mon calme, mon coeur jouant la débandade, voix ferme, je lui déclarais:

  • Finie la comédie. Débarrassez mon plancher.

Sans un mot, elle ramassa, un à un, les débris devant la cheminée, tourna les talons.

Je ne la revis plus jamais.

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Peu importe, aujourd’hui, qui porte la culotte.

Ecrit pourBANIERE LES DEFIS de LA PLUME d'EVY n° 61, thème  » A bicyclette « 

 

Morale et bonnes moeurs obligées,

Aux femmes, était interdit, le pantalon, de porter.bicyclettef

Sur un vélocipède, toléré.

C’est que, voyez-vous,

En ce temps-la, femme vertueuse,

De tout cacher, un devoir, se faisait.

De son corps, ne rien dévoiler, devait.

Un pantalon! Quelle tenue osée!

Mais sur une bicyclette…

Il fallut bien s’y habituer.

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Des présages enfin heureux

Ecrit pour LOGO à vos plumes, chez Arlette

atelier-2016-semaine-20-invitation

Pourquoi présager rimerait-il toujours avec nuages.

Disparaissent les mauvais pressentiments,

Leurs cortèges de doutes emplis de mélancolie,

Viennent les gais et joyeux messages,

L’horloge ne nous leurre point,

Rendez-vous impatients percent la terre

De jolis secrets, éclatant de vie, naissent enfin.

 

 

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Rencontre platonique

Ecrit pourLOGO à vos plumeschez Arlette, avec les mots ci-dessous.

texte-du-4-avril-16 pour le 14 avril

Rencontre platonique

Elle marchait, songeuse,  train-train habituel.

Toujours ce même chemin, elle le connaissait par coeur.

Si bien, qu’elle ne vit pas l’obstacle, et ne put l’éviter.

Sous le choc, muette un instant, elle finit par se ressaisir. Rompant avec la monotonie de ses jours, quelque chose croisait sa route.

N’allez pas croire qu’elle s’ennuyait. Mais, tout de même, un peu de piquant, d’inattendu, n’étaient pas pour lui déplaire.

Miracle! Enfin, quelque chose arrivait, au-delà de ses espoirs. Elle tomba amoureuse.

Pas une de ces amourettes qui ne durent que ce que durent les vacances. Non, cette fois-ci, c’était sérieux.

D’instinct, elle sut.

Décida sur le champ que sa vie allait changer.

On allait voir ce que l’on allait voir. Elle irait n’importe où; surtout, elle irait loin.

Le destin, ou autre chose, ce clown lui souriait, lui faisait un clin d’oeil; elle le suivrait partout; les autres pourraient penser ce qu’ils voulaient.

Elle s’évanouit; la pancarte tomba sur elle. Sur l’affiche, on pouvait lire:

Bientôt, dans votre ville,

le Cirque Guérison;

Ne manquez pas

son spectacle de prestidigitation

unique au monde.

 

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Suspense au château

Ecrit pour LOGO, chez Arlette.

tHEATRE ARLETTE

Suspense au château

Maria laissa tomber son plateau, devant la scène se déroulant sous ses yeux.

Madame, étalée de tout son long, écrasait le parterre de bégonias, fleurissant sous le balcon de la salle de bal. Et le comble, enveloppée dans un rideau du salon, elle était complètement nue!

Jetant un coup d’oeil en coulisse, s’assurant que personne ne l’avait vue, tant côté cour que côté jardin, elle ramassa son plateau, et se précipita dans les cuisines. A cette heure, il n’y avait personne; les uns partis nourrir les volailles du poulailler, garnir les corbeilles de fruits, dépoussiérer quelques lustres, les autres occupés à astiquer rampes d’escalier, traquer les araignées au plafond, ratisser les allées. Les allées! On allait découvrir madame!

Juste à ce moment-la, Janine pénétra essoufflée, hagarde:

  • Madame, elle est…
  • Chut, Janine, calme-toi. Elle a trop forcé sur le porto.
  • Elle est morte!
  • Tu divagues, Janine. Ressaisis-toi!
  • Trois coups. Elle a pris trois coups derrière la tête.
  • Comment tu le sais? Tu étais aux premières loges, peut-être, quand ça s’est passé?
  • Hier soir, j’étais assoupie sur une banquette, dehors. Tout d’un coup, j’ai vu madame appuyée à une colonnade. J’ai eu peur qu’elle ne me voit. Je me suis relevée, et là, plus rien, je suis partie dans les décors. Ce matin, je me suis réveillée avec un mal au crâne et je l’ai vue, elle, elle bougeait. Je me suis approchée. Elle m’a dit: » Trois coups, Janine, souvenez-vous, on m’a tuée. »
  • Et c’est tout?
  • Après, elle n’a plus du tout bougé. Qu’est-ce qu’on fait?
  • Rien.
  • Rien?
  • Quoique l’on fasse, tu connais la musique? Si on prévient,  si on prévient pas, on sera accusées pareil.
  • Oui, mais c’est pas humain, de la laisser comme ça, sans rien faire.
  • Ecoute, si tu veux te retrouver au premier rang des suspects, c’est ton affaire.
  • Stop, coupez- On fait une pause- Tout le monde sur le plateau à 15 heures.
  • Régis, Régis, y’a Natacha, elle va pas bien. Elle arrive pas à se relever.
  • C’est quoi  cette comédie? Qu’est-ce qu’elle a inventé, encore? Hier c’était pour la couleur de la baignoire, l’autre soir elle est descendue à Odéon au lieu d’Orléans, c’est fini, je la veux plus dans un de mes films.
  • Je crois, vu son état, qu’avec toi ou  un autre, elle ne tournera plus jamais…

