Une affaire de crayons

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Bourges (Cher) Hôtel Jacques Coeur
Ecrit dans mil et une, sujet semaine 18

Une affaire de crayons

Cela m’a pris un beau jour, comme cela, je ne sais pourquoi. Je décidais d’aller à Bourges.
– Psitt, psitt…. », j’entends, me retourne, ne vois rien.
– Psiiiiiiiiiiiiiiiit. Et vous là-bas !
Rien, personne derrière moi.
Je continue ma flânerie dans cette belle ville de Bourges.
– Sacrebleu, seriez vous sourd, ou quoi ?
– Moi, sourd, non.
– Alors pourquoi vous ne me répondez pas ?
C’est alors que je me rends compte que j’ai répondu. Répondu à qui ? Je ne vois toujours personne.
– Levez la tête, sacrebleu, ou bien votre col serait-il empesé ?
– De quel col, parlez-vous, j’ai un T.shirt ras d…mais je parle à qui ? Montrez-vous nom de Dieu !
– Ne blasphémez pas, mon ami ! Croyez m’en, cela risquerait de vous coûter cher !
– Quoi, quel blasphème !
– Laissons cela. Je me présente : Jacques Cœur, pour vous servir. A qui ai-je l’honneur ?
– Paul Durand.
Je suis fou. Je continue à dialoguer, avec…avec qui, puisqu’il n’y a personne.
– Je craignais quelque blessure empêchant votre cou de remuer ; je vois qu’il n’en est rien.
– Montrez vous, nom de d…
– Voilà qui est mieux. Vous avez retenu mon conseil. Levez la tête, un peu plus, vous me voyez là. Voilà des heures que j’attends. Personne. La rue vide. Je suis habitué à plus de passage. Surtout que ces jours ci, j’ai eu droit à de nombreuses visites, des concerts. Mais tout a une fin, le printemps aussi.
– Le printemps, fini ? Il vient à peine de commencer.
– Je parle de l’autre, cher monsieur, celui de Bourges. Vous n’êtes pas au courant ? Depuis tant d’années, à les écouter, les uns et les autres, j’ai eu envie d’écrire les paroles d’une chanson. J’étais en train de le faire, quand mon crayon est tombé. Pourriez-vous me le faire passer, je vous prie. Je vous remercie. Au plaisir, monsieur.

Je voulais en savoir plus sur ce printemps de Bourges, sur ce qu’il avait de particulier ; je m’apprêtais à questionner le personnage ; je vis accoudé au balcon, un homme, air à la fois curieux et moqueur, sculpté dans la pierre.

– Papa, papa, tu m’avais dit que tu me rendrais mon crayon. Ça fait une heure que j’attends.
– Pardonne moi, mon bonhomme, je me suis endormi.
– Tiens, le facteur m’a donné du courrier pour toi. C’est une carte de maman. Tu me la lis ?
– « Chers tous deux. Les concerts sont magnifiques. Hier soir, le pianiste Alexandre Tharaud, dans le palais Jacques Cœur, un enchantement. Vous auriez aimé vous aussi. A bientôt, mes amours. Le printemps est fini. Je rentre bientôt. »
– Papa, c’est qui le monsieur sur la photo?
– Jacques Cœur, mon chéri. Tiens, voilà ton crayon.

 

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