Les petits métiers de la rue

Ecrit pour les impromptus Semaine du 26 mars au 1er avril 2018 – Les petits métiers

Après tout ce qui vous a coûté un bras la semaine passée, nous allons à présent vous proposer de vous laisser inspirer par l’idée de Andiamo sur « Les petits métiers de la rue. » « Je vous vois venir, vous vous dites le Doyen pense  aux Dames de la rue Gaudot de Mauroy ou de la rue Quincampoix ! Que nenni, je songe aux petits métiers, le rémouleur, le vitrier, le marchand de peaux de lapins, tous ces petits besogneux qui arpentaient nos rues autrefois. »

Les petits métiers de la rue

« POD’LAPPINPO ! POD’LAPINPO ! »

Pod’lapinpo, comme je le nommais, me terrorisait.

Un homme, barbe hirsute, vêtements en désordre, une femme à ses côtés, un chien, formaient, pour la petite fille que j’étais, un tableau effrayant.

Ils remontaient la Grand Rue, (rue Victor Hugo), poussant une charrette, récoltant des peaux de lapins.

 

« Mes royans ! Mes royans frais ! »

De mes vacances d’été, impasse Mauvezin, autre litanie. Une femme, voix rauque, vantait un poisson de Royan. Intriguée, je ne comprenais pas pourquoi elle  faisait le déplacement du port de Royan à Arcachon, où, me semblait-il, en abondance, étaient péchés des poissons. Qu’avait de plus cette sardine**, pour venir de si loin ?

 

Les jeudis, jours sans école, se passaient parfois à Bordeaux.  Les après-midi, coup de sonnette attendu : « Le caillé. »

Un homme, arrivant de la périphérie de Bordeaux, cela lui faisait bien une trentaine de kilomètres, transportant, à l’arrière de son vélo, bidons de lait de  brebis, et petites fioles.

Sur la table de la cuisine de ma grand mère, l’attendait un grand saladier, dans lequel il versait le lait ; et rajoutait ses potions magiques*. S’accomplissait un miracle. Le contenu du récipient se solidifiait, offrant une surface lisse et miroitante. Alors on pouvait déguster ce délicieux mets, légèrement vanillé,  consistance légèrement  ferme,  fondant dans la bouche.

« J’ai connu le caillé de brebis enfant, il n’y avait pas encore de super marché, le laitier nous consignait même les pots de yaourts en verre ; puis jeune adulte je me souviens toujours dans Bordeaux d’un vieux monsieur qui passait dans les maisons connues. Il remplissait notre saladier de lait de brebis, y ajouter de la fraisure, une goutte de vanille et hop au frigo pour le soir… presque soixante années que je mange du caillé …. » Commentaire de Philippe Vinsonneau, à la page de présentation du caillé que l’on trouve aujourd’hui, dans le commerce. (Ce caillé est fabriqué en Gironde, contrairement à ce que le laisse supposer son nom.)

*Plus tard, je compris que c’était de la présure et des parfums, vanille ou citron (peut-être, aussi framboise ou fraise…)

**A l’époque, j’ignorais que l’on pêchait aussi des royans dans le Bassin d’Arcachon.

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