Journal d’une confinée (27) et week end de Pâques

Journal commencé le mercredi 18 mars 2020

CONFINEMENT J 29, p 27

Dimanche 11 avril 2020

 

Dimanche de Pâques

Les arbres verdoient,

Un virus se promène.

Des fâcheux se plaignent.

Les parisiens en goguette,

En gare Saint Jean, réceptionnés,

Sitôt à l’hôpital Saint André emmenés.

Pauvres patients, de leur famille, éloignés.

De ce week-end en région bordelaise,

Se seraient bien passés.

Si près de l’océan,

Du vaste horizon, rien ne verront,

De ses vagues, et l’air iodé,

En liberté, ne respireront,

À des tuyaux, branchés,

A Bordeaux, si loin, si loin…

 

REVUE DE PRESSE

Pyrénées : l’ours Cachou est mort

Il était porteur d’un patrimoine génétique précieux, Cachou, fils de Balou, a été retrouvé mort par des agents ruraux catalans le 9 avril 2020. Une mort qui interroge les défenseurs de la cause animale. (FR3 Nouvelle Aquitaine)

Emmanuel Macron : « très agacé » par les journalistes, l’Elysée prend une décision radicale

« Très agacé » par les journalistes, Emmanuel Macron a décidé, par le biais de son chargé de communication, de ne pas convier la presse lors de ses récents déplacements… (Gala)

Les patients parisiens du covid-19 bien arrivés en gare de Bordeaux, il reste plus de 250 places en réa dans la région (FR3)

Ainsi 5 d’entre eux seront soignés à l’hôpital inter-Armées Robert Picqué de Villenave-d’Ornon, 12 au sein du CHU Pellegrin, 4 à la polyclinique Bordeaux Nord et 3 à la clinique St-Augustin.

Coronavirus : Les Français incités à travailler plus après le confinement (20 minutes)

Merci patron.

Coronavirus : « Il y a un mois de perdu dans la montée en puissance vers le dépistage », juge François Ruffin (LFI)(FR2 Les 4 vérités)

Ce que l’on fait c’est juste ce qui se pratiquait pour la peste au Moyen Âge : on enferme les gens chez eux. Le problème c’est que cela doit se conjuguer avec une chose : des tests, des tests, des tests. 

« Il y a besoin de diriger l’économie et l’économie n’est pas dirigée quand on donne quatre milliards d’euros pour les startups et que pendant ce temps-là, les hôpitaux font la manche via des cagnottes solidaires sur Leetchi pour pouvoir avoir de quoi s’acheter des respirateurs, ce n’est pas digne, on a l’impression d’être dans un pays sous-développé », conclut François Ruffin.

Pour lire l’intégralité, c’est ici

Des drones pour contrôler les entorses au confinement en Gironde

En ce début de week-end pascal, afin de veiller au respect des mesures de confinement contre l’épidémie de coronavirus, la préfecture de la Gironde a annoncé ce vendredi le renforcement des contrôles de police et de gendarmerie, qui s’appuieront notamment sur l’utilisation de drones.(Bordeaux Rue 89)

Cela peut se comprendre; mais après…nos libertés resteront-elles confinées ?

Arrêté pour avoir frappé sa mère qui cache le papier-toilette parce qu’il en utilise trop [les insolites du jour](Charente libre)

Et les devoirs en confinement. Irrésistible.

 

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Un mois de perdu…mais pas dix de retrouvés

https://mobile.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-il-y-a-un-mois-de-perdu-dans-la-montee-en-puissance-vers-le-depistage-juge-francois-ruffin-lfi_3906925.html#xtref=android-app://com.google.android.googlequicksearchbox/https/www.google.com&xtref=https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-il-y-a-un-mois-de-perdu-dans-la-montee-en-puissance-vers-le-depistage-juge-francois-ruffin-lfi_3906925.html

 

Ceci n’est pas une PUB pour la France Insoumise. Mais tout comme Philippe Poutou, Jean François Ruffin est un « mal nécessaire » à notre démocratie. Ses films en sont le parfait exemple.

