13 novembre 2015

Vendredi 13

Ecrit pour le  Le veillard et l'âneThème pour janvier, « Vendredi 13 »

 

Vendredi 13

  • Si je te dis vendredi 13, tu penses à quoi?
  • A ce jour, où l’impensable, l’innommable est arrivé.
  • Oui, je te comprends, comment oublier? Mais il est un autre Vendredi 13, ainsi il se nomme. Et son histoire vais te conter.
  • Vendredi, comme le Vendredi de Robinson Crusoé?
  • Nnnnon; il pourrait y avoir des similitudes, mais non.
  • Moi, j’en ai une histoire; c’était un vendredi 13, j’étais élève au lycée, et à 13h13, on plongeait sous la table, au réfectoire, pour tirer un voeu, plié en quatre, le voeu, pas nous, bien sûr, on espérait toutes attraper celui où il y avait le nom du garçon avec qui…
  • Si tu m’interromps tout le temps, tu ne sauras pas de quoi je veux te parler.
  • Je t’écoute; mais tu sais, à l’époque, il y avait une fille qu’on n’aimait pas et comme on ne voulait pas que ça marche pour elle, son voeu, parce qu’elle voulait sortir avec un garçon, et nous on…
  • Tu veux savoir pour Vendredi 13, oui, ou non!
  • Je t’écoute; vas-y. C’est pas trop long? Non, parce que aujourd’hui je fais du poisson, à midi, et que je dois l’écailler, le vider, et que ça prend du temps…
  • Justement, l’histoire du Vendredi 13 se passe sur l’eau.
  • Mer ou rivière? Parce que tu vois, moi je préfère les poissons de mer; rougets, soles, loup…
  • Ce serait presque une histoire de loup des mers; tu vois. Imagine une goélette, de trente neuf mètres de long, construite à Saint Nazaire, en 1970. Sa première sortie officielle l’amena, en 1972, de Plymouth à Newporth.
  • Tu parles de la transat anglaise, course pour voile en solitaire. Un marin, barrant seul un tel bateau! Chapeau!
  • Justement, son barreur, Jean Yves Terlain eut des problèmes de gréément, arriva second derrière Alain Colas.
  • Manu, Manuréva, Où es-tu Manuréva, Bateau fantôme…
  • Nous parlerons de Manuréva, une autre fois, si tu veux bien. Jean Yves Terlain fit de ce bateau un charter pour les Antilles, et croisières de luxe. Barré par Yvon Fauconnier, en 1976, le Vendredi 13 participa à la transat anglaise et…
  • Arriva premier, je le savais.
  • Il ne put finir sa course, Yvon Fauconnier fut blessé.
  • …toi qui rêva des îles, Et qui jamais n’arriva, Là-bas
  • Tu arrêtes, tu dis n’importe quoi!
  • C’est bon, je me tais.
  • Utilisé en tant que charter, jusqu’en 1990. « Marin du monde » le rachète pour des missions humanitaires. Puis,  il connaît des problèmes de structure, irréparables, on en construit un à l’identique.
  • Un clone, en quelque sorte; et on l’appela Clo…
  • Friday Star. Vendredi 13 fut hébergé par le musée de la Plaisance de Bordeaux. Avec ses trois mâts,  mais sans sa quille, la goélette resta exposée dans l’ancienne base sous-marine.
  • Tristounet, tout ça.
  • Pire encore. Le musée de la plaisance a fermé. Manuréva, heu, Vendredi 13 est resté là, démâté, sa coque abandonnée, sur le parking de la base sous-marine  de Bordeaux, en compagnie d’autres bateaux, pour certains oubliés, pour d’autres en cours de restauration.
  • Hébé, son nom lui a pas porté chance!
  • Attends, l’histoire ne s’arrête pas là. Un homme,  créateur du futur Musée de la Mer et de la Marine, a racheté l’épave. Et le 7 décembre 2015, Vendredi 13 a été transporté du parking jusqu’aux bassins à flots du port de Bordeaux. L’association « Rêve de sens », s’occupant de sauvegarde du patrimoine maritime de course au large, va le remettre en état. Les travaux dureraient un an.
  • Et vogue la galère!
  • Plutôt vogue Vendredi 13! Espérons que pour lui, la galère est bien finie!
  • Manu, Manuréva…

L’histoire détaillée de Vendredi 13 à lire

Vendredi 13 en mer, bibliothèque pour mission humanitaire, à voir ici

  • Avant d’aller faire griller mon poisson, je te raconte ce qu’on a fait, mes copines et moi, ce vendredi 13 à 13heures 13, pile poil?
  • Si ça te fait plaisir.
  • Je t’explique. On voulait pas que son voeu marche. Vite, vite, avant qu’elle arrive, on a ouvert tous les papiers pliés, on a trouvé le nom du garçon, qu’on voulait pas qu’elle sorte avec; on l’a jeté. Et voilà! Ni vu ni connu. Ça n’a pas marché.
  • Comment ça? Vous vous étiez trompées de nom?
  • Non, mais la copine qu’on aimait bien, qui aurait dû sortir avec lui; hébé, elle est pas sortie quand même avec. Mais l’autre non plus…..toi qui rêvas Des îles et qui jamais… Tu aimes le poisson? Je t’invite!
  • Volontiers!
  • Manu Manuréva, Où es-tu Manu Manuréva?, Bateau fantôme toi qui rêvas Des îles et qui jamais n’arriva, Là-bas.

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VendrediMMMBordeaux

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PARIS 13 novembre

 

Catégories : 13 novembre 2015, Jeux d'écriture, Les mots biographent | 4 Commentaires

La vie est une fête

Ecrit pour miletune,sujet semaine 49,

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source Internet                                       

LE MOT A PLACER EST : TENTATION

 

La vie est une fête

Tant qu’il y aura des hommes
Eternels rêveurs, amoureux
Nous n’endosserons jamais l’uniforme.
Tant qu’il y aura l’humanité
Avec ses espoirs, rires et pleurs,
Tant qu’il y aura de la vie partagée
Il n’y aura pas d’uniformes
On pensera, écrira, chantera
Nous vivrons, fraterniserons,
Sur un air de liberté, partout entonné.

Catégories : 13 novembre 2015, Jeux d'écriture | 5 Commentaires

Un souffle de liberté

 

Un souffle de liberté

Mon jardin, effleuré par un nuage de pluie.

Dans le grand pré, recroquevillé, un poème.

S’ouvre lentement,

Main, dépliant un à un ses doigts engourdis.

Des mots délavés, comme coulent des larmes.

S’en échappe une guirlande de lettres

Equilibre se pose sur la branche.

Secouées par le vent, quelques lettres se détachent.

Laissant  le mot libre.

 

 

 

 

Catégories : 13 novembre 2015, E comme écriture | 4 Commentaires

Divin Mozart

Hier, j’ai entendu ton REQUIEM.

Toi, qui as créé légèretés et beautés,

Toi, dont j’ai copié plusieurs fois, quelques lignes de la partition de « La petite musique de nuit »,

Punition donnée par une prof de musique,

M’ amusant  à la jouer au piano.

Hier, en l’église Saint Louis des Chartrons, à Bordeaux,

Nous étions deux mille rassemblés en ce lieu,

Hommage aux victimes du 13 novembre 2015,

Certains, par ferveur religieuse,

D’autres, comme moi, pour être avec eux,

Eux, qui auraient pu être mes enfants, mes petits enfants,

Tous ces enfants que, de par mon métier, j’ai connus.

Ces êtres qui, plus jamais ne riront, pleureront,

Ne raconteront d’histoires à leurs enfants, les consoleront, les aimeront,

Ne feront plus de projets d’avenir,

Ne rêveront plus à la jolie et tendre Ludivine, au charmant et fraternel Sébastien,

Ne se rassembleront plus en famille, en bande de copains, copines.

Tant et tant de choses, de petits et grands soucis, évènements futiles et importants,

Bonheurs, satisfactions, tristesses et déceptions,

Tout ce qui habite la vie.

Hier, je vous ai vus, immobiles à jamais.

J’étais bouleversée.

