C’est encore loin, la Mer…de la tranquillité?

Ecrit pour les Impromptus littéraires Semaine du 29 septembre au 5 octobre 2014
Une goutte mène nécessairement à la mer, n’est-ce pas? Et si c’était à la Mer de la tranquillité, sur la lune rien de moins? Science-fiction, dystopie, conte traditionnel; peu importe le moyen adopté, racontez-nous une histoire qui se passe dans ce lieu qui fait rêver les Terriens depuis des lunes…

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C’est encore loin  la Mer…de la tranquillité?
Voilà des heures déjà que j’ai aluni, camouflé mon parachute ; j’ai dû pour cela creuser dans le basalte ; coriace, le magma volcanique. En plus, je ne voulais pas faire de bruit. Je m’y suis reprise à plusieurs fois avec mon piolet à pointe en céramique ; devant l’insuccès de mes efforts, j’ai décidé de taper un grand coup. Tant pis ! Je prenais le risque de réveiller les luniens. Faut croire qu’ils ont le sommeil profond. Personne ne s’est manifesté.
Mon barda bien caché, j’ai continué ma route ; ce fut une pénible ascension ; une chaleur moite ; mes vêtements collaient à ma peau. Un temps, je songeais à continuer nue l’exploration. Ne connaissant pas les lois satellitaires, je me suis abstenue de me déshabiller.
Je fis bien ; quelques minutes plus tard, le vent se mit à souffler, des débris basaltiques volaient en tous sens. Je me protégeais la tête ; mais les projectiles semblaient dirigés, de sorte qu’ils évitent mon corps. Quand la tempête fut calmée, je repris mon chemin. Des cailloux roulaient maintenant sous mes pieds, risquant, à chaque pas, de me déstabiliser.
A quatre pattes, j’atteignis enfin une crête. Je me redressai, contemplai un immense cratère sombre. Il faisait encore nuit sur la lune. Mes jambes ployèrent et mon corps dégringola en roule barrique jusqu’au fond. Là, plus rien. Noir complet.
Peu à peu, je revins à la vie, tâtais mes côtes, pliais bras et jambes ; rien de cassé ; plus de peur que de mal. Un peu déboussolée, quand même, je cherchais ma carte, pour savoir si j’étais bien en Mer de la Tranquillité. Tout me portait à le croire ; mon corps était bercé, l’air léger qui m’entourait, apportait des senteurs fraîches, mes joues caressées doucement ; je ressentais cette complète et bienfaisante béatitude du repos lunaire ; je me laissais gagner par une bienheureuse torpeur, mes paupières se faisaient lourdes, ma tête trouvait sa place naturelle sur un coussin moelleux, je sentais mes membres s’alléger. Tout mon être baignait dans ce calme réparateur après la temp…que se passe-t-il encore ? Secouée en tous sens, je n’ai pas envie d’ouvrir les yeux ; je suis ballottée de plus belle. Et si c’était une attaque de luniens ? Mais non, ici tu es sur la Mer de la Tranquillité. Alors, c’est quoi ? Mon cerveau embrumé a du mal à comprendre. D’une voix ensommeillée, je dis : « Laissez-moi tranquille. », change de côté pour me rendormir. Les secousses s’amplifient. Un tremblement de ter…de lune. Un volcan s’est rallumé ! Je me redresse brusquement. Aperçois des lumières tremblotantes, qui s’approchent. Entends des voix ; je ne comprends pas. Normal, à l’école on n’apprend pas le lunien. « Ere, mman. »
Les voix se rapprochent, les bougies, aussi : « Ansair maman. » Au secours, ils me prennent pour leur mère !!!! Ils s’approchent, m’entourent, tout sourire : « Bon anniversaire, maman »
Ce sont mes enfants.
De derrière l’arbre où mon hamac est suspendu, apparaît mon mari. « Les enfants voulaient te souhaiter ton anniversaire. Il est tard ; ils doivent aller se coucher. J’ai voulu te réveiller doucement ; surtout qu’à moment donné tu faisais un cauchemar. J’ai reçu un coup de pied dans la figure. » J’éclate de rire, voyant un œil à moitié fermé, déjà bien violacé.
« J’ai dû alors prendre les grands moyens. »
Je souffle les bougies. « Et si on se faisait un gros câlin. »
Tout le monde grimpe à côté de moi, sur moi. Les pieds dérapent, les mains tirent mes cheveux.
Crac, la branche de l’arbre cède, nous précipitant au sol. Nous glissons, glissons sans fin. Cris et frissons de frayeur. Atterrissons en douceur. Devant nous une pancarte : « BIENVENUE en MER de la TRANQUILLITE »
Je me réveille. Un mot, épinglé sur mon oreiller : « Ma chérie, J’ai eu un coup de fil de maman, ravie de garder les enfants. Elle propose qu’ils prolongent leurs vacances chez elle. Qu’en penses-tu ? Si tu es d’accord, je suis entièrement d’accord, et de tout cœur avec toi.. A tout à l’heure. Bon voyage en Mer de la Tranquillité. »

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Une réflexion sur “C’est encore loin, la Mer…de la tranquillité?

  1. J’ai bien ri, c’est excellent !

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