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Journal d’une confinée (26) et ce gouvernement de ….

Journal commencé le mercredi 18 mars 2020

CONFINEMENT J 28, p 26

Samedi 11 avril 2020

Oui, ici il fait très beau. Temps d’été, les oiseaux gazouillent, les fleurs s’épanouissent, promesses de muguet avant le 1er mai, de cerises, mais quand rechanterons-nous, le temps des cerises…

 

Avis No 20-31056

publié le 01/03/2020

Acquisition d’aérosols lacrymogènes au profit de la police nationale et la gendarmerie

 

Avis No 20-45105

publié le 27/03/2020

Adaptation et acquisition de micro drones collectifs pour observation de jour et de points chauds, et prestations associées. (rectificatif)

 

Aurons nous le droit de porter des masques, puisque le virus n’aura pas disparu. Peut-on mettre en danger nos braves défenseurs de l’ordre public, si bien équipés contre les méchants comploteurs,chômeurs ingrats,  hargneux revendicateurs et ces révolutionnaires, ces fonctionnaires, qui ne se contentent plus de baisser la tête, de payer des impôts mal utilisés, d’attendre en silence qu’on les mène à l’abattoir, qui clament haut et fort ces vérités, qui dérangent, et dont aujourd’hui, nous avons la preuve qu’elles sont réalité.

Et un peu de beauté dans un monde brutal

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Journal d’une confinée (24) (25) et Boris Vian

Journal commencé le mercredi 18 mars 2020

CONFINEMENT J 26, p24

Jeudi 9 avril 2020

Petit déjeuner au jardin.

Un nouveau bébé chez nos tourtereaux.

Je recommence petit à petit à revenir sur facebook.

Ce midi, des cannellonis.

Ce soir, grand rendez-vous de la troupe Arscenic, avec ZOOM. Pourvu que ça marche.

Ma fille souffre du dos. Un lumbago, dit-elle. Pourvu qu’elle pense vrai. Toute seule à Paris avec Tartine, sa chatte.

Pour la 3ème fois, il y a du courrier dans la boite aux lettres.

Nous venons d’apprendre qu’une de nos relations vient d’être hospitalisée. C’est la première personne de notre entourage. L’imaginer, hospitalisée, en souffrance, est très difficile à assumer.

 

CONFINEMENT J 27, p 25

Vendredi 10 avril

Boris Vian aurait eu cent ans en 2020, il fallait bien fêter l’événement

(Le Populaire du Centre)

 

Parmi toutes les chansons créées par Boris Vian, celle que je préfère.

 

Parmi toutes les chansons créées par Boris Vian, celle que je préfère.

Hier soir, pas de rencontre théâtre. Certains ne veulent pas zoomer; par crainte d’être fragilisés à cause de cette application; en cette période, tout ajout d’application fragilise nos comptes. Ils ont « messenger » sans moi , je ne peux utiliser la caméra, il faudrait aller sur google, et puis ouvrir tralalalalère…on whatsapera la semaine prochaine; soit dit en passant, j’ai été piratée sur whattsap (appel à la prière), enfin le blocage a fonctionné. Skype fonctionne très bien, pour les cours d’allemand, du moins.

Merci au facteur ou à la factrice qui a déposé, aujourd’hui, du courrier dans la boite aux lettres et surtout de la lecture.

Nous avons un temps magnifique. Dommage que les enfants, et tant de monde, ne puissent en profiter. Et difficile pour certains de résister…quelle vie pour les jeunes ! Après, il faudra lutter pour eux, avec eux, pour empêcher que perdure ce système qui nous a amené à cette catastrophe.

Histoire sans parole

 

 

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Iodler au présent, comme par le passé.

Écrit pour LES PETITS CAHIERS d’ÉMILIE, thème de la récolte: ÉCHO

MONTAGNE MODE RAGOT RADAR CORBEAU IODLER BOOMERANG HOQUET RÉSONANCE JOURNAL GRONDER PROFOND GLACIAL

Iodler au présent, comme par le passé.

– Qu’est-ce que tu écris ? Ah, mais mademoiselle a  une punition ! Mademoiselle ne l’avait pas dit ! Qu’est-ce que tu as fait cette fois ci ? La dernière fois, c’était le boomerang , je t’avais interdit d’y toucher, mais non mademoiselle voulait faire voir à ses copines, et mademoiselle a cassé la vitre de la poste; encore heureux que la postière ait pas eu une attaque, mais juste le hoquet, depuis elle n’arrête pas. Tu parles si c’est pratique. Il parait que son corps est une véritable caisse de résonance. Et puis, la queue qu’il faut faire, le temps qu’elle te dise bonjour, vous désirez, qu’elle te le donne, qu’elle te dise au-revoir, et par dessus le marché, il fait un froid glacial, parce que bien sûr,le carreau n’a pas encore été remplacé . Qu’est-ce qui te fait rire ?

-J’imagine le hoquet enroué de la postière.

-Qu’est-ce que t’es bête ! Et je rigole là, alors que je devrais te gronder.

-Ça lui passera. Et pendant ce temps, elle arrête de raconter des ragots, cette vieille bique.

– Vieille bique ! Elle a mon âge !

-Oui, mais toi, maman, c’est pas pareil !

– Bon, cette punition ?

-Ben, j’ai vu dans le journal un concours de musique. Et je voulais m’inscrire. Mais j’ai failli louper la date d’inscription. Alors, la maitresse, un vrai radar celle-la, non mais j’te jure, elle devine toujours quand on fait autre chose que l’écouter. Je sais pas comment elle fait…Elle m’a pris le journal, et maintenant c’est trop tard pour l’inscription, et puis, y’en a pleins qui y participent, et puis pas moi…

-Et c’est quoi la punition ? « Je iodle, tu iodles, Elle iodle, Nous iodlons, vous iodlez Elles… » tu en as pour longtemps ?

-Je dois le conjuguer à tous les temps, tous les modes, toutes les pers…

-Et pourquoi le verbe iodler ?

-C’est le concours où je voulais aller.

-Et depuis quand tu iodles, toi ? C’est quoi cette nouvelle mode ?

-C’est pour apprivoiser les corbeaux .

– Les corbeaux, manquait plus que ça ! Je suis en train de faire un cauchemar ! Je vais me réveiller. Et, toi, tu rigoles…

-C’est une blague !. Par contre, il y a un garçon qui me plait bien et qui chante; c’est pour ça que je m’entraine à iodler; et j’ai essayé dans la classe; je croyais qu’elle m’entendrait pas…

-Alors, l’inscription, c’était faux, et maintenant tu veux que je te crois. Et où répétez-vous, en dehors de la salle de classe ?

-Je te jure que c’est vrai.

-Que vous iodlez à l’école ?

-Non, pour chanter on se retrouve dans la montagne. Si tu l’entendais. Il est tellement doué. Quand il fait la voix aigüe, et tout d’un goût, c’est grave, ça sort du plus profond de son ventre, j’en ai des frissons. Et en plus, on entend les autres qui lui répondent. C’est magique !

-En attendant, continue ta punition, et compte pas sur un miracle, pour qu’elle s’écrive toute seule.

 

 

 

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Journal d’une confinée (22) (23)

  • Journal commencé le mercredi 18 mars 2020

CONFINEMENT J 24, p 22

Mardi 7 avril

Aujourd’hui, papa aurait 97 ans. Il n’a pas accompagné maman dans sa fin de vie. Cela aurait-il été plus facile de partager ces moments difficiles avec lui. Comment les aurait-il vécu ? Aurait-il été vaincu par la sénilité, comme maman ?

Comme il nous a manqué; maman lui a survécu de si longues années, en guise de compagnon, ce traumatisme à vie.

Pyrénées : Un ours immortalisé sur une crête à 2.800 mètres d’altitude

Après Sorita, voici Goiat

La Pavlova, mon dessert préféré. Il me restait des blancs d’oeufs; des framboises congelées, un peu de crème à la vanille et voilà !

A gauche, celle du pâtissier, à droite, les miennes.

La Pavlova qui aurait inspiré ce dessert. L’Australie et la Nouvelle Zélande se disputent la création de ce délicieux gâteau; puis les États-Unis…Peu me chaut, grec, chinois, vietnamien, suisse ou irlandais, j’adore !!!

CONFINEMENT J 25, p 23

Mercredi 8 avril 2020

Les merlots enchantent le jardin,

Où roucoulent les tourtereaux.

Un camion passe,

Grondement vital;

Les masques sont de sortie,

Pour un étrange carnaval.

Fiction d’hier,

Aujourd’hui, science de la réalité.

Quand retournerons-nous danser ?

 

Coronavirus à Bordeaux : Des étudiants isolés et en « détresse psychologique » dans un campus déserté

CONFINEMENT Depuis le début du confinement lié à l’épidémie de Covid-19, près de 3.000 étudiants sont isolés sur le plus campus de Pessac-Talence-Gradignan

« Le campus a été déserté. Les étudiants qui sont restés sont ceux qui étaient déjà dans une situation d’isolement. Etrangers, ils étaient loin de leur famille, en rupture familiale, ils sont désormais sans leurs amis. Certains, en grande précarité, n’ont aujourd’hui plus leur job, explique Jérôme, membre fondateur du collectif et enseignant chercheur en physique. Bref, on se sent utile avec nos colis. »Solidarité-Continuité alimentaire Bordeaux

MERCI ANNIE ERNAUX

Monsieur le Président,

« Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps ».

À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre.

Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et  ce qu’on pouvait lire sur la  banderole  d’une manif  en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui.

Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux,  tout ce jargon technocratique dépourvu de  chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays :  les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de  livrer des pizzas, de garantir  cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle,  la vie matérielle.

Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas  là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps   pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent  déjà  sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine.

Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde  où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie,  nous n’avons qu’elle, et  « rien ne vaut la vie » –  chanson, encore, d’Alain  Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui  permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale. »
Annie Ernaux

Écrit le 30 mars 2020. J’en prends connaissance ce jour. Je n’ai plus rien à dire.

Cette année 2020 célèbre le 200ème anniversaire de Boris VIAN. Que d’hommages ne seront pas faits ! Le printemps des poètes en était l’occasion. Quelle triste ironie, de ne pouvoir publiquement faire revivre ses pensées, ses textes et chansons, si joyeusement libres et anarchistes, dénonçant ce monde dans lequel nous sommes englués.

 

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Je ne suis pas la dame aux camélias

Ecrit pour , et les mots proposés, récolte 44

Délétère, terre, extrait, prologue, grotte, ours, guérisseuse, atmosphère, vaticination, marri.

 

Je ne suis pas la dame aux camélias

Tandis que les ours slovènes

Sortent de leurs grottes pyrénéennes,

À Paris, règne une drôle datmosphère.

« Délétère, délétère, est-ce que j’ai une gueule de délétère ? »

 » Délétère, ma chère,

Que me vaut donc cette colère ?

Je vous savais, des âmes,  guérisseuse,

Rendant vie plus rieuse. »

« Mon cher, un instant, revenez sur terre.

Ne voyez vous donc pas que je joue ce caractère ? »

« Certes, mais ce n’est point un extrait de La Bruyère. »

« Vous ne m’épargnez guère,monsieur.

Vous auriez pu faire mieux,

De notre rencontre, en prologue,

Un tel dialogue.

Vous êtes odieux, monsieur. »

« Je vous ai offensée, vous m’en voyez marri. »

« Ne prenez pas cet air contrit,

Portez ailleurs, vos sales manières,

Ne m’importunez plus d’ hypocrites prières,

Allez, je ne doute pas que vous en trouverez moult occasions,

Débiter ailleurs vos infamantes vaticinations »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joueriez vous, plutôt, et n’en faites point, mystère,

La comédie de l’adultère. « 

 » J’avoue l’avoir au catalogue,

Mais ce n’est pas le sujet de ce dialogue. »

« Pourtant, j’ai cru en reconnaitre le prologue. »

Mon cher, vous vous fourvoyez,

Voilà longtemps, que je ne vous ai trompé.

Mais toute réflexion faite, vous m’y faites songer. »

« Portez vous en bien, ma chère,

De ce pas, à faire de même, vais m’employer. »

 

 

 

 

 

 

 

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L’ile des pingouins

Lu pour le,…..
Résumé
Entraîné par la malice du Diable, le saint homme Maël aborde une île des mers hyperboréennes où l’a poussé une tempête de trente jours. Et là, trompé par sa mauvaise vue, le vieil apôtre baptise des pingouins, causant ainsi au Royaume des Cieux une perplexité dont Catherine d’Alexandrie tire heureusement les élus en proposant de métamorphoser les pingouins en hommes. Telle est l’origine la plus reculée de la civilisation pingouine dont Anatole France raconte l’évolution jusqu’à nos jours dans ce récit où sa verve féroce fustige les ambitieux et les politiciens de son temps : le temps de Boulanger ou de l’affaire Dreyfus. On y trouve un Pyrot compromis dans la sombre affaire des bottes de foin, un Colomban qui rappelle beaucoup Zola. Cette satire pessimiste est douée d’une pérennité qui fait penser à Swift et à Voltaire. Elle est écrite dans un style limpide où étincelle l’ironie de celui que jean Guéhenno a appelé le « dernier sage ».
 Mon avis
Anatole France relate l’histoire d’un pays « La Pingouinie », de ses origines aux années 1940, évènements inspirés de l’histoire de la France, les parodiant, église, gouvernements,les incidents politiques, sociaux,  les banques, les riches et puissants, les complots, les abus en tous genres, tout est prétexte à pamphlets, tout y est; et tout au long, j’ai retrouvé les défauts et les torts de tous les gouvernements en ce qu’ils ont failli sciemment, quelle que soit l’étiquette politique,  à considérer le peuple, comme étant humain, mais  plutôt à le manipuler, à le transformer en bête de somme.
Une lueur d’espoir, quand deux amoureux, anarchistes, assistent à l’effondrement du pays.
Extraits
Préface « Si vous voulez que votre livre soit bien accueilli, ne négligez aucune occasion d’y exalter les vertus sur lesquelles reposent les sociétés : le dévouement à la richesse, les sentiments pieux, et spécialement la résignation du pauvre, qui est le fondement de l’ordre., et on peut reconnaitre  Affirmez, monsieur, que les origines de la propriété, de la noblesse, de la gendarmerie seront traitées dans votre histoire avec tout le respect que méritent ces institutions. Faites savoir que vous admettez le surnaturel quand il se présente. À cette condition, vous réussirez dans la bonne compagnie. »
« — Plus j’y songe et plus je me persuade que Pyrot a volé ces quatre-vingt mille bottes de foin. Et où je le reconnais, c’est qu’il les a dérobées pour les vendre à vil prix aux Marsouins, nos ennemis acharnés. Trahison infâme !
— C’est certain, répondit Panther ; il ne reste plus qu’à le prouver. »

 

On notera qu’Anatole France s’est amusé à donner à ses personnages des noms utilisés pour appeler les pingouins dans diverses langues, ainsi le duc de Greatauk — le Grand Pingouin en anglais, Great Auk — ou encore Alca (le pingouin en espagnol) qui est la capitale des pingouins.WIKIPEDIA

 L’Île des Pingouins existe ! Si ! Si !… Elle est située quelques kilomètres au sud-est de l’Île des Cochons : cela ne s’invente pas… Elle fait partie, comme cette dernière, de l’archipel des Crozet, quelque part du côté de l’Antarctique…(Bibliothèque numérique romande.)

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Alessandro ou la guerre des chiens

Lu pour le,

4ème de COUVERTURE

Florence, novembre 1496 : la révolution intégriste, qui a provoqué la chute des Médicis, est à son apogée. Sous l’impulsion de Jérôme Savonarole, prophète et visionnaire halluciné, une véritable  » terreur blanche  » sévit en Toscane. Une théocratie catholique impitoyable dresse les pauvres contre les riches, manipule les enfants, dont elle fait des voleurs et des assassins, soulève une partie de la chrétienté contre le pape Alexandre Borgia. Le peintre Alessandro Botticelli est déchiré entre l’humanisme qui a inspiré son oeuvre et le carcan dans lequel la révolution emprisonne les artistes florentins. Hanté par le souvenir de Fiola del Lama, sa tendre amie disparue, et par la peur de l’Enfer, il cherche en vain l’apaisement. Dominicains compagnons de Savonarole ; artistes rivaux et apprentis avides de succès et de gloire… autour de Botticelli évoluent des personnages pris dans une folie collective que rien ne paraît capable d’arrêter. Bientôt, dans Florence déjà éprouvée par une épidémie de peste, l’opposition politique s’organise… Le sang ruisselle et la fumée des bûchers noircit le ciel. Alessandro, ou la Guerre des chiens est un roman d’une actualité tragique. C’est aussi l’occasion de découvrir un Botticelli méconnu dont l’oeuvre prend soudain une autre signification.

 

Mon avis

Dans la ville de Florence règnent fanatisme et intégrisme religieux; Ce qui se passa au 15ème siècle à Florence, nous le vivons, encore aujourd’hui, dans un monde « moderne ». L’épidémie de peste, prétexte à condamner la ville si florissante, et tout ce qui fait sa richesse de pensées et de culture, il n’en faut pas plus pour embrigader les pauvres et les miséreux, qui espèrent mener une révolution, apportant l’égalité et une vie meilleure et plus juste; peu importe les moyens pour y parvenir. Terreurs, assassinats, dénonciations, autodafés, cohortes d’enfants tuant, se sacrifiant pour cette République proclamée par Savonarole, qui sait si bien manipuler les foules affamées, se complaisant à la vue de ces buchers où l’on brûle la connaissance, le savoir, des chef d’oeuvre.

Botticelli va sacrifier certaines de ces oeuvres, attiré par cette république, tout en doutant de son bien-fondé. Il créera « La résurrection de Lazare » approuvé par la République, continuant dans son atelier d’autres oeuvres, qui risqueraient mettre sa vie en danger.

J’ai aimé cette histoire, et j’ai frémi aussi, en pensant que rien, aujourd’hui, n’a changé; que le fanatisme règne toujours, que les injustices, inégalités toujours criantes, en sont le terreau. Et  victimes d’une épidémie mondiale, je souhaite que les conséquences ne soient pas l’émergence d’une autre sorte de dictature.

EXTRAITS

La troisième année de la république des moines touchait à sa fin.
Aux brumes d’octobre avaient succédé les pluies glacées de novembre. La nuit, quand l’averse ne les gorgeait pas d’eau, les champs vers San Miniato et les collines du midi se couvraient de givre et le gel blanchissait les branches des arbres dénudés. Les greniers à blé se vidaient.

Le maître, qui tenait un pinceau, se retourna. Il portrait des lunettes. Une écharpe était nouée autour de son cou. Des mèches de cheveux, plus grises que blondes, sortaient en désordre de dessous son bonnet.
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Résurgence (suite et fin)

Ecrit pour le jeu 56 proposé par la, la suite de Résurgence

 

Résurgence (suite et fin)

Perplexité des jeunes  filles

Que voulait-il donc prouver ?

Risqué, cher Casanova.

Si seulement, tu n’avais  fait abstinence depuis si longtemps,

Tu serais en forme, prompt à les contenter.

Usant ses dernières forces

Vainement, il en appela à son imagination.

Westminster,  son abbesse, offrant, dressées, deux belles poires, fruits mûrs qu’il avait goûtés.

X fois, il eut beau  se les remémorer.

Y‘avait rien à faire, pourtant il ne voulut renoncer.

Zélé, il offrit aux demoiselles le récit de ses exploits.

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