La Reine du bourg

Ecrit pour les impromptus littéraires Semaine du 2 février 2015 au 8 février 2015
Après avoir enchaîné les images – sources d’inspiration au fond du jardin – nous vous proposons cette semaine d’enchaîner les mots en participant au logo-rallye suivant :
cataracte, enchevêtré, illicite, mufle, raidillon.

Nous vous laissons l’entière liberté de l’ordre des mots dans votre texte, à moins que vous ne préfériez cette autre liste de mots:
azimut, Bourg-La-Reine, chameau, fantasme, ranimer.

Et pourquoi pas nous faire parvenir à l’adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com avant dimanche 8 février minuit heure de Paris, deux textes reprenant chacun une des deux listes?
Merci de ne pas mixer les deux groupes de mots dans un même texte; par contre prendre soin de surligner ou mettre en gras les mots imposés.

La Reine du bourg

Quel mufle ! Me donner rendez-vous là-haut près du moulin. Je me suis mise sur mon trente et un, et me voilà à escalader ce raidillon, talons aiguilles à la main, robe moulante retroussée à mi-cuiss. Les ronces enchevêtrées achèvent de démolir mon chignon artistiquement coiffé en banane ; des heures passées devant le miroir…
Monsieur va le regretter, son plan B, monsieur champion des amours illicites.
Un flot d’injures, que dis-je, une cataracte d’injures traverse ma tête.
Me voici enfin au sommet. Adossé au mur du moulin, un sourire enjôleur relève sa petite moustache, ses beaux cheveux brillent, son costume impeccable, chaussures lustrées. Quel beau chameau ! Il me regarde ; je me sens fondre…
Oh ! mon dieu ! Une crise cardiaque, un malaise, c’est moi qui lui produit cet effet ?.
Le voilà qui s’affaisse. Je vais pour me précipiter, quand je me rends compte que ça canarde tous azimuts ! J’assiste impuissante à la chute de mon bel amant.
Quand tout se calme, je m’approche de lui. Ses yeux, ses beaux yeux, objet de tous mes fantasmes, me regardent fixement. Avant de tenter de le ranimer, je défroisse en toute hâte ma robe, réorganise mon chignon, rechausse mes escarpins, mes bas en soie sont fichus…il n’y a plus rien à faire.
Des sirènes au loin ; la police s’approche.
Je dévale le raidillon. Pas question que je sois mêlée à cette histoire.
Mon mari était-il parmi les tireurs ?
Lui, le doux, le tendre, cet époux qui « n’a jamais fait de mal à une mouche », dit sa mère.
Elle, par contre…qui n’a jamais accepté ce mariage. Son fils adoré, notaire de père en fils, avec cette, cette, cette fille, cette moins que rien…
Moi, la Reine de beauté de Bourg la Reine.

Bourg_la-reine_blason

 

 

 

Heu, j’ai écrit ce texte sans connaître l’origine du nom de Bourg la Reine. Cherchant une illustration, j’ai trouvé sur Internet à Désencyclopédie l’explication qui suit!  🙂

Bourg la Reine a abrité autrefois des maisons de passes pour aristocrates (on chuchote qu’ils existeraient encore de nos jours de façon clandestine, mais chut…) et cette activité serait à l’origine de son nom. Néanmoins, des scientifiques qui recherchent des trucs dans le passé (des archéologues ou je-ne-sais-trop-quoi) affirment qu’au 17ème siècle, une reine retrouvait ses amants dans cette ville pour des nuits des plus chaudes. D’où le nom « Bourre la reine », renommé en « Bourg-la-Reine » pour faire moins vulgaire.

 

 

 

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