Madrée, mi amère (Tautogramme la suite, 5)

Majestueusement prétentieux, le tombeau de la famille.

Madame a déjà  sa statue, à l’entrée, s’exprime quelqu’un dans le cortège.

Mariette pouffe.

Malgré moi, je suis prise d’un fou rire.

Marmoréen, un cerbère garde la porte du caveau.

Maman n’a jamais été croyante.

Machination pour ignorants, disait-elle.

Magnolias blancs ornent le cercueil, senteur d’oranger,

Maternelle et unique passion pour ces fleurs

Mardi, nous ouvrons le testament, murmure le notaire.

Madame, mademoiselle, messieurs,

Madame la Comtesse Poline, Guenièvre de Saint Martyr,

Mathilde, vous oubliez Mathilde…

Mal à l’aise, le notaire répond:

Madame la Comtesse m’a dit ne pas aimer ce prénom, monsieur le Comte.

Maxillaires crispés, mon père ne dit mot.

Malfaisante, jusqu’au bout, pensais-je.

Madame la Comtesse, donc, n’a pas désiré faire de testament.

Martyr, tout le domaine, y compris le château sont entièrement hypothéqués.

Malade du jeu d’argent, je la savais, mais à ce point!

Malaises et silences à couper au couteau.

Madre de dios, se signe Mariette.

Machiavélique, s’écrie mon père.

Marions-nous, me dit Carol.

Ma fille ne sera jamais à vous, tonne mon père.

Machiste! C’est à moi de décider!

Magistralement je continue:

Majeure, je suis, au cas où tu ne le saurais pas!

Magnanime, il répond: pour moi,

Ma petite fille, toujours, seras.

Magnifique! Bravo! A l’âge de six ans

M’as abandonnée!

Maladroitement, Mariette intervient: De ne plus vous voir

Malheureux, tout le temps, il était.

Marmonnant, le notaire intervient:

Madame, mademoiselle, messieurs, je voudrais clore céans, la séance.

Manant! Si je ne me retenais…

Martelant ses mots, la main de mon père s’aplatit sur le bureau.

Marron, faussaire!

Matois, nullement impressionné, le notaire répond:

Mazette, que de fureur, tout comme feue, votre femme.

Ma quoi? Je n’en ai qu’une; et elle est ici.

Mariette rougissante soupire:

Madre mia! Enfin…

Manigances et faux-semblants, pensais-je. Fulgurant,me revient un détail:

Maman, sur son lit de mort, s’était confiée:

Mariette, ma fille…puis, plus rien.

Mariette serait ma demi-soeur!

Malédiction! Et Carol, dans tout ça?

Malgré moi, je chancelle.

Mademoiselle, vous ne vous…vous vous sentez…

Mal, non, tout va très bien, tout baigne…

Marasme complet, Carol, le fils de Mariette,

Mariette ma soeur,

Machination maternelle, ou vérité?

Ma foi, repris-je,

Matriciellement, tout s’explique: nous allons tous hériter des dettes de notre mère.

Magnanime, mon père annonce: je vous aiderai.

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Catégories : E comme écriture, Feuilleton tautologique endimanché, Jeux d'écriture | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Madrée, mi amère (Tautogramme la suite, 5)

  1. Mariage consanguin à éviter
    Message du père à enregistrer
    Mamamia, que de misères !
    Merci mère pour ces mystères…..

  2. hériter de dettes cela ne vaut pas lecoup

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