Bordeaux féminin

 

Reédité ce 11 mars 2016, pour  10 du mois, proposé par Egalimère. Ce second rendez-vous étant intitulé

Femmes je vous aime – #10dumois, un article écrit le 11 mars 2015,

 

Bordeaux Féminin

bordeaux femme

Les guides-conférenciers, invitaient, ce 8 mars 2015, JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES  FEMMES, à des visites guidées « éclair, gratuites, d’1/4 d’heure sur des Femmes célèbres de Bordeaux. Ceci afin de faire connaître davantage leur métier et défendre leur profession menacée. (Cela a eu lieu dans d’autres villes de France.)

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Rendez-vous Place Gambetta (anciennement Place Dauphine)

 

J’ai ainsi fait connaissance de Thérésa Cabarrus (1773-1835)Thérésa_Cabarrus, d’origine espagnole. Epouse un français. Entre dans une loge maçonnique féminine. Inquiétée, pendant la Révolution française, part habiter Bordeaux, ouvre un salon, est amie des députés girondins. Tallien, envoyé à Bordeaux, pour rétablir l’ordre, installe la guillotine à Bordeaux, sur la Place Dauphine, où Thérésa a ses appartements.. Il fréquente le salon de Thérésa, tombe amoureux. Celle-ci opposée à la peine de mort, lui reproche toutes ces exécutions. Le nombre d’exécutés diminuera, grâce à l’intervention de Thérésa, nommée « Notre Dame de bon Secours »; recevant des familles, venues demander la grâce pour un parent condamné, dans son bureau des « grâces ».

Tallien repart à Paris, où elle le suivra plus tard. Il n’empêche pas son arrestation; ne se manifestant pas non plus pour obtenir sa libération. Thérésa dira: »Demain, je vais mourir d’appartenir à un lâche. »

Tallien déclare arrêter seul le Tyran. Soutenu par une centaine de députés. Robespierre est arrêté, guillotiné.

Thérèse, à qui on doit la fin du régime de la Terreur, devient Madame Tallien.

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Devant le Français, théâtre devenu aujourd’hui cinéma multiplexe, nous attendaient

Les amours d’ Aurélien de Seze.bORDEAUX GSam01_fond_img

BORDEAUX AUR2LIEN DE SEZEIPaurelAurélien de Seze (1799- 1870) rencontra George Sand à Cauterets, l’été 1825.

 Casimir, le mari de George Sand chassait toute la journée et Aurore écrivait dans son journal :
« Sa femme s’en plaint. Il n’a pas l’air de prévoir qu’un temps peut venir où elle s’en réjouira. « (George Sand Histoire de ma vie)

Ce temps était proche. Aurélien était séduisant et cultivé, cette culture qui manquait tant à Casimir.
« Personne ne parle comme vous, personne n’a votre accent, votre voix, votre rire, le tour de votre esprit, votre manière d’envisager une chose et de rendre votre idée. Personne que moi, Aurélien. « 

(George Sand à Aurélien de Sèze, 10 novembre 1825, Correspondance)

Il lui fit la cour et l’accompagna dans ses excursions. Cet amour dura cinq ans et bouleversa la vie d’Aurore Dudevant. Ils échangèrent une importante correspondance et on peut parler de liaison épistolaire. Cette correspondance soutînt longtemps un amour qui languissait. Ils se rencontrèrent rarement, la dernière fois à Bordeaux, au printemps 1830.

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Jardin Public, rencontre de Rosa Bonheur (1822-1899), sur la place du Champ de Mars.

Peintre spécialisée dans les représentations animalières. Première femme artiste décorée de la légion d’honneur.

bordeaux_rosa bonheurveuvenot_leroux_bonheurRosa rencontre son premier et grand amour en la personne de Nathalie Micas, âgée de 12ans, lors du passage de cette dernière à l’atelier de Raymond Bonheur, le père, artiste peintre, lui aussi. Pour parfaire son art, Rosa Bonheur, vêtue d’habits d’hommes – après autorisation délivrée en bonne et due forme par la préfecture de police de l’époque- parcourt les foires et les marchés d’animaux.

BORDEAUX ROSA BONHEURhorsefair                                                Le Marché aux chevaux- (1853-1855)

 En 1859, Rosa va vivre désormais avec Nathalie, dans une vaste demeure en lisière de la forêt de Fontainebleau, à By.

 

 

Elle y fait aménager son atelier et y loge ses chers animaux, mouflons, cerfs, biches, sangliers, moutons, chevaux, boeufs, chiens, et même un couple de lions, le mâle en cage, la femelle « Fatma » en liberté.

