Agenda du mois blanc-UNE BLANCHE VAUT DEUX NOIRES…

Texte écrit pour les Plumes, le 20 février 2014, que je propose pour le mois blanc, chez Patchcath

Nougaro, paroles chantantes, scande les mots:

Armstrong, je ne suis pas noir
Je suis blanc de peau
Quand on veut chanter l´espoir…

Depuis ce matin, je l’écoute en boucle; réfléchissant àl’adaptation, pour le cinéma, d’un roman évoquant des Amours Interdites, sur ma page blanche s’écrasent quelques mots, encre noire. Mon inspiration, en panne, mes pensées, au fond d’un gouffre, ces amours interdites, un Noir, une Blanche, l’Amérique blanche, l’APARTHEID, Louis Armstrong, trompettiste, voix caverneuse…

Décor ténébreux, mon jardin dessine les arbres en silhouettes sombres, théâtre grandiloquent pour une scénariste à court d’idées.

Armstrong, tu te fends la poire
On voit toutes tes dents
Moi, je broie plutôt du noir…

Coup de sonnette: « Nous passons pour les cannes blanches. »

 » Nous vous remercions de votre générosité; au-revoir madame. »

Armstrong, la vie, quelle histoire?
C´est pas très marrant
Qu´on l´écrive blanc sur noir
Ou bien noir sur blanc…

A la fois  étrange et familier, un bruit, la neige, rideau de plumes d’anges, voltige devant ma fenêtre. Blessée, une colombe y est réfugiée.

Installée dans la véranda, elle sautille, se familiarisant avec les lieux, mouchetant de fientes grisées, mes coussins et le carrelage.

Armstrong, un jour, tôt ou tard
On n´est que des os
Est-ce que les tiens seront noirs?…
Tentative d’envol réussie, je la libère.

Mon scénario n’avance pas. Quelques gribouillis inscrivent mes hésitations, façon pattes de mouches et toiles d’araignée, sur l’écran blanc de mon travail.

« Dans la nuit dramatique de mon cerveau asocial, les idées se choquent et s’entrechoquent…

Lendemain matin, vite, je note cette phrase embrumée, avant qu’elle ne m’échappe…aspirée par un trou noir.

Trou noir; non, tache noire sur une blanche nappe. Cette nuit, il a neigé.

Tache noire, inerte, oiseau victime du froid. Un corbeau git près de l’arbre boule de neige. Il respire encore. Une convalescence s’impose. La véranda, à nouveau transformée en infirmerie. Mon corbeau noir, tout noir reprend vie, son bec cogne à la vitre. La colombe est là.

Corbeau, image noire, jumelle de Colombe, image blanche. Tout le long de la journée, roucoulements et croassements s’interpellent. Corbeau blanc, Colombe noire, un, mélangés, heureux. Tache claire sur robe noire, plumes noires sur robe blanche, joyeuse rencontre. Ils s’en vont, amoureux, par les allées du jardin.

Rue Blanche de Corbeaux, arrêtez-vous, un instant, contempler elle, si blanche, lui, si noir. Pour vous, sans être comédiens, ils joueront:

Noir et Blanc   sont ressemblants

Comme deux oiseaux.

Oh yeay!

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Ecrit pour Des mots, une histoire 125 . Les mots étant ténébreux – sombre – gouffre – clair – caverneux – roman – asocial – adaptation – théâtre – dramatique – scénariste – comédien – grandiloquent.

Consigne facultative : décrire un rendez-vous amoureux.

 

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Catégories : Agenda Ironique | 13 Commentaires

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13 réflexions sur “Agenda du mois blanc-UNE BLANCHE VAUT DEUX NOIRES…

  1. Que de noir et que de blanc ! et quelle ironie d’aligner les mots qui te viennent au fur et à mesure !

  2. quel beau méli-mélo tout enchevêtré, d’ou sort doucement le fil de l’histoire du corbeau et de la colombe

  3. Nougaro ce grand faiseur t’a joliment inspirée ! il était difficile d’aborder ce sujet et tu t’en es élégamment sortie sous d’ aussi brillants parrainages , Nougaro et Braque . Blanc et noir et le coeur rouge, et toi tu sers d’infirmière, joli coeur va, tu as bien raison !

  4. Pingback: Agenda ironique de l’an neuf et du mois Blanc – patchcath

  5. Si tout cela ne nous donne pas un joli petit colombeau, je n’y comprends okus rien !

  6. J’aimais beaucoup Nougaro aussi.

  7. Pingback: Agenda ironique de l’an neuf (mais seize) et du mois Blanc – patchcath

  8. comme c’est beau et je chantais de temps en temps dès que quelques bribes de paroles apparaissaient sur l’écran blanc de mon ordi ! Bravo Jacou.

  9. Que de belles plumes accumulées ! La tienne, celle du grand Claude, de la colombe et du corbeau !
    Et quand en plus patte fait sortir de son clavier de Salem un colombeau dyslexique, à l’enchevêtrement carnet-lien, du Braque et du bric de Mo, et des 64 écrans blancs, moi je dis chapeau. Joliment ficelé ce texte.

  10. Un beau texte que j’ai eu envie de chantonner 🙂
    Bisesss Jacou 🙂

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