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

  • Mademoiselle Rubané, vous êtes la dernière personne à l’avoir vue vivante.
  • Oui, mais…
  • J’ai visionné le rush, vous êtes bien la dernière…
  • Oui, mais c’était dans le film, après…
  • Après, vous avez retrouvé mademoiselle Torino, qui, elle l’avait cru ivre, et elle nous a dit que votre maitresse était alcoolique, mais que c’était la première fois qu’elle la trouvait dans cet état; votre maitresse saoule, au point de rouler dans un fossé. On a retrouvé sur les lieux du drame une bouteille de porto, et les analyses indiquent une forte dose de poison. Avez-vous empoisonné madame Anne de Saint Balbiron?
  • Mais c’est ridicule! Puisque c’est à moi qu’elle a dit qu’on l’a tuée de trois coups!
  • Je ne vous parle pas du film, mais de la réalité!
  • Mais c’est vous qui venez de parler de madame Anne de Saint Balbiron. Faudrait savoir!
  • Et pour cause, Janine je vous arrête pour le meurtre de Natacha Coupole.
  • Hi, hi, hi, je m’appelle Nicole Rubané, Janine c’est pour la soubrette.
  • Et ça vous fait rire! On vous accuse de meurtre et vous trouvez cela marrant.
  • Mais inspecteur Fronton, je vous ai reconnu.  Dans la vraie vie, vous vous appelez Colombo.
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Au fil de l’eau

Ecrit pour LOGO, chez Arlette.

lipogramme-invitation

Au fil de l’eau

Mes mains trainent dans ce liquide transparent.

« C’est si beau, susurre le vent câlin.

Alanguie sur ce bateau, je divague au hasard. Nulle pensée ne chasse ce bien-être. La végétation en verdure resplendit. Des ridules se dessinent en surface, vite effacées, je suis bien.

 » C’est divin, murmure le vent mâtin.

Mes paupières se ferment de plaisir satisfait. Je me laisse bercer, passe un nuage; revient la chaleureuse caresse. Silence aquatique, bruissement d’ailes, cris feutrés de batraciens, la barque glisse paisiblement.

 » C’est maintenant, dit le vent qui m’enlève ce qui me sert de chapeau.

Je relève ma tête dénudée, et lit le message céleste. Cris et piaillements d’ animaux ailés traversent le ciel. L’eau devient nuages aux reflets d’encre, se plisse menaçante. La-haut, des créatures hideuses enflent, filent, reviennent en masse, hurlent, barrissant une pluie crépitante.

« Va-t-en, rugit le vent.

Vite je rame, me mettre à l’abri de l’averse; espérant feu de cheminée aux flammes dansantes et rassurantes, le meilleur des thés à la menthe, des crêpes fumantes. M’amarre à la première passerelle venue. Humide et tremblante, je suis sur la terre ferme; prends le chemin détrempé, traversé de canaux ruisselants, patauge dans les flaques, essuyant l’eau qui m’aveugle. Je grimpe un sentier, une lueur la-bas; je m’arrête devant un écriteau.

Bienvenue à Hurlevent

 

 

 

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Un jour parmi tant d’autres

 Ecrit pour l’atelier LOGO A VOS PLUMES BIS, du 10 février.

LISTE ATELIER DU 10 février

 

Un jour parmi tant d’autres

A l’heure où le ciel embrasé, du jour et de la nuit,

Célèbre les accordailles,

Dans la soupente crépusculaire,

Affutiaux et oripeaux célestes s’emmêlent.

Les  solives obscurcies, une lanterne magique,

Soudain apparue, y veillera, nocturne.

Nul besoin de moucher cette chandelle,

Voyez la s’esbigner au petit matin,

Quand les oiseaux feront toilette,

Un coup d’aile brisant le miroir

A la surface du seau d’égouturre.

Il sera temps de reprendre les travaux,

Par la nuit interrompue,

Essanger le linge, oublié dans le cuvier,

Nulle gouape, client tardif de l’estaminet,

Ayant fait rapine ou dégâts,

Dans les cottes à laver.

Larges tranches de ce pain généreux,

Conservé dans la maie,

Apportée en dot, et quelques pistoles,

Seront, allongés de lard, le repas du midi,

Assorti d’une bonne rincette.

Le soleil ardent invitera à la sieste,

Dérangée, parfois, par quelque insecte,

Et l’on verra, alors, faisant des moulinets,

Un bras, armé du chasse-cousin,

Tenter d’abattre un moustique importun.

Puis reprendront la vie et ses habitudes,

Cortège d’évènements familiers ou inattendus,

Paisibles ou difficiles.

Continueront les jours et les nuits,

Portées par les saisons,

Rieuses ou désenchantées,

Immuable et éternel recommencement.

 

 

 

 

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