Agenda ironique octobrien- Les malheurs de Fatima (3)

Les malheurs de Fatima

Hugo a repris son vélo. Bientôt arrivé à la gare, il entend la sirène des pompiers. Son père, bénévole, passe, courant près de lui.

  • Hugo, prête moi ton vélo.
  • Maman m’a envoyé chercher Victor.
  • J’ai bien peur, que là où est l’incendie, il y soit aussi. Passe moi vite ton vélo!

 » Pourvu qu’il lui soit rien arrivé. L’autre jour, avec Achille, ils fumaient des cigarettes. Victor a pas voulu me dire d’où elles venaient. »

Les pompiers, devant la gare, ont établi un cordon de sécurité. Achille, le chef de gare, planté, l’air grave, devant deux gamins, qui voudraient bien être ailleurs.

Arrive Fatima, qui bouscule Achille.

  • Je t’avais interdit de continuer à le voir. Mais non, monsieur est toujours sur ses talons. A se laisser entraîner.
  • Dis donc, Fatima, ne mets pas tout sur le dos d’Achille. A t’entendre, on dirait que ton fils est blanc comme l’agneau.
  • Mais pas du tout! Je sais bien de quoi il est capable! Mais avec ton fils, c’est pire!

Samuel intervient:

  • Pire de quoi?
  • Samuel, ton ami Achille pense que son fils est innocent, que le nôtre est responsable de toutes leurs âneries.
  • Bon, il n’y a pas de quoi s’emballer. C’est juste un feu d’herbes sèches. Achille, les voies, il faudrait les entretenir un peu mieux. Quand à vous deux, le paquet de cigarettes que j’ai trouvé à côté, d’où ça vient?
  • C’est pas nous!
  • Il y a un témoin.
  • C’est Hugo qui te l’a dit?
  • Ah, parce que Hugo était au courant?
  • C’est pas lui, qui c’est alors?

Hugo apparaît au coin de la rue.

  • Hugo, tu savais que ton frère fumait. Et tu ne nous l’a pas dit?
  • Ben, je vais pas trahir mon frère. Surtout que quelquefois, il me rend des services.
  • Tiens donc! Et quel genre de services?
  • Il se fait passer pour moi, auprès des filles qui me plaisent.
  • De mieux en mieux! Peut-on savoir qui?
  • Non maman, ça, jamais!
  • File à la maison finir de t’occuper de ta comtesse. Quand à toi Victor, on rentre à la maison, on va s’expliquer. Tu fumes en cachette, tu joues les ma…ma…
  • Fatima, on reparle de tout cela à la maison. J’arrive. J’ai deux mots à dire à Achille.
  • Le père ou le fils?

Hugo, installé à son bureau, dans l’espoir d’en finir avec la comtesse, Sophie et ses malheurs, tend une oreille plus qu’attentive à ce qui se dit dans la maison.

  • Et d’une, tu m’as désobéi. Je ne veux plus que tu sortes avec Achille. Et de deux, d’où vient ce paquet de cigarettes?
  • C’est madame Triplesec qui me l’a donné.
  • Quoi? Elle a perdu la tête.
  • Je l’ai aidée à rapporter ses courses, et elle m’a donné un paquet de cigarettes en chocolat. Et puis quand j’ai vu qu’elle s’était trompée, j’ai pas voulu le lui dire, pour ne pas la vexer.
  • Pour ne pas la vexer; bien sûr! Et bien sûr aussi, tu as eu la bonne idée de les fumer avec Achille. Attends, laisse moi deviner. Je parie qu’il t’a conseillé de les rapporter à madame Triplesec, mais toi tu lui as dit que tu ne voulais pas la vexer.
  • Hugo, si tu as terminé, tu me montres ton devoir.
  • « Les malheurs de Sophie. Il était une fois une comtesse qui se faisait appeler Sophie, mais ce n’était pas son vrai prénom. Ses filles  Victoire et Hugoline, jumelles, se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Elles s’amusaient à tromper les gens, qui ne comprenaient plus rien. « C’est quoi ce devoir?
  • Ben, c’est la prof qui a dit: « Ecrivez une  histoire en vous inspirant des malheurs de Sophie. »
  • Et tu racontes les âneries de ton frère. Mais dis- moi, elle n’est pas en reste Hugoline, vous deux, Victor et toi, je vais vous avoir à l’oeil maintenant.
  • Mais j’ai un peu inventé.
  • Un peu inventé! Par exemple, les chaussettes  détricotées, soi-disant à cause du chat, l’épouvantail qui faisait la manche devant l’église, les bouts de jantes peintes rouge foncé pour faire croire que c’était du boudin, à la fête du cochon…
  • Elle était bonne celle-là, la tête qu’il faisait le facteur.
  • Et en plus tu soutiens tes fils.
  • Comment je soutiens mes fils?
  • Lis le devoir de Hugo. C’est écrit noir sur blanc. Lis.
  • Et c’est avec mes jantes que vous avez fait ça?
  • Ah, là ça te fait moins rire! Bon, débrouille-toi avec tes fils. Je vais ouvrir la bibliothèque.

Fatima, après avoir obtenu son diplôme de bibliothécaire, avait eu l’idée d’un prêt et d’échanges de livres dans la grange des Richard.

Les habitants, enchantés de cette activité, avaient obtenu la création d’une bibliothèque municipale.

La première personne qu’elle vit, attendant l’ouverture, était madame Triplesec.

Madame Triplesec avait-elle décidé de s’abonner à la bibliothèque du village?

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Catégories : Agenda Ironique, Jeux d'écriture | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Agenda ironique octobrien- Les malheurs de Fatima (3)

  1. Ah, ça, c’est marrant : on se rencontre dans l’intertextualité comme vous pourrez le lire dans les Impromptus littéraires et/ou sur le blog d’aujourd’hui. Comme quoi !

  2. je suivais les liens que tu mets pour les autres textes, j’ai failli sauter les tiens, beaucoup on dû faire comme moi ! je vais lire la suite !

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