Vogue la galère

Ecrit pour écritoire, Titre de Juillet : nous y voici,  le juillet des vacances des feux d’artifices et de la canicule – parfois difficile à vivre, parfois empreint de découvertes, un mois un peu fou.C’est un texte de Jacou33 qui m’a donné l’idée du titre de juillet : il tient en deux mots,
PHASMES ET FANTASMES

: on peut y parler de fantômes et d’insectes,  de jardins et de châteaux hantés ou non, de tuyaux ( mon plombier !) d’herbes sèches, de soleils jaunes et crépitants, de tout ce qui fait notre monde, de tout ce qui devrait le faire. Bref, vous l’avez compris : on s’éclate, on est en vacances, on fantasme si on aime ça, on recherche des phasmes ou des papillons, ou des coquillages : bref, on se penche sur l’infiniment petit ou on se hausse vers l’infiniment grand.  Juillet, c’est le mois de la liberté, ne l’oublions pas.

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Vogue la galère

Au temps jadis, un incroyable cataclysme, du jamais vu, ébranla la terre.
Maisons, arbres, abris, ruisseaux, océans, tout fut englouti.
Heureusement Noé veillait, l’œil attendri par toutes les merveilleuses petites choses de la vie.
Il y en avait des plus ou moins belles, j’en conviens.
Mais s’il avait sauvé que les belles, je ne serais pas là aujourd’hui pour vous raconter la suite…
Rembobinons ; cré nom de nom, pensait-il se grattant la tête – ces petites bêtes, aussi, il les sauva-
Donc Noé se massait le cuir chevelu ; cela l’aidait à remettre ses idées en place.
Il calcula rapidement le nombre d’espèces naturelles, multiplia par deux, restant dubitatif, quelques instants, se regrattant la tête.
Il convoqua, qui convoqua-t-il ? Non personne, ils avaient tous disparu.
Il allait se taper le front, se ravisa, ne voulant pas tuer le dernier moustique vivant, se laissa piquer stoïquement.
Se mit au contraire à chercher le compagnon ; songeant qu’il aurait bien besoin d’une moustiquaire.
Une araignée fit l’affaire, tissant un tulle quasi transparent, d’une solidité à toute épreuve.
Elle en entoura Noé, et ne le quitta plus d’une semelle. En chemin, d’autres arachnides, blanches, vertes, poilues, velues, noires, jaunes, une tribu, s’accrochèrent, formant un convoi bariolé.
Noé, véritable arbre printanier attira les oiseaux, perroquets, moineaux, merles, étourneaux- pas tant que ça-, pies, flamands roses, une volière complète nicha dans la moustiquaire.
Réveillés par les criailleries, jacasseries et autres caquetages, les animaux arrivèrent quittant leurs jungles, leurs étables, leurs forêts, les tanières, se joignant au cortège.
Noé, bien embarrassé, se gratta à nouveau le cuir chevelu. Le temps pressait. Où mettre tout ce beau monde à l’abri ? Le temps pressait, et l’autre devenait de plus en plus menaçant.
Une bourrasque plus violente, se leva ; un arbre chut ; heureusement sans blesser personne. C’était un spécimen de grande taille, genre baobab.
Vint une idée à Noé. Cet arbre était l’arbre du destin ! Il allait le transformer en bateau.
Cette fois-ci il convoqua tous les animaux présents, en âge de travailla ; qui scia, creusa- et oui, il emporta aussi les termites-, griffa, martela.
Quand l’œuvre fut achevé, chacun la contempla, épuisé mais heureux. Alors apparut le serpent ; on l’avait oublié.
D’où venait-t-il ? Il n’en dit rien, mais évoqua le sort d’un couple ; ce couple était un peu différent, car expliqua-t-il, il se déplaçait d’une étrange façon ; ne rampait pas, utilisait seulement deux pattes, les autres étant utilisées à d’autres activités que la marche.
Ainsi, une des deux créatures avait pour habitude de lever une patte pour se saisir de fruits, les mangeait, les tendait à l’aide de cette patte à son compagnon ; ils mordaient parfois dans le même fruit. Qu’ils étaient beaux à ces moments-là !
On décida de partir à leur recherche.
Grâce aux indications du serpent, ils furent vite trouvés.
A la vue de cette étrange caravane, ils tentèrent de fuir ; mais Noé leur parla ; d’une voix douce et convaincante.
Ils se rapprochèrent, corps enlacés ; qu’ils étaient beaux !
On les amena au bateau, les invitant à prendre place eux aussi.
Puis le navire vogua, sur des eaux tumultueuses, ou calmes.
Tous les jours, on improvisait une fête ; pour une union, une naissance. Il y eut des disparitions ; la vie reprenait comme avant.
Vint le moment de se séparer ; personne n’avait envie de se quitter.
Mais Noé avait d’autres missions.
Le bateau accosta au milieu de nulle part. on descendit, se disant au revoir, se souhaitant bonne chance, décidant de se retrouver très vite.
Noé repartit, laissant là son petit monde ; il y avait d’autres cataclysmes à prévoir.

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