Livré à lui-même

Ecrit pour les impromptus Semaine du 20 au 26 juin 2016 – Que se passe-t-il quand on referme un livre

Cette semaine, nous vous proposons un thème suggéré par Jérôme : Que se passe-t-il quand on referme un livre ?
Rêver, pleurer, aimer, agir, voyager … à vous de nous raconter (prose ou vers) vos sentiments après avoir refermé le livre.

Livré à lui-même

  • Hébé, c’est pas trop tôt.
  •  » C’est pas trop tôt », est employé pour la langue parlée. N’oublie pas que nous avons un rang à tenir, nous, la langue écrite.
  • Bon, si tu le dis! Enfin, ce n’est pas trop tôt! Voila, l’ai-je bien écrit?
  • Parfaitement. Je l’entends. Mais, voudrais-tu bien me dire ce qui « n’est pas trop tôt. »
  • Elle est en train de lire, plutôt  déchiffrer le mot fin.
  • Pourquoi penses tu qu’elle déchiffre?
  • T’as qu’à voir les rides qu’elle a au front.
  • Tu n’as qu’à…Regarde donc les rides striant son front.
  • Et voilà, elle a terminé. N’as tu donc rien remarqué, chez notre lectrice?
  • Oui, mais rien de bien méch…Quelques erreurs d’inattention, sans gravité, ce me semble.
  • Té, vois…Vois-tu comme elle nous jette. Je te parie qu’on va atterrir dans la poubelle.
  • Il se pourrait que notre vie s’achève dans un bac à laisser pour compte.
  • Laisser pour compte serait le moindre des maux qui nous attendent. Depuis le début, je souffre! Les phrases qu’elle a sautées, les pages entières qu’elle lisait en pensant à autre chose, et puis les cornes…, mais, non, c’est pas poss…c’est insensé! quel est donc ce trait obscurcissant en presque totalité mes pages! Au moins la moitié sont noircies.
  • Heureusement.
  • Comment, heureusement! J’étouffe littéralement!
  • Rien de plus  normal, pour une situation que je qualifierais de littéraire.
  • Et les gribouillis qui lacèrent les mots, comment les qualifies-tu les gribouillis?
  • Un écrivain, parfois, ne trouve pas l’inspiration tout de suite. Et encore, peut-il s’estimer chanceux de ne pas subir la fameuse crampe.
  • Et bien, tu vois, en ce moment, je préfèrerais qu’il la subisse sa crampe, et le crayon avec. Je suis zébré de partout. Je n’arrive plus à me relire, même en diagonale.
  • Puisque nous sommes finis; cela ne devrait plus avoir d’impor-chuit-son.
  • Imporson, je ne pense pas que ce mot figure dans le dic-chuit-terre.
  • Dicterre, non pl-chuit-stique.
  • Et plst-chuit-don, tu le traduirais comment? Parce que toutes ces consonnes qui se suivent-chuit– et cuisent à-chuit– dans le lac du Bou-chuit- caracole.
  • Tu dis n’impor-chuit
  • Répète, je n’ai pas-chuit
  • Où es-tu? Je n’arr-chuit-
  • Et toi?

 » Maman, tu me donnes la colle, pour faire la pâte à papier, s’il te plaît? »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités
Catégories : Impromptus | Un commentaire

Navigation des articles

Une réflexion sur “Livré à lui-même

  1. On ne rend pas compte de ce qu’on fait aux livres quand on les livre en pâture aux acheteurs !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :