Maternité

Ecrit pour Tisser les mots

PROPOSITION 61

CE COLIS NE VOUS ÉTAIT PAS DESTINÉ

colis

Ce matin on sonne à votre porte. C’est un livreur qui vous tend un carton. Machinalement vous le prenez :

– « Signez-là », dit-il en vous tendant stylo et carnet où dans une case sont bien notés vos nom et prénom. Toujours machinalement, vous signez et lui rendez le tout.

En marmonnant un « au revoir », il tourne les talons et disparait. Le colis est là, posé dans l’entrée lorsque vous réalisez que vous n’avez rien commandé… Vous ouvrez le colis et là, SURPRISE !!! Vous comprenez que, vraiment, vous n’en étiez pas le destinataire. Alors, que faire ?

J’entends vos remarques d’ici… ! « Je rappelle la société de livraison et c’est réglé ».

Oui, mais il n’y aurait pas d’histoire…

LA PROPOSITION

Offrez-nous une histoire à partir de ce scénario banal mais tout à fait crédible…

LES CONSIGNES

– Donner un titre à l’histoire

– Longueur : 1 à 2 pages

– Vous y intégrez des dimensions (à votre convenance) – une date –

Maternité

 

  • Maman, viens voir.Y’a un gros oiseau dans le jardin.

J’ouvre la porte. Sur le seuil, un paquet. Le facteur, d’habitude sonne. Deux fois. C’est notre code. Sinon, je n’ouvre pas.

Ramassant le colis, pas trop lourd, plutôt poids plume, je lis:  » Madame Grue, aux bons soins de madame Cigogne, allée des Rossignols »

Madame Grue? J’ai beau habiter allée des Rossignols, je ne vois pas de Grue dans ma rue; ou bien, ils ont migré plus au nord.

Madame Cigogne? Dans le quartier, chaque maison   équipée de panneaux solaires,  il n’y a pas de cheminée. Qu’est-ce que je raconte? En plus, nez en l’air, je cherche un quelconque nid, et je le vois! Un nid gigantesque, et, sur ses longs pieds, un oiseau, au long bec emmanché d’un long cou,faisant le guet. Révisant mes classiques, je crus voir un héron.

  • Ma chérie, le gros oiseau, c’est un héron. Il niche sur la cheminée du four à pizza.

 » Flute, et ma soirée pizzas! Je ne vais pas pouvoir! A moins que…

Ding-dong, ding-dong. Le signal du facteur.

  • Vous avez encore du courrier pour moi?
  • Pourquoi vous dites ça? Je commence juste ma tournée. Oh! la belle cigogne!
  • Une cigogne?
  • Là, sur votre cheminée. C’est signe de bonheur, ça madame Cornille. Chez moi, en Alsace, on dit que ça porte bonheur et…
  • Moi qui croyais que c’était un héron! Mais dites-moi, ce paquet?
  • Quel paquet?
  • Celui que vous avez laissé devant ma porte.
  • Je n’ai jamais laissé de…

Il jette un oeil sur ce que je tiens dans mes mains; et souriant, me dit:

  • Vous aviez commandé un bébé?
  • Nous essayons d’avoir un autre enfant, mais nous n’y arrivons p…
  • C’est ça! C’est elle qui vous l’a apporté!
  • Bon, les histoires de bébés qui naissent dans les choux, il y a longtemps que je n’y crois plus!
  • Dommage. Vous l’avez ouvert le paquet?
  • Le problème, c’est qu’il n’est pas pour moi. Il est envoyé à une madame Grue. Vous savez qui c’est, cette madame Grue? Moi je ne connais personne de ce nom, qui habite dans cette rue.
  • Madame Grue? Voyons…ça me dit quelque chose. Grue…j’y suis! Elle a déménagé. Il y a longtemps. Vous n’habitiez pas…mais oui! C’est ça! Elle habitait ici. Dans  votre maison!
  • Vous connaissez son adresse?
  • Non. Madame Cigogne doit le savoir. Voulez-vous que je lui demande?

Illico, il file vers le nid, et les voilà tous les deux en grande conversation. Ça claquette à qui mieux mieux. Tous les oiseaux du quartier rappliquent. Mon jardin est transformé en une immense volière.

Tout fier, le facteur revient vers moi:  » Vous pouvez lui confier le paquet. Elle a l’habitude. »

  • ?
  • Vous ne me croyez pas? Tenez, donnez le moi, si vous voulez. Je vais lui apporter moi-même.
  • Si vous insistez…

Le revoilà parti, les oiseaux voletant autour de lui, donnant des coups de bec dans le colis. Il le tend à la cigogne; de son bec, elle le saisit.

  • Voilà, mission accomplie. Au-revoir, madame Cornille.
  • Au revoir, fact…

Mais voici que d’un coup d’ailes, il s’ env…non, enveloppe…, enveloppes, pour un facteur, c’est normal. Il s’envelop…(je me frotte les yeux), s’envole vers le nid. Et claquette, claquette…des applaudissements.

  • Maman, réveille-toi. Le spectacle est fini. Dis donc, il est doué le facteur. Maman, j’aimerais bien apprendre à faire des claquettes.
  • Des quoi? Ah, oui! Des claquettes! Mais bien sûr, ma petite cigogne.
  • A propos, c’est quand que je vais avoir un petit frère?
  • Quand le facteur passera.
  • Maman, tu sais, y’a longtemps que je sais comment on fait les bébés.
  • C’est bien ce que je dis; quand le facteur passera.

 

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