Inhospitalité

C’est avec l’exposition de photos de Julien Saison*, intitulée « INHOSPITALITÉ », prêtée par la CIMADE** que débute l’évènement , à Pessac, organisé par le Collectif Pessac Solidarités en 2017 auquel participent  ASTI / CCFD Terre solidaire / COEUR SOLEIL / COMITE DE JUMELAGE de Pessac / EPI’SOL / MBDHP / PEUPLES SOLIDAIRES Bordeaux / SECOURS CATHOLIQUE / SECOURS POPULAIRE avec le RADSI et la Ville de Pessac médiathèque Jacques Ellul.

VIE ORDINAIRE Une matinée dans l’eau stagnante au fond d’une cour désaffectée.

SOLIDARITÉ en réponse aux violentes vagues d’expulsion entreprises depuis 2002 et à la fermeture du « nouveau Sangatte », les exilés se mettent à l’abri des chasses policières quotidiennes dans une désaffectée. Soutenus par les activistes et militants associatifs, des barricades se montent, des assemblées générales et des réunionsintercommunautaires s’y tiennent. 200 à 300 exilés de toutes origines y vivent. 500 y passent chaque jour pour accéder à un minimum d’hygiène, recharger son téléphone, boire un thé, s’y faire soigner. En mai 2015, une expulsion silencieuse solde l’organisation; les exilés ne sont définitivement plus acceptés au coeur de la cité Calaisienne.

BESOINS VITAUX S’hydrater et jouer, pour sepréserver psychologiquement. C’est avec une vieille bouteille de gaz que s’organisent les parties de lancers de poids entre afghans. c’est avec une citerne d’un mètre cube que les soudanais sont trop rarement ravitaillés, le non accès à l’eau potable, prémices de l’abandon moral des exilés.

 

PRECARITÉ Plus de 1000 personnes vivent au coeur d’une zone dunaire-restaurants, églises, salons de coiffure, épiceries et cabanes- avec des bâches plastiques et des cordages comme seulsrefuges. Regards fraternels malgré tout. (Calais- occupation Tioxide)

Tioxideau bout du port de Calais, une longue rue bordée d’entrepôts en grande partie abandonnés, de parking en friche, et derrière les fumées de l’usine Tioxide, un immense terrain vague. Pour les plus chanceux, un abri dans le hangar, pour d’autres une tente ou une cabane de fortune. Erythréens, soudanais, Nigérians, Afghans…près de 1000 exilés s’y reposeront entre deux tentatives de passage, jusqu’au printemp s2015, expulsés vers la « new jungle »

 

PEACE Réponse sans équivoque sur l’irrespect des droits et des besoins fondamentaux, les difficultés d’obtention d’un statut légal, les conditions de vie honteuses, la séparation des familles, l’autisme des autorités et le rejet instrumentalisé d’une partie des calaisiens, français et européens.

 

NON-LIEUX Dans d’autres jungles***, organisées le long d’axes routiers menant à Calais, les tentatives pour s’introduire dans les camions sont moins mouvementées et le harcèlement policier moins soutenu. Pourtant c’est dans la même précarité et le même dénuement matériel et humain qu’y survivent des centaines d’exilés.

FRATERNITE Au bord d’une rocade, plusieurs centaines d’exilés survivent dans la plus grande précarité. La complicité acquise, ils sourient et la vie en collectivité leur permettent d’entretenir un bien-être corporel et, pour autant que faire se peut, rester dignes.

* Julien Saison, natif du Pas-de-Calais, est militant activiste de longue date à Calais et ailleurs, photographe autodidacte. Il développe une approche de lecture collective des images à la croisée des chemins, basée sur la déconstruction des préjugés et la pédagogie. C’est au savoir-vivre ensemble qu’aspire son témoignage photographique.

**La Cimade (Comité inter mouvements auprès des évacués), association militante depuis 1939 accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits, agit auprès des personnes enfermées et se mobilise pour témoigner.

La Cimade édite et vend en ligne un petit guide, à mettre entre toutes les mains (10euros 25 exemplaires/ 15 euros 50 exemplaires)

Pour se le procurer, clic sur

***Le terme « jungle« désigne à Calais les lieux de vie des exilés: installations précaires, squats, et campements de fortune, situés loin des regards dans les bois ou des friches.

A l’origine « jangle » est un mot patcho(afghan) qui signifie « petite forêt, bosquet.)

Cet article est une information, et un témoignage; nullement dans l’intention d’entamer une quelconque polémique.

Jacou

 

 

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