PI DAY

Chez Patchcath, j’ai découvert le PiDay, dans un texte écrit pour Les plumes 42 d’Asphodèle.

cette découverte m’a tellement plu, que je l’ai transformée en ce texte.

 

– Oh Happy Day…

– Tais-toi, tu chantes faux!

Et voilà, une fois de plus, mon essai se transforme en échec. Depuis ma plus tendre enfance, j’entends cela.

– Alors si on peut même plus chanter quand on coud!

– Toi, coudre. Fais voir un peu. T’as vu les points que tu fais! Et la longueur de fil que t’as pris! ça s’appelle une aiguillée de paresseuse!

Toujours la même rengaine, je sais pas coudre; je suis paresseuse. Fi, je continue quand-même. Elle dira, pensera ce qu’elle voudra, je le terminerai cet ouvrage.

ça m’a pris comme une éPIDAYmie; des frissons dans les doigts, des envies d’appartenir à la grande chaîne des quilteuses…

Mon éPIDAYrme en alerte, attention à la sournoise PIqure DAYguille. »Je t’ai dit de prendre un DAY ». Malgré plusieurs tentatives, ce dé me rend maladroite et mon doigt infirme. Alors je couds sans DAY. Tant PI pour les PIqures. Juste un inconvénient, cela saigne; et parfois une tâche rouge teint mon ouvrage. Je dois sPIDAY pour nettoyer tout cela.

Donc, je couds en cachette; et là, je m’applique. J’ai choisi le chiffre quatre, jour de mon birthDAY.

– HapPI birthDAY to you.

– Tu y as pensé. C’est gentil.

Mince, j’avais oublié, c’est son DAY à elle. DAYPItée, je suis. J’ai pas du tout envie de le lui souhaiter, à cette DAYsagréable PIthie.

– Quel âge ça vous fait?

Petite revanche de ma part. Elle n’aime pas que l’on parle de son âge. Elle est tellement riDAY, PI encore, ses doigts DAYformés, sa bouche édentée…

– Montre-moi ce que tu es en train de coudre.

– Non, pas ce torchon. Ce que tu as caché sous la PIle de tes moDAYles ratés.

Mince, elle a tout vu. Elle n’a plus bon PIed, mais bon oeil si. Je lui ai montré les lignes de points, exercice quotidien, auquel elle m’astreint depuis que je suis entrée en apprentissage chez elle. C’est fastidieux, ennuyeux, répétitif.

Je ne veux pas qu’elle le voit. Je ne veut pas qu’elle DAYmolisse de sa langue acérée mon enthousiasme. Je ne veux pas, je ne veux pas.

En même temps que mon coeur se recroqueville,  ma tête se vide. Advienne que pourra. « Les DAYs sont jetés » pensais-je.

Les aiguilles lui sautent à la figure, se plantent sur son crâne; les fils entravent ses bras, ses jambes; les ciseaux cliquettent, menaçant, près de sa jupe.

Elle se recroqueville, tentant d’éviter tout ces coups. Elle se rapetisse, se fait minuscule; il ne reste rien d’elle; juste un amas d’aiguilles et de fils mêlés.

Une banderole multicolore, portée par deux angelots souriants, se déploie devant moi.

Mon quatre prend son envol, s’intégrant à cette ribambelle de chiffres colorés et joyeux.

Un choeur s’élève, chantant allègrement:

Oh, HapPI DAY!

 

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Merci à Patchcath pour cette découverte.

 

 

 

 

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Catégories : AUJOURD'HUI, Evénements, Les mots scénographent | Un commentaire

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Une réflexion sur “PI DAY

  1. Joli joli, ce texte et quelle ambiance, mes amis ! Merci Jacou

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