Agenda ironique de septembre 2015

Ecrit pour le
Faux concours pour sourire et rire (ou pas): agenda ironique de septembre 2015
lancé par Anne de Louvain-la-Neuve
La maison ne recule devant aucun sacrifice. C’est pourquoi, gentil peuple de la blogueuse planète, je vous propose non pas une mais deux images, préludes à vos divagations pour un nouveau concours agenda ironique dont Jobougon nous a si bien commenté les tenants et aboutissants le mois passé. Faites vos jeux, une fois, deux fois, trois fois, rien ne va plus. Eblouissez-nous jusqu’au 20 septembre.
Et ne croyez pas que je pars avec une longueur d’avance. D’habitude, chacun de mes textes est illustré par des images que j’ai déjà collées préalablement et que je choisis après coup de sorte que le sens du texte précède les sens de l’illustration et lui donne ainsi une direction et pas l’inverse, vous me suivez ?
Pour un peu plus de fun, que ce soit l’un ou l’autre des collages, ne le mentionnez pas : votre texte sera suffisamment explicite, ou pas, après tout.

PUZZLE CHIRURGICAL

– Antoinette, je t’ai posé une question.
– Qu’est-ce que tu dis ? Répète.
– On va rester longtemps, comme ça ?
– Comment ? Articule.
– Si tu crois que c’est pratique, avec ce machin dans la bouche.
– Enlève-le.
– Peux pas. T’y arrives, toi ?
– Qu’est- ce que t’as à t’agiter, comme ça ? Attention, tu es en train de me déchausser.
– Ça risque pas. Avec toute la colle, qu’elle nous a mise sur le dos.
– Qu’est-ce qu’on doit être ridicules !
– Pourvu qu’il pleuve pas.
– Pourquoi tu dis ça ?
– T’as pas vu ? On n’a pas de toit, au-dessus de la tête.
– Je peux pas bouger la tête. Dis, t’as pas soif, toi ? Tu pourrais pas attraper le verre derrière toi ?
– Je t’avertis ; y’a que du jus d’ananas. Tu l’aimes pas, toi, le jus d’ananas.
– Qu’est-ce qu’elle fout ? Tu peux essayer de me remonter l’oreiller. Je commence à avoir mal au dos.
– Mon pauvre Jean, t’es en sucre ou quoi ? Quand je pense que j’ai failli me marier avec toi. Je l’ai échappé belle. Ouf ! Voilà Anne.
– Alors, les amoureux, comment ça va ? Vous n’avez pas trouvé le temps long, j’espère. Si ! Vous  faites une de ces têtes. J’arrive pas au bon moment. Je peux repartir, et vous laisser en tête à tête. Non ! Ne parlez pas en même temps. Sinon, je vais rien comprendre. Antoinette, attention, tu vas tout déch…
– Jean, ça va ; tu n’as rien de cassé ? Aide-moi à déblayer ce côté. Antoinette est dessous. C’est son pied. Doucement, voilà, la jambe, tire pas comme ça. Tu vas lui déchirer les orteils. Antoinette, tu nous entends. Surtout, ne bouge pas. Comment ? Tu risques pas… tu as des moellons collés sur ton corps ? Oh, mon dieu ! J’en ai sorti…Jean, aide-moi à recoller les morceaux. Voyons, là, c’est le nombril. Non ? Le creux d’un genou ? Tu es sûr ? Bon, là ce sont les côtes … côté droit ou gauche…zut, il en manque une. Antoinette, je viens de terminer une main. Les seins, maintenant. Comment ?… Tu veux que je te les fasse plus gros ?… Et que je t’enlève un peu des hanches ?… Oups ! Je crois que ça va pas être possible… Pourquoi ?… Parce que…les moellons ont…ils ont…enfin, comment dire ? Jean, explique-lui, toi.
– Et bien, vois- tu, ma chérie, ils ont été écrabouillés par les…Comment ?… Tu trouves que ça tombe bien ! …On va pouvoir coller des morceaux de tes fesses, à la place ?…Non, non, elles sont  entières…Mais quoi ?…Pleines de colles ?…En effet…on ne va pas pouvoir les séparer…Ça t’es égal ?…Tu as toujours aimé les portraits de Picasso… ?…Je vois pas le rapport…J’ai jamais rien compris à l’art abstrait ?…Une raison de plus pour qu’on se marie pas ?…Anne, tu es contente, j’espère ! T’as réussi à nous séparer !
– Attends, je comprends pas là. Tu veux que je recolle les morceaux ?
– C’est trop tard, figure-toi. Antoinette…me quitte.
– Que veux-tu que je te dise ?
– J’ai bien une idée…Si tu…, si tu lui collais le cerveau de…de quelqu’un d’autre ?…Qu’est-ce que tu fais avec ces ciseaux ? C’est ma langue que tu c…
– Je te promets de la remettre en place. Mais avant, jure-moi de ne plus penser à des horreurs pareilles ; ou, non seulement tu ne retrouveras plus jamais la parole, mais en plus, je collerai ton scalp sur des rails de chemin de fer!

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Scénario bâclé

Elle rêvait de Marilyn ; se maria avec le boucher. Petite, elle était tombée amoureuse de Marguerite, une vache teutonne. Le lait de Marguerite avait le parfum des roses pourpres du Caire.
Son boucher de mari cumulait boucherie et charcuterie. Avec un rire, que n’aurait pas désavoué Dracula, il répondait à propos de ses jambons appétissants : « Y’a pas de secret. Pour qu’ils soient bons, il suffit de les pendre haut et court. »
Fan de Formule 1, il n’aurait pour rien au monde raté un grand prix. Toujours au premier rang, il fut victime, avec d’autres d’un terrible accident. Il mourut, décapité.
Sa femme vendit le commerce. Et décida aussitôt de quitter le village. Ainsi, celle que tous surnommaient la Veuve Capet, disparut de Saint Angel, à jamais.

Ci-joints, les collages proposés.

MARYLIN

 PUZZLE

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Catégories : Agenda Ironique, Jeux d'écriture | 17 Commentaires

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17 réflexions sur “Agenda ironique de septembre 2015

  1. Ca, c’est du lourd, du très lourd ! Pas du p’tit saucisson ni du boudin de la boucherie Sans Zo ! Remettez-m’en un p’tit peu que je rigole encore. Quant au tête à pied d’Antoinette et de Jean, c’est pas d’main la veille qu’on va pouvoir décoller les morceaux. Je n’ai qu’un piètre mot à l’oreille à susurrer : bravo…

  2. Pingback: Les textes du faux concours pour sourire et rire (ou pas) de l’agenda ironique de septembre | Anne de Louvain-la-Neuve

  3. C’est un texte qui demande lecture et relecture, entrer dans son langage est d’altimètre !
    Je reviendrai encore pour en tirer tout le suc ! Mais déjà, quelle dégustation ce fût.
    Jacou tu es Picassumorisienne ou quoi ?
    Je suis à peine à mi-hauteur de la compréhension, mais c’est un défi que d’aller chercher le fond pour moi.
    Belle journée Madame 33.

    • Je suis Picassumorissienne à fond; tu l’as bien compris. J’adore tout ce qu’il a créé; et me régale de ses trouvailles, je suis fascinée parfois…alors le placer dans un de mes textes, quelle jouissance! 😉

  4. Même le texte fait penser à un collage. Ou à un puzzle à reconstituer?
    C’est remarquable en tout cas!

  5. on se croirait dans la rose pourpre du caire réaliste

  6. J’espère que tu as bien fait attention de ne pas rester les doigts collés à ton clavier, car moi je suis restée scotchée à l’écran ! quelle imagination ! dire qu’il y en a qui vivent à la colle !

  7. Excellent texte qui colle parfaitement à l’image 😉
    Quel cerveau a été greffé finalement ?

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