Retour aux sources.

Ecrit pour l’agenda ironique du bout de l’an! hi-han!, chez Monesille

Retour aux sources

« Hors de ce corps, pensées inopportunes! » pensais-je.

  • Trève de noël, entendis-je.

« Ai-je tout fort, pensé? »me disais-je.

  • Non point. Je peux lire dans les pensées.

« Ouf! » me réconfortais-je.

  • Holà, ne triomphes pas si vite!

 » Cet individu…

  • Réfléchis bien à ce que tu vas dire. Je suis capable aussi de jeter des sorts. »

« Cette sorc…, cet import…j’y vais, j’ai pas peur; à la une, à la deux, à la trois, me voilà hors de sa portée; clé de sol, hors des sentiers battus. Plus rien ne peut m’arriv…

  • Je t’avais prévenue.

 » Et moi qui n’ai pas encore écrit pour l’agenda ironique chez Monesille. Me voilà dans de beaux draps. »

  • A ta place, je dirais dans une belle pelisse.
  • Oui, mais c’est pas avec ces cornes que je vais pouvoir écrire.
  • Qui sait?
  • J’en ai assez de tes devinettes. Va droit au but.
  • Doucement. Qui va piano, va sano.
  • Gnagnagna; morituri te salutant.
  • Fluctuat nec mergitur.
  • Bon, tu me sors de là, oui ou non?
  • Non.
  • Non? T’es qui toi, pour décider de mon destin?
  • D’abord, dis-moi comment te sens-tu dans la peau d’un renne.
  • Je préfèrerais d’une reine.
  • Ça peut s’arranger.
  • Hé, tu fais quoi?
  • Je t’ai changée en reine. C’est bien ce que tu voulais, non?
  • Mais bougre d’imbécile, pas celle-là, ça bouge dans tous les coins de la ruche; ça me donne le bourdon. Je parlais de celle qui vit dans un palais.
  • Pour cela, tu dois embrasser un crapaud.
  • Un crapaud? Berrrk. et puis comment ça fait une abeille, pour embrasser sans piquer.
  • Rase-toi- la barbe.
  • Dis-donc, j’ai pas de barbe, moi. C’est malin, et en plus je glousse avec l’accent belge, maintenant.
  • Très harmonieux, et quelles plumes.
  • C’est pas avec celles-là que je vais l’écrire mon texte. Où je le trouve ce crapaud de malheur?
  • On m’avait dit que le ramage de la  barbue d’Anvers n’était pas égal à son beau plumage; mais toi, c’est le pompon.
  • Qui parle de moi, ici?
  • Un âne, manque plus que chien et chat; et nous nous retrouvons dans la forêt de Brême. Mais j’y pense, le bout de l’han, comme hi-han. Je l’ai mon histoire d’animaux.
  • Hi-han, suis-moi.
  • Cot-cot-codet, je suis prête.
  • Croa-croa, et moi, on m’oublie.
  • Vous ne faites pas partie de cette hist…Pompon, tu m’attends, j’en ai pour une seconde.
  • Smack, monsieur le crapaud. Ça ne marche pas! Gentil crapaud, c’est toi que j’attends.
  • Barbichette, viens. Partons tout de suite, ne perdons pas de temps.
  • Croa-croa, je viens aussi.

Bufolet, Pompon, Barbichette se mettent en route. Rencontrent un renne, une abeille.

« C’est encore loin le fleuve? », croasse Bufolet. « Je commence à me déssécher. »

Abeille se pose sur une fleur, puis une autre, encore une,  incline les corolles, déversant la rosée du matin retenue. Apparaît une mare. Bufolet saute et disparait.

 » Je voudrais bien trouver des lichens » brame le renne.  » Et voir le clair de lune. »

« Suis-moi »bourdonne l’abeille »  Je dois rapporter du pollen de l’érable des pays du nord. »

 » Pompon, où allons-nous? Je casserais bien la graine.  » glousse Barbichette.

« Où sommes-nous? Tu m’emmènes dans la pampa? » gasconne Barbichette.

« Pompon, c’est beau, ici. Regarde ce sol vernissé; écoute le chant du vent dans les pins. Ça sent bon! Quel délice, une odeur sèche d’origan, les embruns salent ma joue,  revigorent mon corps; je suis, je suis Jacou! Tu m’as ramenée à l’océan! Pompon, Pompon? Où es-tu Pompon? »

Pompon a disparu. Un goéland me survole, pique une tête dans les flots, me rejoint. Ses pattes laissent des empreintes étoilées sur le sable. Je le suis.

Des vaguelettes lèchent la plage, bruits d’écume pétillante; je suis bien, si bien; je revis.  Le vent léger souffle, dessine des nids de grains dorés.

Un aéronef, doucement balancé, s’échoue à mes pieds. La toile satinée déployée, une phrase et ces mots:

 » Chaque fois que tu voudras trouver l’herbe d’or, c’est ici qu’il faudra venir. »

 

Ecrit pour l’agenda ironique du bout de l’an! hi-han!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Catégories : Agenda Ironique, Jeux d'écriture | 10 Commentaires

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10 réflexions sur “Retour aux sources.

  1. Joli ! avec un écho des animaux de Brème, non ? Je vote pour !!

  2. Nttntn pas de tractation avant (ou après ) je veille au grain, d’ailleurs vous aurez le réglement (oui, monsieur) du vote en temps voulu.
    Ceci dit, ce pompon vole tout en haut du clair de bulle à l’auberge ! chacun peut y trouver espadrille à son sabot et saupoudré d’un peu de latin du Tibet les dialogues chantent encore plus agréablement à l’oreille ! Modeste virtuose, va ! Bises

  3. Oui mais qu’est devenu Pompon ?
    Tu le referas venir ?

    • Tu sais ce que l’on dit des ânes, qu’ils n’en font qu’à leur tête; c’est s’il veut bien réapparaitre dans une histoire. Et Pompon, un peu cabot, sur les bords, ne marche pas à la carotte.

  4. Pompon est-il occupé à brouter l’herbe d’or ?

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