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                                                                                                  Rosa Bonheur et Fatma

                                                                                                                                

En 1889, peu après la mort de Nathalie Micas, le Colonel Cody, BORDEAUX rosabonheur_buffalobill

le légendaire « Buffalo Bill », de passage en France avec ses cow-boys et des Indiens,

pour l’Exposition universelle, vient la voir à By.

Il veut connaître la petite « frenchy » qui décrit si bien ses grands espaces.

Elle fait la connaissance d’Anna Klumpke,  peintre elle aussi,

et passera les dix dernières années de sa vie, avec elle.

 Colonel Cody ( 1889)

 

 

 


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Angle des  rues Courbin et du Pont de La Mousque, anciennement distillerie Marie Brizard (1714-1804).

Famille de quinze enfants, dont Marie Brizard est la troisième, BX MBmqsRxNfHEKN09zfO1DCuOYAapprend très vite à s’occuper de ses frères et soeurs, mais aussi du voisinage. Son désir est aider, assister les nécessiteux, les malades.

A l’époque, on fabriquait et buvait, sur les bords de la Garonne, une anisette; utilisée comme boisson, comme aseptisant et remède.

Sur la Place Royale,bordeaux_royale Marie trouve un marin  mal en point et inconscient. Elle le ramène chez elle, le soigne. Le marin guérit. Pour la remercier, lui donne les secrets  d’une recette d’élixir d’anis, fabriqué aux Antilles.

BORDEAUXmb_postcardMarie fabrique cette boisson et l’utilise pour soigner. A Bordeaux, on entend très vite parler de cette boisson;  les riches l’achètent.

Devant ce succès, Marie s’associe à son neveu*, prend d’autres collaborateurs et installe une distillerie. Elle vend la liqueur aux Antilles.

Elle continue à s’occuper des nécessiteux, recueille des prêtres réfractaires.

 

 

*Jean-Baptiste Roger épouse Anne Brizard, bORDEAUX MARIE BRIZARDcaptur10

une fille de Martial, frère de Marie Brizard.

 

 

 

 

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Direction Place de la Bourse (Anciennement, Place Royale)**

C’est dans une des maisons de cette place,que vécut Jeanne Aleman, alias Jean Balde.( 1885-1938)

Ecrivaine de l’extraordinaire dans le quotidien, elle prit pour pseudonyme l’anagramme du nom de son grand oncle, Jean BLade,  folkloriste de la Gascogne. Elle grandit entre ses grands parents, dans  la maison place de la Bourse à Bordeaux (qu’elle évoquera dans « La Maison au bord du fleuve »)BXJBpush_65186922_planes_balde

BX JBArbieuxElle passe de nombreuses vacances  dans la maison de campagne de ses parents,  « La Vialle » qu’elle met en scène dans « Reine d’Arbieux » .

Jeanne Alleman débute comme professeur de lettres dans l’institution où elle a fait ses études. Elle y a comme élève Jeanne Lafon, qui deviendra quelques années plus tard madame François Mauriac après leur rencontre chez elle. Elle sera la marraine de l’un de leurs enfants. François Mauriac lui remettra la Légion d’Honneur en 1938.

« La Vigne et la maison », évoque le Bassin d’Arcachon et Arès, avec ses personnages pittoresques.

 

« Le Goéland », dans lequel sont décrits des paysages des bords de Garonne, BXJBle-goeland-de-jean-balde-1013407000_ML

du bassin d’Arcachon, dans les variations des saisons, reflète la poésie du terroir et son sens des racines et des paysages.

 

Elle  se bat, sur la fin de sa vie contre l’implantation d’un pylône dans son jardin,bXJBle-pylone-et-la-maison-de-jean-balde-938283767_ML

et son combat fait l’objet du roman « Le Pylône et la Maison ».

 

 

 

 

 

 

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C’est devant   l’église Saint Pierre que nous attend Flora Tristan  (1803-1844)BXFlora

Arrivée à la fin de la mini conférence, je n’ai pu entendre que la fin de vie de Flora Tristan; atteinte de  typhoïde, elle décède dans une maison non loin de cette église.

BXTombeau-de-Flora-TristanElle est enterrée au cimetière de La Chartreuse à Bordeaux, en présence de 1500 personnes. Une souscription publique est lancée, dans toute l’Europe, pour financer la construction d’un tombeau.

En 1848, lors de l’inauguration de sa tombe, 8000 personnes lui rendent hommage. Sur sa partie supérieure est posée l’ »Union ouvrière ».

Sa tombe est toujours fleurie.