Même si ce sentiment était déjà présent en moi,

Hier, avec les autres,

Ecoutant ton Requiem, chanté, joué par des choristes et musiciens bénévoles,

J’ai vraiment compris.

Mozart, le divin.

 

 

 

 

Catégories : 13 novembre 2015, Evénements, Les mots biographent | 5 Commentaires

Omar Youssef Souleimane

Omar Youssef Souleimane est né en 1987 à Quoteifé, sur les plateaux du Kalamoune à une quarantaine de kilomètres au nord de Damas. Après OMAR YOUSSEF SOULEIMANEavoir obtenu un baccalauréat scientifique en 2005, il étudie la littérature arabe à l’université de Homs. Entre 2006 et 2010, il a été correspondant de la presse syrienne, et a collaboré avec de nombreux journaux arabes. Il est l’auteur de livres de poésie, (Chansons de saison) en 2006, ( je ferme les yeux et j’y vais ) prix koweitien Saad Al Sabbah en 2010. Ayant participé aux manifestations pacifiques dès mars 2011 à Damas puis à Homs, il a été recherché par les services de renseignements syriens. Afin d’éviter la prison, il est entré dans la clandestinité et est parvenu à quitter son pays. La France, où il vit depuis 2012, lui a accordé l’asile politique en 2012.  Il a publié Il ne faut pas qu’ils meurent en 2013 aux éditions Al Ghaoune – Liban, La mort ne séduit pas les ivrognes en 2014, bilingue, français/arabe, aux éditions L’oreille du loup – Paris, un film a été réalisé sur son poéme  » Je ne suis plus personne ».

Vivant en région parisienne, il y poursuit ses études à l’université (Paris8) et continue son oeuvre poétique.

– See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/omar-youssef-souleimane#sthash.v0JAaawx.dpuf

(Source: wikipédia)

Omar Youssef Souleimane était invité au Festival International d’Histoire de Pessac, qui devait avoir lieu du 16 au 23 novembre 2015.

Thème de ce 26 ème festival: Un si proche Orient.

Il était invité à un Café Poétique avec Syrie sans frontière, intitulé « Miroir d’une guerre cachée ».

Le festival n’a pas été annulé, mais  reporté.

PARIS 13 novembre

Catégories : 13 novembre 2015, Les mots biographent | 7 Commentaires

Mémorial poétique du 13 novembre 2015- Je ne peux pas venir d’Omar Youssef Souleimane

Pour le mémorial poétique 13 novembre 2015, chez martine, écriturbulente

Un poème du poète syrien, en exil, Omar Youssef Souleimane

Je ne peux pas venir

Tu sais bien que mes yeux qui regardent le chemin vide
Voient aussi la fête du désir dans ton lit
Mais je ne peux pas venir

Les lumières du chemin sont des feuilles de citronnier dans
l’automne désolé
À ta porte danse le vin
Et sur tes cuisses cascadent les festivités du monde
Et je ne peux pas venir

Le chemin nocturne est la mâchoire d’une hyène qui décortique
mes os
Son asphalte est un métal de colère et d’affliction
Sur lequel s’installe une balle de caoutchouc, mon cœur

D’un panneau publicitaire lumineux s’écoulent tes parfums
Tes robes y étincellent comme des musiques
Mais à mes yeux le chemin est comme ce panneau
Et les étoiles dans mon cœur sont du bois sec
J’ai tant cohabité avec le chemin que mon ombre s’y est creusée
Ma liberté est mon ombre
La guerre est ma mémoire
À chaque fois que je me résous à venir, c’est elle qui vient

[Traduction : Aïcha Arnaout]

Miroir d’une guerre cachée (et autres poésies)

Catégories : 13 novembre 2015, C'EST TOUT UN POEME | 3 Commentaires

Je ne comprends pas

Je regarde ces visages, êtres mortifères, assassins, ennemis de la liberté, de l’humanité, niant l’existence féminine, terroristes, et s’y complaisant.

Je pense à mes enfants, mes petits enfants, à tous ceux qui ont été mes élèves, à eux aussi, qui ont été des enfants.

Ces enfants, nés, tous égaux, par ce  même besoin d’amour, de sécurité, de vivre, avoir et faire des rêves, de se construire un imaginaire, de l’enrichir,  de le partager, besoin de merveilleux, de connaître des expériences, des apprentissages, de vivre en société, d’être un humain avec des valeurs morales, de s’aimer, d’aimer l’autre, d’avoir des doutes, des questionnements, des joies et des peines, un coeur et un cerveau…

Pourquoi? Quand je les vois sourire, je ne comprends pas.

PARIS 13 novembre

 

Catégories : 13 novembre 2015, Les mots biographent | 4 Commentaires

Mémorial poétique 13 novembre 2015-Le vent se lève

Pour le mémorial poétique 13 novembre 2015, chez martine, écriturbulente

Un poème de Makdaoui Abderraouf

LE VENT SE LEVE

Je résiste sur les montagnes hautes de Naplouse

Je résiste dans la mer encerclée de Gaza,

Je résiste au pied de collines occupées de Ramallah

Je résiste sur la terre sacrée de Jérusalem

Je résiste sur la terre sainte de Bethlehem

Je résiste en Palestine et pour la Palestine.

 

Aux côtés des oliviers menacés de Jenin, je résiste !

Sur ma terre confisquée à Hébron, je résiste !

Près des rares orangeraies de Java, je résiste !

Prés des dattiers mûrs de Jéricho, je résiste !

 

Contre les colons illégaux, je résiste !

Contre les soldats agresseurs, je résiste !

Contre l’impunité des oppresseurs, je résiste !

Contre la terrible violence des occupants, je résiste !

Face à un usurpateur arrogant, je résiste !

Malgré le silence assourdissant

Et malgré l’hypocrisie latente, je résiste !

En dépit de l’injustice, je résiste !

Je résiste pour la paix et je résiste en paix !

 

Par ma lutte pacifique, je résiste !

Par ma présence riche en humanité, je résiste !

Par une poésie engagée qui creuse son sillon, je résiste !

 

Avec la force de mon droit, je résiste !

Avec ma plume et mes vers, je résiste !

Avec mon existence sur ma terre, je résiste !

Avec ma persévérance et ma foi, je résiste !

Avec ma glaise d’amour et de tolérance, je résiste !

Avec l’arme indestructible de mon espoir, je résiste !

 

Pour une graine d’espérance, je résiste !

Pour une nuit magique, toujours lumineuse, je résiste !

Pour le courage de la mère d’un martyr qui sait pardonner, je résiste!

Pour le retour d’un réfugié, je résiste !

Pour une cause juste et noble, je résiste !

Pour créer de nouveaux horizons d’espérance, je résiste !

Pour que nos arbres grandissent où vivent leurs racines, je résiste !

Pour en finir avec le nuage de l’horreur qui planait sur la Palestine, je résiste!

 

Puisque ma patience est un génie, je résiste !

Puisque je suis soutenu par la bravoure des solidaires, je résiste !

Puisque mon sourire est plus puissant que leurs armes, je résiste !

Puisque les épées de la victoire brillent dans mes yeux, je résiste !

Puisque je suis attaché à la vie, je résiste !

 

Pour arrêter la machine infernale de cette occupation

Qui continue de fustiger inlassablement, je résiste !

Pour allumer sans éclipse la lumière de notre avenir, je résiste !

Pour guérir les blessures et la douleur des années noires, je résiste !

Pour rendre leur sourire à nos enfants traumatisés, je résiste !

Pour effacer le désespoir de nos jeunes enfermés, je résiste !

Pour arrêter le génocide et les crimes arbitraires contre mon peuple, je résiste !

Pour la reconnaissance de nos droits légitimes, je résiste !

Pour que mon cri légitime contre l’injustice soit entendu, je résiste !

Pour un monde plus humain et plus humaniste, je résiste !

 

Dans la dignité, je résiste !

 

Loin de la haine, je résiste !

 

Pour l’humanité, je résiste !

 

Pour la vie et la paix, je résiste !

 

Makdaoui Abderraouf

 

 

Catégories : 13 novembre 2015, C'EST TOUT UN POEME, Evénements | 3 Commentaires

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