UN BESO

toreador 4

 

Un souffle chaud approche ses lèvres, Pedro sourit dans son sommeil ; bouche pulpeuse, regard adorateur, longs cils noirs.

Pedro s’éveille en sursaut. Un rayon de soleil et le rideau soulevé par la brise jouaient sur son visage.

Rêves ou cauchemars ne cessent, Pedro ne  torée plus.

« Demain, tu épargneras le taureau. Alors tu connaîtras l’amour. »

 Pedro, sous les huées des aficionados, épargna le taureau.

Seule, une femme lui souffla un baiser.

Pedro salua, rendit hommage au taureau, chercha la femme du regard. Elle avait disparu.

Depuis,  il recherche l’inconnue aux lourdes paupières.

 « I te quiero, ne cesse-t-il de clamer. Ses amis le croient fou. L’un deux lui conseille un voyage pour oublier.

 A Paris  il la voit  guidant des touristes.

« Je t’aime, crie-t-il ». La femme se retourne. Elle a dépassé la soixantaine. « Vous me flattez, bel hidalgo. ».

 Place d’Italie,  décide de rejoindre ce pays le soir même.

Pastachuta, pizza, asti spumante…l’inconnue ?

Il l’aperçoit sortant d’un  palazzo baroque. Son cœur bat. La belle va tête nue.  Quelques gouttes de pluie : « Signorina, permettez que je vous abrite. »

Dire « Ti amor. » Il n’ose. Vides, des yeux se tournent vers lui. L’italienne est aveugle.

«  Je vous remercie, étranger, car vous arrivez d’un autre pays, n’est-ce pas ? Roumain,

peut-être ? »

 Pedro s’enfuit en Roumanie.

Des rives de la Mer Noire à la région des monastères, sans rencontrer celle qu’il cherche.

Visite le pays de Dracula, imaginant les heures cruelles vécues par les habitants ; une photographie l’attire : son inconnue ; c’est elle, oui, c’est bien elle !

« Te iubi » murmure-t-il.

Plein d’espoir, il narre sa quête au photographe.

Celui-ci sourit, dit, dans un espagnol parfait : «  Carmen vit à Madrid. L’an passé,  elle est venue nous rendre visite,  connaître ma fille. Elles sont correspondantes. »

Une jeune fille entre dans la boutique.

L’image de Carmen s’efface. Pedro bafouille : « I love you, ti amor, i te quiero, ich liebe dich, ya loubyou tibya…

“Szeretlek!” lui répond en riant la jeune fille.

« Mais vous n’êtes pas roumaine ? » carmen 2

« Je suis hongroise. Le comte Dracula était mon aïeul. »

Pedro réfléchit vite : « Je dois retourner à Madrid. Carmen m’attend. »

Ainsi  Pedro épousa Carmen.

De temps en temps, il rêve à de grands yeux moqueurs sous de longs cils recourbés, à une grande bouche gourmande s’approchant de son cou…  « Szeretlek ! »

Ecrit en juin 2005, inspiré par les« Sourires et Baisers d’Odile »

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