Sur wikipédia, voici ce qui est dit:

femme de lettres, militante socialiste et féministe française, qui fut l’une des figures majeures du débat social dans les années 1840

et participa aux premiers pas de l’internationalisme.BXFLO64631869

« L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. »

« L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même ».

Féministe française, mariée à 17 ans, avec un graveur en taille-douce, André Chazal, homme   jaloux,  et très violent. Elle parvient néanmoins à s’évader d’une vie quotidienne où la femme est considérée comme une mineure incapable, par la lecture de Rousseau, Lamartine et surtout de Madame de Staël. Echec total de ce mariage : battue, humiliée, séquestrée, elle réussit pourtant à le fuir en 1825, bien qu’enceinte. Malgré les menaces et les voies de fait de plus en plus graves, elle ne reprend plus jamais la vie commune. En 1838, André Chazal lui perfore le poumon gauche d’un coup de pistolet. Condamné à vingt ans de prison. Le divorce est interdit depuis 1816. Les juges accordent alors à Flora Tristan « la séparation de corps » (alors qu’ils étaient déjà séparés depuis près de dix ans). Ce drame pousse Flora Tristan à se battre, pour le restant de sa vie, pour le droit des femmes à divorcer.

BX FLO trif4.highresMilitante socialiste:Elle s’investit dans la mission d’organiser les classes laborieuses. Ouvrière dans les filatures, les imprimeries, une des figures majeures du débat social dans les années 1840. Pour répandre ses idées, elle s’embarque, en 1843, dans « un tour de France », le circuit traditionnel des apprentis-compagnons. Son journal posthume,  trace ses rencontres avec les femmes et les hommes ouvriers à travers la France.

Flora Tristan publie  en 1843, l’Union ouvrière, prêchant l’union des prolétaires et des femmes contre la société de classe et l’ordre patriarcal. Flora Tristan,  poussa son engagement révolutionnaire jusqu’à tenter pour la première fois de susciter l’union organisée des prolétaires, à travers un tour de France et ce petit livre : l’Union ouvrière, qui connut alors un grand succès.

Flora Tristan est la grand-mère du peintre Paul Gauguin.

 

 

 

Les autres femmes à l’honneur, ce jour-là, étaient Aliénor d’Aquitaine, et Claire Mauriac.

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Le temps m’a manqué pour ces deux figures féminines bordelaises.

 

 

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BXFMclaireDevant la maison natale de François Mauriac,

au 86 rue du Pas St Georges, était évoquée Claire Mauriac (1853-1929).
Claire Mauriac, née Coiffard,  mère de François Mauriac, fille de Raymond et Irma Coiffard. Epouse de Jean-Paul Mauriac dont elle aura cinq enfants, elle devint veuve vingt mois après la naissance de François Mauriac.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Devant le portail NORD de la cathédrale St André, rendez-vous avec Aliénor d’Aquitaine (1122-1204)BX ALI2NOR175428123886redim1

 

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Le Château de l’Ombrière et les environs de Bordeaux constituent le berceau d’Aliénor, c’est cependant à Poitiers que se rattache l’histoire de sa dynastie.

À Bordeaux, le 25 juillet 1137, le père de Louis VII, quelques jours avant sa mort, le marie à la duchesse Aliénor (ou Eléonore) d’Aquitaine. Celle-ci lui apporte en dot la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, le Périgord, l’Angoumois, la Marche, le Limousin, la Saintonge… Les frontières du royaume capétien s’étendent dès lors jusqu’aux Pyrénées !

Ce mariage fut célébré en la Cathédrale St André.

En ce dimanche 8 mars 2015,  le soleil était généreux, ce fut une balade agréable, à travers ce Bordeaux historique, découvrir ou redécouvrir des lieux, bâtiments et ruelles d’autrefois. Vivent les Femmes! 

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**Sur la Place Royale, se trouvait la statue de Louis XV, démolie pendant la Révolution. A laplace, on planta un arbre de la Liberté. Nommée Place Impériale sous Napoléon 1er. A la Restauration, reprend le nom de Place Royale; 1869, on y construit une fontaine, remplacée, en 1928, par la « fontaine des trois grâces ».

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Catégories : 10 du mois, CHRONIQUES BORDELAISES, Evénements | 3 Commentaires

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3 réflexions sur “Bordeaux féminin

  1. Egalimère

    Merci pour cet article qui permet d’apprendre de nouvelles histoires et de découvrir les destins de ces femmes

  2. Et bien il nous en apprend des belles choses sur les bordelaise cet article ! Quel travail de recherche !
    Bisous

  3. s à bordelaises bien sûr !

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