Prendre la clé des champs

Ce texte remplace celui intitulé « Impromptus » publié par erreur.
Ecrit pour les impromptus Semaine du 26 septembre au 2 octobre 2016 – Au pied de la lettre Pendant que vous appreniez à manier le boutoué tubulaire ou pas,  un drame se déroulait. Mais quel drame terrible a bien pu pousser celui qui a « réellement » donné sa langue au chat ? A partir d’une expression choisie dans le poème de Claude Roy, inventez une histoire en prenant littéralement une  ou plusieurs de ces expressions  au pied de la lettre :
Avoir un cœur d’or,
Battre la campagne,
Coûter les yeux de la tête,
Faire les quatre cents coups,
A dormir debout,

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive.

Ce texte remplace celui intitulé « Impromptus » publié par erreur.

Prendre la clé des champs

Bernard attendait impatiemment Catherine.

Il avait besoin d’elle. Un besoin impérieux, grandissant et inconfortable.

 » Qu’est-ce qu’elle fait?  » gémissait-il, le nez au ras des herbes folles. » J’en peux plus! Catherine! » appelait-il.

  • Oui, je suis là.
  • Mais où, là? Je ne te vois pas. Tu l’as trouvée?
  • Non, y’en avait plus.
  • C’est impossible! J’en ai envie! Tu ne peux pas savoir.
  • Moi aussi.

Les voilà, tous deux, couchés dans les hautes herbes, désespérés. Catherine rampe vers Bernard. Devant eux, un vaste champ.

  • Regarde! dit triomphante Catherine.
  • Quoi?
  • Là! Le champ! Y’en a plein!
  • Plein de quoi?
  • De l’herbe!
  • Et alors, nous voilà bien avancés! T’as vu la hauteur de la clôture?
  • Réfléchissons. Doit y’avoir moyen d’y entrer dans ce pré.
  • Moi, j’en peux plus. Toi, réfléchis, si tu as encore la force. Mais fais vite! Ça me manque trop.
  • Y’a un portail!

Haletant, ils  avancent vers le portail, trainant leurs corps du plus vite qu’ils peuvent. Atteignent enfin le portail, qui ne s’ouvre pas. Au comble du désespoir, ils s’affalent devant cette ouverture condamnée. Le bonheur est à portée de main, mais comment faire pour l’atteindre!

  • Je sais! jubile Catherine. Attends-moi. Je reviens tout de suite.
  • Fais vite. J’en ai trop besoin.
  • Moi, aussi.

Elle revient, un instant plus tard, triomphante.

  • Je l’ai!
  • Quoi?

Et levant bien haut sa main, dans laquelle brille un objet, Catherine répond, tout sourire: « Le sésame! »

  • Du sésame! C’est tout ce que tu as trouvé!
  • Suis-moi!

Ouvrant le portail, suivie d’un Bernard ragaillardi, Catherine pénètre dans ce champ. Tous deux s’y roulent exaltés, écrasant cette herbe si longtemps désirée, humant cette suavité odorante, cette herbe, ah ! cette herbe! Retrouvant un instant de lucidité, Bernard demande:

  • Comment t’as ouvert?
  • Avec le sésame, je te l’ai déjà dit! C’est bon d’être ici. Je plane!
  • Te moque pas de moi.
  • Je suis retournée à la ferme. Derrière la porte, accrochée à un clou, la clé des champs. Je l’ai prise. Aller, viens planer avec moi.

 

 

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Catégories : Impromptus | Un commentaire

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Une réflexion sur “Prendre la clé des champs

  1. J’adore cette clef des champs
    Bonne soirée
    Bisous
    Mandrine

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