AGENDA IRONIQUE en juin bis

JUIN 2016 bisEcrit pour l’agenda ironique de juin 2016, concocté par Anne de Louvain la Neuve.JUIN 2016

Voici un aperçu de sa proposition.Donc, mes joyeux et fidèles complices, lancez-vous dans la grande aventure avec cette première consigne, celle d’un titre imposé : « C’était à … faubourg de… dans les jardins de ou d’…. » que vous aurez l’amabilité, l’obligeance et la grande bonté de compléter selon vos désirs le plus fous.

Deuxième consigne. Ces illustrations vous aideront ( ?) peu ou prou. Non, ne hurlez pas « c’est un scandale » ! Ne vous sauvez pas !

Et puis, je pimente tout ça en pensée pour Asphodèle en imposant quelques mots supplémentaires (je cherche mon dictionnaire, un instant…)  et j’inscris ici en lettres d’or : cannibale, fourbir, niquedouille, praliné, rentable, sautiller, tellurique.

 

JUIN 2016 bis

 Petits fours, délices et autres…

Bien chère amie

Je viens partager quelque épisode de ma vie, fort intéressant.

Pour vous situer l’évènement, cela se passe  à Codairan, faubourg de Lyneuil, jardins du Petit Hôtel.

Sachez que j’avais  reçu une invitation.

Invitation, ma très chère, pour fêter l’aïeule Hortensia. Celle-ci venait de voir refleurir son  quatre vingtième printemps. Sans une ride, enfin, je ne m’étendrai pas plus sur le sujet, sujet tellurique s’il en est, n’est-ce pas, ma chère; votre époux,  j’en suis persuadée, aurait moult confidences à faire sur…mais je m’égare. Toutefois, nous savons, vous et moi, combien, pour votre mari, l’affaire est rentable…

Revenons à cette délicieuse invitation.

Tout était parfait; lady Hortensia minaudait au bras de son cousin, le prince de Chèvrechou, joli petit jeune homme, bien sous tous rapports; excellente diction, distinction discrète, conversation cultivée; même sur les bégonias, il m’a fait une excellente impression.

Les petits fours, sucrés, salés, merveilleux; fondant en bouche,  feu d’artifice de saveurs nobles; Chèvrechou m’a fait partager le plaisir d’en déguster plusieurs, à bouche que veux-tu. J’ai découvert un praliné,  de vous narrer cet instant voluptueux, ma chère, je monte au septième ciel.

Tout se passa à merveille; pas de cannibales à l’horizon; oui, enfin, j’appelle ainsi ces indésirables,  utilisant  des moyens  éhontés pour jouer les pique-assiettes dans les  garden- party; et sous prétexte qu’ils sont intermittents, prétendent ne pas manger à leur faim. Dans le temps, nous leur aurions fait la charité, et tout serait rentré dans l’ordre. Mais de nos jours, ma chère, ils ont un de ces toupets, exigeant même de nous arracher la brioche de la bouche!

Je ne vous ai pas parlé des autres personnes conviées à l’évènement. Pour l’occasion, la nièce d’Hortensia, Marjolaine avaient invité ses amis, genre tribu déjantée, artistes à leurs moments perdus, répertoriée dans le Bottin Mondain à la rubrique » Les fourbisseurs mondains », vêtus pour l’occasion de combinaisons couleurs criardes, ne cachant rien de leur anatomie.

Je n’ai eu guère le loisir de  communiquer avec eux, surtout que je n’avais  rien à leur donner à fourbir, leur préférant Chèvrechou. Celui-ci, par ailleurs, très demandé, ne savait où donner de la tête.

Absente, un instant, pour satisfaire à d’autres besoins naturels, et ayant consommé des cocktails admirables; Chèvrechou, m’en fit découvrir un, plongeant sa paille dans mon verre; nous bûmes les yeux dans les yeux,  instant d’une exquise volupté, je crus que j’allais me pâmer…Mais revenons à ce trivial besoin, donc, ayant terminé, j’aperçus celui-ci, entouré de sauterelles sautillantes; ça sautillait, sautillait, et lui, le pauvre chou ne savait où plonger son regard.

Rajustant ma tenue, un ensemble taffetas gris perle, assorti à mes yeux, j’allais, démarche altière, à son secours. J’eus une idée, me tordre la cheville. Balbutiais juste ce qu’il faut, me retenant de crier telle une harengère,si vous saviez comme j’en avais envie, bougredieu!, et me laissais tomber au sol de la plus gracieuse des façons. Chèvrechou ne daigna même pas tourner la tête, qui reposait, soi dit en passant sur la poitrine d’une gourgandine; je l’avais remarquée, allongée lascivement sur le sol,  sa compagne la couvant du regard. Cette dernière, lançant maintenant des regards furibonds à cette mégère.

Je me dirigeais vers le couple; toujours tête haute, sourire  aimable de circonstance. Chèvrechou ne changeant pas de position, m’invita à partager sa situation. Un instant embarrassée, je songeais, in petto, qu’à ce moment-là de ma vie, et à mon âge, il était temps que je connaisse d’autres odyssées.

La suite fut un inimaginable délice, si j’osais, je dirais insensé, et ce dans tous les sens du terme.

Au fait, très chère, je m’étonne de ne pas avoir eu la joie de vous  rencontrer à cette fête.Une indisposition passagère, peut-être?

Oh, mais suis-je niquedouille! Où avais-je la tête! Votre cure de rajeunissement, bien sûr!

 Dans l’espoir de vous avoir distraite quelque peu de vos ennuis.

A très bientôt

Votre  amie dévouée

Donatienne de Vertu

 

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Catégories : Agenda Ironique | 9 Commentaires

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9 réflexions sur “AGENDA IRONIQUE en juin bis

  1. Ce Chèvrechou me semble, à la fois segui… Sanguin d’en bas et bien trop vert d’en haut pour qu’il vous soit bon d’y prêter intérêt, très chère !

  2. Quelle langue acérée cette Donatienne !!
    Bisessss Jacou 🙂

  3. Très chère Donatienne. Un tout grand merci pour votre compte-rendu de cette soirée mémorable chez notre amie Hortensia. Si je n’étais point là, c’est à cause de la grève de ces intermittents dont vous parlâtes ci-dessus et je vous envie d’avoir réussi à captiver, ne fût-ce que pour un temps, l’attention de notre prince à toutes, ce Chèvrechou, un parti halluciné tout autant qu’hallucinant. Cependant, votre situation en fin d’odyssée, comme vous le dites si bien mérite, des détails croustillants dont j’aimerais partager la primeur avec vous autour d’une tasse de thé. Réservez-moi, je vous prie, en exclusivité les détails intimes de ces petites sauteries. Bien à vous, ma très chère, votre amie de toujours.

    • Ma très chère
      Pour avoir rencontré un intermittent de mes amis, proche, également de votre distingué époux, dont la renommée en chirurgie plastique, n’est plus à faire, du moins dans ces sphères privées, où il est de bon ton de préserver la façade, sachez que je vous surprends en flagrant délire mensonger; ce dernier, m’ayant confié que vos récentes et vaines turpitudes dans l’espoir de vous raval…revaloriser( excusez ma plume rétive, ayant fâcheuse tendance à transformer mes pensées) votre image aux yeux de votre psyché (j’avoue que moi aussi, j’aime à m’y admirer), cette dernière n’ayant toujours pas consenti à vous donner réponse qui vous satisfasse.
      Peut-être préfèreriez-vous que nous nous rencontrions en privé, plutôt que sur le pré, cela va sans dire.
      Je vous promets la plus grande discrétion.
      Mon amie, à très bientôt.
      Donatienne

      • Très chère Donatienne, si mon ravalement mérite épanchement, votre ravalée sur canapé et sur pelouse, aussi ! Cette équipée à trois en fin de parcours de votre missive, dont vous me contâtes les prémices, me laisse sur ma faim alors que c’est la fin. Aimez-vous les scones avec le thé ? Ou préférez-vous cette nouveauté qui fait grand bruit, les pralines mirabelles – chocolat noir – biscuit croquant ? Bien à vous, je vous attend avec une impatience fébrile…

  4. Pingback: Les textes de l’agenda ironique de juin 2016 | Anne de Louvain-la-Neuve

  5. Donatienne, seriez-vous une parente éloignée de marquis de Sade Donatien Alphonse François?

  6. laurence délis

    Après les rimes d’hémoglobine, la missive ! Bravo pour la performance ! L’humeur est coquine, un brin mordante. Une délicieuse invitation ! 🙂

  7. Bien chère Donatienne ! Je reste infiniment désolée que vous ne m’eussiez pas reconnue à cette fête où pourtant je participais pleinement aux dégustations multiples des sens en partie interdits dont vous me faites un succinct rapport dans votre missive alléchante mais sans plus. Preuve en est que mon mari, a des instincts rentables en guise de ravalement, lui !
    Bisous très chère !

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