Agenda ironique décembre 2018

Ecrit pour l’Agenda Ironique de décembre2018, proposé par PATCHCATCH

CHIEN-MAÎTRE

Voyez que se trouble l’onde,

À la surface de l’eau, des rondes

Sont-ce les canards qui vagabondent,

Önd venus d’Islande respirer, d’ici, le grand air.

S’en frotte les mains, monsieur Cheeseburgers:

« Nom d’un créaginaire!

Des eiders !

Au pied, Molière ! »

Ainsi, part, allure guerrière,

Tenue de chasse à  l’avenant

Son chien l’accompagnant.

 » Ond, peste celui-ci, intérieurement,

Mes parents, tu as  oublié,

Suédois, étaient.

Et de ce nom, Molière, m’a affublé.

Jamais de ma vie, canards, encore moins eiders,

N’ait chassé. »

Ainsi, dans le rôle qu’on veut lui faire jouer,

Notre Dansk Svensk Gardshund,  chien ratier

Ne se complait.

Mais voici, dans une tourbière,

Tombe notre chasseur d’eiders.

 » Molière ! hargneusement, hurle-t-il

Ça t’amuse de faire l’indocile !

Pour une fois, rends-toi utile. »

Molière jubile,

De ce spectacle, se délecte.

 » Mon maitre, vous voilà bien mignon

En cette fâcheuse position.

Je ne sais, si je dois en rire,

Ou vous secourir,

Si vous saviez, comme je n’en ai point le désir.

M’avez acheté, sans tenir compte de mes soupirs,

Moi, chien berger,

Comme un vulgaire minet,

M’avez employé.

Soit, patientez. »

Tout ceci, en suédois, pensé,

Que la narratrice, sachant votre temps compté,

Car autres textes avez à lire,

Ne va point vous traduire.

Et fermer la parenthèse. De l’aventure,

Ayant laissé  en  méchante posture,

Ce chasseur, qui ferait bien pire  figure,

S’il savait  que son chien n’en a cure.

Or, voici que le temps de cet aparté,

Un vent dArctique venu, s’est levé.

Du fond de son fossé, supplie notre infortuné:

 » Je te promets, ta place de chien rendrais,

Comme il se doit,

Oh’ mon berger mirifique, et suédois,

Je t’en supplie, de là, sors moi

Il y fait trop froid. »

« Mergnifique, songe, rieur

Molière, en son for intérieur.

Un peu encore,

Laissons-le prendre leçon en l’étude

De cette malfaisante insolitude,

Cela n’étant pas dans  ses habitudes,

Écouter conseil,

De ses pareils.

Plutôt à eux,préférer  leur tirer  l’oreille.

Marinez, mon maitre,

Et  que je ne vous envoie paitre,

Ou décide, sur le champ, de disparaitre,

Sachez vous en satisfaire.

Comme nullement, avec moi,  n’hésitâtes à le faire.

Mais, sans doute,  moins mauvais,

Que vous, suis-je, et d’une affreuse fin, à vous sauver,

Vais-je me dévouer…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories : Agenda Ironique | 5 Commentaires

Navigation des articles

5 réflexions sur “Agenda ironique décembre 2018

  1. Quelle prose où Molière est plus humain que le maître contant son aventure et sa morale au fil de l’ond et du canard sans reprendre sa respiration ou presque,
    Quelle fin, Jacou, c’est mergnifique !

  2. Evelyne Genique

    Un beau partage merci bonne soirée à toi bisous

  3. Pingback: Hiver de ma vie – patchcath

  4. Pingback: Ne pas perdre de temps – patchcath

  5. Pingback: Le dernier avant le premier – de l’an | Carnets Paresseux

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :